Henri Tolain

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Henri Tolain
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Sénateur de la Troisième République
Seine
-
Député
Seine
-
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Henri Louis Tolain né à Paris le [1] et mort dans la même ville le [2] est un syndicaliste et un homme politique français.

Il fut une figure du mouvement syndical et du socialisme en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Caricature de Henri Tolain parue dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1873.

Henri Tolain est fils d'Antoine Tolain, maître de danse et de Jeanne Louise Adélaïde Pouplan. Il entre en apprentissage chez un ciseleur sur bronze ; il exercera d'ailleurs ce métier dans un atelier puis à domicile.

Il suit avec attention l'enseignement du républicain Jules Andrieu et lit beaucoup Proudhon. Après la loi de , il participe au renouveau des sociétés mutuelles. Son rêve est que les coopératives de production fonctionnent sur le crédit mutuel. Dans les années 1860, le mouvement ouvrier renaît. En , il propose de faire élire des représentants des principaux métiers dans les grandes villes. Il est nommé secrétaire adjoint de la Commission de la rue du Temple. Cette commission procède aux élections des délégués parisiens. Il se présente aux élections législatives de , mais se désiste. Il se présente ensuite aux partielles de la Seine en . Le , il publie un article dans La Tribune Ouvrière dans lequel il se montre opposé aux cabarets et aux auteurs de romans.

Le Manifeste des Soixante[modifier | modifier le code]

En 1864, avec l'aide du journaliste républicain Henri Lefort, Henri Tolain rédige un texte qui est signé par soixante ouvriers. Il est publié dans L'Opinion nationale. Ce Manifeste des Soixante est un programme de revendications sociales pour soutenir une candidature ouvrière à une élection partielle. Ce texte demande une réelle démocratie politique, économique et sociale. Il proteste contre l'exclusion des ouvriers de la vie politique. Il exprime aussi le désir que la place du monde du travail soit enfin reconnue dans la société. La grève est légalisée le , grâce à la loi Ollivier, à condition qu'elle ne provoque aucune violence, et qu'elle n'atteigne pas la liberté du travail.

Le Manifeste des Soixante compte sept revendications immédiates :

  • abroger l'article 1781 du Code Civil ainsi formulé : « Le maître est cru sur son affirmation pour la quotité des gages, pour le paiement des salaires de l'année et pour les acomptes donnés pour l'année courante » ;
  • abolir la loi sur les coalitions ;
  • créer des chambres syndicales ;
  • élargir la compétence des sociétés de secours mutuels ;
  • réglementer le travail des femmes ;
  • réformer l'apprentissage ;
  • rendre l'instruction primaire et professionnelle gratuite.

L'Association internationale des travailleurs[modifier | modifier le code]

L'Association internationale des travailleurs (AIT) est fondée à Londres lors d'une grande réunion publique, à Saint Martin's Hall, le . Son principe fondamental est la conquête de l'émancipation de la classe ouvrière par la classe ouvrière elle-même. Elle tient ses premiers congrès à Genève (1866), Lausanne (1867), Bruxelles (1868), et Bâle (1869). Son installation est au début lente. Puis elle est facilitée par la crise économique de 1867, qui est suivie de grèves en France et en Belgique. En 1870, l'Internationale a des sections française, belge, suisse, allemande, italienne, espagnole, portugaise, danoise, néerlandaise, autrichienne, américaine.

En 1862, lors de l'Exposition universelle de Londres, et en 1863, Henri Tolain a participé aux rencontres qui ont précédé et permis le meeting du Saint-Martin's Hall. Il est également présent au congrès fondateur de l'Internationale. Il est la personnalité la plus influente du bureau parisien ouvert en , rue des Gravilliers. Il est l'un des trois secrétaires correspondants du bureau parisien chargés des relations avec le Conseil général de Londres jusqu'en 1867. Son influence sur le mouvement est à son apogée lorsqu'il écrit Mémoire des délégués français au congrès de l'Internationale de Genève. Mais sous la pression des grèves de 1867, il n'arrive pas à maintenir les « gravilliers » dans le rôle d'un cercle d'étude mutualiste. Au mois de , Henri Tolain est perquisitionné. En il est condamné à 100 francs d'amende. Henri Tolain continue à défendre le mutualisme et la propriété privée lors du congrès de Bruxelles.

La « trahison » d'Henri Tolain[modifier | modifier le code]

Tolain vu par les socialistes comme le Judas des ouvriers (dessin d'Eugène Rapp dans Le Cri du peuple, 1886).

Henri Tolain perd peu à peu de son influence. En effet, il ne trouve pas de corporation parisienne pour le déléguer au congrès de Bâle. Il doit se faire mandater par les boulangers de Marseille. On lui reproche sa proximité avec le Palais Royal et d'avoir abandonné « la blouse et le burin », car il travaille depuis 1867 aux écritures chez le ferblantier Chavagnat.

Après la défaite de Sedan, il est élu maire adjoint du 11e arrondissement (). Présenté aux élections législatives de février 1871 par l'Internationale, il est élu député de la Seine.

Or, une fois député, Henri Tolain désavoue la Commune, proclamée à la suite du soulèvement du 18 mars 1871. Le , il est exclu pour « avoir déserté sa cause de la manière la plus lâche et la plus honteuse » par le Conseil fédéral des sections parisiennes de l'Internationale. Il est ensuite élu sénateur de la Seine[3] en 1876, puis reconduit sans discontinuer dans ce mandat jusqu'à sa mort.

À partir de 1876, il est rapporteur de la loi sur les syndicats professionnels, qui ne sera votée qu'en 1884. Il devient une personnalité influente de l'« opportunisme » républicain, rôle dans lequel il reçoit de nombreuses critiques de la part des socialistes. À sa mort, le sénateur Tolain était questeur de la haute assemblée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, fichier alphabétique des naissances de l’état-civil reconstitué.
  2. Archives de Paris, état-civil numérisé du 7e arrondissement, V4E 8645, registre des décès de l’année 1897, acte N°|698, vue no 1 de la numérisation. Veuf, il meurt à 3h du matin à son domicile situé au 19, rue Oudinot.
  3. d'après le site du Sénat.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]