Toit de chaume

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant l’architecture ou l’urbanisme
Cet article est une ébauche concernant l’architecture ou l’urbanisme.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article ayant un titre homophone, voir Chaumes.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chaume.
Ferme ancienne au toit de chaume à Bartenshagen dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (Allemagne) (2007)

Le toit de chaume est un mode de couverture, constitué de paille de blé, de paille de seigle (ou glui), de tiges de roseaux (ou sagne) mais aussi de genêts et de bruyères.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le chaume a longtemps servi pour recouvrir les toitures rurales, voire urbaines (de là vient la dénomination de « chaumières »). Son utilisation était très répandue jusqu'à la fin du XIXe siècle en raison du faible coût du matériau et de l'isolation thermique qu'il procurait (les combles restent chauds en hiver et frais en été).

La Normandie, le Berry et la Beauce privilégiaient la paille de blé tandis que le Massif central, la Bretagne et le Midi pyrénéen préféraient la paille de seigle[1].

Des contrats de métayage prévoyaient l'obligation, pour le métayer, de prélever un certain nombre de bottes de paille de sa moisson pour effectuer lui-même l'entretien des toitures de chaume de son exploitation[2].

L'historien Marcel Lachiver signale qu'en 1861, la couverture en chaume restait la règle dans la grande majorité des 350 communes qu'il a étudiées à l'ouest de Paris[3]. Selon Jacques Fréal, on dénombrait, en 1856, plus de 60% de toitures végétales dans le Calvados et plus de 80% dans la Manche[4].

Cependant, les couvertures de chaume étaient de courte durée et il fallait les renouveler tous les vingt ou trente ans mais surtout elles présentaient un terrain trop favorable aux incendies à tel point que, dès le XVIe siècle, des édits condamnèrent leur emploi[5].

Le déclin et la disparition du chaume sont dus d'une part au remplacement de la faucille et de la faux par la moissonneuse-batteuse, laquelle casse la paille de blé, d'autre part à la promulgation, sous le Second Empire, d'une loi interdisant la construction et la réparation des toits de chaume. La multiplication des lampes à pétrole et des lampes Pigeon à cette époque avait en effet accru le danger d'incendie car désormais on promenait du feu d'un bout à l'autre de la maison. Les compagnies d'assurances accélérèrent le mouvement en accordant des avantages aux propriétaires qui remplaçaient le chaume par de la tuile ou de l'ardoise. Cependant, comme les préfets accordaient des dérogations aux petits propriétaires incapables de financer la substitution, celle-ci s'étendit sur plus d'un demi-siècle[6]. Les toits de chaume persistèrent dans certaines régions (en Bretagne, mais surtout en Normandie).

Charpentes[modifier | modifier le code]

Léger, le chaume ne nécessite pas une forte charpente[7].

Technique de pose[modifier | modifier le code]

Couvrage en chaume, Roumois, Normandie
Renovation d'un toit de chaume à Hernen, Pays-Bas, selon la technique dite hollandaise

Les couvreurs en chaume utilisaient une baguette effilée pour insérer du chanvre dans les parties à réparer[8].

En Normandie, on utilise principalement le feurre long, c'est-à-dire de longues tiges, alors qu'aux Pays-Bas, on utilise des tiges plus courtes. Le faîtage en Normandie est végétalisé, notamment avec des iris, alors qu'aux Pays-Bas, il est en tuile.

L'angle minimal du toit de chaume est de 35°. La toiture pèse entre 25 à 35 kilogrammes par m². Un nettoyage est préconisé tous les trois ans, et un entretien plus approfondi (bouchage des trous, compensation de la diminution du toit).

Renouveau[modifier | modifier le code]

Il connaît un renouveau pour ses qualités d'isolant thermique et phonique. De plus, c'est un matériau issu d'une ressource renouvelable. Grâce à des outils mieux conçus, la pose est désormais plus compacte. Ainsi le chaume ne craint plus ni les rongeurs ni le feu.

La Normandie est la région qui compte le plus de toits de chaume, essentiellement concentrés dans le Roumois, le Lieuvin, le pays d'Auge, le pays de Bray, la Campagne du Neubourg, le pays d'Ouche, le Vexin normand et le pays de Caux. On en trouve également quelques-uns dans l'Avranchin, le Mortinais, etc.

Quant à l'Eure, c'est le département français qui compte le plus de toits en chaume (notamment dans le Roumois, Marais-Vernier et Lieuvin). Il existe des villages dont la quasi-totalité des toits sont encore en chaume, comme Vieux-Port par exemple. Ce village est intégré dans la Route des chaumières qui, au sud de la Seine, va de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit (Seine-Maritime) jusqu'à Fiquefleur (Eure), près de Honfleur. En raison de l'importance de ce matériau de couverture dans l'Eure, le siège de l'Association nationale des artisans chaumiers se trouve à Évreux, préfecture de ce département[9].

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) LATOUR-D'AIGUES, Moyen de diminuer les dangers d'incendie dans les bâtiments des fermes, dans Mémoires de la Société royale d'agriculture de Paris, automne 1787, pp. 76-80 (propose la substitution de la tuile au chaume)
  • BONNAUD Louis, Note sur deux types traditionnels de toitures en Haute-Vienne : les bardeaux de châtaignier et le chaume, dans Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, année 119, t. 91, 1964, pp. 213-228
  • de POUS Anny, Cantapoc, dans Reflets du Roussillon, 1967, No 59, pp. 26-27 (sur des bordes couvertes de chaume dans la vallée de Cantapoc en Roussillon)
  • SEGERS Eugène, Outil de couvreur pour toits en chaume, dans Quercy-Recherche, No 17, avril-mai 1977, p. 10
  • LAHURE Franck, Enquête sur les techniques de mise en œuvre des couvertures en "chaume" [Loire-Atlantique], Agence Architrave, Parc naturel régional de Brière, octobre 1989
  • BÉROT Marcellin, Un exemple parfait de l'adaptation de l'homme à la montagne, le toit de chaume à Gèdre [Hautes-Pyrénées] et à Gavarnie, dans Pyrénées, 1992, Nos 170-171, pp. 203-204

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Fréal, avec la collaboration de Philippe Sers, L'architecture paysanne en France : la maison, serg, 1977, 376 p., p. 152.
  2. Jacques Fréal, op. cit., p. 151.
  3. Marcel Lachiver, Sur quelques aspects de la maison rurale en Seine-et-Oise au milieu du XIXe siècle. Nature des couvertures et hauteurs des maisons, in Mémoires de la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l’Île-de-France, tome 26-27, 1975-1976, pp. 73-85.
  4. Jacques Fréal, op. cit., p. 151.
  5. Pierre Crépon, L'histoire inconnue des villages, dans La Face cachée de la France (Marc de Smedt dir.), Seghers, 1978, chap. « Le cadre bâti », pp. 177-193, en part. p. 187.
  6. Michel Vincent, Maisons de Brie et Île-de-France, chez l’auteur, 1981, 367 p., en particulier chap. VII « Les chaumières », pp. 107 et suivantes.
  7. Tony Marchal, Les couvertures en chaume. Éléments de connaissance, Maisons paysannes de France, délégation de la Creuse, 2007 [PDF].
  8. D'où le surnom d'éborgneur de souris qui leur a été donné (voir Mikael Madeg, Le Grand Livre des surnoms bretons, p. 33).
  9. Site de l'Association nationale des artisans chaumiers.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]