Toit de chaume

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Ferme ancienne au toit de chaume à Bartenshagen dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (Allemagne) (2007)

Le toit de chaume est un mode de couverture, constitué de paille de blé, de seigle ou de tiges de roseaux (ou sagne).

Principes techniques[modifier | modifier le code]

Couvrage en chaume, Roumois, Haute-Normandie
Renovation d'un toit de chaume à Hernen, Pays-Bas, selon la technique dite hollandaise

Les couvreurs en chaume utilisaient une baguette effilée pour insérer du chanvre dans les parties à réparer[1].

En Normandie, on utilise principalement le feurre long, c'est-à-dire de longues tiges, alors qu'au Pays-Bas, on utilise des tiges plus courtes. Le faîtage en Haute-Normandie et dans le pays d'Auge est végétalisé, notamment avec des iris, alors qu'au Pays-Bas, il est en tuile.

L'angle minimal du toit de chaume est de 35°. La toiture pèse entre 25 à 35 kilogrammes par m². Un nettoyage est préconisé tous les trois ans, et un entretien plus approfondi (bouchage des trous, compensation de la diminution du toit.

Historique[modifier | modifier le code]

Le chaume a longtemps servi pour recouvrir les toitures rurales (de là vient la dénomination de « chaumières »). Cet usage était très répandu jusqu'à la fin du XIXe siècle. Son déclin est dû, d'une part aux progrès de l'agriculture qui conduisirent à l'abandon de l'usage de la faucille au profit de la faux, et, d'autre part, à des arrêtés municipaux qui en proscrivirent l'usage à la fin du XIXe siècle, incités par les compagnies d'assurance du fait du risque de propagation des incendies.

Toutefois les toits de chaume persistèrent dans certaines régions (localement en Bretagne, mais surtout en Normandie). Les paysans regrettèrent le chaume, du fait du confort thermique et phonique qu'il procurait et de son coût négligeable.

Il connaît un renouveau pour ses qualités d'isolant thermique et phonique. De plus, c'est un matériau issu d'une ressource renouvelable. Grâce à des outils mieux conçus, la pose est désormais plus compacte. Ainsi le chaume ne craint plus ni les rongeurs ni le feu.

La Normandie (Haute-Normandie et Basse-Normandie) est la région qui compte le plus de toits de Chaume, essentiellement dans le Roumois, le Lieuvin, le pays d'Auge, le pays de Bray, la Campagne du Neubourg, le pays d'Ouche, le Vexin normand et le pays de Caux. On en trouve également quelques-uns dans l'Avranchin, le Mortinais, etc.

Quant à l'Eure, c'est le département français qui compte le plus de toits en chaume (notamment dans le Roumois, Marais-Vernier et Lieuvin). Il existe des villages dont la quasi-totalité des toits sont encore en chaume, comme Vieux-Port par exemple. Ce village est intégré dans la Route des chaumières qui, au sud de la Seine, va de Saint-Nicolas-de-Bliquetuit (Seine-Maritime) jusqu'à Fiquefleur (Eure), près de Honfleur. En raison de l'importance de ce matériau de couverture dans l'Eure, le siège de l'Association Nationale des Artisans Chaumiers se trouve à Évreux, préfecture de ce département[2].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'où le surnom d'éborgneur de souris qui leur a été donné (voir Mikael Madeg, Le Grand Livre des surnoms bretons, p. 33).
  2. Site de l'Association Nationale des Artisans Chaumiers

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]