Tobie Nathan

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Tobie Nathan
Portrait de Tobie Nathan

Tobie Nathan (2014)

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à Le CaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité(s) FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Habilitation universitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession(s) Psychologue, professeur d'université et écrivainVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Distinction(s) Prix Femina essaiVoir et modifier les données sur Wikidata

Tobie Nathan[1], né en au Caire en Égypte[2], est psychologue, professeur émérite de psychologie à l’université Paris-VIII, et écrivain français. Il est l'un des représentants de l'ethnopsychiatrie français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents sont italiens de tradition juive et installés au Caire, son grand-père maternel était pharmacien, tandis que son père dirige une fabrique de parfum[3]. Sa famille doit quitter Le Caire en 1957 à la suite de la révolution égyptienne et de l'expulsion des juifs. Ils vivent en Italie, puis s'installent en France, où Tobie Nathan fait ses études et obtient la naturalisation à l'âge de vingt-et-un ans[3].

Parcours de formation et professionnel[modifier | modifier le code]

Il soutient une thèse de doctorat de psychologie en 1976, sous la direction de Georges Devereux[4], puis une thèse d'État ès lettres et sciences humaines, intitulée Apports de l'ethnopsychiatrie à la théorie et à la pratique de la clinique psychanalytique[5], sous la direction de Didier Anzieu à l'université Paris X-Nanterre (1983). Il devient successivement assistant, puis maître-assistant à l'université de Paris XIII, et depuis 1986, professeur de psychologie clinique et pathologique à l'université de Paris VIII[6]. De 1996 à 2000, il a dirigé l'UFR « Psychologie, pratiques cliniques et sociales » de l'université de Paris VIII, et de 2000 à 2003, l'Institut d'enseignement à distance (IED) de la même université.

Il dirige la délégation de l'Agence universitaire de la Francophonie pour l'Afrique des Grands Lacs, à Bujumbura (Burundi) (2003-2004), puis il est conseiller de coopération et d'action culturelle à l'ambassade de France en Israël (2004-2009), et à Conakry en Guinée (2009-2011).

Activités de recherche et éditoriales[modifier | modifier le code]

Tobie Nathan s'intéresse à la psychanalyse, puis aux psychothérapies et à l'ethnopsychiatrie. Au cours de ses recherches, il étudie les dispositifs de soins mis en place par les guérisseurs, en Afrique, au Moyen-Orient comme celui de Jeanne-Paule Visnelda à La Réunion. Il décrit les liens entre psychopathologie, pratiques cliniques et environnement social. Professionnellement, il exerce également comme expert près la cour d'appel de Paris. Il crée la première consultation d'ethnopsychiatrie en France, en 1979, dans le service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de l'hôpital Avicenne (Bobigny), alors dirigé par Serge Lebovici,consultation dont les principes ont ensuite été adoptés par d'autres consultations en France et à l'étranger.

Il a fondé en 1993 le Centre Georges-Devereux[7], centre universitaire d'aide psychologique aux familles migrantes, au sein de l'UFR « Psychologie, pratiques cliniques et sociales » de l'université de Paris VIII – centre qu'il a dirigé de 1993 à 1999. Ce centre fut, en France, le premier lieu universitaire de clinique psychologique, accueilli au sein d'une UFR ou d'un département de psychologie. Il regroupait dans un même espace, sur le campus de l'université à Saint-Denis, une clinique spécifique, des recherches universitaires en psychopathologie et en psychothérapie et la formation des étudiants de troisième cycle. Aujourd'hui, le Centre Georges Devereux se trouve à Paris et n'est plus intégré à l'université Paris 8.

Il a fondé, en 1978, la première revue francophone d’ethnopsychiatrie, Ethnopsychiatrica (1978-1981). Puis il fonde, en 1983, la Nouvelle Revue d'ethnopsychiatrie (36 numéros de 1983 à 1998). Depuis 2000, il dirige la revue Ethnopsy / Les mondes contemporains de la guérison.

Il est aussi écrivain et a publié sept romans et des essais — dont Ethno-roman (2012) qui obtient le prix Femina essai[8] — ainsi qu'en collaboration une pièce de théâtre.

Distinction[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de l'ordre des arts et des lettres.

Ethnopsychiatrie[modifier | modifier le code]

Tobie Nathan est l'un des principaux représentants de l'ethnopsychiatrie, discipline fondée par l'anthropologue et psychanalyste Georges Devereux, qui propose une nouvelle vision de la psychothérapie et du patient, considéré dans son univers familial et culturel.

Article détaillé : Ethnopsychiatrie.

L'œuvre de Tobie Nathan fait débat en France. Son approche a donné lieu à des discussions et à des critiques de plusieurs ordres. Les critiques ont porté sur la technique psychothérapique, les présupposés politiques de son approche et sa critique de la psychanalyse. Sa vision de la psychothérapie n'est pas acceptée par certains psychanalystes à cause de ce qu'ils considèrent comme un retour à la suggestion – ce qu'il conteste – et surtout, selon eux, par sa non-prise en compte du transfert tel que sa dynamique a été mise en évidence par Sigmund Freud. Cependant, le sens du mot « transfert », la fonction qu’on lui attribue dans la cure ont évolué[9] et il est difficile d’en proposer une version acceptable par tous les thérapeutes. Son attachement au respect de la diversité des cultures humaines peut également entrer en conflit avec une tendance européenne, héritée des Lumières, qui privilégie une vision universelle de la condition humaine, via notamment la notion de droits de l’homme. On[Qui ?] lui a ainsi parfois reproché un certain relativisme culturel, dont la dérive serait une sorte d'assignation des personnes à leur culture d'origine. Le débat est toujours vif, en France, dans un moment où l'intégration des immigrés est une question à la fois sociale et politique.

Sa contribution au Livre noir de la psychanalyse a aussi donné lieu à querelles même s'il se défend d'y avoir écrit un texte polémique.[réf. nécessaire] On peut lire ici son texte : « Ceci n'est pas une psychothérapie ».

Il a aussi écrit des textes importants qui sont devenus des références en psychologie et en psychopathologie tels L'influence qui guérit (1994) ou La Nouvelle Interprétation des rêves (2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Saraka Bô (roman), Rivages, 1993
  • Dieu-Dope (roman), Rivages, 1995
  • La Damnation de Freud (avec Isabelle Stengers et Lucien Hounkpatin), éd. Les Empêcheurs de penser en rond, 1997
  • 613 (roman), éditions Odile Jacob, 1999; Rivages/Noir, 2004
  • Serial Eater (roman), Rivages, 2004
  • Mon patient Sigmund Freud (roman), Perrin, 2006
  • Qui a tué Arlozoroff ? (roman), Grasset, 2010
  • Ethno-roman (roman), éditions Grasset, 2012 – Prix Femina essai[8] 2012
  • Les Nuits de patience (roman), Rivages, 2013 ; Rivages/Noir, 2015
  • Ce pays qui te ressemble (roman), Stock, 2015

Textes scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Sexualité idéologique et névroses. Essai de clinique ethnopsychanalytique, préface de Georges Devereux, Grenoble, La Pensée sauvage, 1977.
  • Psychanalyse et copulation des insectes, Grenoble, La Pensée sauvage, 1983.
  • La Folie des autres. Traité d’ethnopsychiatrie clinique, Paris, Dunod, collection "Psychismes", 1986[10].
  • Le Sperme du Diable. Éléments d'ethnopsychothérapie, Paris, PUF, 1988.
  • Fier de n'avoir ni pays ni amis, quelle sottise c’était ! Principes d'ethnopsychanalyse, Grenoble, La Pensée sauvage, 1993.
  • Psychanalyse païenne. Essais ethnopsychanalytiques, Paris, Bordas, 1993 ; édition poche, Paris, Odile Jacob, 2000.
  • L'Influence qui guérit, Paris, Odile Jacob, 1994.
  • « Manifeste pour une psychopathologie scientifique », in Tobie Nathan et Isabelle Stengers, Médecins et sorciers, Paris, Odile Jacob, 1998.
  • « Éléments de psychothérapie », in Psychothérapies (en collaboration avec Alain Blanchet, Serban Ionescu et Nathalie Zajde), Paris, Odile Jacob, Paris, 1998.
  • Nous ne sommes pas seuls au monde, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2001, Le Seuil, 2015.
  • Du commerce avec les diables, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2004.
  • « Ceci n'est pas une psychothérapie… L'ethnopsychiatrie au Centre Georges-Devereux » (en collaboration avec Émilie Hermant), in Le Livre noir de la psychanalyse (sous la direction de Catherine Meyer), Paris, Les Arènes, 2005.
  • (direction) La Guerre des psy. Manifeste pour une psychothérapie démocratique, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 2006.
  • La Nouvelle interprétation des rêves, Paris, Odile Jacob, 2011.
  • Coécrit avec Nathalie Zajde, Psychothérapie démocratique, Paris, Odile Jacob, 2012.
  • L’Étranger ou Le Pari de l’autre, Autrement, 2014
  • Quand les dieux sont en guerre, La Découverte, Les Empêcheurs de penser en rond, 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Aïd Nathan au Caire. Lors de sa naturalisation en 1961, il choisit le prénom de « Théophile », pour l'état-civil « de Gaulle et moi… ».
  2. Virginie Bloch-Lainé, « Totem sans tabou » sur Libération, 1er septembre 2015.
  3. a et b Gilles Anquetil, « Tobie Nathan : « Je préfère les esprits à l'inconscient» », sur Le Nouvel Observateur,‎ .
  4. Georges Devereux, père de l'ethnopsychiatrie avec Tobie Nathan dans La Tête au carré sur France Inter le 10 septembre 2013.
  5. Thèse d'État, notice Sudoc.
  6. biographie
  7. Centre Georges-Devereux
  8. a et b Patrick Deville reçoit le prix Femina par Thierry Clermont dans Le Figaro le 5 novembre 2012.
  9. Par exemple : Serge Viderman, Épître aux Zélotes, PUF, 2007 ; ou Contribution à une lecture de La construction de l'espace analytique de Serge Viderman)
  10. Recension