Tittytainment

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L'origine du « tittytainment » peut être rapprochée des efforts de la Commission Creel pour convaincre les Américains de la nécessité d'intervenir dans la Première Guerre mondiale.

« Tittytainment » est, selon Hans Peter Martin et Harald Schumann dans leur ouvrage Le Piège de la mondialisation. L’agression contre la démocratie et la prospérité, un mot-valise désignant un sous-système soutenu voire mis en œuvre pour inhiber la critique politique chez les laissés-pour-compte du libéralisme et du mondialisme. Il passe selon Martin et Schumann notamment par l’omniprésence de divertissements abrutissants et une satisfaction suffisante des besoins primaires humains[1],[2].

Cette notion ne doit pas être confondue avec la propagande ; elle est plutôt à rapprocher de l’expression romaine « panem et circenses ».

Étymologie et fondements[modifier | modifier le code]

Le mot « tittytainment » a, selon Hans Peter Martin et Harald Schumann dans leur livre Le Piège de la mondialisation. L’agression contre la démocratie et la prospérité été utilisé par le démocrate Zbigniew Brzezinski, membre de la commission trilatérale et ex-conseiller du président des États-Unis Jimmy Carter, pendant la conclusion du premier State Of The World Forum, qui s'est tenu du au à l'Hôtel Fairmont de San Francisco[3]

Toujours selon Hans Peter Martin et Harald Schumann, l'objectif de la rencontre était de déterminer l'état du monde, de suggérer des objectifs désirables, proposer des principes d'activité pour les atteindre et d'établir des politiques globales pour obtenir leur mise en œuvre. Les cinq cents hommes politiques, leaders économiques et scientifiques de premier plan réunis (parmi lesquels Mikhaïl Gorbatchev, George Bush père, Margaret Thatcher, Václav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivés à la conclusion que « dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l'activité de l'économie mondiale »[4]. Le problème se poserait alors sur la manière de gouverner 80 % de la population restante, superflue dans la logique libérale, ne disposant pas de travail ni d'occasions d'aucun type, ce qui nourrira une frustration croissante.

Hans Peter Martin et Harald Schumann arguent que c'est ici qu'est entré en jeu le concept proposé par Brzezinski : le « tittytainment », un mélange d'aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait leurs frustrations et leurs protestations prévisibles. Le même Brzezinski explique l'origine du terme « tittytainment », comme une combinaison des mots anglais « tit » (« sein ») ou « titillate » (« titiller », c'est-à-dire « taquiner pour exciter gentiment ») et « entertainment » (« divertissement »). La connotation sexuelle y est moins présente que l’allusion à l’effet endormant et léthargique que l'allaitement maternel produit chez le bébé quand il boit.

Les hispanophones ont créé le mot-valise équivalent « entetanimiento ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hans-Peter Martin et Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, Solin Actes Sud, , 12 p.
  2. Jean-Claude Michéa, L'enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes, Climats, , 42 p.
  3. Jean-Claude Michéa, L'Enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes, éd. Climats, 1999, p. 41, citant le livre de Hans Peter Martin et Harald Schumann, Le Piège de la mondialisation. L’agression contre la démocratie et la prospérité, Actes Sud, 1998.
  4. Ibid, p. 41-42-46-47

Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Michéa, L'enseignement de l'ignorance

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]