Titre (métal)

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Le titre ou l'aloi[1],[2] d'un objet (œuvre, monnaie, etc.) est une grandeur sans dimension correspondant à sa composition dans un métal précieux donné. Il s'agit plus précisément du rapport de la masse d'un métal fin à la masse totale de l'alliage qu'il compose. Cette opération est réalisée par un essayeur.

Définition[modifier | modifier le code]

En France, sous l'Ancien Régime et le système duodécimal, l'aloi était exprimé en carats. Il est exprimé en millièmes depuis 1995[3].

L'équivalence entre carats et millièmes est 1 carat = 41,67 millièmes (ou 1/24e)[réf. nécessaire].

Exemples[modifier | modifier le code]

  • le titre des pièces de 20 francs en or jusqu'en 1914 était de 900 millièmes d'or fin et de 100 millièmes de cuivre ;
  • entre 1640 et 1792, les Louis en or avaient un titre d'or fin de 22 carats (917 millièmes).

Méthodes de contrôle du titre[modifier | modifier le code]

La méthode la plus pratiquée durant l'Antiquité est le comparatif des densités, par l'immersion d'un objet précieux dans l'eau et la comparaison du volume débordant du récipient avec un échantillon connu. D'après Vitruve, Archimède aurait utilisé cette méthode pour confondre un orfèvre malhonnête[4].

De l'Antiquité au XIXe siècle, le contrôle au touchau est le plus utilisé[4]. En France, le touchau reste pratiqué par les bureaux de contrôle du titre des objets[5].

L'essai « à la coupelle » ou « coupellation » aurait été inventé vers 1300[6]. Il permet de connaître le titre en faisant fondre un peu de métal ou d'alliage dans une dose déterminée de plomb en fusion, lui même versé dans une coupelle de phosphate de chaux[7]. Lors d'un contrôle de l'or, une « inquartation » est faite avant la coupellation pour ajouter à l'or trois fois son poids en argent[8]. Mathieu Tillet puis Louis Joseph Gay-Lussac en relèvent les nombreux défauts (variation de la mesure du fait des paramètres du procédé - chauffe, outillage - et triche quant au contrôle)[7].

Le test de l'argent « par la voie humide »[4],[7], mis au point par Gay-Lussac, n'est lui utilisé que pour l'argent[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sens, historique et étymologie du mot « Aloi » sur le site Littré.org
  2. « Aloi » dans le dictionnaire de l'Académie Française sur le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL)
  3. « Règles de marque pour la garantie des métaux précieux », sur www.douane.gouv.fr (consulté le 21 mars 2016)
  4. a, b et c Georges-Frédéric Manche, Le contrôle des métaux monétaires : Un contrôle aléatoire au service du bimétallisme : l'exemple vénitien, Université de Haute-Alsace, Peter Lang (Actes du colloque Naissance de la science dans l'Italie antique et moderne - décembre 2000),‎ (ISBN 3-03910-409-8, lire en ligne), p. 99-102
  5. « Organisation des bureaux de garantie et Organismes de contrôle agréés », sur www.douane.gouv.fr (consulté le 21 mars 2016)
  6. Jacques-Paul Migne, Encyclopédie théologique: ou, Serie de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse ... t. 1-50, 1844-1862; nouv, ser. t. 1-52, 1851-1866; 3e ser,‎ (lire en ligne)
  7. a, b et c Louis-Joseph Gay-Lussac, Instruction sur l'essai des matières d'argent par la voie humide / par M. Gay-Lussac,... ; publiée par la Commission des monnaies et médailles,‎ (lire en ligne)
  8. a et b Catherine Arminjon, « ESSAIS, or et argent », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 21 mars 2016)

Articles connexes[modifier | modifier le code]