Tirage platine-palladium

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Le tirage platine-palladium est un procédé de tirage photographique par contact d’un négatif sur une couche photo-sensible d’un mélange de sels de platine et de palladium.

Très utilisé au XIXe siècle sous le nom de platinotypie (avec uniquement du platine et sur des tirages de très petit format) puis au début du XXe siècle par les plus grands photographes, il était tombé en désuétude face au tirage par agrandissement sur papier argentique beaucoup plus souple, plus facile, plus rapide et plus économique jusqu’à ce qu'Irving Penn en redécouvre dans les années soixante la beauté plastique et la pérennité.

Il est aujourd’hui[Quand ?] pratiqué par des photographes tels que l'espagnole Isabel Muñoz ou les japonais Nobuyuki Kobayashi et Shikama Takeshi ou des tireurs qui en ont fait leur spécialité comme, par exemple, en France, Carlos Barrantes, Laurent Lafolie, Jean-Pascal Laux, etc. ou, au Canada, Laurent Gloaguen.

Historique[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une amélioration du procédé de platinotypie.

Un procédé utilisé par la plupart des grands photographes historiques[modifier | modifier le code]

Portrait de Rodin.
Edward Steichen, Rodin, tirage au platine, 1902.

Le procédé a été utilisé par la plupart des grands photographes historiques qui travaillaient à la chambre et qui tiraient personnellement par contact dont notamment :

Puis, le procédé a été progressivement abandonné mais Paul Strand effectuait toujours ses tirages au platine dans sa chambre noire d'Orgeval dans les années 1960.

Les tirages platine-palladium d'Irving Penn[modifier | modifier le code]

Irving Penn, déçu par la qualité de la reproduction de ses photographies dans les magazines, s'intéresse à la fin des années 1950 au tirage comme fin en soi puis, déçu alors de ses tirages argentiques, redécouvre dans les années 1960 le vieux procédé de la platinotypie et développe un procédé hybride platine, palladium et iridium[1].

En 1975, il expose au MoMA, une série de tirages au platine sur des mégots de cigarettes[2].

En 1979, il reprend un vieux cliché de sa femme et mannequin, Lisa Fonssagrives tiré en argentique en 1950 et le tire au palladium pour démontrer la supériorité du procédé[3].

Le procédé actuel[modifier | modifier le code]

Il est constitué de trois grande composantes :

  • Les composants chimiques
  • Le papier
  • La technique artisanale

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William Crawford, The Keepers of Light. A History and Working Guide to Early Photographic Processes, Morgan & Morgan, 1979.
  • Le Procédé au platine, Éditions Jean-Michel Place, 1986.
  • (en) Mike Ware, « An Investigation of Platinum and Palladium Printing », dans : Journal of Photographic Science, 1986, vol. 34, issue 5–6, p. 165–177. http://www.mikeware.co.uk/downloads/Palladium_Printing.doc
  • (en) Andrew Sanderson, « Platinum and Palladium », dans : Hand Colouring and Alternative Darkroom Processes, Rotovision, 2002, p. 100-109.
  • Andrew Sanderson, « Platine et palladium » dans : Procédés alternatifs en photographie, La Compagnie du livre, 2002, p. 100-109.
  • (en) Jill Enfield, « Platinum and Palladium Prints », dans : Photo-Imaging. A Complete Visual Guide to Alternative Techniques and Processes, Amphoto Books, 2002, p. 106-119.
  • (en) Sarah Greenough , Irving Penn. Platinum Prints, Yale University Press, 2005.
  • (en) Mike Ware, « Book Review of Photography in Platinum and Palladium », dans : Platinum Metals Review, volume 49, issue 4, 2005, p. 190–195.
  • Jean-Claude Mougin, Palladium. L’image aux sels de palladium et de platine, Jean-Claude Mougin, 2007.
  • (en) Malcolm Daniel, Stieglitz, Steichen, Strand. Masterworks from The Metropolitan Museum of Art, Yale University Press, 2010.
  • (en) Jill Enfield, Jill Enfield's Guide to Photographic Alternative Process. Popular Historical and Contemporary Techniques (Alternative Process Photography), Focal Press, 2013.
  • (en) Christopher James, « The Platinum/Palladium Process », dans : The Book of Alternative Photographic Processes, (2009), Course Technology, 3rd Edition, 2015, p. 292-347.
  • (en) Ian Leake, The Platinum Printing Workshop. Platinum/Palladium Printing Made Easy, CreateSpace Independent Publishing Platform, 3rd Edition, 2017.
  • Maria Morris Hambourg, « Les cigarettes, 1927 », dans : Maria Morris Hambourg, Irving Penn / Le Centenaire, Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2017, p. 242-247 et 355.
  • Vasilios Zatse, « Les procédés de tirage d’Irving Penn », dans : Maria Morris Hambourg, Irving Penn / Le Centenaire, Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2017, p. 332-335.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vasilios Zatse, « Irving Penn et le tirage au platine », dans : Maria Morris Hambourg, Irving Penn / Le Centenaire, Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2017, p. 333-334.
  2. Irving Penn/Le Centenaire, p. 31-32 et 242-247
  3. Sarah Greenough , Irving Penn. Platinum Prints, Yale University Press, 2005.

Article connexe[modifier | modifier le code]