Tino Sehgal

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Tino Sehgal
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Tino Sehgal (/ˈsɡəl/, en allemand : [ˈzeːgaːl], né en 1976) est un artiste plasticien germano-britannique artiste vivant à Berlin. Il décrit ses œuvres comme des "situations construites"[1]. Il est aussi considéré comme un chorégraphe qui fait de la danse pour le cadre d'un musée[2].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Sehgal est né à Londres et a grandi à Düsseldorf, Paris, et à proximité de Stuttgart[3]. Son père membre de la famille Penjabi Sehgal a dû fuir de ce qui est aujourd'hui le Pakistan lorsqu'il était enfant[4]. Sa mère allemande était femme au foyer[5]. Il a étudié l'économie politique, l'art conceptuel et de la danse à l'université de Humboldt de Berlin et à l'université des arts Folkwang, Essen. Il a dansé dans la compagnie des chorégraphes contemporains Jérôme Bel et Xavier Le Roy. En 1999, Sehgal a travaillé avec le collectif de danse Les Ballets C. de la B., à Gand et a développé une pièce intitulée Twenty Minutes for the Twentieth Century (Vingt minutes pour le vingtième siècle), d'une durée de 55 minutes, elle se compose d'une série de mouvements exécutés nu dans une vingtaine de styles de danse, de Vaslav Nijinski, George Balanchine à Merce Cunningham.

Tino Sehgal a rencontré son épouse Dorothea von Hantelmann (de), quand il avait vingt-trois lors d'une soirée après un spectacle de danse (von Hantelann est un historien de l'art). Elle a écrit Comment Faire des Choses avec de l'Art, qui a comporté une section entière sur le travail de Sehgal sous le sous-titre De l'objet et de la situation dans l'œuvre de Tino Sehgal. Ils sont mariés depuis dix-huit ans et vivent à Berlin avec leurs deux fils[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Tino Sehgal ne sont documentées que dans la mémoire du spectateur. L'artiste lui-même décrit ses œuvres comme des « situations construites. » Ses matériaux sont la voix humaine, la langue, le mouvement et l'interaction. Il résiste ainsi à la production d'objets matériels[7]. Les travaux de Sehgal sont des chorégraphies qui sont régulièrement mises en scène dans les musées ou les galeries, et continuellement exécutée par des personnes spécifiquement formées qu'il considère comme des « interprètes » pendant toute la durée du spectacle. L'œuvre est la situation construite qui se pose entre le public et les interprètes de la pièce[8].

Dans This is so contemporary (2005), les interprètes dansent gaiement, d'une manière emphatique  autour du visiteur entrant dans l'espace d'exposition, en chantant "Oh, this is so contemporary, contemporary, contemporary. Oh, this is so contemporary, contemporary, contemporary." La mélodie accrocheuse et les mouvements entraînants  entraîne certains visiteurs à danser ainsi qu'à être joyeux.

Kiss (2007), exposée au musée d'art contemporain de Chicago, a été la première œuvre de Tino Sehgal montrée dans un musée Américain. Kiss se compose de deux danseurs se touchant et s'embrassant de telles façons qu'ils évoquent des couples connus de l'histoire de l'art[9]. L'œuvre s'approprie ainsi les postures amoureuses du Baiser d'Auguste Rodin (1889), du Baiser de Constantin Brâncuși (1908), du Baiser de Gustav Klimt (1907-08), de Made in heaven de Jeff Koons et de la Cicciolina (1990-91) et de plusieurs peintures de Gustave Courbet réalisées à partir des années 1860, l'un après l'autre[10].

En 2010 pour l'oeuvre This progress présentée au musée Guggenheim de New York, l'artiste vide la célèbre galerie en spirale de Frank Lloyd Wright de toutes ses œuvres d'art. Le visiteur est accueilli à la base de la spirale par un enfant, qui demande à un petit groupe de personnes ce qu'est le progrès. Ils entament ainsi une conversation tout en commençant l’ascension de la spirale. Puis un adolescent prend la place de l'enfant tout en continuant la discussion. Plus loin encore, ils rencontrent un adulte et enfin une personne âgée qui termine avec eux la montée jusqu'au point le plus haut du Guggenheim.

Pour This success/This failure (2007) de jeunes enfants tentent de jouer sans l'aide d'objets et essaient parfois d'attirer des visiteurs dans leurs jeux..

Pour This is good (2001), un employé du musée balance les bras et sautille d'une jambe sur l'autre, puis déclare le titre de l’œuvre[11].

Pour This objective of that object (2004), le visiteur se retrouve entouré par plusieurs personnes qui restent dos à lui. Ces interprètes répètent en anglais "L'objectif de ce travail est de devenir l'objet d'une discussion" et si le visiteur ne répond pas ils vous couler lentement tomber vers le sol. Si le visiteur dit quelque chose ils entament une discussion entre eux.

Souvent considérée comme son œuvre la plus complexe, This situation (2007) nécessite la participation d'un groupe d'intellectuels. Ils occupent l'espace de la galerie et interagissent les uns avec les autres mais aussi avec le public en conformité avec un ensemble de règles et de jeux créés par l'artiste.

Pour la documenta XIII (2012), Sehgal orchestre This variation, une œuvre immersive qui place le spectateur dans espace très obscur où une vingtaine d'interprètes chantent, dansent, claquent des mains, fredonnent et parlent créant ainsi « une expérience audio-spatiale électrisante. »

En 2012, Tino Sehgal est le treizième artiste invité à intervenir par la Tate Modern pour les Unilever series annuelles. Se présentant comme le premier live dans le vaste espace du musée, This associations se compose uniquement de rencontres entre environ 70 conteurs et les visiteurs.

Expositions[modifier | modifier le code]

Sehgal est le plus jeune artiste à avoir représenté l'Allemagne à la Biennale de Venise (en 2005, en collaboration avec Thomas Scheibitz). Des expositions monographiques de Tino Sehgal ont notamment eu lieu au palais de Tokyo à Paris (2016), au Stedelijk Museum d'Amsterdam (2015), au Museum für Moderne Kunst de Francfort (2007), à l'Institute of Contemporary Arts de Londres (2007, 2006, 2005), à la Kunsthaus de Bregenz en Autriche (2006), au Kunstverein de Hambourg (2006), à la Fondation Serralves, à Porto (2005), Van Abbemuseum d'Eindhoven et au musée des beaux-arts de Nantes (2004).

Collections[modifier | modifier le code]

La vente des œuvres de Tino Sehgal s'effectue par la transmission orale d'informations à l'acheteur (généralement un représentant d'un musée) devant un notaire et des témoins. Il transmet ainsi les conditions de reproduction de son œuvre qui ne peut être rejouée que par des personnes préalablement formés par lui lors d'une collaboration précédente. Il stipule aussi que les interprètes doivent être payés un minimum, que l’œuvre sera montré sur une période minimale de six semaines (afin d'éviter le caractère exceptionnel de la représentation unique, souvent spécifique à la performance), que l’œuvre ne doit pas être photographiée ou filmée et que, si l'acheteur revend le concept, c'est suivant ce même contrat oral. Cela signifie que son travail n'est pas documenté en dehors des écrits critiques[12],[13]

This progress (2010) est la première œuvre ayant la forme d'une performance acquise par le musée Solomon R. Guggenheim[14].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Sehgal a reçu le prix artistique de Bâloise Group à Art Basel en 2004. En 2006, il a été nominé pour le prix Hugo Boss et en 2007 pour le prix de la Nationalgalerie für Junge Kunst à la Gare de Hambourg à Berlin[15]. Il a été sélectionné comme l'un des quatre finalistes pour l'édition 2013 des prix Turner pour This variation et These associations[16]. Tino Sehgal a remporté le Lion d'or pour le meilleur artiste de l'Exposition internationale" Il Palazzo Enciclopedico (Le Palais encyclopédique) à la Biennale de Venise de 2013[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Anne Midgette, The New York Times, Nov 25, 2007
  2. Judith Macrkrell, The Guardian, 27 novembre 2013
  3. Arthur Lubow (January 15, 2010), Making Art Out of an Encounter The New York Times.
  4. Danielle Stein, "Tino Sehgal," GQ, novembre 2009.
  5. Arthur Lubow, "Making Art Out of an Encounter," The New York Times Magazine, Jan. 17, 2010, p. 28.
  6. « The Question Artist », sur The New Yorker (consulté le 10 novembre 2016)
  7. Tino Sehgal, November 30, 2007 - January 10, 2008 Marian Goodman Gallery, New York.
  8. TINO SEHGAL, March 6 – May 4, 2008 Magasin 3, Stockholm.
  9. « Annual Report Fiscal Year 2008 », Museum of Contemporary Art, Chicago, (consulté le 8 août 2011)
  10. Jörg Heiser Tino Sehgal Frieze, Issue 82, avril 2004.
  11. Alan Gilbert, "The Talking Lure", The Village Voice, Dec 4, 2007
  12. Tino Sehgal Wiels, Brussels.
  13. Holland Cotter (January 31, 2010) In the Naked Museum: Talking, Thinking, Encountering.
  14. Hilarie M. Sheets (January 22, 2015), When the Art Isn’t on the Walls: Dance Finds a Home in Museums The New York Times.
  15. guggenheim.org
  16. Allan Kozinn (April 25, 2013), Four Artists Named as Finalists for Britain’s Turner Prize The New York Times.
  17. June 1st, 2013 http://www.labiennale.org/en/art/news/01-06.html

Liens externes[modifier | modifier le code]