Timothée (disciple de Paul)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Timothée (chrétien))

Timothée
Image illustrative de l’article Timothée (disciple de Paul)
Saint Timothée (icône orthodoxe).
Saint, disciple, évêque, martyr
Naissance début du Ier siècle
Lystre, Lycaonie
Décès v. 97 
Éphèse, province romaine d’Asie
Vénéré à église des Saints-Apôtres (Constantinople), cathédrale de Termoli
Vénéré par Église catholique
Église orthodoxe
Fête 26 janvier (catholiques,
avec Tite)
22 janvier (orthodoxes)

Timothée, dit de Lystre ou d’Éphèse, né au début du Ier siècle apr. J.-C. à Lystre et mort à la fin du même siècle, vers 97 à Éphèse, est un saint de l’Église catholique, essentiellement connu comme disciple, compagnon de voyage et proche confident de Paul de Tarse (« saint Paul » selon l’Église, l’« Apôtre des Nations »). Paul l'aurait institué premier évêque d'Éphèse. Deux lettres de Paul lui ont été adressées, dites épîtres pastorales, la seconde étant particulièrement personnelle. Rien n’est connu de lui en dehors de ces sources néo-testamentaires. En outre, les historiens modernes estiment que ces lettres ne sont pas dues à Paul, mais à ses successeurs.

Selon le Martyrologe romain, saint Timothée est fêté le 26 janvier avec Tite[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom « Timothée » vient du grec ancien timao, « honorer » et theos, « Dieu », soit « celui qui honore Dieu ».

Selon le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Timothée, que Paul appelle « son vrai fils dans la foi », réside à Lystre, en Lycaonie (Asie Mineure) dans les années 50. Il est le fils d’un père grec et d’une mère juive, Eunice. La grand-mère de Timothée, Lois, sa mère et lui-même sont des Juifs qui ont choisi « la Voie du Seigneur » et qui reconnaissent Jésus comme Messie (2 Tm 1:5). Toutefois, il n'a pas été circoncis, probablement car son père est un grec. Pour éviter des difficultés avec les judéo-chrétiens Paul fait circoncire Timothée « à cause des Juifs qui se trouvaient dans les parages » (Ac 16:1-3). Timothée est influencé par les mouvements baptistes, ainsi Paul lui reproche de « ne boire que de l'eau » et lui conseille de boire un peu de vin.

Lors de son deuxième voyage missionnaire, Paul repasse par Lystre et prend Timothée comme compagnon et collaborateur. Une solide amitié se développe — son nom est souvent mentionné dans les salutations épistolaires — même s’ils ne voyagent pas toujours ensemble.

Timothée enfant (tableau de Rembrandt).

Resté à Bérée avec Silas (Ac 17:14ss), il rejoint Paul à Corinthe où il joue un rôle important dans l’œuvre d’évangélisation (2 Co 1:19). Lorsque de graves malentendus s’élèvent dans la communauté chrétienne, c’est Timothée que Paul y envoie (1 Co 4:17) pour y ramener la paix.

Timothée est l’homme de confiance. Une allusion est faite à une possible mission à Philippes également (Ph 2:19). Il en est de même à Thessalonique: « nous vous avons envoyé Timothée notre frère, le collaborateur de Dieu dans la prédication de l’évangile du Christ, pour vous affermir et vous encourager dans votre foi » (1 Th 3:2).

Timothée partage la première captivité de Paul qui, lors de sa seconde, le réclame de nouveau. La seconde lettre de Paul à Timothée, écrite durant cette seconde captivité, alors que l’heure du témoignage suprême de sa vie approche, est une vibrante reconnaissance d’amitié, adressé à son « enfant bien-aimé ». Il fait « mention de lui dans ses prières et a un très vif désir de le revoir » (2 Tm 1:2-4), sans oublier sa famille. Il lui offre familièrement quelques conseils: « Cesse de ne boire que de l'eau. Prends un peu de vin à cause de ton estomac et de tes fréquentes faiblesses » (1 Tm 5:23). Après de nombreuses recommandations pour une meilleure vie par le Christ ressuscité, il revient à la charge : « Efforce-toi de venir me rejoindre au plus vite » (2 Tm 4:9). Cette lettre à Timothée est considérée comme le testament spirituel de l’apôtre des Gentils.

Martyr et vénération[modifier | modifier le code]

Selon la tradition, Timothée a par la suite gouverné l’Église d'Éphèse et rencontré Jean l'évangéliste. C'est dans cette ville qu'il est mort martyr, tué par des exaltés le frappant à coup de massues et de pierres parce qu'il voulait les dissuader de s'adonner à une fête licencieuse en l'honneur d'une divinité païenne.

Son corps fut d'abord déposé près de celui de saint Jean à Éphèse, puis transporté en 356 à Constantinople en l'église des Saints-Apôtres. Au début du XIIIe siècle, des reliques furent envoyées en Italie par des croisés dont sa tête et déposées à la cathédrale de Termoli dans la région du Molise, puis cachées et oubliées. C'est à l'occasion de travaux de restauration en 1945, qu'elles ont été redécouvertes[2] et mises à l'honneur.

Fête[modifier | modifier le code]

Timothée est un saint de l'Église catholique fêté le en compagnie de Tite, comme disciples très chers de Paul de Tarse, lequel leur a confié des charges épiscopales dans l’Église naissante. Timothée est également un saint des Églises orthodoxes, qui le fêtent le 22 janvier[3].

Présence dans les arts[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Timothée est représenté sur de nombreuses icônes orthodoxes. Il est aussi le sujet principal d’un tableau du peintre néerlandais du XVIIe siècle Rembrandt, intitulé Timothée enfant, qui serait daté de 1648.

Roman[modifier | modifier le code]

Timothée est le narrateur et le personnage principal du roman de l'Américain Gore Vidal, En direct du Golgotha, traduit en français par J.-B. Blandenier pour publication aux éditions Rivages poche en 2003[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fête le 26 janvier avec saint Tite », sur levangileauquotidien.org (consulté le 27 mars 2021).
  2. Anita Snchz Brdn, « Anniversaire de l'invention des reliques de S. Timothée », sur fr.ZENIT.org, (consulté le 27 mars 2021).
  3. Calendrier orthodoxe, fraternité orthodoxe Saint-Grégoire-Palamas, , p. 16.
  4. Pour une analyse de ce roman, cf. Bertrand Westphal, Roman et Évangile : transposition de l'évangile dans le roman européen contemporain (1945-2000), Presses universitaires de Limoges, (lire en ligne), p. 327.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]