Timeo Danaos et dona ferentes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

« Timeo Danaos et dona ferentes » est une phrase mise dans la bouche de Laocoon par Virgile dans l'Énéide (II, 49). Elle peut se traduire par « Je crains les Grecs, même lorsqu'ils font des cadeaux ». Elle fait référence au cheval de Troie. Elle est devenue une locution usuelle et a mené à l'adage populaire cadeau de Grec[1].

Traduction[modifier | modifier le code]

La forme commune utilise le mot ferentēs alors que le texte original écrit ferentīs. La première forme est plus commune en latin classique.

Dans la plupart des expressions latines, et est une conjonction signifiant « et ». Ici, il est plutôt un adverbe signifiant « même ».

Danaos est l'accusatif pluriel de Danaus et se traduit par « Danéens », autre nom pour les Grecs, utilisé par Homère puis par Virgile.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

En politique, cet aphorisme est cité en référence aux promesses électorales : par exemple, par le citoyen Gobe-mouches dans son adresse à la Convention[2] ou par É. Digeon dans son adresse à Émile Ollivier[3] ou dans un manifeste électoral de 1848[4].

Dans le livre Les trois mousquetaires (1844-6) d'Alexandre Dumas, à la suite du retour des ferrets de la reine, Monsieur de Tréville emploie cette locution à propos du diamant offert par la reine à d'Artagnan, croyant qu'il avait été offert par Buckingham. Il traduit la locution par « Défiez-vous de l'ennemi qui vous fait des présents ».

Dans Astérix légionnaire (1967), les Romains utilisent la phrase « T comme dans Timeo Danaos et dona ferentes ? » à chaque fois qu'ils parlent à Astérix et Obélix à propos du légionnaire perdu Tragicomix.

Dans le film La Grande Bouffe (1973) de Marco Ferreri, Philippe (Philippe Noiret) y fait référence en réponse à un Chinois qui patientait dans sa villa où ils ont tous rendez-vous avec leur destin.

Dans le film Rock (1996), John Mason (Sean Connery) cite la phrase en latin lorsque le FBI lui offre la liberté en échange de sa coopération.

La phrase est reprise dans le quatrième épisode de la première saison de la série The Crown (2016), qui évoque le « grand smog » de Londres.

L'avant-dernier roman de la série Bernie Gunther, de Philip Kerr, s'intitule Greeks Bearing Gifts (Quercus, 2018).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Manon Globensky, « Un cadeau de Grec? », sur http://www.radio-canada.ca, .
  2. Gobe-mouches, Encore un mot du Citoyen Gobe-Mouches aux assemblées primaires de Paris, circa 1795 (lire en ligne).
  3. É. Digeon, La voix d'un mystifié du 2 décembre : M. Émile Ollivier, mandat impératif : le serment, Paris, Imp. H. Carion, rue Bonaparte, 64, (lire en ligne), p. 30.
  4. Un clubiste, Manifeste électoral : Les membres de l'Assemblée constituante devant le peuple souverain, Napoléon Chaix et Cie, (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]