Timbi-Touni

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Timbi-Touni
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Géographie
Pays
Prefecture of Guinea
Region of Guinea
Localisation géographique
Coordonnées

Géolocalisation sur la carte : Guinée

(Voir situation sur carte : Guinée)
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Timbi Touni est située à une vingtaine de kilomètres de Pita, le chef-lieu de la préfecture, la sous-préfecture de Timbi Tounni est composée de 11 districts pour une population d'environ 33 650 habitants. L'activité de cette population est essentiellement agropastorale et dans une proportion moindre commerciale.

Population et histoire[modifier | modifier le code]

Lorsque les musulmans parvinrent à éliminer politiquement les Djallonkés fétichistes et à asseoir la religion musulmane, le Fouta se trouvait divisé en huit provinces dirigées chacune par un marabout combattant. Ces provinces étaient les suivantes : Timbo, avec à sa tête Alfa Ibrahima Sambégou, Timbi-Touni, avec à sa tête Thierno Souleymane, Kébaâli, avec à sa tête Alfa Moussa, Koyin, avec à sa tête Thierno Saliou Ballâ, Kollâdhe, avec à sa tête Alfa Amadou, Bhouria, avec à sa tête Thierno Samba, Fougoumba, avec à sa tête Alfa Mamadou Sadio, Labé, avec à sa tête Alfa Mamadou Cellou.

En 1743, Alfa Ibrahima Sambégou convoqua un congrès qui se réunit à Timbi-Touni chez le doyen des Karamokobés. Tous les marabouts combattants y répondirent. Ce congrès portait sur les résultats de la guerre sainte organisée dans chaque province, l'organisation politique et administrative du pays, la désignation des chefs des provinces , le choix d'un chef suprême du Fouta-Djallon.

Après l'exposé de chaque marabout, les membres du congres se rendirent compte que les Foula étaient devenus les maîtres du pays. Constatant qu'une unification du pays sous un seul commandement serait irréalisable, en raison de son étendue, le congrès décida la division du Fouta en neuf provinces ou diiwe avec la nouvelle création de la province de Fodé-Hadji. Ce diiwal, situé à l'est de Timbo, au-delà du fleuve Bafing, est une région peuplé de Malinkés musulmans et de quelques Foula 1.

Chaque marabout combattant fut nommé chef de la province qu'il avait pacifié. Pour le poste de chef suprême, aucune candidature ne se manifesta ouvertement. Alfa Mamadou Cellou du Labé suscita celle de Alfa Ibrahima Sambégou qui, en raison de son activité pour la cause de l'Islam, lui semblait la plus adapté.

Administration et société[modifier | modifier le code]

Avant la réunion de l'assemblée, Alfa Mamadou Cellou demanda au doyen Thierno Souleymane d'organiser un hémicycle en réservant au centre une place spéciale. Il suggéra discrètement à Alfa Ibrahima Sambégou d'arriver le dernier sur le lieu de réunion. Quand tous les marabouts prirent place dans l'hémicycle, Alfa Ibrabima Sambégou arriva et aussitôt Alfa Mamadou Cellou l'invita à prendre la place du centre, la seule qui restait inoccupée. D'emblée, il fut considéré comme l'élu du congrès. Ainsi, après les discussions sur les divers points de l'ordre du jour, son élection comme chef suprême du Fouta se déroula sans objection. Il fut appelé Karamoko Alfa.

Après la clôture du congrès, Thierno Soudeymane offrit à chaque province un bœuf. Alfa Ibrahima Sambégou égorgea le sien et partagea la viande entre ses compagnons. Dès leur nomination, chaque chef fut autorisé à choisir le titre qui lui convient.

Ceux de Bhouria, de Timbi-Touni et de Koyin prirent le titre de Thierno, ceux de Labé, de Fougoumba, de Kébâli et de Kollâdhe choisirent le titre d'Alfa. Le Fodé-Hadji, qui était en réalité une annexe de Timbo, fut confié provisoirement à Ibrahima Sory, cousin d'Alfa Ibrahima Sambégou. Les membres du congrès se rendirent immédiatement à Fougoumba pour procéder à la consécration du chef suprême.

Le couronnement se déroula dans la cour de la mosquée de cette ville. Alfa Mamadou Sadio, chef du diiwal, fut chargé de ce travail. Chaque diiwal fournit un turban blanc en bande de coton, long de quatre coudées. Il ceignait autour de la tête de Karamoko Alfa les neuf turbans en commençant par celui de Timbo.

Après avoir mis le dernier turban, Alfa Mamadou Sadio fit la déclaration suivante : « Par la volonté de Dieu, le Très Haut, l'Unique dont Mohamed est le Prophète, nous te nommons et sacrons chef suprême du Fouta-Djallon, composé de neufdiiwe. Nous te devons tous respects, obéissance, nous, nos familles et les habitants. Ces turbans sont les symboles du commandement qui t'est confié. »

Karamoko Alfa fit alors asseoir tous les marabouts devant lui et à tour de rôle, ceignit la tête de chacun d'eux d'un turban de même genre. Quand il eut fini, il déclara : « Au Nom de Dieu et par Sa Volonté, je te fais Alfa du diwal de... Tout le monde devra t'obéir, te respecter et te considérer comme son maître. »

On remarquera que Thierno Ciré qui a été désigné comme combattant du diiwal de Timbi-Touni n'a pas été confirmé à Bourou-Kaayhe. Il paraîtrait que celui-ci, ayant commis une grave erreur dans son commandement, fut intimidé par Thierno Souleymane. De ce fait, il eut peur de se présenter devant le congrès qui l'aurait sévèrement condamné. Il perdit ainsi son pouvoir et de ce fait aussi le diiwal de Timbi-Madina fut supprimé et rattaché à celui de Timbi-Touni.

Aussitôt après le couronnement des chefs des diiwe, l'assemblée adopta une constitution respectant non seulement les prescriptions du Coran, mais aussi les Hadiths et les coutumes foula dans tout ce qui n'est pas contraire à l'islam. Dans cette constitution, le Fouta-Djallon fut déclaré État souverain et indépendant, composé de neuf diiwe : Timbo, Fougoumba, Bhouria, Kébali, Kollâdhe, Koyin, Labé, Timbi-Touni, Fodé Hadji.


Timbi Touni actuellement[modifier | modifier le code]

De nos jours, avec la Guinée, l’administration de Timbi-Touni a complètement changé conformément à la constitution de la république. Son sous-préfet est Elhadj Diallo et le maire est Elhadj Ibrahima bah. Elle est composée actuellement de 11 Districts: Timbi touni centre, Wansan, Diaga, Pellel Bantan, Diabéréaré, Pellel Modiyabhé, Aîguel, Manghol, Horé woury, Djongassi et Bendékouré.

Timbi-Touni centre où siège l'administration centrale de la sous-préfecture est dotée d'un centre de santé, d'un terrain de football, d'un marché hebdomadaire, d'un collège, d'une école primaire, d'une école maternelle privée et d'un centre d'informatique situé au niveau du collège.

La tradition enseigne que les Malinkés islamisés prirent une part importante à la guerre sainte aux côtés des marabouts Peuls. Peu avant la bataille de Talasan, ce sont les Dioulas, ou marchands Malinkés, qui se rendirent en Sierra Leone pour y acheter des fusils au compte de l'armée musulmane. Ces armes à feu firent la différence et assurèrent le succès aux combattants de la foi. C'est dans le Fodé Hadji que se recrutèrent les contingents malinkés qui se bâttirent dans les rangs de la Jihad. La création de cette province fait droit à la participation des non-Peuls à la guerre sainte[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]