Tiken Jah Fakoly

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Tiken Jah Fakoly
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Tiken Jah Fakoly aux Eurockéennes de Belfort 2011

Informations générales
Nom de naissance Doumbia Fakoly
Naissance (47 ans)
Odienné,
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Activité principale Chanteur, auteur-compositeur-interprète, musicien
Genre musical Reggae
Instruments Chant, guitare, guitare basse, batterie, flûte, piano
Années actives Depuis 1987
Labels Universal Music
Site officiel www.tikenjah.com

Tiken Jah Fakoly, de son vrai nom Doumbia Moussa Fakoly, né le 23 juin 1968 à Odienné en Côte d'Ivoire, est un chanteur de reggae.

Carrière[modifier | modifier le code]

Tiken Jah Fakoly est né le 23 juin 1968 à Odienné au nord-ouest de la Côte d'Ivoire. Bien qu'issu d'une famille de forgerons, Fakoly découvre assez tôt la musique reggae et monte son premier groupe, Djelys, en 1987. Il réussit peu à peu à se faire connaître au niveau régional puis national avec ses concerts.

En 1998, il monte pour la première fois sur scène en Europe, à Paris. En 2003, il est invité par le festival Musiques Métisses (Angoulême), où il revient en 2005.

En 2003, Tiken Jah Fakoly vivait exilé au Mali à la suite de menaces de mort[1],[2].

Il obtient la Victoire de la musique en 2003 dans la catégorie album Reggae/Ragga/World pour l'album Françafrique.

En 2002 et 2005, il chante lors de la Fête de l'Humanité. Lors de l'édition 2008, 50 000 personnes l'ont suivi sur la grande scène du parc de La Courneuve. Il participe au rock dans tous ses états à Évreux en 2005.

Lors d'un festival de rap à Dakar, Sénégal en décembre 2007, Fakoly demande entre autres au président Wade de « quitter le pouvoir s'il aime le Sénégal », il parle aussi du danger que court le pays. Fakoly est déclaré persona non grata au Sénégal à la suite de ses déclarations jugées « fracassantes, insolentes et discourtoises » par le gouvernement sénégalais. Un arrêté d'entrée et de sortie du territoire sénégalais a été pris par le ministre de l'Intérieur. Fakoly quitte le pays le lendemain[3]. Après deux ans et demi d'interdiction de séjour au Sénégal, il a été reçu par le Président Wade le 31 juillet 2010 qui l'a invité à pouvoir de nouveau séjourner et se produire sur le sol sénégalais. Sur invitation du Festival des arts nègres, il s'est d'ailleurs produit à Dakar en décembre 2010.

En juillet 2008, il joue au festival Solidays, aux Francofolies de La Rochelle, ainsi qu'au festival Emmaüs de Pau (18 000 personnes). En juillet, il va au Paleo Festival de Nyon puis revient au Festival du Bout du Monde en août.

En 2010 sort l'album African Revolution. En raison des événements politiques en Côte d'Ivoire et en Tunisie, Tiken Jah lance une semaine de solidarité à Paris du 13 au 18 juin 2011.

Le 6 mars 2013 sort le documentaire Sababou réalisé par Samir Benchikh sur la Côte d'Ivoire dans lequel Tiken Jah participe activement. Ce documentaire vise à promouvoir un visage positif de l'Afrique et plus particulièrement de la Côte d'Ivoire en montrant l'action de gens comme Tiken Jah pour l'amélioration des conditions de vie en Afrique de l'ouest (engagement en faveur de la paix, de la démocratie, lutte contre la faim, promotion de l'éducation etc).

Tiken Jah a annoncé son grand retour sur la scène musicale avec la sortie d'un nouvel album nommé Dernier appel, disponible depuis le 2 juin 2014. À cette occasion, il participe au festival normand Archeo Jazz le 26 juin 2015, au festival des Nuits du Sud le 24 juillet 2015 et à la Fête de l'Humanité le 12 septembre 2015 devant plus de 80 000 festivaliers.

En septembre 2015, le chanteur ivoirien présente Racines, un album de reprises de standards du reggae dans lequel il réalise plusieurs duos avec quelques grands noms comme U-Roy ou Ken Boothe.

Le , Tiken Jah Fakoly se produit à Épinal pour un concert dont les bénéfices sont reversés pour la construction d'une école au Cameroun[4].

Engagement politique des chansons[modifier | modifier le code]

Tiken Jah Fakoly au festival Africajarc, à Cajarc (46), le 26 juillet 2008.
Tiken Jah Fakoly au festival Terres du Son, au Château de Candé à Monts (37), le 13 juillet 2008.

Tiken Jah Fakoly joue une musique pour « éveiller les consciences ». Les paroles de ses chansons parlent de beaucoup d'injustices que subit la population de son pays d'origine, mais aussi et surtout le peuple africain. Par « musique qui éveille les consciences », Tiken Jah Fakoly explique que les peuples qui vivent sous l'oppression sont des humains au même titre que les autres, qu'ils ont les mêmes droits que tout être humain et qu'ils ont leurs cultures et leurs valeurs[5].

Il voudrait que la dette des pays africains soit annulée et il est pour le mouvement altermondialiste[6]. Il a aussi participé à des manifestations anti-G8. Fakoly est un des auteurs de l'album Drop the Debt (2003), au profit de l'organisation altermondialiste ATTAC et African Consciences.

Tiken Jah Fakoly dénonce le colonialisme et la néo-colonisation[7] :

«  Après l'abolition de l'esclavage
Ils ont créé la colonisation
Lorsque l'on a trouvé la solution,
Ils ont créé la coopération
Comme on dénonce cette situation.
Ils ont créé la mondialisation.
Et sans expliquer la mondialisation,
C'est Babylone qui nous exploite  »

Il est également sensible au problème des armes en Afrique, du pillage de ses richesses et des soutiens occidentaux à la dictature[8] :

«  La politique France Africa
C'est du blaguer tuer
[...]
Ils nous vendent des armes
Pendant que nous nous battons,
Ils pillent nos richesses
Et se disent être surpris de voir l'Afrique toujours en guerre.
Ils ont brûlé le Congo
Enflammé l'Angola.
Ils ont ruiné le Gabon
Ils ont brûlé Kinshasa
[...]
Ils cautionnent la dictature
Tout ça pour nous affamer.  »

L'expression "blaguer tuer" signifie, selon l'auteur : « On nous blague veut dire qu'on fait comme si on nous aimait et pourtant d'un autre côté on nous massacre, on nous tue. Par exemple l'Armée française, venue soi-disant pour protéger la communauté internationale, est en Côte d'Ivoire simplement pour protéger les intérêts français »[9].

Le thème de Babylone, qui, dans la culture reggae et rastafari, désigne l'occident matérialiste, est également un thème récurrent des chansons de Tiken Jah Fakoly[10] :

«  Dans ce monde où le système a rendu le pauvre impuissant et muet
Oui partout dans ce monde, la loi décidée par les hors-la-loi
Ce monde de capital où la moralité n'est plus capitale
[...]
Je suis fatigué, oh mon dieu
[...]
Délivre tes enfants des mains de Babylone  »

Fakoly dénonce aussi les hommes politiques d'Afrique « complices de Babylone pour nous arnaquer »[11].

Le chanteur est aussi préoccupé par les régimes africains corrompus : dans la chanson Le balayeur balayé, il est fait référence au putsch militaire en Côte d’Ivoire du général Robert Gueï, qui déclarait : « Nous sommes venus balayer la maison ». Gueï fut chassé par des manifestations en 2000, après son refus de reconnaître la victoire électorale de son adversaire Laurent Gbagbo. Cependant, il s'est distancié de Gbagbo peu après. En résulte des menaces sérieuses, causes de son exil au Mali. L'année suivante, un ami comédien et militant de l’opposition est assassinée[12]. En 2006, Tiken Jah Fakoly ouvre un studio à Bamako, le H Camara, du nom de cet ami[13].

D'autres chansons comme On a tout compris évoquent aussi la corruption et l'exploitation de la population par les hommes politiques en Afrique.

Engagement en faveur de l'éducation[modifier | modifier le code]

Tiken Jah Fakoly a lancé en 2009 une campagne intitulée « Un concert une école »[14], campagne entièrement conceptualisée et mise en œuvre par Afrikakom au Mali. Il a déjà financé la construction d’une école dans le village de Touroni, situé à 30 km d’Odienné dans sa région natale et également un collège à Dianké au Mali (proche de Tombouctou). Tout ceci, en partenariat avec des institutions ou associations. Au cours de l’année, le chanteur a donné des concerts dans différentes capitales africaines en prônant 'L'éducation c'est la lumière' au Burkina Faso,en Côte d'Ivoire et Guinée Conakry. Les concerts ont été accompagnés par une très vaste campagne de communication en faveur de l'éducation, diffusée sur Africable, TV5, Canal+, RFI, Radio Nostalgie, les télévisions et radios locales partenaires[15]. Considérant que « l’école est la base du développement surtout pour les jeunes filles », il préconise de « donner les mêmes chances à tout le monde, à tous les enfants »[16].

Les grandes épopées héroïques africaines, un modèle pour Tiken Jah Fakoly et la jeunesse africaine[modifier | modifier le code]

Tiken Jah Fakoly a, tout le long de sa carrière, fait référence à l'Histoire comme modèle pour la jeunesse africaine. Ses opus Le Descendant, Alou MAyé ou encore Soundjata glorifient ces époques de l'Histoire africaine.

En 2015, Tiken Jah Fakoly initie, en tant que commissaire général, la première édition du Festival Historique du Manding [1] en collaboration avec l'agence événementielle Afrikakom et sa maison de production malienne Fakoly Production, déjà promotrice du club Radio Libre sis à Bamako depuis 2010. À Siby, à 40 km de Bamako au Mali, du 22 au 24 octobre, le chanteur propose un festival au contenu inédit : conférences historiques, théâtre, exposants, concerts géants. La première édition est un succès[17]. L'artiste martèle que l'Histoire de l'Afrique ne se limite pas à l'esclavage et à la colonisation et propose une tribune d'expression populaire à de grands intellectuels[18] qui se joignent à l'organisation de l'évènement. Ce festival est également l'occasion de rappeler à tous les valeurs sociales africaines[19].

Le leitmotiv de Tiken Jah Fakoly est : « Tant que l'Histoire sera racontée par les chasseurs, la version du lion ne sera jamais connue »[20].

Promoteur de spectacles et d'évènements culturels[modifier | modifier le code]

Dès le décollage de sa carrière au début des années 2000, Tiken Jah Fakoly promeut de nombreux évènements culturels dans la sous-région d'Afrique de l'Ouest. C'est sa structure Fakoly Production qui organise de nombreuses rencontres au Mali et en Côte d'Ivoire en particulier, mais également en Guinée, au Burkina Faso ou au Niger.

Son club « Radio Libre », ouvert depuis 2009, reçoit chaque semaine de nombreux artistes venus jouer en Live dans ce temple du reggae et de la musique mandingue.

Depuis 2012, il organise chaque année à Odienné en Côte d'Ivoire le « Festikabadougou »[21]. Durant l'édition 2015, face à un public de 30 000 personnes, il recommande « Mettons nos enfants à l'école parce que l'école éveille les consciences »[22]. Pour l'artiste engagé, « L'avenir, c'est l'Afrique ».

Discographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Plus jamais ça réalisé par J.G Biggs
  • Live à Paris, D'Abidjan à Paris (2008), édition double DVD avec live au Zénith, clips et documentaires :
    • Mon pays va mal, documentaire 50' réalisé en 2004 par Eric Mulet et Sylvain Taillet
    • Viens voir, documentaire 52' réalisé en 2007 par Jessy Nottola
    • Ma Côte d'Ivoire, documentaire live à Abidjan 52' réalisé en décembre 2007 par Jessy Nottola
    • L'Afrique doit du fric, vidéoclip réalisé en avril 2006 par Jessy Nottola - voir le clip
    • Non à l'excision, vidéoclip en janvier 2007 réalisé par Jessy Nottola - voir le clip
    • Ouvrez les frontières, vidéo clip réalisé par Jessy Nottola - voir le clip
    • Bla bla, vidéo clip réalisé en juillet 2007 par Jessy Nottola - voir le clip
  • Il faut se lever, vidéoclip réalisé en mai 2010 par Jessy Nottola - voir le clip
  • Sababou, documentaire réalisé en 2012 par Samir Benchikh - Sortie au cinéma le 06 mars 2013 - voir la fiche du film

Participations[modifier | modifier le code]

Tiken Jah Fakoly au concert pour l'égalité de SOS Racisme le 14 juillet 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dieudonné Koffi, Tiken Jah Fakoly, les enjeux des coups de gueule, Abidjan, éditions Balafons, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Musique - Tiken Jah Fakoly : non grata au Sénégal, honoré en Suède », sur www.ouestaf.com (consulté le 27 juin 2010)
  2. (fr) « Tiken Jah Fakoly : Nous sommes les seules nations qui ont refusé la souveraineté - La célébration du cinquantenaire de l'indépendance, une honte! », sur editions-sources-du-nil (consulté le 27 juin 2010)
  3. Sénégal : Tiken Jah Fakoly "interdit d'entrée et de sortie" après ses propos sur la situation politique du pays, APS, 13 décembre 2007.
  4. « Epinal : Tiken Jah Fakoly et Sinsemilia de concert », sur www.vosgesmatin.fr,‎ (consulté le 30 novembre 2015)
  5. « Tiken Jah Fakoly », sur www.franceculture.fr (consulté le 2 octobre 2015).
  6. (fr) Biographie sur RFI Musique
  7. Extrait de la chanson Y'en a marre, album Françafrique
  8. Extrait de la chanson Françafrique, album Françafrique
  9. (fr) Cité d'ans L'Essor : quotidien national d'information du Mali, no 14886 du - 2003-01-28
  10. Extrait de la chanson Délivrance, album Françafrique
  11. dans la chanson On a tout compris, album Françafrique
  12. Interrogé par Mathilde Serrell et Martin Quenehen dans l'émission Ping Pong sur France Culture le 29 septembre 2015, Tiken Jah Fakoly déclare « En 2002 je suis parti en exil parce que j'ai été averti, il paraît qu'un escadron de la mort avait une liste de personnes à tuer, dont je faisais partie. Donc je n'ai pas plaisanté avec ça. J'ai un ami qui était comédien qui s'appelait H Camara qui était sur la liste et qui a refusé de partir. Il a dit « Je ne me reproche rien, je reste là. ». Et il été arrêté un soir en 2003, après avoir dîné avec sa famille, et le lendemain on a trouvé son corps dans les rues d'Abidjan. Je suis parti au Mali, parce que simplement, mon message dérangeait ceux qui étaient au pouvoir. » (à 45:20). L'assassinat est rapporté dans les articles de Vincent Hugeux, « Les tueurs de l'ombre », L'Express,‎ (lire en ligne), de Virginie Gomez, « Mieux vaut mourir en martyr que vivre en hypocrite », Libération,‎ (lire en ligne), et de Thomas Hofnung, « L'ombre de Gbagbo sur les escadrons de la mort », Libération,‎ (lire en ligne).
  13. Francis Dordor, « Tiken Jah Fakoly, la musique au service de la démocratie », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  14. site officiel et espace MySpace dédié
  15. / 'Un concert, une école' - spot TV
  16. Kassim traoré, Tiken Jah Fakoly à l’inauguration de l’école de Touroni : « Il faut donner les mêmes chances à tous les enfants », Bamako Hebdo, 21 mars 2009
  17. http://fratmat.info/culture/festival-historique-du-manding-bilan-positif-pour-la-premiere-edition
  18. http://www.maliweb.net/art-culture/culture-historique-du-manding-me-amadou-tieoule-diarra-apporte-son-expertise-1218482.html
  19. http://maliactu.net/mali-festival-historique-manding-rappel-des-valeurs-culturelles-et-historique-du-manding-et-ses-hommes/
  20. http://www.maliweb.net/art-culture/festival-historique-du-manding-tant-que-lhistoire-de-la-chasse-est-racontee-par-le-chasseur-la-version-du-lion-ne-sera-jamais-connue-dixit-tiken-jah-fakoly-1184592.html
  21. http://news.abidjan.net/h/443874.html
  22. http://fr.allafrica.com/stories/201501081183.html
  23. « Un collectif d’artistes se mobilise pour la Corne de l’Afrique ! », sur UNICEF France,‎ (consulté le 22 février 2012)

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