Thoutmôsis (fils d'Amenhotep III)
| Thoutmôsis | ||||||
Le prince Thoutmôsis faisant une offrande — Relief provenant de Saqqarah — Musée égyptien de Berlin. | ||||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||||
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| Transcription | Ḏḥwty-ms | |||||
| Période | Nouvel Empire | |||||
| Dynastie | XVIIIe dynastie | |||||
| Famille | ||||||
| Grand-père paternel | Thoutmôsis IV | |||||
| Grand-mère paternelle | Moutemouia | |||||
| Grand-père maternel | Youya | |||||
| Grand-mère maternelle | Touya | |||||
| Père | Amenhotep III | |||||
| Mère | Tiyi | |||||
| Fratrie |
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Le prince Thoutmôsis est le fils aîné du roi Amenhotep III, et probablement de son épouse Tiyi.
Attestations
[modifier | modifier le code]Le prince est attesté par plusieurs documents[1] :
- une statuette du prince en tant que prêtre-sem conservée au musée du Louvre[2],
- la tombe du taureau Apis enterré dans le Sérapéum de Saqqarah (plus ancienne tombe connue) et découverte par Auguste Mariette ; les murs de la chapelle funéraire montraient le roi et son fils Thoutmôsis faisant offrande au taureau Apis ; dans le caveau, le nom du prince était inscrit sur des vases en albâtre égyptien et des poteries ; ces vases et poteries sont conservés au Musée du Louvre[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],
- un sarcophage en calcaire de la chatte du prince nommée Ta-miou, découvert à Mit-Rahineh par Jacques de Morgan en 1892 ; ce sarcophage donne la titulature complète du prince : « fils aîné du roi, surveillant des prêtres de Haute et Basse-Égypte, grand prêtre de Ptah à Memphis, prêtre-sem (de Ptah) » ; le sarcophage est aujourd'hui conservé au Musée égyptien du Caire (CG 5003),
- une sculpture en schiste représentant le prince Thoutmôsis momifié, allongé sur un brancard avec un oiseau-ba sur la poitrine ; la statuette est conservée à Berlin,
- peut-être un fouet découvert dans la tombe KV62 de Toutânkhamon ; il est inscrit au nom du « fils du roi Thoutmôsis, chef des troupes » ; l'identification de ce prince au fils d'Amenhotep III n'est pas certaine, même s'il s'agit du prince de ce nom chronologiquement le plus proche de Toutânkhamon (Aidan Dodson indique que le roi Thoutmôsis IV lorsqu'il était prince est également une possible identification[11],[12]).
- Objets au nom de Thoutmôsis
- Sarcophage de la chatte du prince royal Thoutmôsis, nommée « Ta-miou » (litt. ce chat), conservé au Musée égyptien du Caire (CG 5003)
- Sculpture en schiste représentant le prince Thoutmôsis momifié, conservée à Berlin
- Statuette du prince, conservée au Louvre (E 2749)
Généalogie
[modifier | modifier le code]Les documents permettent de reconstruire la généalogie du prince : il s'agit du fils aîné du roi Amenhotep III, et très probablement de la reine Tiyi, grande épouse royale d'Amenhotep III dès le début du règne. Il est donc le frère aîné du prince Amenhotep (futur roi Amenhotep IV-Akhenaton). Il meurt cependant avant son père, laissant donc le trône à son frère cadet[13],[14].
Biographie
[modifier | modifier le code]Carrière
[modifier | modifier le code]Peu de vestiges au nom de Thoutmôsis permettant de détailler avec précision la vie du prince nous sont parvenus. Cependant, un certain nombre d'objets à son nom permettent, comme un puzzle, de reconstituer son parcours ou en tout cas de le retracer. On peut raisonnablement supposer qu'en tant que prince, il fut élevé dans l'école du kep, institution royale du Nouvel Empire destinée à l'éducation des princes égyptiens ainsi qu'étrangers qui étaient envoyés à la cour de Pharaon afin d'y recevoir la meilleure éducation du moment.
Il a peut-être par la suite embrassé une carrière militaire, comme le montrerait le fouet découvert dans la tombe de Toutânkhamon (neveu du prince)[11],[15],[12]. Cependant, comme le souligne Aidan Dodson, il pourrait s'agir du roi Thoutmôsis IV en tant que prince, bien qu'il soit chronologiquement plus ancien[11],[12].
Ce qui est certain, c'est qu'il entre dans la prêtrise du temple de Ptah à Memphis. Il est en effet prêtre-sem sur la statuette du prince conservée au Louvre. Il est ensuite prêtre-sem et grand prêtre de Ptah. Cependant, les documents n'indiquent pas de manière claire, même si c'est possible, si le prince est devenu d'abord simplement prêtre-sem, puis est devenu grand prêtre de Ptah plus tard (comme Khâemouaset, fils de Ramsès II), où s'il est devenu grand prêtre de Ptah directement. La présence du simple titre de prêtre-sem sur la statuette du Louvre irait toutefois dans le sens d'une progression dans la hiérarchie du temple de Ptah[1].
En tant que grand prêtre de Ptah, il procède aux rites et aux cérémonies de l'antique capitale et est chargé du culte funéraire du dieu Apis, inaugurant à Saqqarah une nouvelle nécropole pouvant accueillir les dépouilles momifiées des taureaux sacrés. À cette époque, les tombes sont conçues comme des hypogées individuels surmontés d'une chapelle de culte. C'est à ce titre que son nom a été retrouvé dans la tombe individuelle du taureau Apis enterré pendant le règne de son père au Sérapéum de Saqqarah et retrouvée par Auguste Mariette au XIXe siècle[13],[16],[14].
Le prince est également, en parallèle de sa charge de grand prêtre de Ptah, « surveillant des prêtres de Haute et Basse-Égypte »[note 1]. Il occupe donc une des places les plus importantes dans la hiérarchie de la cour du roi et de l'administration du pays, étant de fait le gouverneur de vastes domaines rattachés aux institutions religieuses dont il a la charge[17].
Thoutmôsis était probablement le prince héritier du trône en tant que fils aîné du roi. Il semble avoir vécu jusque dans la troisième décennie du règne de son père, avant de disparaître des archives[14]. C'est alors son frère cadet Amenhotep IV, plus connu sous le nom d'Akhenaton, qui succèdera à leur père sur le « trône d'Horus des vivants »[13].
Vie personnelle
[modifier | modifier le code]De Memphis provient un autre artefact au nom du prince, découvert par Jacques de Morgan en 1892 lors des fouilles qu'il entreprit dans les ruines de l'antique capitale située à Mit-Rahineh[18]. Il s'agit d'un sarcophage en calcaire pour une chatte nommée Ta-miou, ayant appartenu à Thoutmôsis. Il s'agit d'un très rare exemple d'un animal appartenant à un membre de la famille royale, avec certains animaux enterrés dans les tombes KV50 à KV52.
Sépulture
[modifier | modifier le code]Le tombeau de Thoutmôsis n'a pas été retrouvé à ce jour. En tant que fils aîné du roi, potentiel héritier du trône, il pourrait avoir été prévu à Thèbes, mais aucune tombe de la vallée des Rois ne permet de confirmer cette hypothèse.
En tant que grand prêtre de Ptah, il peut tout aussi bien avoir été aménagé dans la nécropole régionale de Saqqarah, comme d'autres grands pontifes ayant occupé cette charge avant lui ou après lui auront le privilège de se faire inhumer auprès du dieu qu'ils ont servi et accompagné dans sa dernière demeure[note 2].
Son tombeau a probablement été pillé, une statuette funéraire à son nom étant apparue sur le marché des Antiquités et conservée aujourd'hui au Musée du Louvre[16]. Dans la même collection, un vase en albâtre égyptien à son nom pourrait également provenir de son tombeau[16], mais Aidan Dodson l'associe plutôt aux vases découverts dans la tombe du taureau Apis[13].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Ce titre équivaut au titre de ministre des cultes du pays tout entier.
- ↑ On citera pour comparaison le cas de Khâemouaset, fils de Ramsès II, dont la carrière est très semblable à celle de Thoutmôsis, et dont la tombe a été retrouvée précisément au Sérapéum de Saqqarah.
Références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Dodson 1990, p. 87-88.
- ↑ (en) « Statuette du prince Thoutmôsis conservée au Louvre (E 2749) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en albâtre égyptien de la tombe du taureau Apis (N 482 A) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en albâtre égyptien de la tombe du taureau Apis (N 482 B) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en terre cuite de la tombe du taureau Apis (N 484 A) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en terre cuite de la tombe du taureau Apis (N 484 B) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en terre cuite de la tombe du taureau Apis (N 455 A) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en terre cuite de la tombe du taureau Apis (N 455 B) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en terre cuite de la tombe du taureau Apis (AF 153) » (consulté le )
- ↑ (en) « Vase en terre cuite de la tombe du taureau Apis (AF 154) » (consulté le )
- 1 2 3 Dodson 1990, p. 96.
- 1 2 3 Dodson et Hilton 2004, p. 141.
- 1 2 3 4 Dodson 1990, p. 88.
- 1 2 3 Dodson et Hilton 2004, p. 157.
- ↑ Maystre 1992, p. 133 (§ 51), note 2.
- 1 2 3 Maystre 1992, p. 271.
- ↑ Maystre 1992, p. 132 (§ 51).
- ↑ al-Athar 1897, p. 77, cat. 232.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Maslahat al-Athar, Notice des principaux monuments exposés au Musée de Gizeh, Le Caire, Service des Antiquités de l'Égypte, ;
- (en) Aidan Mark Dodson, « Crown Prince Djhutmose and the Royal Sons of the Eighteenth Dynasty », Journal of Egyptian Archaeology, no 76, , p. 87–96 (DOI 10.1177/030751339007600107, S2CID 193951672) ;
- Charles Maystre, Les Grands prêtres de Ptah de Memphis, Freiburg, Orbis biblicus et orientalis - Universitätsverlag, , 465 p. (ISBN 978-3727807947) ;
- Agnès Cabrol, Amenhotep III : Le Magnifique, Editions du Rocher, , 480 p. (ISBN 978-2-2680-3583-3) ;
- (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, [détail des éditions] (ISBN 0-500-05128-3) ;
- Carl Nicholas Reeves, Akhénaton et son Dieu, Éditions Autrement, coll. « Mémoires », ;