Thouaré-sur-Loire

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Thouaré-sur-Loire
Thouaré-sur-Loire
L'église Saint-Vincent.
Blason de Thouaré-sur-Loire
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Nantes
Intercommunalité Nantes Métropole
Maire
Mandat
Martine Oger
2020-2026
Code postal 44470
Code commune 44204
Démographie
Gentilé Thouaréens
Population
municipale
10 482 hab. (2019 en augmentation de 19,79 % par rapport à 2013)
Densité 821 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 16′ 06″ nord, 1° 26′ 22″ ouest
Altitude Min. 1 m
Max. 73 m
Superficie 12,76 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Nantes
(banlieue)
Aire d'attraction Nantes
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Carquefou
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Thouaré-sur-Loire
Liens
Site web thouare.fr

Thouaré-sur-Loire est une commune de l'Ouest de la France située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire.

Sur le plan historique,Thouaré-sur-Loire fait partie de la Bretagne et du Pays nantais.

Le nom breton de la commune est "Tarvieg".

Ses habitants sont appelés Thouaréens et Thouaréennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation de la commune de Thouaré-sur-Loire dans le département de la Loire-Atlantique

Situation[modifier | modifier le code]

Thouaré-sur-Loire est situé sur la rive nord de la Loire, à 10 km au nord-est de Nantes.

Selon le classement établi par l'Insee, Thouaré-sur-Loire est une commune urbaine, une des 24 communes de banlieue de l'unité urbaine de Nantes ; elle fait donc partie de l'aire urbaine de Nantes et de l'espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire (cf. Liste des communes de la Loire-Atlantique).

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique franc », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[1]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat se traduit par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante (en liaison avec les perturbations venant de l'Atlantique), répartie tout au long de l'année avec un léger maximum d'octobre à février[2].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[3]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[1]

  • Moyenne annuelle de température : 12,2 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 1,2 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 4,5 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 13,7 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 2] : 775 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 12,8 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 6,3 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[5] complétée par des études régionales[6] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Haie-Fouassière », sur la commune de La Haie-Fouassière, mise en service en 1960[7] et qui se trouve à 13 km à vol d'oiseau[8],[Note 3], où la température moyenne annuelle est de 12,4 °C et la hauteur de précipitations de 843,3 mm pour la période 1981-2010[9]. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Nantes-Bouguenais », sur la commune de Bouguenais, mise en service en 1945 et à 17 km[10], la température moyenne annuelle évolue de 12,2 °C pour la période 1971-2000[11], à 12,5 °C pour 1981-2010[12], puis à 12,7 °C pour 1991-2020[13].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Les limites de la commune sont :

  • à l'ouest, le ruisseau du Guette-Loup, avec la commune de Sainte-Luce-sur-Loire ;
  • au nord, la route départementale 923, avec la commune de Carquefou ;
  • au sud, la Loire, avec la commune de Saint-Julien-de-Concelles ;
  • à l'est, le ruisseau du Gobert et le chemin du Port Potiron, avec Mauves-sur-Loire.

Transports[modifier | modifier le code]

La gare SNCF.

Thouaré-sur-Loire est desservie par une ligne Chronobus (C7) et 3 lignes de bus (67, 77 et 87) du réseau TAN[14].

La gare de Thouaré est desservie le matin (en direction de Nantes), le midi et le soir (en direction d’Angers, du Mans ou de Tours) par le réseau TER Pays de la Loire. Le temps de trajet entre Nantes et Thouaré-sur-Loire est de 7 minutes.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Thouaré-sur-Loire est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 4],[15],[16],[17]. Elle appartient à l'unité urbaine de Nantes, une agglomération intra-départementale regroupant 22 communes[18] et 645 324 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue. L'agglomération de Nantes est la huitième plus importante de la France en termes de population, derrière celles de Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Lille (partie française), Toulouse, Bordeaux et Nice[19],[20].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nantes dont elle est une commune de la couronne[Note 5]. Cette aire, qui regroupe 116 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[21],[22].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,2 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (66,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (31,8 %), zones urbanisées (27,7 %), prairies (21 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (7,6 %), terres arables (4,4 %), zones humides intérieures (3,8 %), eaux continentales[Note 6] (3,6 %)[23].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[24].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de la ville.

Le nom de Thouaré apparaît la première fois dans la charte de Louis le Gros en 1123 sous la forme Tauriacus[25], Thouaire en 1287[25], Thoaré, Thoyré, Touaré, Thoaret, Thoairé, puis enfin Thouaré[Quand ?].

Le nom de Thouaré-sur-Loire viendrait de Taurus ou Tauriacus[26].

Son nom en breton est Tarvieg[25].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines de Thouaré[modifier | modifier le code]

Les origines de Thouaré sont confuses. Selon certaines hypothèses, la fondation de la cité serait due à un légionnaire romain du nom de Taurus ou Tauraicus qui aurait installé une riche villa. Ou bien elle serait due à un dieu celtique célébré dans cette partie de la Gaule : Taur. Une chose est sûre : les peuplements humains sont fixés très tôt à cet endroit du fait de la présence de la Loire, voie de communication privilégiée. Cette présence est attestée par les découvertes de silex taillés et d’épées en bronze à Bellevue (Sainte-Luce-sur-Loire).

Du Moyen Âge à la Révolution française[modifier | modifier le code]

Vers le XIIIe siècle, les pouvoirs civils et religieux se concentraient autour du château de la Motte également appelé château de la Tour. Le seigneur du lieu, « fondateur de la Paroisse », exerçait les droits de haute, moyenne et basse justice sur ses sujets.

Ces seigneurs furent successivement :

À noter, durant cette période, la venue du roi de France Charles IX et de la cour qui allaient à Nantes, acclamés par les Thouaréens. Il séjourna au château de Thouaré où il fut reçu par Claude de Bretagne (fils de Charles de Bretagne et de Philippe de Saint-Amadour, comtesse de Vertues, baronne de Coueffret, vicomtesse de Guingamp et dame de Thouaré).

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Durant les troubles révolutionnaires, Thouaré (hormis quelques victimes dont le prêtre constitutionnel Giron) fut dans l’ensemble épargnée par les massacres et les destructions.

De plus, elle fut nommée chef-lieu du canton, titre quelle conserva jusqu’en 1803 : la ville fut l’objet d’une attention particulière par le nouveau régime qui y maintint des forces armées, telle la canonnière « le Duguay-Trouin » pour veiller à la sécurité des patriotes et interdire le franchissement aux "brigands" de la rive sud.

Mais les Thouaréens n’étaient pas acquis aux idées nouvelles, comme le souligne le rapport du 30 messidor an VII, du commissaire du Directoire exécutif : Louis Marchais. Seulement 15 hommes sur les 110 en état de porter les armes, étaient disposés à la République. Toutefois, la Municipalité se retira à Nantes, à cause de l’insécurité croissante.

L’Empire et la Restauration[modifier | modifier le code]

Grâce à Napoléon, le pays retrouva la paix et les Thouaréens furent dans l’ensemble favorables à l’Empire et ils le montrèrent. Notamment lors de sa visite à Thouaré, le , pour laquelle fut dressé un arc de triomphe au Chemin nantais, où les Thouaréens acclamèrent l’Empereur, ou encore lors de la fête de la naissance et du baptême du roi de Rome, où un feu de joie fut allumé et du vin donné au public.

En 1815, lors de la chute de Napoléon, la France fut occupée par les puissances étrangères. Thouaré fut occupée plusieurs semaines par un détachement de Saxons.

En 1832, les demoiselles du Guiny (nées au château de la Hillière) furent impliquées dans le soulèvement organisé par la duchesse de Berry, en vue de faire monter sur le trône de France le duc de Bordeaux.

La seconde moitié du XIXe siècle : les transformations[modifier | modifier le code]

La seconde moitié du XIXe siècle fut riche en transformations considérables, qui modifièrent la physionomie de la ville et l’ouvrit au reste de la région :

  • en 1851 : la construction de la voie ferrée de Nantes à Paris, marque de son empreinte le territoire de la commune ;
  • en 1863 : le déplacement du bourg s’organisant désormais autour de la place de la république et de l’église nouvellement construite ;
  • vers 1867-1868 : la construction de la levée de la Divatte et le dragage intensif du bras sud de la Loire modifient le régime des crues et provoque l’ensablement du bras sud de Thouaré ;
  • entre 1879-1882 : la construction des ponts de Thouaré, qui succèdent à l’antique passage, facilite et développe des échanges entre les deux rives de la Loire.

Guerre franco-prussienne de 1870, Première Guerre mondiale et Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Guerre de 1870 toucha très peu Thouaré, seules subsistent les traces des fortifications édifiées sur les coteaux de Gobert et d’Auray.

La Première et la Seconde Guerre mondiale furent plus meurtrières, surtout la première qui vit la mort de 43 habitants de Thouaré. Les ponts de Thouaré (ainsi que ceux de Mauves-sur-Loire et de Oudon) furent dynamités trois fois, notamment le par l’armée française, et le par l’aviation britannique (bombardement qui fit 2 morts, 18 blessés dans un état grave et 8 maisons détruites).

Avènement de la ville de Thouaré[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1950, Thouaré a fortement évolué : sa population a quadruplé en 40 ans et l’organisation de son territoire a été modifiée, notamment avec l’implantation de nombreux lotissements.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Coupé : au premier du coupé : parti : au premier, d'azur au chevron d'or, accompagné de trois roses du même, et au second, d'hermine plain ; au second du coupé : d'azur à un pont d'or à sept arches, mouvant des flancs et soutenu d'une onde de sinople.
Commentaires : Écu de la famille Mosnier de Thouaré-sur-Loire, qui résida au château de 1657 à 1854. Le pont d'or évoque les ponts de Thouaré. L'hermine évoque le blasonnement d'hermine plain de la Bretagne, rappelant l'appartenance passée de la ville au duché de Bretagne. Délibération municipale du .

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L’église Saint-Vincent[modifier | modifier le code]

Après plus de quinze années de controverse sur le projet de reconstruction et son futur emplacement, le , le conseil municipal se dit favorable à la reconstruction de l’église au lieu-dit des Basses Noues. M. Senot de la Londe (propriétaire du château de la Picauderie) fit don d’un terrain de 70 mètres sur 50 situés au lieu-dit désigné. Les travaux débutèrent en 1861, et en 1863, l’église de Thouaré fut inaugurée, en même temps que la nouvelle place.

Construite dans un style néogothique, propre aux églises de la région, elle est dédiée à saint Vincent. Elle possède un clocher terminé en pointes octogonales en ardoise ; à noter, la présence des quatre autres petites pointes triangulaires. En dessous, on aperçoit une fenêtre à meneaux en arcs plein cintre, comme le reste des vitraux, indiquant l’endroit où résident les trois cloches ayant un son et un nom différents :

  • le sol : Rogatienne – Laure ;
  • le la : Marie – saint Enthyme ;
  • le si : Augustine – Laure.

Encore en dessous, se trouvent les contreforts qui descendent jusqu’au bas de l’église, du moins jusqu’à une sorte de porche protégeant un tympan soutenu par deux colonnettes à chapiteaux néogothiques aux motifs floraux.

Le tympan montre Jésus entouré des symboles des quatre évangélistes : le lion pour saint Marc, le bœuf pour saint Luc, l’aigle pour saint Jean et l’ange pour saint Matthieu. Sur l’un des contreforts est apposée une plaque rappelant le nom des donateurs et le montant de leur participation : la commune a donné 39 200 francs, les habitants, 7 500 francs et l’État et la Fabrique ont tous deux donné 3 000 francs.

Le plan de l’église est traditionnel mais simplifié : il n’y a pas de bas-côtés, de travées, ni de chapelles rayonnantes. De plus les chapelles orientées sont très sommaires : elles sont composées d’un simple autel surmonté d’une statue (de la Vierge à gauche et de saint Joseph à droite), et encore d’un vitrail. Tout au long de la nef centrale sont accrochés treize bas-reliefs représentant les 13 moments de la passion du Christ.

L’abside et le chœur sont très joliment travaillés avec leurs effets d’arcs brisés pleins soutenus par des culs-de-lampe sculptés, créant une légèreté toute particulière.

Le vitrail central représente le Messie présentant son sacré-cœur. Les colonnes qui soutiennent le grand arc brisé central ont des chapiteaux néogothiques à motif floral. Les clefs de voûte sont joliment sculptées ; particulièrement la clef de voûte de la croisée du transept représentant une « sainte face ».

À noter la présence d’une fresque de 6 m sur 3,50 m dans le transept gauche. Elle commémore le voyage que fit Notre Dame de Boulogne, sur la Loire, le . Elle fut peinte par Paul Lemasson, élève de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Bénie le , la fresque représente quelques portraits de Thouaréens, notamment la plupart de ceux qui disparurent durant la guerre, ainsi que de l'évêque de Nantes, Monseigneur Villepelet, bénissant la foule des paroissiens.

Enfin, l’église possède une statue de saint Vincent en calcaire et haute de 170 cm rappelant le nom de l’église. En 1884, est acquise une bannière représentant saint Vincent, entourée de sarments et de grappes de vigne sur fond de velours rouge. Les broderies sont faites de fils d’or et d’argent.

La Vierge des Noues[modifier | modifier le code]

Cet oratoire se trouvait initialement au carrefour des Noues (devenu Place de la République). Il fut transféré en 1863, à l’intersection des routes de Mauves-sur-Loire et de Belle Vue, à cause de la construction de l’église Saint-Vincent. Jusque dans les années 1950, les Thouaréens s’y rendaient régulièrement en procession. Il est en forme de petit temple, avec des pilastres, un fronton triangulaire et son arc en plein cintre. À noter la présence d’une grille ouvragée et de mosaïques. La vierge des Noues a fait l’objet d’une restauration qui s’est terminée en novembre 2005.

La Croix Bertrand[modifier | modifier le code]

Située sur le chemin qui mène de la Pamprie à la Robinière, la Croix Bertrand ne fut pas le premier calvaire érigé à cet emplacement, d’où l’appellation qui lui fut donné de « nouvelle Croix ». La Croix Bertrand doit son nom à son fondateur, Dominique Bertrand, qui fit ériger le calvaire en 1705, sous le règne de Louis XIV. En 1944, la croix de bois qui existait au début du siècle fut remplacée par le calvaire actuel.

Les châteaux[modifier | modifier le code]

Le château de la Picauderie[modifier | modifier le code]

Château de la Picauderie

Le château de la Picauderie est un vaste domaine d’un peu moins de 2 hectares situé près de la Loire, en face de l’ancien port de Thouaré.

Avant le XVIIIe siècle, il existait déjà une demeure importante, on en retrouve les vestiges à l’est de la propriété, tels qu’un four à pain parfaitement conservé. Ayant appartenu successivement aux Proust puis aux D’Avoyne, le domaine de la Picauderie devint, dans des circonstances mal connues, la propriété des Barbier, maîtres de forges dans la région de Châteaubriant et négociants nantais. Comme tous les gens de leur catégorie sociale, les Barbier entretenaient d’étroites relations avec la ville, et c’est sûrement ce qui les incita à construire une belle demeure néoclassique, dans cette propriété.

Édifié par l’architecte nantais Jean-Baptiste Ceineray en 1773, le château est du plus pur style néoclassique. Le domaine passa ensuite par mariage à la famille de Monti, puis aux Sénot de La Londe et enfin aux Tinguy et aux Mitard. Ce château est une folie typique du XVIIIe siècle.

La Picauderie est totalement symétrique, elle possède un avant-corps avec des pilastres à ligne de refend, surmontés d’un fronton triangulaire avec oculus. La porte centrale, avec un perron, est un arc en plein-cintre avec un claveau. Le toit est pentu, d’où la présence de chiens assis aux arcs surbaissés. On aperçoit, sur tout le reste du bâtiment, des fenêtres rectangulaires à petits carreaux, qui, combinées aux lignes régulières, donnent un effet d’élégance à l’ensemble. Les pilastres de l’angle du château sont eux aussi à refends. À noter la présence d’un entablement accentuant le côté géométrique.

Au nord-ouest de la propriété, l’ancien « temple de l’amitié », témoignant de la filiation néoclassique, a été réaménagé et transformé en chapelle. De plus, en bordure de Loire, on trouve des « vide-bouteilles ». Ce sont des constructions caractéristiques qui témoignent de l’époque où les armateurs négociants vivaient à l’aise. À l’intérieur du château, deux peintures, représentant la culture du sucre à Saint-Domingue, montrent que cette fortune provient, en partie, de l’esclavage.

Le château de la Hillière[modifier | modifier le code]

Château de la Hillière, avant son agrandissement.

Situé au nord-ouest de la commune, sur les coteaux dominants la Loire, le château de la Hillière est un château de style néoclassique.

Les origines de la Hillière sont confuses. Seuls restent les vestiges aménagés des antiques demeures seigneuriales édifiées aux environs du XIVe siècle. On sait également que les Fleuriot, premiers propriétaires connus et maîtres de la monnaie à Nantes, possédaient une résidence Renaissance, comme l’atteste la découverte d’une pierre portant le millésime du XVIe siècle.

Le domaine passa ensuite aux Sorin puis à la famille du Guiny ; ce sont ces derniers (en particulier François Marie du Guiny) qui édifièrent le château actuel. Durant la Révolution, la Hillière, ainsi que tout son mobilier, terrains et métairies, furent vendus comme bien national. Passant aux Metois puis changeant souvent de propriétaire, le domaine est occupé depuis 1952 par la communauté des frères de Saint-Gabriel.

Dans un parc de 8 hectares au milieu de jardins aménagés, se dresse le château. L’avant n’est pas traditionnel puisqu’il s’agit d’un demi-cercle, sur lequel est situé le perron circulaire menant à l’entrée. Celle-ci est entourée de deux petites colonnes ioniques à fût lisse soutenant un entablement suivi d’un fronton triangulaire dépourvu des habituelles armoiries.

Le rez-de-chaussée est l’étage noble, car il possède les plus grandes fenêtres rectangulaires.

Le 1er étage en possède de plus petites, indiquant la partie privée du château. Le toit possède des chiens assis. Petite particularité, le soubassement de la demeure possède des lucarnes indiquant la présence d’une cave ou d’un sous-sol. Les pilastres d’angle sont à refends.

Le domaine possède une petite chapelle dédiée à la Vierge Marie (restaurée par les frères de Saint-Gabriel) qui fut, après la destruction de la chapelle d’Auray, le centre religieux du Haut Thouaré. À l’intérieur, la chapelle est divisée en deux parties, le chœur, occupant un tiers est séparé par une « sainte table » de l’endroit réservé aux fidèles. Deux vitraux ogivales portant le motif central « A.M » (Ave Maria) l’éclairent, en plus de l’ouverture située au-dessus de la porte. Sur le bas de l’autel de marbre noir est visible un agneau entouré de rayons, de plus il est surmonté d’une statue de la Vierge en pierre blanche. La partie arrière prend la forme d’une voûte peinte en bleu et parsemée d’étoiles d’or.

Le château de Thouaré[modifier | modifier le code]

Pigeonnier du Château de Thouaré.

Les origines du château, probablement édifié à l’emplacement d’une villa gallo-romaine, remontent au Xe siècle. Le château eut une grande influence dans la vie locale jusqu’à la Révolution. Il appartint à différentes familles. La plus célèbre propriétaire fut Anne Descartes, demi-sœur du célèbre philosophe. Passant aux Césard, puis aux Mathieu, le domaine fut racheté en 1882 par la famille de Vienne qui le possède toujours.

La façade est du château présente un style mêlant des éléments Renaissance, comme la tour-lanterne à dôme, et d’autres issus du Moyen Âge, tel les créneaux, ou la fenêtre à double meneaux datant de la seconde moitié du XIXe siècle ; de tuffeau et de pierre, elle est encadrée d’un galbe plein, sur lequel apparaissent les armes des familles de Vienne et Boucher d’Argis, propriétaires du domaine.

Le château fut profondément remanié au XIXe siècle, surtout la façade sud, qui ne possède plus aucune particularité architecturale. La particularité du château de Thouaré est qu'il possède un pigeonnier (ou fuie) datant du XVe siècle, privilège de la noblesse. Composé de tuffeau et de pierre, il possède 1 189 boulins ou niches destinés à accueillir les pigeons. La toiture a une forme de dôme, elle est surmontée d’une tourelle ouvragée percée de trous, pour laisser entrer et sortir les pigeons. À son sommet, une sculpture de pigeon rappelle la fonction de l’édifice. Le pigeonnier est inscrit Monument historique depuis 1982.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Sentiers pédestres[modifier | modifier le code]

Numéro du circuit Nom du circuit Balisage Longueur en km / estimation de durée
1 Circuit du Vallon bleu km - h 50
2 Circuit du Chêne Vert vert 3,5 km - h 35
3 Circuit de la Coulée Verte - km - h 20
4 Promenade des Bords de Loire - 14 km - h 20

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[27],[Note 7]

En 2019, la commune comptait 10 482 habitants[Note 8], en augmentation de 19,79 % par rapport à 2013 (Loire-Atlantique : +7,58 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 0636377418899698998929831 004
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9859871 0239769841 0271 0641 0541 040
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
9889929851 0071 0061 0401 1331 3361 560
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2011
1 7091 9742 8874 5055 1406 6607 2047 3757 886
2016 2019 - - - - - - -
9 77810 482-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 38,1 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (37,3 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 21,0 % la même année, alors qu'il est de 23,8 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 4 987 hommes pour 5 274 femmes, soit un taux de 51,4 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,42 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[30]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,9 
90 ou +
1,4 
6,0 
75-89 ans
6,6 
13,7 
60-74 ans
13,5 
19,8 
45-59 ans
20,2 
20,8 
30-44 ans
21,0 
17,8 
15-29 ans
16,0 
21,1 
0-14 ans
21,3 
Pyramide des âges du département de la Loire-Atlantique en 2018 en pourcentage[31]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90 ou +
1,7 
5,8 
75-89 ans
8,6 
14,7 
60-74 ans
16 
19,6 
45-59 ans
18,9 
20,1 
30-44 ans
19,2 
19,2 
15-29 ans
17,5 
20 
0-14 ans
18 

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville de Thouaré-sur-Loire
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1793 Jean Rocher    
1793 1807 P. Audrain    
1807 1813 L. Esprivent    
1813 1821 M. Audebert    
1821 1833 M. Thouinson    
1833 1835 M. Badeau    
1835 1843 P. Audrain    
1843 1848 M. Thouinson    
1848 1855 M. Delozez    
1855 1856 M. Godaire    
1856 1864 M. Hupé    
1864 1872 L. Caué    
1872 1881 Rodolphe Thomson    
1881 1892 Pierre Jaunet    
1892 1925 Joseph Senot de La Londe    
1925 1944 Auguste Jaunet    
1944 1971 Marius Caillau    
1971 1983 Jean Pinson DVD Cadre d'État puis expert-comptable
1983 1986 Odette Pujol DVD  
1986 2008 Pierre Aillet DVD
(app. UMP)
Cadre
2008 2014 Bernard Chesneau PS Directeur de projet
2014 2020 Serge Mounier DVD Chef de projet dans la grande distribution
Conseiller départemental de Carquefou (2015 → )
2020 En cours Martine Oger DVG Juriste
Les données manquantes sont à compléter.

Équipements et services[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville est jumelée avec :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources[modifier | modifier le code]

  • Si Thouaré m’était conté... (Numéro 1)
  • Si Thouaré m’était conté... (Numéro 2)
  • Patrimoine des communes de la Loire-Atlantique (Tome 1) : Canton de Carquefou

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[4].
  3. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  4. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  5. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  6. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  7. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  8. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI https://doi.org/10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  2. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
  3. « Définition d’une normale climatologique », sur http://www.meteofrance.fr/ (consulté le )
  4. Glossaire – Précipitation, Météo-France
  5. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
  6. [PDF]« Observatoire régional sur l'agriculture et le changement climatique (Oracle) - Pays de la Loire », sur pays-de-la-loire.chambres-agriculture.fr, (consulté le )
  7. « Station Météo-France Haie-Fouassière - métadonnées », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
  8. « Orthodromie entre Thouaré-sur-Loire et La Haie-Fouassière », sur fr.distance.to (consulté le ).
  9. « Station Météo-France Haie-Fouassière - fiche climatologique - statistiques 1981-2010 et records », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. « Orthodromie entre Thouaré-sur-Loire et Bouguenais », sur fr.distance.to (consulté le ).
  11. « Station météorologique de Nantes-Bouguenais - Normales pour la période 1971-2000 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  12. « Station météorologique de Nantes-Bouguenais - Normales pour la période 1981-2010 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  13. « Station météorologique de Nantes-Bouguenais - Normales pour la période 1991-2020 », sur https://www.infoclimat.fr/ (consulté le )
  14. Carte interactive du réseau TAN
  15. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  16. « Commune urbaine - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  17. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  18. « Unité urbaine 2020 de Nantes », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  19. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  20. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  21. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  22. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  23. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  24. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  25. a b et c Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis ».
  26. infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Thouaré-sur-Loire ».
  27. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  30. Insee, « Évolution et structure de la population en 2018 - Commune de Thouaré-sur-Loire (44204) », (consulté le ).
  31. Insee, « Évolution et structure de la population en 2018 - Département de la Loire-Atlantique (44) », (consulté le ).