Thomas de Choisy

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Thomas de Choisy, marquis de Mongnéville, né en 1632 et mort le à Sarrelouis, est un ingénieur et gouverneur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cousin germain de Jean-Paul de Choisy de Beaumont, intendant de Lorraine, et de son frère l’abbé de Choisy, membre de l’Académie française, ce contemporain de Vauban[1] fut d’abord dans le régiment de Saint-Diéry, cavalerie, où il était lieutenant aide-major en 1659. Il avait fait toutes les dernières campagnes jusqu’à celle de 1659 dans ce corps.

Il commença à être connu comme ingénieur, en 1668, époque à laquelle le marquis de Louvois le désigna comme le plus capable des ingénieurs qui étaient à Lille, pour être chargé des travaux de la place de Charleroi. Il fut enseigne de la Colonelle du Régiment d’infanterie d’Espagny le . Pendant quatre ans, sauf quelques interruptions, il dirigea tous les travaux qui y furent réalisés. Le 14 aout 1669, il était lieutenant réformé au Régiment d’infanterie de Castelnau. Capitaine au Régiment de Champagne le . Il se trouva à tous les sièges que fit le Prince de Condé en 1672. Au mois de décembre de cette année, il était à Béthune lorsque le prince d’Orange assiégea sans prévenir Charleroi. Une lettre de Vauban, du , témoigne du regret qu’il éprouvait de cette absence qui résultait de ses ordres, et de la confiance qu’il avait en lui pour faire échouer les projets ennemis.

En 1673, il était à l’armée d’Allemagne sous le maréchal de Turenne. La même année, après le siège de Maastricht, une sous-lieutenance des gardes fut demandée pour lui. Il fut laissé dans la place, chargé en même temps des travaux de Wik et de Liège. À la même armée, il prit part à la bataille de Sinsheim, d’Entzheim, de Mulhausen en 1674 à celle de Turckheim le .

En 1675, après la prise de Limbourg, il en fut nommé lieutenant de roi par commission du , et Louvois lui donna la direction des travaux dans quatre places, Huy, Limbourg, Maastricht et la citadelle de Liège, avec trois ingénieurs sous ses ordres. Après avoir servi avec la plus grande distinction à la défense de Maastricht en 1676, Il fut fait brigadier par brevet du . Il prit encore part eue au siège de Saint-Omer en 1677. Ayant reçu le gouvernement de la citadelle de Cambrai par provisions du .

En 1677, il se démit de la lieutenance de roi de Limbourg et on l’envoya commander à Thionville, par commission du suivant, qui portait qu’il y commanderait jusqu’à la fin de l’année, commandement confirmé pour trois ans par une autre commission du . Lorsque Louis XIV eut fait fortifier la ville de Sarrelouis, il lui en donna le gouvernement, par provisions du . Il se démit alors de celui de la citadelle de Cambrai et conserva jusqu’à sa mort le gouvernement de Sarrelouis où il a été enterré.

Il participa au siège de Luxembourg en 1684, à la défense de Mayence en 1689, au siège de Château de Rheinfels en 1692, enfin, à la création des places de Longwy, Sarrelouis et Mont-Royal, construite par Vauban en aval de Trèves en 1688 et détruite après le traité de Ryswick (1697).

Fait maréchal de camp, par brevet du , il reçut, le même jour l’ordre d’entrer dans Mayence et d’y commander en l’absence du marquis d’Uxelles : « il servit à la défense de cette place avec la plus grande valeur et la plus singulière intelligence[2] » avant de retourner dans son gouvernement.

Le roi érigea, par lettres du mois d’, registrées au Parlement le 19 suivant, sa terre de Moigneville en marquisat. Il fut nommé lieutenant général de ses armées, par pouvoir du , mais il n’a pas servi en cette qualité. À sa mort, son corps fut transféré dans le caveau familial de Mongnéville, mais son cœur est resté enterré en l’église paroissiale dans la ville de Sarrelouis.

Notes[modifier | modifier le code]

La capsule de plomb contenant le cœur du marquis de Choisy repose derrière cette plaque commémorative en l’église Saint-Louis.
  1. Vauban a écrit de lui dans une lettre du 1er janvier 1673 : « C’est celui de toutes les fortifications en qui je me fierais le plus pour la capacité et la valeur. »
  2. Les Lieutenans généraux des armées du Roi, depuis la création de cette Charge en 1621 jusqu’au régne de Louis XV en 1715, t. 4, (15 avril-15 septembre 1850), Paris, Claude Hérissant, 1761, 684 p., p. 536.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean Maximilien Lamarque, François Nicolas Fririon, Le Spectateur militaire : recueil de science, d’art et d’histoire militaires, XLIXe volume, (-), Paris, Noireau, 1850, 752 p., p. 287-9.
  • Les Lieutenans généraux des armées du Roi, depuis la création de cette Charge en 1621 jusqu’au régne de Louis XV en 1715, t. 4, (-), Paris, Claude Hérissant, 1761, 684 p., p. 535-6.