Thomas Porcher

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Thomas Porcher
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Thomas Porcher

Naissance
Drancy, Seine-Saint-Denis (France)
Nationalité française
Domaines Économie
Diplôme Doctorat en économie

Thomas Porcher, né en 1977 à Drancy[1], est un économiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est docteur en économie de l'université Panthéon-Sorbonne, professeur associé en Marchés des matières premières à la PSB Paris School of Business[2] (ex-ESG Management School) et enseignant en Économie et géopolitique de l'énergie dans le Master 203 à l'université Paris-Dauphine. Il a également été chargé de cours à l'université Paris-Descartes en économie internationale et en théorie et modélisation financières.

En 2013, Thomas Porcher a fait partie du groupe d'experts sur le gaz de schiste dans le cadre du débat national sur la transition énergétique au ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie[3]. En 2015, il a participé au groupe de travail de la mission sur la transition verte confiée à Corinne Lepage par Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie[4].

Il est membre du collectif Les économistes atterrés[5].

En septembre 2016, il rejoint l'équipe de campagne de Cécile Duflot, candidate à la primaire française de l'écologie de 2016, dont il coordonne le projet[6].

Travaux[modifier | modifier le code]

Le mirage du gaz de schiste[modifier | modifier le code]

Dans son livre Le mirage du gaz de schiste, Thomas Porcher tente de démonter les arguments des lobbies favorables au gaz de schiste[7] et de démontrer qu'exploiter le gaz de schiste en France n'entraînerait pas de gains économiques pour la population, notamment car l'expérience américaine ne serait pas transposable[1]. Thomas Porcher rappelle que la production de gaz ne crée que très peu d'emplois ; c'est pour cela que les spécialistes la qualifient de « rente gazière ». Pour créer des emplois, il faudrait donc forer massivement et en continu, comme le font les États-Unis[8]. Selon Thomas Porcher, l'exploitation du gaz de schiste ne ferait pas baisser les prix du gaz en Europe car le marché du gaz européen ne fonctionne pas comme le marché américain, il est plus rigide[9]. Pour que le prix baisse, l'Europe devrait produire une part de marché suffisamment forte pour être en position de renégocier les contrats avec ses fournisseurs traditionnels[8]. D'autres arguments comme l'indépendance énergétique ou le bouleversement géopolitique dus à l'exploitation du gaz de schiste sont abordés dans le livre[10].

Opacité des contrats pétroliers[modifier | modifier le code]

Dans son premier ouvrage Un baril de pétrole contre 100 mensonges, Thomas Porcher dénonce l'opacité des contrats pétroliers[11] et dévoile les relations entre compagnies pétrolières privées et pays en développement producteurs de pétrole qui n'appartiennent pas à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). L'ouvrage explique le fonctionnement des différents types de contrats existants (concessions, contrats de partage de production) et les avantages que les compagnies pétrolières en retirent. L'auteur souligne également la difficulté de négociation des contrats pour les pays producteurs dans la mesure où la discussion s'appuie sur des hypothèses de coûts fabriquées par les experts des compagnies privées[12].

Répercussions des prix du pétrole sur les prix de l'essence[modifier | modifier le code]

Thomas Porcher est le coauteur avec trois économistes d'une étude sortie le 8 juillet 2011 intitulée « étude sur la répercussion à la pompe des variations du prix du pétrole brut : le cas de la France (1990-2011) » s'appuyant sur des données ministérielles hebdomadaires, soit un échantillon de 1 096 observations. Selon l'étude, l'ajustement entre les prix du brut et ceux à la pompe est plus faible dans le cas d'une baisse que dans celui d'une hausse du prix du brut. Ainsi, lorsqu'il y aurait une hausse de 1 % du prix du brut, les prix à la pompe augmenteraient dans la semaine de 0,12 %. En revanche, dans le cas d'une baisse de 1 %, ils diminueraient seulement de 0,07 %[13]. Le 20 juillet 2011, un rapport de la direction générale de l'Énergie et du Climat (DGEC) commandé par Éric Besson, ministre de l'Énergie et de l'Industrie montre que « les compagnies pétrolières répercutent correctement les baisses des cours sur les prix à la pompe »[14]. Thomas Porcher critiqua les résultats de la DGEC dans différents médias (Le Parisien[14], ...) ainsi que dans son livre L'indécence précède l'essence[15].

Réforme de la fiscalité des carburants[modifier | modifier le code]

Pour Thomas Porcher, Stéphan Silvestre et Thomas Péran (professeurs associés à la PSB Paris School of Business), le régime fiscal actuel des carburants présente de nombreux inconvénients. Ils proposent une réforme fiscale « [visant] à corriger certains déséquilibres tout en réduisant les prix des carburants et en maintenant les ressources fiscales constantes ». Leur proposition consiste à reporter sur les propriétaires de véhicules, les grandes compagnies pétrolières et la distribution de carburant en grandes et moyennes surfaces une partie des taxes actuelles sur les carburants ; cette réforme conduirait à l'égalisation des prix de l'essence sans plomb et du gazole et à une prise en compte de la situation géographique des automobilistes, de la puissance de leur véhicule et de leurs besoins de mobilité[16],[17],[18].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles dans des revues[modifier | modifier le code]

Sélection d'articles dans la presse[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Coralie Schaub, « Gaz de schiste : « On est loin de la manne annoncée » », sur Libération,‎ .
  2. Thomas Porcher, Associate Professor
  3. Site du débat nationale sur la transition énergétique
  4. « Transition verte : Corinne Lepage au charbon », sur Libération.fr (consulté le 4 janvier 2016)
  5. « Thomas Porcher », sur Les économistes atterrés (consulté le 15 septembre 2016).
  6. (fr) « INFO OBS. L'économiste Thomas Porcher intègre l'équipe de Duflot » (consulté le 26 septembre 2016)
  7. « Gaz de schiste : avantage zéro », sur Marianne,‎
  8. a et b « Gaz de schiste : miracle ou mirage économique pour la France », sur Le Figaro,‎
  9. « Gaz de schiste : Thomas Porcher, un économiste contre les lobbies », sur Paris Match,‎
  10. Stéphane Ménia, « Note de lecture : Le mirage du gaz de schiste », sur éconoclaste,‎ (consulté le 26 avril 2015)
  11. « Thomas Porcher dénonce l'opacité des contrats pétroliers », sur L'Expansion,‎
  12. « Les mécanismes des contrats pétroliers », sur Les Échos,‎
  13. « Le rapport qui accuse les pétroliers », sur Le Parisien,‎
  14. a et b « Un rapport dédouane les pétroliers », sur Le Parisien,‎ .
  15. L'indécence précède l'essence p. 24-26
  16. « Une proposition de réforme de la fiscalité des carburants », sur L'Expansion,‎
  17. « Interview RTL »,‎
  18. « Trois propositions pour réformer la fiscalité des carburants », sur Le Monde,‎
  19. Pascal Ordonneau, « Total ou les armes de la puissance pétrolière : y a-t-il un « total Scandale » ? », sur Les Échos,‎ (consulté le 24 novembre 2014).
  20. Pascal Ordonneau, « Chronique du livre "Le Mirage du Gaz de Schiste" », sur Les Échos,‎ (consulté le 24 novembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]