Thomas Porcher

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Thomas Porcher
Thomas Porcher Mouans-Sartoux 07102018 No1.jpg
Thomas Porcher au festival du livre de Mouans-Sartoux
le .
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (41 ans)
DrancyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Parti politique
Membre de

Thomas Porcher, né le [1] à Drancy[2], est un économiste et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est docteur en économie de l'université Panthéon-Sorbonne, après avoir obtenu une Licence à l'université Paris-XIII Villetaneuse et son baccalauréat au lycée Jacques Brel à La Courneuve[3].

Il est professeur associé d'économie à la PSB Paris School of Business[4]. Il a également été chargé de cours en Économie et géopolitique de l'énergie dans le Master 203 à l'université Paris-Dauphine, en théories économiques à l'université Panthéon-Sorbonne et en économie internationale et théorie et modélisation financières à l'université Paris-Descartes.

En 2013, Thomas Porcher a fait partie du groupe d'experts sur le gaz de schiste dans le cadre du débat national sur la transition énergétique au ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie[5]. En 2015, il a participé au groupe de travail de la mission sur la transition verte confiée à Corinne Lepage par Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie[6].

Il est membre du collectif Les Économistes atterrés[7].

En janvier 2016, il fait partie des 40 signataires (avec Yannick Jadot, Thomas Piketty, Raphaël Glucksmann, ...) d'un appel pour l'organisation d'une grande primaire à gauche[8]. En septembre 2016, il rejoint l'équipe de campagne de Cécile Duflot, candidate à la primaire française de l'écologie de 2016, dont il coordonne le projet[9]. Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire citoyenne de 2017, il co-signe avec Yánis Varoufákis, ancien ministre des Finances grec, et Ulf Clerwall une tribune dans Le Monde intitulée « La gauche doit s'allier pour l'avenir de l'Europe », appelant à une alliance Hamon-Jadot-Mélenchon[10]. À la suite de l'élimination au premier tour de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon, il annonce sur les réseaux sociaux son intention de voter pour Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle[11].

À l'occasion du sommet One Planet Summit, il signe avec 80 économistes de différents pays (Tim Jackson, Yánis Varoufákis, Mariana Mazzucato, ...) l'appel pour la fin immédiate de tout investissement dans de nouveaux projets de production d'énergies fossiles[12].

Il intervient régulièrement dans les médias notamment dans l'émission C dans l'air. Il a fait partie des Voix de l'info de Sonia Mabrouk sur CNews[13]. Brain Magazine l'a qualifié de « minorité visible de gauche » dans les médias[14]

Selon un classement effectué par RePEc, il fait partie des économistes les plus suivis sur Twitter au niveau mondial. Il se place 38e sur 1 068 économistes recensés[15].

En novembre 2018, avec l'essayiste Raphaël Glucksmann, la militante écologiste Claire Nouvian et d'autres personnalités de la société civile, il crée un nouveau parti baptisé Place publique visant à répondre à des urgences démocratique, écologique et sociale[16],[17].

Travaux[modifier | modifier le code]

Critique du discours dominant en économie[modifier | modifier le code]

Dans Traité d'économie hérétique, Thomas Porcher critique le discours dominant en économie qui, selon lui, est d'orientation libérale. Il conteste également la neutralité de la science économique et remet en cause ce qu'il nomme des "vérités économiques assenées par certains experts"[18]. Ainsi, selon lui, l’épouvantail de la dette publique ne sert qu’à justifier les politiques d’austérité, la flexibilité du marché du travail n’a pas pour objectif de diminuer le chômage, mais de disposer d’une main-d’œuvre précaire ajustable aux conditions du marché et à la préservation des profits. L’exigence de baisse de la dépense publique a en réalité pour but de démanteler l’État social et d’offrir au secteur privé les marchés juteux des retraites et de la santé[19].

Critique de la vision économique d’Emmanuel Macron[modifier | modifier le code]

Dans Introduction inquiète à la Macron-économie, Thomas Porcher et Frédéric Farah veulent montrer que derrière le discours apparemment novateur et de bon sens d’Emmanuel Macron se cachent des idées régressives et des raisonnements économiques qui n’ont rien de nouveau[20].

Critique du manque d’ambition politique dans la lutte contre le réchauffement climatique[modifier | modifier le code]

Dans Le Déni climatique, Thomas Porcher et Henri Landes montrent comment les responsables politiques tiennent des discours ambitieux aux Nations unies, mais à l’inverse prennent des décisions contre le climat dans d’autre instances de négociation[21]. Ils critiquent notamment les solutions de marchés comme le marché du carbone qu'ils jugent insuffisantes pour engager une transition énergétique ambitieuse[22].

Critique du TAFTA[modifier | modifier le code]

Selon Thomas Porcher, le traité transatlantique entraînerait un nivellement vers le bas des normes pour en raison d'un cadre légal américain plus souple rendant les multinationales américaines plus compétitives. Il estime également que les prévisions de créations d'emplois et de croissance ont souvent été surestimées, notamment dans le cas du marché unique et de l'ALENA.

Critique de l'exploitation du gaz de schiste[modifier | modifier le code]

Dans son livre Le mirage du gaz de schiste, Thomas Porcher critique les arguments des lobbies favorables au gaz de schiste[23] et prétend démontrer que l'exploitation de gaz de schiste en France entraînerait peu de création d'emplois[2]. Selon lui, pour créer des emplois, il faudrait, sur le modèle américain, forer massivement et en continu États-Unis[24]. Enfin, Thomas Porcher affirme que cette exploitation ne ferait pas baisser les prix du gaz en Europe en raison de la plus forte réglementation du marché du gaz européen[25]. Une baisse des prix nécessiterait, selon lui, que l'Europe produise une part de marché suffisamment forte pour être en position de renégocier les contrats avec ses fournisseurs traditionnels[24].

Critique du manque de transparence des contrats pétroliers[modifier | modifier le code]

Dans son premier ouvrage Un baril de pétrole contre 100 mensonges, Thomas Porcher prétend dénoncer une opacité des contrats pétroliers[26] et dévoiler les relations entre compagnies pétrolières privées et pays en développement producteurs de pétrole non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). L'ouvrage explique le fonctionnement des différents types de contrats existants (concessions, contrats de partage de production) et les avantages que les compagnies pétrolières en retirent. L'auteur souligne également la difficulté de négociation des contrats pour les pays producteurs dans la mesure où la discussion s'appuie sur des hypothèses de coûts fabriquées par les experts des compagnies privées[27].

Répercussions des prix du pétrole sur les prix de l'essence[modifier | modifier le code]

Dans une étude coécrite de 2011, l'ajustement entre les prix du brut et ceux à la pompe est plus faible dans le cas d'une baisse que dans celui d'une hausse du prix du brut. Ainsi, lorsqu'il y aurait une hausse de 1 % du prix du brut, les prix à la pompe augmenteraient dans la semaine de 0,12 %. En revanche, dans le cas d'une baisse de 1 %, ils diminueraient seulement de 0,07 %[28]. Le 20 juillet 2011, un rapport de la direction générale de l'Énergie et du Climat (DGEC) commandé par Éric Besson, ministre de l'Énergie et de l'Industrie montre que « les compagnies pétrolières répercutent correctement les baisses des cours sur les prix à la pompe »[29]. Thomas Porcher critiqua les résultats de la DGEC dans différents médias (Le Parisien[29], ...) ainsi que dans son livre L'indécence précède l'essence[30].

Réforme de la fiscalité des carburants[modifier | modifier le code]

Pour Thomas Porcher, Stéphan Silvestre et Thomas Péran, le régime fiscal actuel des carburants présente de nombreux inconvénients. Ils proposent une réforme fiscale « [visant] à corriger certains déséquilibres tout en réduisant les prix des carburants et en maintenant les ressources fiscales constantes ». Leur proposition consiste à reporter sur les propriétaires de véhicules, les grandes compagnies pétrolières et la distribution de carburant en grandes et moyennes surfaces une partie des taxes actuelles sur les carburants ; cette réforme conduirait à l'égalisation des prix de l'essence sans plomb et du gazole et à une prise en compte de la situation géographique des automobilistes, de la puissance de leur véhicule et de leurs besoins de mobilité[31],[32],[33].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles dans des revues[modifier | modifier le code]

Sélection d'articles dans la presse[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portrait, sur forwards.fr.
  2. a et b Coralie Schaub, « Gaz de schiste : « On est loin de la manne annoncée » », sur Libération, .
  3. « Forwards, Brain Bangin' », sur Forwards (consulté le 13 novembre 2017)
  4. Thomas Porcher, Associate Professor
  5. Site du débat nationale sur la transition énergétique
  6. « Transition verte : Corinne Lepage au charbon », sur Libération.fr (consulté le 4 janvier 2016)
  7. « Thomas Porcher », sur Les Économistes atterrés (consulté le 15 septembre 2016).
  8. « Sign the Petition », sur Change.org (consulté le 14 mai 2018)
  9. « L'économiste Thomas Porcher intègre l'équipe de Duflot », sur L'Obs (consulté le 26 septembre 2016).
  10. « La voie européenne », France Culture,‎ (lire en ligne).
  11. « Message de Thomas Porcher sur Twitter », Twitter,‎ (lire en ligne).
  12. « https://reporterre.net/Financiers-arretez-d-investir-dans-le-fossile, », Reporterre, le quotidien de l 'écologie (consulté le 14 mai 2018)
  13. « Sonia Mabrouk (Les voix de l’info, CNews) : « Je veux remporter le défi sur ma tranche » », tvmag.lefigaro.fr,‎ (lire en ligne)
  14. « Les politiques, c'est fait. Quand est ce qu'on dégage aussi les journalistes ? » (consulté le 14 mai 2018).
  15. « Top 25% Economists by Twitter Followers », sur ideas.repec.org (consulté le 13 novembre 2017).
  16. « Glucksmann et d’autres lancent mercredi un nouveau parti, Place publique », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  17. Place Publique, Le site des initiatives citoyennes
  18. « Traité d'économie hérétique. En finir avec le discours dominant », Alternatives Economiques,‎ (lire en ligne)
  19. « Traité d’économie hérétique. Pour en finir avec le discours dominant », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  20. « Régressif, vieillot, conservateur : deux économistes se paient Macron », Challenges,‎ (lire en ligne)
  21. « "Le déni climatique", le livre provocateur qui dénonce l'hypocrisie des chefs d'État face au réchauffement », LCI,‎ (lire en ligne)
  22. librairie mollat, « Thomas Porcher - Le déni climatique », (consulté le 17 septembre 2018)
  23. « Gaz de schiste : avantage zéro », sur Marianne,
  24. a et b « Gaz de schiste : miracle ou mirage économique pour la France », sur Le Figaro,
  25. « Gaz de schiste : Thomas Porcher, un économiste contre les lobbies », sur Paris Match,
  26. « Thomas Porcher dénonce l'opacité des contrats pétroliers », sur L'Expansion,
  27. « Les mécanismes des contrats pétroliers », sur Les Échos,
  28. « Le rapport qui accuse les pétroliers », sur Le Parisien,
  29. a et b « Un rapport dédouane les pétroliers », sur Le Parisien, .
  30. "L'indécence précède l'essence", 2012 p. 24-26
  31. « Une proposition de réforme de la fiscalité des carburants », sur L'Expansion,
  32. « Interview RTL »,
  33. « Trois propositions pour réformer la fiscalité des carburants », sur Le Monde,
  34. Pascal Ordonneau, « Total ou les armes de la puissance pétrolière : y a-t-il un "Total scandale" ? », sur Les Échos, (consulté le 24 novembre 2014).
  35. Pascal Ordonneau, « Chronique du livre "Le Mirage du gaz de schiste" », sur Les Échos, (consulté le 24 novembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]