Thomas Pesquet

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Thomas Pesquet
Thomas Pesquet en 2016.
Thomas Pesquet en 2016.

Nationalité Drapeau de France Français
Agence spatiale Agence spatiale européenne
Sélection Groupe 3 (2009)
Naissance (39 ans)
Rouen (Seine-Maritime)
Occupation précédente ingénieur aéronautique
pilote de ligne
Occupation actuelle Astronaute
Mission(s) Soyouz MS-03
Expédition 50
Expédition 51
Insigne ESA Astronaut Class 2009 patch Vincent Gibaud.jpg

Thomas Pesquet, né le à Rouen, est un astronaute français de l'Agence spatiale européenne (ESA). Après une formation d'ingénieur aéronautique, Pesquet a occupé différents postes dans l'industrie aérospatiale et à l'agence spatiale européenne avant de devenir, en 2004, pilote de ligne. En 2009, il fait partie des six candidats retenus pour former le troisième groupe d'astronautes européens sélectionnés par l'agence spatiale. Pesquet est le dixième Français à partir dans l'espace en décollant le 17 novembre 2016 à bord de Soyouz MS-03 dont l’équipage occupe la Station spatiale internationale de novembre 2016 à juin 2017. Durant cette mission, Thomas Pesquet doit mener une centaine d'expériences dont la moitié développée par l'Agence spatiale européenne ou le CNES, l'autre moitié par la NASA. Il effectue plusieurs sorties extravéhiculaires de six heures pour des missions de maintenance de la Station spatiale internationale.

Formation[modifier | modifier le code]

Thomas Pesquet est le fils d'un professeur de maths-physique et d'une institutrice[1]. Il passe un baccalauréat scientifique au lycée Jehan Ango de Dieppe, en Normandie. Il entre en classe préparatoire au lycée Pierre-Corneille de Rouen et obtient en 2001 son diplôme d'ingénieur aéronautique à Supaéro, à Toulouse[2],[3]. Il passe une année à l'école polytechnique de Montréal grâce à un programme d'échange[4].

Thomas Pesquet parle le français, l'anglais, le russe, l'espagnol et l'allemand. Il pratique le parachutisme, la plongée et est ceinture noire de judo. Il est membre de deux associations professionnelles liées à l'astronautique : l'Association aéronautique et astronautique de France (3AF) et l'American Institute of Aeronautics and Astronautics (AIAA).

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, l'astronaute Thomas Pesquet a appris le pilotage à l'EPAG de Merville (Nord) pendant 2 ans. Début 2001, Thomas Pesquet effectue un stage d'ingénieur au Centre spatial de Cannes - Mandelieu (constructeur de satellites) établissement de la société Thales Alenia Space. Il y développe un logiciel de conception de système embarqué. En 2001, il est ingénieur en dynamique des engins spatiaux pour des missions de télédétection à la société GMV S.A. à Madrid (Espagne). Thomas Pesquet est recruté par le Centre national d'études spatiales (CNES) où il travaille de 2002 à 2004 sur l'autonomie des missions spatiales, la conception du futur segment terrestre de l'agence et l'harmonisation des technologies spatiales en Europe. Il représente l'agence spatiale européenne au sein du groupe de travail international chargé des systèmes de gestion de données spatiales. Pilote privé chevronné, il change d'orientation et suit un programme de formation des pilotes d'Air France et obtient sa licence de pilote de ligne (ATPL) en 2006. À compter de cette date, il vole sur Airbus A320,mais aussi sur A319 et A318 pour Air France et accumule plus de 2 000 heures de vol. Il est également instructeur sur A320[2],[3].

Astronaute[modifier | modifier le code]

Sélection[modifier | modifier le code]

Pesquet et ses deux coéquipiers s'entraînent à faire face à une dépressurisation de la station spatiale.
Pesquet et ses deux coéquipiers photographiés devant le lanceur Soyouz.

Lorsque l'Agence spatiale européenne lance une nouvelle campagne de recrutement d'astronaute en 2008, Thomas Pesquet présente sa candidature pour faire partie du Corps européen des astronautes[3]. Pesquet fait partie des six candidats retenus en mai 2009 parmi les 8 413 postulants. Il est le plus jeune des astronautes recrutés par l'Agence spatiale européenne. Il reçoit une formation initiale au Centre des astronautes européens (EAC) situé à Cologne en Allemagne [5],[6] qui s'achève mi-novembre 2010. Durant cette période, les futurs astronautes, dont les origines professionnelles sont très variées (médecin, ingénieur, pilote,..), reçoivent un enseignement homogène. Pesquet apprend le russe qui est avec l'anglais une des deux langues officielles à bord de la Station spatiale internationale[N 1] et qu'il devra pratiquer intensivement durant son entrainement en Russie[7]. À l'issue de sa formation, il travaille alors comme responsable des communications avec les astronautes en vol (Eurocom). Il est en parallèle chargé de projets à l'EAC dont la mise en place de coopérations avec de nouveaux partenaires comme la Chine.

Entrainement (2010-2016)[modifier | modifier le code]

Thomas Pesquet entame le long programme d'entraînement et d'apprentissage qui doit le préparer à sa future mission à bord de la Station spatiale internationale. Les formations, selon leur nature, se déroulent principalement en Allemagne, en Russie et aux États-Unis. À la Cité des étoiles, située dans la banlieue de Moscou, il s'entraîne à piloter le vaisseau Soyouz dans toutes les situations normales et d'urgence durant les phases critiques du vol, c'est-à-dire au décollage, lors du rendez-vous en orbite avec la station spatiale et lors de la rentrée atmosphérique[8]. Il s'habitue dans une centrifugeuse à subir des accélérations croissantes jusqu'à 9 g qui pourraient se produire en cas de rentrée atmosphérique non contrôlée[9]. Il effectue des exercices pratiques dans la taïga russe en Sibérie pour apprendre à survivre en cas d'atterrissage dans une étendue d'eau ou dans une zone située hors du périmètre prévu qui nécessiterait d'attendre les secours de 2 à 3 jours[10]. Au Centre spatial Lyndon B. Johnson de la NASA situé à Houston au Texas, il se familiarise avec les différents systèmes de la station spatiale gérés via un réseau d'une centaine d'ordinateurs portables. Il se forme plus particulièrement à la maintenance des systèmes de support-vie (gestion des systèmes liés à l'eau, l'air et les gaz) et des scaphandres qui relèveront de sa responsabilité durant son séjour dans l'espace. La station spatiale constitue un environnement fragile et les astronautes sont formés de manière intensive aux procédures d'urgence à appliquer lorsque l'une des trois situations critiques suivantes survient : empoisonnement de l'atmosphère par l'ammoniac du circuit de régulation thermique, départ de feu et perte de l'atmosphère interne liée à une brèche dans la paroi[11].

Pesquet apprend à manipuler le bras télécommandé Canadarm 2 utilisé pour déplacer les cargos spatiaux mais également les astronautes dans l'espace. Dans le bassin du Laboratoire de flottabilité neutre qui contient une maquette à l'échelle 1 d'une grande partie de la station spatiale, Pesquet répète, revêtu d'un scaphandre spatial lourd, les opérations qu'il aura à effectuer en cas d'intervention dans l'espace nécessitant une sortie extravéhiculaire. Pesquet séjourne à Tsukuba au Japon pour se familiariser avec le laboratoire spatial japonais Kibo partie intégrante de la station spatiale internationale[12]. À Cologne en Allemagne, il se forme à l'ensemble des systèmes du laboratoire spatial européen Columbus et à la mise en œuvre des installations et des expériences scientifiques. L'astronaute suit une formation médicale théorique et pratique pour lui permettre d'effectuer des gestes médicaux simples comme la réalisation d'un point de suture, la pose d'une perfusion, l'arrachage d'une dent[13].

Pesquet participe à plusieurs stages de préparation destinés à forger l'esprit d'équipe indispensable lors de longs séjours dans des espaces confinés et coupés de l'extérieur. Pesquet effectue ainsi un trek en autonomie dans les montagnes du Nouveau-Mexique (2016) et un stage de survie dans les grottes en Sardaigne (2011). Il séjourne dans une station sous la mer pour la mission Seetest-2 dans le cadre du programme NEEMO de la NASA. Durant toute cette phase de préparation à sa mission, Pesquet est astreint à effectuer un nombre minimum d'heures de sport (quatre heures par semaine) pour maintenir sa forme physique générale. Sa santé est surveillée de près avec un check-up complet de deux jours tous les ans. Des mesures de sa densité osseuse sont prises pour permettre des comparaisons après sa mission et ainsi mesurer l'effet de l'apesanteur sur le squelette[14].

Affectation à l'expédition 50/51[modifier | modifier le code]

Insigne de l'équipage Soyouz MS-03 qui doit amener Pesquet à la station spatiale. Le lion en bas à droite représente la Normandie, région d'origine de Pesquet.

L'agence spatiale européenne ne détient que 8,3 % des droits d'utilisation de la partie non russe de la station spatiale internationale (au prorata de la participation à sa construction et sa maintenance), ce qui ne lui permet d'envoyer un astronaute qu'environ 3 à 4 mois par an pour un équipage permanent de 6 personnes. Compte tenu de la participation française à l'agence spatiale européenne (un peu plus de 20 %), la participation de Thomas Pesquet à une mission d'une durée moyenne de 6 mois n'est obtenue qu'après une longue attente qui n'est pas seulement due à la complexité de la formation. Finalement, en 2014, Thomas Pesquet est choisi par l'Agence spatiale européenne pour faire partie de l'équipage de la Station spatiale internationale dans le cadre d'une mission d'une durée de six mois, baptisée Proxima[N 2], qui se déroule du 17 novembre 2016 à juin 2017[2]. Il occupe la fonction d'ingénieur de vol des expéditions 50 et 51[15]. Thomas Pesquet est le dixième français à voler dans l'espace et le second à effectuer un séjour long (après Jean-Pierre Haigneré lors de la mission PERSEUS)[16]. En septembre 2015, Thomas Pesquet assure le rôle de doublure d'Andreas Mogensen pour le vol de 10 jours réalisé par l'astronaute danois.

L'équipage de l'expédition 50[modifier | modifier le code]

L'équipage de l'expédition 50, qui va prendre la relève de 3 des 6 membres de l'équipage de la Station spatiale internationale, est composé de Pesquet qui fait office de copilote et occupe la place gauche dans l'espace restreint de la cabine spatiale et de deux vétérans de l'espace : le russe Oleg Novitski (commandant de bord) de l'agence spatiale Roscosmos et l'américaine Peggy Whitson membre du corps des astronautes de la NASA. Whitson est une chercheuse en biochimie de formation qui a à son actif deux vols de longue durée. Elle est la femme ayant effectué le plus long séjour dans l'espace (376,5 jours) et se situe en deuxième position pour la durée des sorties dans l'espace (six sorties avec un temps cumulé de 40 heures). Elle a fait partie de deux équipages de la station spatiale internationale en 2002 et en 2007/2008 en tant que commandant dans ce dernier cas. Novitski est un militaire de carrière, pilote, plongeur et instructeur militaire de parachutisme. Il a fait partie durant 6 mois de l'équipage de la station spatiale en 2012[17].

Déroulement de la mission spatiale[modifier | modifier le code]

Thomas Pesquet, Peggy Whitson et Oleg Novitskiy saluent avant d'embarquer dans le vaisseau Soyouz MS-03, peu avant le décollage de la fusée.

Pesquet décolle le à 20 h 20 TUC à bord d'un vaisseau Soyouz. Le Soyouz MS-03 est placé en orbite par une fusée Soyouz tirée depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan. Le vaisseau Soyouz MS-03 s'amarre à la Station spatiale internationale le après 48 heures de manœuvres orbitales[18],[19].

Durant son séjour dans la station spatiale qui doit durer environ six mois (retour sur Terre en juin 2017), Pesquet est ingénieur de vol. Comme les autres membres de l'équipage, son temps est partagé entre la réalisation d'expériences scientifiques et la maintenance de la station spatiale. Quatre sorties dans l'espace sont programmées. Dans le cadre de sa mission, il doit mener plus d'une centaine d'expériences scientifiques pour moitié conçues sous l'égide de la NASA, l'autre moitié sous celle de l'Agence spatiale européenne, dont certaines développées par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale sur le vieillissement artériel[20]. Parmi ces dernières, sept ont été proposées par l'agence spatiale française, le CNES :

  • Fluidics est une expérience de dynamique des fluides dans l'espace ;
  • ECHO est un échographe opéré à distance expérimental ;
  • Aquapad est un équipement permettant de déterminer facilement si l'eau est potable ;
  • Everywear est un logiciel sur tablette qui permet de collecter facilement les données des capteurs biomédicaux portatifs connectés en bluetooth et qui mesurent quotidiennement les paramètres physiologiques des astronautes ;
  • MATISS est une expérience de surface intelligente visant à empêcher les bactéries de se poser et de proliférer ;
  • Perpectives est un casque de réalité virtuelle destiné à mesurer l'incidence de l'impesanteur sur les fonctions cognitives ;
  • Exo-iss sont trois expériences pédagogiques développées en collaboration avec des lycéens.

Les expériences du CNES ainsi qu'une quinzaine d'expériences de l'Agence spatiale européenne sont suivies par le CADMOS (Centre d'Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales), centre toulousain du CNES dédié à la conception et à la gestion d'expériences mises en œuvre dans l'espace en particulier à bord de la Station spatiale internationale[21].

Le 13 janvier 2017, il mène à bien, en compagnie de Robert Shane Kimbrough sa première sortie extravéhiculaire, durant laquelle il effectue des travaux sur le système électrique de l'ISS.

Il effectue sa deuxième sortie extravéhiculaire avec Shane Kimbrough le 24 mars 2017, durant laquelle il répare une fuite sur le système de refroidissement et il entretient un bras mécanique. Il a aussi travaillé sur l'installation d'un nouveau port d'amarrage pour les futurs vaisseaux[22].

Une troisième sortie est prévue le 24 avril 2017[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les États-Unis et la Russie ont financé la majeure partie de la Station spatiale internationale.
  2. Ce nom choisi par Pesquet parmi les propositions reçues dans le cadre d'un concours organisé par l'Agence spatiale européenne, fait référence à Proxima du Centaure qui est l'étoile la plus proche du Système solaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Doré, « Thomas Pesquet, l'homme très spatial », Le Figaro Magazine, semaine du 11 novembre 2016, pages 60-69.
  2. a, b et c Maxime Goldbaum, « Thomas Pesquet, un Français dans l'espace », Le Monde,
  3. a, b et c Tristan Vey, « Un nouvel astronaute français dans l'espace en 2016 », Le Figaro,
  4. « Thomas Pesquet : une âme d'explorateur », ESA,
  5. « Six nouveaux astronautes européens, dont une femme », AFP,
  6. Violaine Costes, « Thomas Pesquet est le plus jeune astronaute de l'équipe européenne », Paris Normandie,
  7. CNES, « Grand oral: Thomas Pesquet », CNESMAG, CNES, no 70,‎ (lire en ligne).
  8. Thomas Pesquet, « Le journal de Thomas Pesquet (11) : Une mission, un nom », sur Ciel & Espace, .
  9. Thomas Pesquet, « Le journal de bord de Thomas Pesquet (21) : Dans la centrifugeuse », sur Ciel & Espace, .
  10. Thomas Pesquet, « Le journal de bord Thomas Pesquet (20) : Survivre trois jours et deux nuits », sur Ciel & Espace, .
  11. Thomas Pesquet, « Le journal de bord de Thomas Pesquet (15) », sur Ciel & Espace, .
  12. Thomas Pesquet, « Le journal de bord Thomas Pesquet (19) : 2016, l'année du départ », sur Ciel & Espace, .
  13. Thomas Pesquet, « Le journal de Thomas Pesquet (10) : Secourisme et petits plats », sur Ciel & Espace, .
  14. Thomas Pesquet, « Le journal de Thomas Pesquet (9) : Sport d’altitude », sur Ciel & Espace, .
  15. (en) « ESA > Our Activities > Human Spaceflight > Astronauts> Thomas Pesquet », sur Agence spatiale européenne (consulté le 15 novembre 2016).
  16. « Proxima> Thomas Pesquet> 10e astronaute français », sur CNES (consulté le 15 novembre 2016).
  17. « Proxima> La mission Proxima> L'équipage », sur CNES (consulté le 15 novembre 2016).
  18. « Thomas Pesquet en route vers la station spatiale internationale », sur CNES, .
  19. « La capsule Soyouz s’est amarrée à l’ISS, avec le Français Thomas Pesquet à son bord », sur Le Monde, .
  20. « Proxima> Les expériences suivies par le CADMOS », sur CNES (consulté le 15 novembre 2016).
  21. « CADMOS », sur CNES (consulté le 15 novembre 2016)
  22. « Envoyé spatial. Nouvelle virée dans l'espace pour Thomas Pesquet », sur francetvinfo.fr (consulté le 25 mars 2017)
  23. « La 3e sortie dans l'espace de Thomas Pesquet , c'est pour le 24 avril », Sciences et Avenir, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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