Thin-le-Moutier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Thin-le-Moutier
Thin-le-Moutier
La place de l'Église.
Blason de Thin-le-Moutier
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Intercommunalité Communauté de communes des crêtes préardennaises
Maire
Mandat
Jean-François Marteaux
2020-2026
Code postal 08460
Code commune 08449
Démographie
Gentilé Moustériens, Moustériennes [1]
Population
municipale
631 hab. (2018 en augmentation de 8,98 % par rapport à 2013)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 43′ 11″ nord, 4° 30′ 08″ est
Altitude Min. 174 m
Max. 312 m
Superficie 39,72 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Charleville-Mézières
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Signy-l'Abbaye
Législatives Première circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Grand Est
Voir sur la carte administrative du Grand Est
City locator 14.svg
Thin-le-Moutier
Géolocalisation sur la carte : Ardennes
Voir sur la carte topographique des Ardennes
City locator 14.svg
Thin-le-Moutier
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Thin-le-Moutier
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Thin-le-Moutier

Thin-le-Moutier est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Neufmaison Clavy-Warby Rose des vents
Signy-l'Abbaye N Neuville-lès-This
O    Thin-le-Moutier    E
S
Dommery

Thin-le-Moutier est une commune d'environ 600 habitants. Elle est située à vingt kilomètres au sud-ouest de Charleville-Mézières, entre Signy-l'Abbaye et Clavy-Warby.

Le village est parcouru par la rivière du Thin (prenant source à Thin-le-Moutier). Ses paysages sont vallonnés et riches en forêt (4 000 hectares de forêts, dont Froidmont, le Hailly), propices à la randonnée et à l'usage de VTT.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Thin-le-Moutier est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Charleville-Mézières, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 132 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (50,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (45,2 %), prairies (28 %), terres arables (22,2 %), zones humides intérieures (1,4 %), zones agricoles hétérogènes (1,2 %), zones urbanisées (1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,9 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Thin vient du ruisseau s'écoulant en ce lieu[9]. Le Moutier vient de l'origine du bourg, un établissement de moines.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un poste militaire et une fabrique d'armes auraient été établis par les romains[10].

Un cimetière mérovingien a été découvert en 1970 au lieu-dit la Forge Maillard, entre Thin-le-Moutier et Neuville-lès-this et plus précisément à la Côte du pré des Sens (de l'autre côté de la D 16 par rapport au hameau). Ce cimetière a fait l'objet de fouilles systématiques de 1971 à 1974. Soixante-trois tombes orientées vers le nord-est ont été trouvées, avec des armes, des boucles de ceinture, des poteries, des parures, et des monnaies, dont l'une de Lucius Verus. Ce cimetière a été utilisé du VIe au début du VIIIe[11], prouvant l'existence d'une communauté installée sur place dès cette époque.

En l'an 959, un prieuré et un monastère (moustier) sont créés en l'emplacement actuel de la commune, par le chapitre de Reims, qui venait d'acquérir une maison en ce lieu[9],[12].

Ce prieuré, placé sous l’invocation de saint Quentin, est dû à la générosité du comte Étienne et de son épouse Frédevide. Saint Gérard de Brogne (aujourd’hui Saint-Gérard, en Belgique) y envoie huit religieux sous la conduite d’un nommé Letaud.

En 1216, Nicolas de Rumigny renonce à la moitié de l’avouerie du lieu en faveur de Roger, sire de Rozoy, son cousin. (ce dernier était le fils de Julienne de Rumigny) [13]

L’église primitive fut construite au XIIe en s’adossant au prieuré construit en 959. Les reliques de sainte Berlande y étaient honorées[14].

En 1525, les moines du prieuré vendirent une partie de leurs terres, pour contribuer au paiement de la rançon de François Ier. La famille de Maillart, seigneurs ardennais d'origine liégeoise, s'installe au fond d'une vallée, au pied de pentes boisées, et donne son nom au hameau, La Forge-Maillart ou Forge-Maillard. À la maison, grange, et étable est accolé un château. La famille d'Argy puis des Verrières succèdent aux Maillart. Au XVIIe, une fabrique de poterie en grès est installée dans ce hameau. L'ensemble est vendu comme bien national à la Révolution, et transformé en exploitation agricole[15].

Un autre château, situé dans le bourg principal, devint la résidence de la famille d'Escannevelle au XVIe siècle et XVIIe siècle. L'église fut construite au XVe siècle, puis modifiée au XVIIIe.

Le prieuré, situé dans le village principal, est vendu lui aussi comme bien national, mais l'acquéreur ne pouvant payer son bien, il doit être revendu aux enchères. Le nouvel acheteur est un citoyen de Paris, Jean-Nicolas Pache[16]. Il deviendra un révolutionnaire actif et sera élu maire de Paris. Puis, arrêté, libéré et de nouveau inquiété durant la Terreur blanche, il viendra s'installer en sa propriété plus paisible de Thin-le-Moutier[16]. Il y décédera en 1823.

En 1814, 1815, 1870, 1914-1918, 1939-1945, à chacun de ces conflits, le village est envahi et occupé.

Le , la troisième armée allemande, commandée par le général Max Clemens Lothar von Hausen, repoussa l'armée française à L'Échelle et Rimogne et rentra dans Thin-le-Moutier le lendemain, faisant dix tués. Une occupation de quatre ans commença. Le meunier belge du moulin à grains de Gironval détruisit les meules et les jeta dans la rivière en disant : « le moulin de Gironval ne travaillera pas pour les Allemands ! ». C’était le , et ce fut le dernier jour de fonctionnement du moulin. La bataille faisait rage à proximité, à la Fosse-à-eau. Zouaves et tirailleurs algériens de la division marocaine, en larges culottes blanches, ceinture bleue ou rouge, chéchia écarlate, chargèrent l'ennemi, pour tenter de stopper son avancée. Les pertes furent lourdes.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le , le village fut bombardé et une ferme, la ferme Millet, incendiée. Dès le lendemain, la population évacua le village, une évacuation prévue de longue date. Le , les Allemands entrèrent dans la commune pratiquement vide. Le maire, Paul Lapierre, revint sur place quelques jours plus tard. Thin-le-Moutier s'installa pour une nouvelle occupation de quatre années[17].

La fin de l'année 1944 et l'année 1945 furent également mouvementées. En , un missile V1 s’abattit à 500 mètres du village, dans les champs fort heureusement. Des carreaux furent brisés, de vieux bâtiments ébranlés, dont l’église. Trois mois plus tard, le , un avion de la Royal Air Force tombait lui aussi à proximité de la localité, lézardant les murs. La chute de ce V1 et de cet avion furent probablement à l'origine de l'écroulement du fond de l'église, le , faisant deux morts.

Depuis, le village est redevenu un lieu paisible et vivant.

Thin-le-Moutier était située sur la ligne ferroviaire Wassigny/ Mézières par Signy-l’Abbaye, ouverte en 1897. Le service voyageur s’arrêta en 1947. Le service marchandises cessa à la fin des années 1950.

La ferme Adnet, installée au nord de la commune, sur le bâtiment du moulin de Gironval, a été rachetée et est devenue une ferme auberge accueillante.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Commerces et activités[modifier | modifier le code]

Le village comprend une boulangerie, une boucherie, une alimentation-presse, et une ferme auberge. On dénombre également treize exploitations agricoles, dont huit dans le village. On retrouve un reflet de l'activité du village dans un film intitulé: "travaux des champs,Thin le Moutier 1960", en 16mm, de René Raulet, instituteur à Thin-le Moutier jusqu’en 1943, sur la plateforme YouTube (https://www.youtube.com/watch?v=FnBMw3P43PQ)

Associations[modifier | modifier le code]

La commune compte de nombreuses associations tel qu'un club de football [le Thin-A.C], un club de tir (champion de FRANCE UFOLEP 2000 et 2009, la plus grosse école de tir UFOLEP du département[18]), de tennis, de gymnastique, d'échecs, une société de pêche, de chasse, etc.

L’association Espoir "Athlétic Club Thin le Moutier" est une association loi de 1901 déclarée à la préfecture des Ardennes le . Lors de sa création, elle avait pour but la pratique des exercices physiques et notamment le football, le ping-pong, la natation, le basket-ball, le volley-ball, le cyclisme, les boules, athlétisme, la préparation militaire et tir, jeux récréatifs et théâtrales, éducation physique et sportive scolaire, groupement de jeunesse... Aujourd’hui, l’association a pour seul but, la pratique du tir sportif, de loisir et de compétition dans les disciplines régies par la Fédération française de tir et l’UFOLEP.

Un groupe de recherche sur l’histoire de Thin-le-Moutier organise également des manifestations, telle l’exposition du 11 au sur le passage des spahis à Thin-le-Moutier en 1940.

Fêtes patronales[modifier | modifier le code]

La jeunesse de Thin-le-Moutier organise ses propres bals publics. Cette fête se déroule deux fois par an, le premier week-end de juin, et en novembre.Le rendez-vous de juin rassemble des étudiants venus de tous les coins des Ardennes pour célébrer l'arrivée des vacances. Et en 2010, le bal en salle du samedi a réuni plus de 600 personnes.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Mars 2001 Mars 2005 Pierre Henry    
Mars 2005 En cours
(au 23 mai 2020)
Jean François Marteaux [19]
Réélu pour le mandat 2020-2026
   
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[21].

En 2018, la commune comptait 631 habitants[Note 3], en augmentation de 8,98 % par rapport à 2013 (Ardennes : −3,23 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8569181 0521 1211 3371 4401 4511 5971 659
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 3861 3941 3031 1731 1061 042968891896
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
851710709671637632564613589
1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015 2018 -
507472496493568557621631-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Maison de Jean-Nicolas Pache, ministre de la Guerre et maire de Paris pendant la Révolution.
  • Église du XVe siècle.
  • Vierge de Froidmont, située dans la forêt au-dessus de Thin-le-Moutier vers Clavy-Warby.
  • Maison de Jean-Nicolas Pache.
  • Vestiges du donjon de plan barlong, élément subsistant de l'ancien château situé dans le village.
  • Vestiges du château de La Forge-Maillart (tour ronde en mauvais état).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Thin-le-Moutier

Les armes de Thin-le-Moutier se blasonnent ainsi :

d'azur au tau droit fleuronné d'argent adextré d'une crosse abbatiale d'or et senestré d'une francisque contournée du même[24].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.habitants.fr/ardennes-08
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. a et b Auguste Longnon, Étude sur les Pagi de la Gaule, Paris, 1869
  10. M. Badin, Géographie départementale et administrative de la France, département des Ardennes, Paris, 1848
  11. Revue Archéologie médiévale, Chronique des fouilles médiévales en France, 1975
  12. Philippe Seydoux, Gentilhommières et Maisons fortes en Champagne : Marne et Ardennes, t. 1, Paris, Éditions de La Morande, , 320 p. (ISBN 2-902091-30-3), p. 141-142
  13. Chanoine C-G. Roland, Histoire généalogique de la maison de Rumigny-Florennes, Annales de la Sté Archéologique de Namur, 1891, réédition de 1982, p. 209-210.
  14. Louis Pierquin, Mémoires sur Pache, ministre de la Guerre en 1792 et maire de Paris sous la Terreur. Sa retraite à Thin-le-Moutier, Charleville, Édouard Jolly libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 244
  15. Philippe Seydoux, Gentilhommières et maisons fortes en Champagne, tome 1, Éditions de la Morande, 1997 (ISBN 2-902091-30-3), p.133-134
  16. a et b Louis Pierquin, Mémoires sur Pache, ministre de la Guerre en 1792 et maire de Paris sous la Terreur. Sa retraite à Thin-le-Moutier, Charleville, Édouard Jolly libraire-éditeur, (lire en ligne)
  17. Jean Diel, « L'été 1940 à Thin-le-Moutier », Terres ardennaises, no 111, 2010
  18. 5 février 2011, journal L'Union (journal français)
  19. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le )
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  24. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=4623

https://maitron.fr/spip.php?article159663, sur l'instituteur René Raulet.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :