Thin-le-Moutier

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Thin-le-Moutier
La place de l'église.
La place de l'église.
Blason de Thin-le-Moutier
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Signy-l'Abbaye
Intercommunalité Communauté de communes des Crêtes Préardennaises
Maire
Mandat
Jean-François Marteaux
2014-2020
Code postal 08460
Code commune 08449
Démographie
Population
municipale
600 hab. (2014)
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 43′ 11″ nord, 4° 30′ 08″ est
Altitude Min. 174 m
Max. 312 m
Superficie 39,72 km2
Localisation

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Thin-le-Moutier est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Thin-le-Moutier est une commune d'environ 600 habitants. Elle est située à vingt kilomètres au sud-ouest de Charleville-Mézières, entre Signy-l'Abbaye et Clavy-Warby.

Le village est parcouru par la rivière du Thin (prenant source à Dommery). Ses paysages sont vallonnés et riches en forêt(4000 hectares de forêts, dont Froidmont, le Hailly), propices à la randonnée et à l'usage de VTT.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Thin vient du ruisseau s'écoulant en ce lieu[1]. Le Moutier vient de l'origine du bourg, un établissement de moines.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un poste militaire et une fabrique d'armes auraient été établis par les romains[2].

Un cimetière mérovingien a été découvert en 1970 au lieu-dit la Forge Maillard, entre Thin-le-Moutier et Neuville-lès-this et plus précisément à la Côte du pré des Sens (de l'autre côté de la D16 par rapport au hameau). Ce cimetière a fait l'objet de fouilles systématiques de 1971 à 1974. Soixante-trois tombes orientées vers le nord-est ont été trouvées, avec des armes, des boucles de ceinture, des poteries, des parures, et des monnaies, dont l'une de Lucius Verus. Ce cimetière a été utilisé du VIe au début du VIIIe[3], prouvant l'existence d'une communauté installée sur place dès cette époque.

En l'an 959, un prieuré et un monastère (moustier) sont créés en l'emplacement actuel de la commune, par le chapitre de Reims, qui venait d'acquérir une maison en ce lieu[1],[4].

L’église primitive fut construite au XIIe en s’adossant au prieuré construit en 959. Les reliques de Sainte Berlande y étaient honorées[5].

En 1525, les moines du prieuré vendirent une partie de leurs terres, pour contribuer au paiement de la rançon de François Ier. La famille de Maillart, seigneurs ardennais d'origine liégeoise, s'installe au fond d'une vallée, au pied de pentes boisées, et donne son nom au hameau, La Forge-Maillart ou Forge-Maillard. A la maison, grange, et étable est accolé un château. La famille d'Argy puis des Verrières succèdent aux Maillart. Au XVIIe, une fabrique de poterie en grès est installée dans ce hameau. L'ensemble est vendu comme bien national à la Révolution, et transformé en exploitation agricole[6].

Un autre château, situé dans le bourg principal, devint la résidence de la famille d'Escannevelle au XVIe siècle et XVIIe siècle. L'église fut construite au XVe siècle, puis modifiée au XVIIIe.

Le prieuré, situé dans le village principal, est vendu lui aussi comme bien national, mais l'acquéreur ne pouvant payer son bien, il doit être revendu aux enchères. Le nouvel acheteur est un citoyen de Paris, Jean-Nicolas Pache[7]. Il deviendra un révolutionnaire actif et sera élu maire de Paris. Puis, arrêté, libéré et de nouveau inquiété durant la Terreur blanche, il viendra s'installer en sa propriété plus paisible de Thin-le-Moutier[7]. Il y décèdera en 1823.

En 1814, 1815, 1870, 1914-1918, 1939-1945, à chacun de ces conflits, le village est envahi et occupé.

Le 27 août 1914, la troisième armée allemande, commandée par le général Max Clemens Lothar von Hausen, repoussa l'armée française à L'Échelle et Rimogne et rentra dans Thin-le-Moutier le lendemain, faisant dix tués. Une occupation de quatre ans commença. Le meunier belge du moulin à grains de Gironval détruisit les meules et les jeta dans la rivière en disant : « le moulin de Gironval ne travaillera pas pour les Allemands !». C’était le 28 août 1914, et ce fut le dernier jour de fonctionnement du moulin. La bataille faisait rage à proximité, à la Fosse-à-eau. Zouaves et tirailleurs algériens de la division marocaine, en larges culottes blanches, ceinture bleue ou rouge, chéchia écarlate, chargèrent l'ennemi, pour tenter de stopper son avancée. Les pertes furent lourdes.

Au début de la seconde guerre mondiale, le 12 mai 1940,le village fut bombardé et une ferme, la ferme Millet, incendiée. Dès le lendemain, la population évacua le village, une évacuation prévue de longue date. Le 16 mai 1940, les Allemands entrèrent dans la commune pratiquement vide. Le maire, Paul Lapierre, revint sur place quelques jours plus tard. Thin-le-Moutier s'installa pour une nouvelle occupation de quatre années[8].

La fin de l'année 1944 et l'année 1945 furent également mouvementées. En novembre 1944, un missile V1 s’abattit à 500 mètres du village, dans les champs fort heureusement. Des carreaux furent brisés, de vieux bâtiments ébranlés, dont l’église. Trois mois plus tard, le 3 février 1945, un avion de la Royal Air Force tombait lui aussi à proximité de la localité, lézardant les murs. La chute de ce V1 et de cet avion furent probablement à l'origine de l'écroulement du fond de l'église, le 5 février 1945, faisant deux morts.

Depuis,le village est redevenu un lieu paisible et vivant.

Thin-le-Moutier était situé sur la ligne ferroviaire Wassigny/ Mézières par Signy l’Abbaye, ouverte en 1897. Le service voyageur s’arrêta en 1947. Le service marchandises cessa à la fin des années 50.

La ferme Adnet, installée au nord de la commune, sur le bâtiment du moulin de Gironval, a été rachetée et est devenue une ferme auberge accueillante.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Commerces et activités[modifier | modifier le code]

Le village comprend une boulangerie, une boucherie, une alimentation-presse, et une ferme auberge. On dénombre également 13 exploitations agricoles, dont 8 dans le village.

Associations[modifier | modifier le code]

La commune compte de nombreuses associations tel qu'un club de football [le Thin-A.C], un club de tir (champion de FRANCE UFOLEP 2000 et 2009, la plus grosse école de tir UFOLEP du département[9]), de tennis, de gymnastique, d'échecs, une société de pêche, de chasse, etc.

L’association Espoir "Athlétic Club Thin le Moutier" est une association de loi 1901 déclarée à la Préfecture des Ardennes le 13 octobre 1943. Lors de sa création, elle avait pour but la pratique des exercices physiques et notamment le football, le ping-pong, la natation, le basket-ball, le volley-ball, le cyclisme, les boules, athlétisme, la préparation militaire et tir, jeux récréatifs et théâtrales, éducation physique et sportive scolaire, groupement de jeunesse ... Aujourd’hui, l’association a pour seul but, la pratique du tir sportif, de loisir et de compétition dans les disciplines régies par la Fédération Française de Tir et l’UFOLEP.

Un groupe de recherche sur l’histoire de Thin le Moutier organise également des manifestations, telle l’exposition du 11 au 13 novembre 2011 sur le passage des Spahis à Thin-le-Moutier en 1940.

Fêtes patronales[modifier | modifier le code]

La jeunesse de Thin-le-Moutier organise ses propres bals publics. Cette fête se déroule deux fois par an, le premier week-end de juin, et en novembre.
Le rendez-vous de juin rassemble des étudiants venus de tous les coins des Ardennes pour célébrer l'arrivée des vacances.
Et en 2010, le bal en salle du Samedi 13 novembre a réuni plus de 600 personnes.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Mars 2001 Mars 2005 Pierre Henry    
Mars 2005 2014 Jean François Marteaux[10]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[12],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 600 habitants, en augmentation de 6,38 % par rapport à 2009 (Ardennes : -1,28 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
856 918 1 052 1 121 1 337 1 440 1 451 1 597 1 659
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 386 1 394 1 303 1 173 1 106 1 042 968 891 896
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
851 710 709 671 637 632 564 613 589
1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014 - -
507 472 496 493 568 557 600 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Maison de Jean-Nicolas Pache, ministre de la Guerre et maire de Paris pendant la Révolution
  • Église du XVe siècle.
  • Vierge de Froidmont, située dans la forêt au-dessus de Thin-le-Moutier vers Clavy-Warby.
  • Maison de Jean-Nicolas Pache
  • Vestiges du donjon de plan barlong, élément subsistant de l'ancien château situé dans le village.
  • Vestiges du château de La Forge-Maillart (tour ronde en mauvais état)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Thin-le-Moutier

Les armes de Thin-le-Moutier se blasonnent ainsi :

d’azur au tau droit fleuronné d’argent adextré d’une crosse abbatiale d’or et senestré d’une francisque contournée du même [15].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Auguste Longnon, Etude sur les Pagi de la Gaule, Paris, 1869
  2. M.Badin, Géographie départementale et administrative de la France, département des Ardennes, Paris, 1848
  3. Revue Archéologie Médiévale, Chronique des fouilles médiévales en France, 1975
  4. Philippe Seydoux, Gentilhommières et Maisons fortes en Champagne : Marne et Ardennes, t. 1, Éditions de La Morande, , 320 p. (ISBN 2-902091-30-3), p. 141-142
  5. Louis Pierquin, Mémoires sur Pache, ministre de la Guerre en 1792 et maire de Paris sous la Terreur. Sa retraite à Thin-le-Moutier, Charleville, Édouard Jolly libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 244
  6. Philippe Seydoux, Gentilhommières et Maisons fortes en Champagne.tome 1, Editions de la Morande, 1997, (ISBN 2-902091-30-3), pp.133-134
  7. a et b Louis Pierquin, Mémoires sur Pache, ministre de la Guerre en 1792 et maire de Paris sous la Terreur. Sa retraite à Thin-le-Moutier, Charleville, Édouard Jolly libraire-éditeur, (lire en ligne)
  8. Jean Diel, L'été 1940 à Thin-le-Moutier, Revue Terres Ardennaises, n°111, 2010
  9. 5 février 2011, journal L'Union (journal français)
  10. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin 2008 (fichier au format PDF)
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=4623


Liens externes[modifier | modifier le code]

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