Thierry Lepaon

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Thierry Lepaon
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Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, au 50e congrès de l'organisation.

Naissance (56 ans)
Caen Drapeau de la France France
Nationalité Française
Profession

Thierry Lepaon, né le à Caen (Calvados), est un syndicaliste français. Secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) du au 7 janvier 2015. Il est un ex-salarié de Moulinex.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Originaire de Normandie, fils d'un maçon et d'une cuisinière[1], Thierry Lepaon entre dans la vie active à l'âge de 17 ans et adhère à la CGT.

Ouvrier soudeur à l'usine Caterpillar près de Caen, il adhère à la CGT et crée une section syndicale dans son entreprise. Son activité lui vaut, selon son témoignage, d'être licencié en 1979. Il retrouve du travail dans une grande entreprise de la région caennaise, Spie Batignolles, dont il est licencié en 1981.

En 1983, il entre chez Moulinex à Cormelles-le-Royal[2]. En 1986, il est élu à la Commission exécutive de la fédération CGT des travailleurs de la métallurgie puis devient, en 1990, secrétaire de l'Union locale CGT de Caen[3].

Délégué syndical central de son entreprise, il est confronté au dépôt de bilan du fabricant d'électroménager en 2001. La reprise de la marque par le concurrent SEB se solde par le licenciement de plus de 3 000 salariés. La lutte syndicale pour sauver des emplois et obtenir des reclassements le propulse sur le devant de l'actualité sociale, mais son rôle dans ce combat est contesté par d'anciens salariés de Moulinex[4] et d'autres organisations syndicales qui critiquent son opportunisme personnel au détriment de l'obtention d'indemnisations pour les salariés licenciés[5].

Il devient alors secrétaire général de l'Union départementale du Calvados.

En 2006, il est secrétaire régional de la CGT pour la Basse-Normandie[6]. Cette même année, au 48e congrès de la CGT tenu à Lille, il est élu à la Commission exécutive de la centrale syndicale[7]. Appartenant à la fédération CGT de la métallurgie, il y est présenté par l'Union départementale du Calvados. Il y est réélu lors du 49e Congrès (Nantes), tenu en décembre 2009[8]. Il est également désigné par la CGT, pour faire partie du Conseil d'orientation pour l'emploi, institué auprès du Premier ministre. Il y siège jusqu'en 2011.

En 2008, il conduit la délégation de la CGT dans les négociations sur la réforme de la formation professionnelle.

En 2010, il est désigné par la CGT pour siéger au Conseil économique, social et environnemental, au titre de représentant des salariés. Il y préside le groupe de sa centrale syndicale. Il y siège jusqu'en avril 2013[9].

À la tête de la CGT[modifier | modifier le code]

En octobre 2012, la Commission exécutive (CE) de la Confédération générale du travail le propose[10] pour succéder au secrétaire général sortant Bernard Thibault, lors du 50e Congrès du syndicat, en mars 2013. Ce choix, confirmé le , par le Comité confédéral national (CCN), se fait aux termes d'une crise de succession de 9 mois, ayant vu le rejet de la candidate souhaitée par Bernard Thibault, Nadine Prigent[11]. Cette nomination d'un ouvrier métallurgiste, issu du secteur privé, à la tête du syndicat, intervient après la mandature de deux secrétaires généraux provenant du secteur public. Thierry Lepaon n'appartenait pas au Bureau confédéral, dont le nombre des membres avait été réduit lors de son renouvellement en 2009.

Le , il est élu secrétaire général de la CGT[12] lors du 50e congrès (Toulouse) de la Confédération syndicale[13].

Mais, choisi par défaut, sa légitimité est régulièrement contestée au sein de son organisation. Sur fonds de tensions internes fortes[14],[15], la presse relève successivement entre octobre et décembre 2014 que Thierry Lepaon aurait fait réaliser des travaux d’aménagement dans son appartement de fonction, facturés plus de 100 000 € au syndicat[16],[17], que son bureau aurait été rénové pour un montant de 62 000 € environ, en début d'année 2014, et qu'avant d'accéder au poste de secrétaire général de la CGT en 2013, Thierry Lepaon a perçu 100 830 € d'indemnité de départ de la CGT Basse-Normandie qui l'employait, alors qu'il ne quittait pas la CGT[18],[19].

Thierry Lepaon affirme avoir ignoré le montant des travaux[20], mais le trésorier, Éric Lafont, démissionne le 9 décembre de son poste d'administrateur de la CGT et le secrétaire général convoque le parlement de la Confédération, le 13 janvier suivant, alors que plusieurs puissantes fédérations (Services publics, Santé, Commerce, Métallurgie, Mines-énergie...) demandent sa démission[21],[22],[23].

Le 6 janvier 2015, il remet son mandat au Comité confédéral national, le « parlement » de la CGT[24] ; le lendemain il démissionne[25]. Le 14 avril 2015, une enquête interne de la CGT le blanchit, considérant que les travaux « ont été réalisés en dehors de la responsabilité du secrétaire général »[26]. En 2016, il est toujours salarié de la CGT (4 200 € nets par mois), logé par elle (2 000 € nets par mois) et a coûté plus de 150 000 € à la centrale syndicale, depuis sa démission de janvier 2015[27],[28].

Le 14 avril 2016, Le Canard Enchainé annonce que Thierry Lepaon va être nommé à la présidence de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme par le gouvernement Manuel Valls (2), cette agence, présidée bénévolement depuis l'an 2000 par Marie-Thérèse Geffroy[29], devant être refondue pour l'occasion et renommée « Agence de la langue française », afin que son président puisse être rémunéré[30].

Livre témoignage[modifier | modifier le code]

Début septembre 2015, Thierry Lepaon sort un livre, intitulé La vie continue (aux éditions Le Cherche Midi). Dans cet ouvrage, il apporte son témoignage sur les dernières affaires de la CGT, dont le scandale l'a poussé à la démission de son mandat de secrétaire général. Il y révèle pour la première fois, qu'il a songé à mettre fin à ses jours, lors de cette période. Il renouvelle cette confidence à la télévision, le 7 septembre 2015, lors d'une interview du journal de France 2[31],[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Journal Ouest-France, 16 octobre 2012, : Thierry Lepaon, un "cégétiste pragmatique".
  2. L'Humanité, 7 octobre 2012, p. 6, article de Yves Housson : "un successeur pour Bernard Thibault".
  3. Notice de présentation de Thierry Lepaon, parue dans le journal Vie nouvelle, magazine de l'Union confédérale des retraités Cgt, N° 173, février 2013.
  4. [1]
  5. La nomination de Thierry le Paon à la tête de la CGT suscite de vives réactions chez les anciens de Moulinex, France Bleu Basse Normandie, 16 octobre 2012.
  6. La CGT ensemble!, mensuel des adhérents de la Cgt, N° 70, septembre 2014, p. 16, "Le grand entretien avec Thierry Lepaon", parcours.
  7. La Nouvelle vie ouvrière, N° 3221 / 5 mai 2006, p. 36-37, composition de la nouvelle direction de la CGT.
  8. La Nvo, N° 3403, / 18 décembre 2009 p. 54, la commission exécutive élue
  9. Site du Conseil économique social et environnemental (CESE), liste des anciens membres de la mandature ouverte en 2010.
  10. Ce mode de désignation est appliqué pour la première fois, au sein de la CGT. Le vote de la CE est très majoritaire : 42 voix pour, 7 abstentions.
  11. CGT : Thierry Lepaon succède à Thibault, Le Figaro, 6 novembre 2012.
  12. Thierry Lepaon a été élu secrétaire général de la CGT, Le Monde, 22 mars 2013.
  13. Affaire Lepaon : comment la CGT est devenue une vieille dame indigne, Eric Verhaeghe, lefigaro.fr, 4 décembre 2014
  14. CGT : la coûteuse rénovation de l'appartement de fonction de Thierry Lepaon, lepoint.fr, 28 octobre 2014
  15. Qui veut la peau de Thierry Lepaon ?, lefigaro.fr, 30 octobre 2014
  16. La CGT aurait dépensé 130 000 € pour rénover l'appartement de Lepaon, liberation.fr, 28 octobre 2014
  17. Thierry Lepaon pointe une « faute collective », Yves Housson, L'Humanité, 5 novembre 2014.
  18. « Les surprenantes indemnités de Thierry Lepaon », L'Expansion, 1-12-2014.
  19. « Thierry Lepaon a touché des indemnités de départ sans quitter la CGT », L'Obs, 2-12-2014.
  20. Thierry Lepaon se justifie sur les onéreux travaux dans son bureau, liberation.fr, 26 novembre 2014
  21. La principale fédération de la CGT exige la démission de Thierry Lepaon, lefigaro.fr, 13 décembre 2014
  22. CGT : Thierry Lepaon, son plan caché pour garder la main, Le Parisien, 21 décembre 2014
  23. CGT : Lepaon lâché par les fédérations de l'énergie et de la métallurgieLe Parisien, 22 décembre 2014
  24. « Lepaon remet son mandat à la disposition du "parlement" de la CGT », lexpransion.lexpress.fr, 6 janvier 2015.
  25. « http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2015/01/07/Thierry-Lepaon-finit-par-jeter-l-eponge-une-succession-difficile-s-annonce-2176951 »
  26. « Thierry Lepaon blanchi par la CGT dans l'affaire des travaux de son appartement », sur lemonde.fr,‎
  27. CGT: Thierry Lepaon, un ex qui coûte encore (très) cher, 20minutes.fr, 15 avril 2016
  28. Thierry Lepaon a coûté plus de 150.000 euros à la CGT depuis sa démission, lesechos.fr, 14 avril 2016
  29. « Thierry Lepaon : le gouvernement veut lui créer une agence contre l’illettrisme sur mesure pour le recaser », RTL, 14 avril 2016.
  30. CGT : Thierry Lepaon recasé par le gouvernement, Le Point, 14 avril 2016
  31. L'express, 3 septembre 2015
  32. JT France 2 / Interview de Thierry Lepaon