Thieffrain

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Thieffrain
Thieffrain
Le centre-bourg avec l'église
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Aube
Arrondissement Troyes
Canton Bar-sur-Seine
Intercommunalité Communauté de communes du Barséquanais
Maire
Mandat
Colette Laplanche
2014-2020
Code postal 10140
Code commune 10376
Démographie
Population
municipale
154 hab. (2016 en diminution de 3,75 % par rapport à 2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 11′ 48″ nord, 4° 26′ 29″ est
Altitude Min. 164 m
Max. 225 m
Superficie 7,36 km2
Localisation

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Thieffrain est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est, Thieffrain se situe sur le territoire champenois. Au-delà des plaines crayeuses, monotones débouchant vers l'est sur la Champagne humide.

Thieffrain fait partie du canton d'Essoyes. Ses habitants sont appelés les Thieffinois, Thieffinoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Thieffrain est à environ 210 km au sud-est de Paris, 39 km de Troyes, 43 km de Colombey-les-deux-Églises. La Boderonne prend sa source à Thieffrain situé à 179 mètres d'altitude et se jette dans la Barse, elle-même affluent de rive droite de la Seine, à Montreuil-sur-Barse. La commune est proche du Parc naturel régional de la Forêt d'Orient situé à 5 km.

Communes limitrophes de Thieffrain
Villy-en-Trodes Villy-en-Trodes Puits-et-Nuisement
Magnant Thieffrain Beurey
Magnant Beurey Beurey

Le terroir de Thieffrain est composé des hameaux suivants : la Baudronne (à sa source), le Bouchot, la Briqueterie, le Chauffour, les Flées, Ru Grojean, Ru Marie, Ru des Vignes, Mongain, la Motte, le Moulin du Bois, le Parc, le Petit Étang.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Thieffrain est d'origine franque. Il est formé par un adjectif en ing sur un nom d'homme Teufridus[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

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L'Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans les archives, des traces de vie des Gaulois sur le finage de Thieffrain ont été découvertes. L'on a aussi trouvé une monnaie de Dioclétien, empereur romain (284-305) et une monnaie gauloise (le potin).

La conquête de la Gaule par Jules César ne s'accompagne en Champagne d'aucun évènement important. Les Gaulois ont accepté rapidement la civilisation de Rome. Indisciplinés de nature, ils se rendent compte des bienfaits de l'ordre romain. Les Romains imposèrent une administration qui avait modèle le monde par l'art, la culture et le progrès matériel. Les voies romaines sillonnent le pays, facilitant les échanges commerciaux. Dès le milieu du troisième siècle, les provinces gauloise sont envahies par des barbares et les pays champenois sont directement exposés aux excès de ces envahisseurs. La première incursion des Francs (hommes blonds aux yeux clairs, venant d'au-delà du Rhin) se produit en 253.

Pendant le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • En 451 se produit la dernière grande invasion, le déferlement de ceux qui ont le plus frappé les esprits de l'époque : les Huns
  • En 511 : Cette époque de troubles et de cruautés est celle où apparaît pour la première fois le nom de Champagne :
DUCATUS CAMPANIAE : Duché de Champagne
  • En 889 : les Normands prennent Troyes. Leurs exactions dans la région se poursuivent pendant vingt ans.
  • En 954 : des hordes venues de Hongrie saccagent et pillent à leur tour la région troyenne.
  • 1104, 1125, 1148, 1179, 1201 : temps des Croisades. C'est à cette époque que l'on trouve trace de la construction de l'église de Thieffrain.
  • Pendant la guerre de Cent Ans, Thieffrain fut occupé par les Anglo-Navarrais de 1359 jusqu'au traité de Brétigny (8 mai 1360).
  • En 1559 le seigneur de Thieffrain se mit en tête d'une troupe et livra une bataille entre Beurey et Thieffrain. Ce combat eut pour résultat l'incendie du village, y compris le château de son seigneur, qui se trouvait dans un pré appelé la Motte situé entre la Boderonne et le ru, à l'ouest du quartier haut du pays.
  • Pendant la Renaissance l'église de Thieffrain est agrandie.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIe siècle, on retrouve la trace des seigneurs de Thieffrain :

  • Dès 1603 le château échoit à Louise de Rochechouart, dame de Thiffrain, morte en 1589.

Les héritiers :

    • Claude de Dinteville, veuve de François de Gazillac,
    • Jeanne de Dinteville, veuve de Philibert de Choiseul Aigremont,
    • Marguerite de Dinteville, veuve de François baron de Dammartin,
    • Cléradins et Méau de Coligny, frères,
    • François de Choiseul.

L'héritage des Dinteville fut alors dispersé par des ventes faites à divers particuliers. On ne sait qui devint acquéreur de Thieffrain.

  • En 1622, un potier de terre Nicolas Mathieu, demeure à Thiffrain
  • En 1631, il semble que la terre de Thiffrain appartienne à Claude de Dinteville, seigneur de Mesnil-Sellières et en partie de Bouranton, capitaine de cent hommes de pied lors de son mariage avec Antoinette de Marguenat.
  • En 1656, Chales de Menisson, seigneur de Charley-Saint-Maure, maréchal de camp, puis lieutenant général des Armées du Roi, marié en 1639 à ladite Antoinette de Marguenat, douairière de Thieffrain, par son premier mariage et globalement attributaire du règlement de ses droits de succession.
  • En 1679, l'adjudication de Thieffrain était poursuivie sur elle, alors veuve de Charles de Menisson.
  • En 1656, il est fait mention de la maison seigneuriale de "La Mote" À Thieffrain. Le chevalier de Zeddes y demeurait lors de son mariage avec Madeleine Claude de Berulle.

Au XVIIIe siècle, on retrouve encore trace des seigneurs de Thieffrain :

  • 1704-1705, Abraham de Menisson lieutenant colonel de cavalerie est adjudicataire,
  • 1759, Odard Louis Angenoust, Seigneur de Bailly et de Villechetif et sa sœur Marie-Jeanne, célibataire, partageront les successions de leur père Jean-Baptiste Angenoust, seigneur des dits lieux, mort en 1729, et leurs oncles :
    • Odard Angenoust, seigneur de Villette, mort en 1740 et
    • Odard, chanoine de Saint-Étienne, mort en 1745.

Ils laissèrent dans l'indivision Vilelchetif, et le tiers de Thieffrain, qui dépendaient des dites successions.

  • De 1768 jusqu'en 1790, la famille de Zeddes vit à Thieffrain.
  • En 1757, Louis de Zeddes, dit chevalier de Zeddes, capitaine d'infanterie, demeure au château avec sa sœur Marie-Anne de Zeddes.
  • On note à Thieffrain, un premier vicaire en 1553, les autres en 1730 et au cours des années suivantes.
  • En 1789, Thieffrain dépendait de l'intendance et de la généralité de Châlons, élection de Bar-sur-Aube, et du bailliage de Troyes. Pendant la période révolutionnaire, la commune a fait partie du canton de Marolles-les-Bailly jusqu'en l'an IX.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Le Bulletin des lois[1] note : « Le certificat d'addition dont la demande a été déposée, le 21 janvier 1853, au secrétariat de la préfecture du département de l'Aube, par le sieur Maître (Joseph), à Thieffrain, et se rattachant au brevet d'invention de quinze ans pris, le 15 avril 1850, pour un mode de fabrication de tuiles.»

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    M. Obeniche    
  1969 M. Jules Chardin    
1969 2001 Mlle Simone Lambert    
2001 2008 M. Claude Martin    
mars 2008 2014 M. Claude Martin[2]    
mars 2014 En cours Mme Colette Laplanche DVD Employée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2016, la commune comptait 154 habitants[Note 1], en diminution de 3,75 % par rapport à 2011 (Aube : +1,62 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
264290287287339335307330335
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
324347342295300299291272249
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
232222213157166166148155172
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
165158151130141143156159157
2016 - - - - - - - -
154--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (22 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) tout en étant toutefois inférieur au taux départemental (22,8 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,2 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 47,8 % d’hommes (0 à 14 ans = 22,4 %, 15 à 29 ans = 10,5 %, 30 à 44 ans = 27,6 %, 45 à 59 ans = 21,1 %, plus de 60 ans = 18,4 %) ;
  • 52,2 % de femmes (0 à 14 ans = 20,5 %, 15 à 29 ans = 13,3 %, 30 à 44 ans = 21,7 %, 45 à 59 ans = 19,3 %, plus de 60 ans = 25,3 %).
Pyramide des âges à Thieffrain en 2007 en pourcentage[7]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90  ans ou +
1,2 
7,9 
75 à 89 ans
9,6 
10,5 
60 à 74 ans
14,5 
21,1 
45 à 59 ans
19,3 
27,6 
30 à 44 ans
21,7 
10,5 
15 à 29 ans
13,3 
22,4 
0 à 14 ans
20,5 
Pyramide des âges du département de l'Aube en 2007 en pourcentage[8]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,4 
90  ans ou +
1,3 
6,4 
75 à 89 ans
10,0 
13,3 
60 à 74 ans
14,1 
21,3 
45 à 59 ans
20,6 
20,6 
30 à 44 ans
19,5 
19,2 
15 à 29 ans
17,2 
18,9 
0 à 14 ans
17,3 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale des XIIe siècle et XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Thieffrain église.JPG

L'église de Thieffrain fut commencée au XIe siècle, puis incendiée. L'abside date de la fin du XIIe siècle, ou du commencement du XIIIe siècle. Le transept date du XVIe siècle, il y a deux traversées. La nef en forme de croix latine avec abside à cinq pans sera postérieure à cette date. L'église est dotée d'une cloche[9] qui date de 1553 (elle est classée). Sous le vieux porche une Vierge-Mère de 2,05 m de hauteur du XVIe siècle (classée). Un bahut sculpté du XVIe siècle (classé). Au côté nord une verrière représente l'arbre de Jessé (baie 9)[10]. Dans la chapelle sud, le Tableau : Portement de Croix[11] le Christ et sainte Véronique (Montée au calvaire), toile formant retable à l'autel du transept sud, de l'école flamande du XVIe siècle. Il a été restauré en 1980.

De la même époque, dans la chapelle de la Vierge, le devant de l'autel en bois sculpté représente à gauche, la mort de saint Louis, en façade la mort de la Vierge et à droite, saint Louis rendant la justice sous un chêne. Un autre tableau représente le Christ en croix (le cadre est d'origine Louis XV).

Les tombeaux[modifier | modifier le code]

  • Le tombeau de Gabrielle de Saulx se trouve au pied de la chapelle sud ; on y lit sur la dalle funéraire[12] :

« Ci-gît sous cette tombe, Mademoiselle Gabriell de SAULT (SAULX), femme de Claude de BERLE, Escuyer Seigneur de GUIGNECOURT, ci-devant cornette dans le régiment de SAINCTE-MAURE, LIEUTENANT ET CAPITAINE de cavalerie dans Celuy de MERLIN, sous le règne de Louis XIV. Laquelle dite demoiselle décéda le 1 mai 1684. Priez Dieu pour le repos de son âme. »

  • Un second tombeau, celui de René de Berle, date de 1735 : sur la dalle funéraire on lit[13] :

« Ci-gît René de BERLE, Ecuyer, Sieur de GINICOURT et de MALET, en partie Jendarme de Monsieur le Duc d'ORLÉANS, frère unique du Roy, lequel décéda à Joinville au retour de l'armée de LORRAINE pour le service du Roy. Décéda le 21 jour du mois de novembre 1635 ou 1735?? prie Dieu pour son âme. »

Le décor intérieur de l'église[modifier | modifier le code]

À droite de l'autel, une statue de Saint Gengoult[14] ou Saint Gengon ou Gengoul, né à Varennes-sur-Amance en Champagne et mort assassiné en 760.

On trouve encore deux Vierges à l'Enfant :

On doit à Valtat, le maître-autel de l'église,

  • Sculpture : Autel et retable de la Vierge, tabernacle (menuiserie)[17]
  • Sculpture : Maître-autel et retable, exposition, tabernacle, cloison, Crucifixion[18] Crucifixion

Parmi les tableaux de valeur dans l'église, trois toiles restaurées en 1989, datées de 1787 et ont été peintes par Cossard :

Les vitraux[modifier | modifier le code]

  • Verrière ornementation : en écoinçon (cartouche), en fond (étoile)(2, baies 5, 6)[22]
  • Verrière (verrière figurée) : diable, âme : Le mauvais larron, ange, Séraphin ; Crucifixion (baie 8)[23].

Les peintures et statues[modifier | modifier le code]

Le Retable des fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

Objets divers[modifier | modifier le code]

La chapelle saint Hilaire[modifier | modifier le code]

Plus communément appelée ici, la Chapelle, qui connut autrefois la ferveur des chrétiens du village.

Pour ce qui concerne ses origines, il existe deux versions.

Voici celle de Roserot de Melin, dans le dictionnaire de la Champagne Méridionale : Briqueterie, fontaine, chapelle, dépendent de la commune de Magnant. La tuilerie ou Briqueterie est en ruine.

Légendes locales[modifier | modifier le code]

La légende de saint Mammès[modifier | modifier le code]

L'église est sous le vocable de saint Mammès[37] ou Saint Mamas[38]. Celui-ci, mort martyr à Césarée de Cappadoce, était déjà populaire au début du IVe siècle dans tout l'Orient. C'était un simple berger, n'ayant pour fortune que sa houlette et une maigre besace. Ses reliques furent transférées au temps des Croisades d'une basilique de Constantinople à Langres en Champagne.

Mais à Thieffrain, on connaît la légende qui s'est transmise depuis de nombreuses générations à ce propos : le finage de Thieffrain s'enfonce en pointe dans celui de Magnant. Saint Julien qui demeurait à Magnant aurait dit à saint Mammès :

« Si tu viens encore avec tes gens cultiver sur mes terres (qui arrivent très près du village de Thieffrain) je t'étripe... »

Saint Mammes ne tenant pas compte de cet avertissement continua, et saint Julien, d'un coup de fourche, lui ouvrit le ventre. Saint Mammès revint mourir au village, tenant ses entrailles dans ses mains. La contrée où se passa le drame s'appelle "Le Tripier". Est-ce une coïncidence ? ...

La légende de saint Guengoult[modifier | modifier le code]

Saint Gengoult (ou Gangolf) se trouve être le patron des maris trompés[39]. Il vit le jour à Varennes-sur-Amance, près de Langres au début du VIIIe siècle. Issu d'une famille de très haute noblesse, il passa son enfance et sa jeunesse sage et studieuse auprès des siens. À l'étude des lettres, il joignit les exercices de la piété chrétienne. Maître d'une grande fortune à la mort de ses parents, il l'administra avec sagesse et prudence, rendant aux églises et aux pauvres ce que Dieu donnait.

Dans l'épouse qu'il prit, il ne trouva pas les qualités désirables de l'esprit et du cœur. Elle était légère, vaniteuse, mondaine, etc. Gengoult avait beaucoup de bravoure, il prit part aux guerres de Pépin le Bref. Sa femme, après s'être moquée de ses vertus, lui devint infidèle. Il s'en aperçut fut plongé dans une vive douleur et une grande perplexité. Il trouvait pénible de punir le crime et funeste de le laisser impuni.

Un jour, il crut bon d'avertir la coupable du soin qu'elle devait prendre pour conserver (ou recouvrer) son honneur. Cette misérable lui répondit avec impudence que les bruits répandus sur elle étaient injustes et sans fondement. « S'il en est ainsi répondit Gengoult, voici une eau limpide ni assez chaude, ni assez froide pour nuire. Plongez-y votre bras, si vous n'éprouvez aucun mal, vous serez innocente à mes yeux ». Elle s'empressa de fournir un témoignage si facile. Mais quand elle retira son bras la peau se détacha comme si on l'eut écorchée et la malheureuse ressentit des douleurs excessives. L'orgueil l'empêchant de s'avouer coupable, elle demeura dans un honteux silence. Gengoult lui dit : « Je pourrais vous livrer à la sévérité de la Loi, mais je préfère vous laisser la liberté d'expier vous-même dans la pénitence et les larmes, l'adultère dont le Ciel vient de vous convaincre. »

Ainsi Gengoult mit sa femme dans une de ses seigneuries et lui assigna un certain revenu pou sa subsistance. De son côté, il se retira dans un château qu'il avait auprès d'Avallon. De là, il l'exhortait souvent par lettre à expier ses fautes passées par une meilleure vie. Mais toutes ses remontrances furent inutiles, cette femme libertine continua ses désordres. Craignant que son mari donnât tous ses biens aux pauvres après sa mort, ou qu'il lui fît subir les rigueurs de la loi, elle en parla à son complice qui se chargea de l'exécution de Gengoult.

Cet assassin vint secrètement à la résidence de Gengoult, trouva le moyen d'entrer dans sa chambre lorsqu'il était seul et encore couché, prit l'épée qui était pendue près du chevet et leva le bras pour lui asséner un grand coup sur la tête. Gengoult s'étant réveillé à ce moment, para le coup qui le frappa seulement à la cuisse. Cette blessure fut mortelle. Gengoult eut le temps de recevoir les derniers sacrements et mourut le 11 mai 760. Sur sa statue on peut voir à ses pieds un chien (signe de noblesse : seul les nobles utilisaient les chiens pour la chasse). St Gengoult tient la peau de la main de sa femme telle un gant[40].

Saint Guengoult est honoré aussi en Lorraine à Toul (Collégiale Saint-Guengoult), dans le Jura à Moissey[41] et dans le Boulonnais à Fiennes et à Wierre-au-Bois par exemple.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Simone Lambert

À Thieffrain depuis 1954, Simone Lambert y a recueilli nombre de témoignages sur les événements, drôles ou dramatiques, dont les précédentes générations furent les témoins et qu'elle nous transmet en partie dans son ouvrage Thieffrain, Un village en Champagne[42].

Fêtes et animation locale[modifier | modifier le code]

  • Fête communale : le dimanche après le 17 août.
  • Groupe folklorique champenois, « Les Oseries».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gesetz-bulletin N° 139 du 15 avril 1853
  2. Site officiel de la préfecture de l‘Aube
  3. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  7. « Évolution et structure de la population à Thieffrain en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 7 décembre 2010)
  8. « Résultats du recensement de la population de l'Aube en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 7 décembre 2010)
  9. Cloche
  10. Verrière (verrière figurée) : l'arbre de Jessé (baie 9)
  11. Tableau : Portement de Croix
  12. Dalle funéraire : Gabrielle de Saulx
  13. Dalle funéraire de René de Berle
  14. « statue », notice no PM10002209, base Palissy, ministère français de la Culture
  15. « statue », notice no PM10002205, base Palissy, ministère français de la Culture
  16. « statue », notice no PM10002202, base Palissy, ministère français de la Culture
  17. « autel, retable », notice no IM10009195, base Palissy, ministère français de la Culture
  18. « autel, retable », notice no IM10008978, base Palissy, ministère français de la Culture
  19. « tableau », notice no PM10004287, base Palissy, ministère français de la Culture
  20. « tableau », notice no IM10008960, base Palissy, ministère français de la Culture
  21. « tableau », notice no PM10002210, base Palissy, ministère français de la Culture
  22. Verrière ornementation : en écoinçon (cartouche), en fond (étoile)(2, baies 5, 6)
  23. Verrière (verrière figurée) : diable, âme : Le mauvais larron, ange, Séraphin ; Crucifixion(baie 8)
  24. Panneau peint : Assomption
  25. Statue : Saint Mammès
  26. Sculpture : Martyre de saint Étienne, saint Pierre, saint Paul (bas-relief)
  27. Retable des fonts baptismaux
  28. Sculpture : Christ en croix
  29. Calice
  30. Patène
  31. Calice et patène
  32. Ciboire
  33. Coffre (disparue)
  34. Croix d'autel
  35. Chaire à prêcher
  36. Bénitier
  37. Saint-Mammes
  38. Saint Mamas
  39. http://membres.multimania.fr/histopale/leubrgen.htm
  40. http://perso.wanadoo.fr/charles.fevre/page_remerangles_vie_st_gengon.htm
  41. http://www.moissey.com/Gengoult.htm
  42. Conférence de Mme Simone Lambert

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]