Thematic Apperception Test

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Le Thematic Apperception Test (TAT) est un test projectif utilisé par les psychologues. Selon Nina Rausch de Traubenberg « Les méthodes projectives sont un lieu où la théorie s'incarne dans un discours. »

Le principe est de montrer des planches, dessins figuratifs représentant des situations sociales variées et ambiguës, et de demander au sujet de raconter une histoire à partir de ces planches, ce qui est appelé passation.

Après la passation, plusieurs méthodes d'interprétation peuvent être utilisées. Pour un examen psychologique, on fait généralement passer le test de Rorschach et le TAT, dont on analyse chacune des productions pour arriver à une synthèse.

Le Rorschach est ainsi le plus souvent utilisé comme outil diagnostic avec le TAT pour l'examen psychologique qui se conclut par un rapport d'analyses avec conclusion. L'examen psychologie sert au diagnostic, à l'indication d'un traitement : psychothérapie psychanalytique en particulier, ou encore à étayer le travail d'expertises (justice, assurances, etc). L'examiné doit être dûment informé du contexte et de ce à quoi l'examen servira. Utiliser les méthodes projectives dans des contextes imprécis ou pour satisfaire la curiosité des uns ou des autres n'est pas déontologique.[évasif]

Cela dit, définir le TAT comme un simple outil diagnostic serait réducteur, car il permettrait de comprendre, au-delà de la structure du sujet, sa dynamique propre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Henri Murray, médecin et biochimiste, élabore le TAT en 1935. Il se fonde sur une théorie de la dualité des besoins de l'individu.

Puis, sera adoptée une démarche psychanalytique. L'Egopsychology a travaillé l'interprétation de ce test, en se centrant sur le mécanisme de défense : il s'agit d'interroger la réponse comme défense face à un vécu affectif délicat. D'autres écoles psychanalytiques l'interpréteront en considérant l'opposition entre contenu manifeste et contenu latent : la réponse recèle des éléments permettant d'y voir des problématiques inconscientes.
En 1938, Murray en utilisera les résultats pour nourrir sa théorie de la personnalité dans son livre Exploration de la personnalité. C’est en 1943 que fut publiée, toujours par Murray la forme définitive du test avec son manuel d’application.

Selon cette approche, le TAT révélera notamment la problématique œdipienne. Deux autres points demeurent d'importance : le deuil de l'objet (lié à la position dépressive) et le narcissisme.

L’administration du TAT par Murray, s’opère en deux fois. Dix images différentes sont présentées au sujet à chaque fois. Certaines images sont proposées à tous les sujets, alors que d’autres concernent spécifiquement les adultes, les enfants, les hommes (et les garçons) ou les femmes (et les filles). Les images sont constituées par des dessins, des photographies ou des reproductions de gravure : la majorité de ces planches sont figuratives et mettent en image un ou plusieurs personnages.

La consigne proposée par Murray invite le sujet à raconter une histoire pour chaque planche. Il est recommandé au psychologue de veiller à ce que l’histoire ait un début et une fin, que soit précisé ce qui se passe sur l’image, ce qui s’est passé avant, quel sera le dénouement mais aussi quels sont les sentiments éprouvés par les personnages. Tout en soutenant la procédure par ses questions, le psychologue s’abstient de toute suggestion ou information.

Pour la seconde série, Murray préconise davantage de liberté au sujet, invité alors à se laisser porter par son imagination en inventant des fictions analogues à un mythe, un rêve, un conte, etc. Pour la planche 16 (planche blanche), Murray demande au sujet d’imaginer une gravure puis d’inventer une histoire correspondante. Après la passation de chaque série, le psychologue procède à une enquête pour savoir d’où le sujet a tiré l’idée de son histoire mais les souvenirs personnels, les rêves, les fantaisies plus ou moins constitutives du sujet sont considérées comme les plus significatifs.

L’interprétation selon Murray implique l’hypothèse selon laquelle les histoires inventées par le sujet sont en fait des évocations déguisées de sa conduite dans la vie réelle. Le problème essentiel du TAT (mais aussi des autres épreuves projectives) se trouve posé là. Murray se demande si les récits TAT constituent une exacte reproduction des conduites réelles des sujets, les psychanalystes s’interrogent et s’opposent quant à la réalité des événements psychiques évoqués dans la cure.

Murray distingue l’analyse formelle et l’analyse de contenu du protocole. L’analyse formelle étudie l’organisation, le style, la richesse des formulations, avec l’objectif d’obtenir des informations sur les qualités intellectuelles du sujet. L’analyse de contenu s’articule autour de cinq points :

  1. Motivations, facteurs internes et traits généraux du héros ;
  2. Forces de l’entourage exerçant une influence sur le héros ;
  3. Déroulement et dénouement de l’histoire ;
  4. Analyse des thèmes ;
  5. Intérêts et sentiments.

Une fois terminées l’analyse formelle et l’analyse de contenu, le psychologue procède à la synthèse des résultats.

Orientation de Vica Shentoub[modifier | modifier le code]

C'est en 1953 que Vica Shentoub reprend le test de Henri Murray pour lui donner une relecture psychanalytique. À l'aide d'une équipe de chercheurs de l'institut de psychologie à Paris, elle collecte et analyse pendant plusieurs années d'innombrables protocoles. Ce travail révèlera un corpus de réponses dites banales mais surtout le fait que les contenus des réponses n'ont pas réellement de valeurs discriminantes et/ou diagnostiques. Le plus important est en réalité le style du récit, les procédés utilisés, la manière même de répondre à la consigne et aux stimuli. Il s'agit là d'un véritable renversement par rapport à la perspective de Murray. Dans cette nouvelle orientation, Vica Shentoub reconnaîtra l'influence du psychanalyste américain Roy Schafer. Celui-ci avait reconsidéré le test de Rorschach en proposant un nouvel étayage psychanalytique. Son idée de base, bien qu'alors formalisée au minimum, était d'écouter les réponses du sujet comme un psychanalyste écoute le discours d'un patient. Sans conteste, l'influence de Daniel Lagache fut tout aussi déterminante, notamment pour aller au-delà des apports de l'Ego Psychology.

Ainsi, progressivement, Vica Shentoub et ses collaborateur(e)s, particulièrement Rosine Debray dans les années 1970, construisent une grille ou plutôt un mode de lecture des protocoles original et sans cesse en évolution. Les points fondamentaux furent de distinguer :

  • entre un contenu manifeste et un contenu latent,
  • de postuler pour chaque planche des variations autour de la problématique œdipienne,
  • de repérer les processus de défense et de dégagement à l'œuvre dans la construction du récit,
  • d'assigner les configurations de ces processus aux variations de fonctionnements et de structures de la personnalité.

Le fonctionnement psychique du sujet est finalement analysé en tant qu'il est une suite d'oscillations entre un pôle de contrôle (raconter une histoire à partir de la planche) et un pôle de laisser-aller (imaginer cette histoire). Les procédés de défenses ou de dégagement témoignent de ces oscillations sollicitées en partie par l'écart entre contenus latents et contenus manifestes.
Sur le plan technique, Shentoub modifiera les conditions de passation de Murray ainsi que l'utilisation du matériel : elle réduit le nombre de planches de 31 à 18, et de plus, considère que la passation doit se faire en une séance et sans enquête.

Description des planches sélectionnées par Vica Shentoub[modifier | modifier le code]

À l'origine, Murray avait utilisé des marques derrière les planches. L'équipe de V. Shentoub les a conservées, même si elles ont perdu toute signification :

  • B : Pour Boy (garçon de 7 à 14 ans)
  • G : Pour Girl (fillette de 7 à 14 ans)
  • F : Pour Female (femme adulte)
  • M : Pour Male (homme adulte)
Planche Contenu manifeste Sollicitation latente
Planche 1 : (passation commune à tous les sujets) Un garçon regarde un violon posé en face de lui, la tête entre les mains. Problématique d'un enfant immature, face à un « objet d'adulte ». Il y a une évocation de l'angoisse de castration, et de l'acceptation du manque.
Planche 2 : (passation commune à tous les sujets) Scène de campagne, où l'on voit au premier plan une jeune femme avec des livres, au second plan un homme avec un cheval et une femme enceinte adossée contre un arbre. Il n'y a pas de différences de génération, et la différence des sexes est bien marquée. Cette planche représente la triangulation œdipienne prise dans son ensemble.
Planche 3BM : (passation commune à tous les sujets) Un personnage, de sexe et d'âge ambigus, est affalé sur un banc avec un objet ambigu posé près de lui. Fait référence à la dépression (psychanalyse). Cette planche renvoie à la culpabilité œdipienne et à la problématique de perte d'objet.
Planche 4 : (passation commune à tous les sujets) Deux personnages sont au premier plan, un homme et une femme. L'homme se détourne de la femme, qui essaie de le retenir. Dans le fond, il y a une photographie d'une femme dénudée. Problématique de l'ambivalence amour/haine dans un couple.
Planche 5 : (passation commune à tous les sujets) Une femme, positionnée dans l'encadrement de la porte, entre dedans et dehors, regarde à l'intérieur d'une pièce composée de mobilier tel que bibliothèque, vase avec fleur… Renvoie à l'image maternelle qui regarde. Renvoie à la curiosité sexuelle, et au fantasme originaire de la scène primitive.
Planche 6BM : (planche à présenter qu'aux garçons et aux hommes) Un homme (de face) tient un chapeau et a l'air soucieux. Une femme (de profil), tenant un tissu, lui tourne le dos et est nettement plus âgée. Renvoie au rapprochement mère-fils, dans un contexte de malaise. Dans un contexte œdipien, cette planche fait référence à l'interdit de l'inceste, et à la mort du père.
Planche 6GF : (planche à présenter qu'aux filles et aux femmes) Une femme regarde par dessus son épaule un homme, légèrement plus âgé, penché sur elle avec une pipe à la bouche. Fait référence, dans une perspective œdipienne, au fantasme de séduction dans la relation hétérosexuelle.
Planche 7BM : (planche à présenter qu'aux garçons et aux hommes) Un vieil homme regarde un homme plus jeune faisant la moue. Renvoie au sentiment père-fils, et à l'ambivalence des sentiments au père dans le contexte œdipien.
Planche 7GF : (planche à présenter qu'aux filles et aux femmes) Une femme accoudée sur une table et tenant un livre, se penche vers une fillette assise, regard rêveur, et tenant un poupon dans les bras. Cette planche fait référence à la relation mère/fille.
Planche 8BM : (passation commune à tous les sujets) Au premier plan, un jeune homme (adolescent) tenant un fusil, tourne le dos à une scène d'opération au second plan. En effet, deux hommes se penchent au-dessus d'un troisième. L'un des deux tient un scalpel. Cette planche est liée à l'angoisse de castration, et à l'agressivité envers l'image paternelle.
Planche 9GF : (planche à présenter qu'aux filles et aux femmes) Une femme appuyé contre un arbre regarde une femme (lui ressemblant fortement) courir en contrebas. Renvoie à la rivalité féminine.
Planche 10 : (passation commune à tous les sujets) Un couple, représenté par deux visages avec un fort contraste clair/obscur. La différence d'âge et de sexe est ambiguë. Représente le versant de la tendresse dans la relation de couple, mais peut aussi faire ressortir le fantasme de la curiosité sexuelle.
Planche 11 : (passation commune à tous les sujets) Planche la plus ambiguë. Représente un paysage chaotique et sombre. C'est une planche qui renvoie aux angoisses archaïques.
Planche 12BG : (passation commune à tous les sujets) Scène apaisante représentant un cours d'eau entouré d'arbres. Au premier plan on peut voir un arbre et une barque. Peut renvoyer à un contenu érotisé ou à une position dépressive, voire de perte d'objet.
Planche 13B : (passation commune à tous les sujets) Un petit garçon est assis au seuil de l'encadrement d'une porte. Il est entre le dedans sombre, et le dehors clair. Renvoie à la capacité à rester seul dans un environnement précaire, et à la dimension abandonnique et dépressive dans la relation mère/enfant.
Planche 13MF : (planche à ne présenter qu'aux adultes) Scène se déroulant dans une chambre. Au premier plan, un homme se tient debout avec le bras sur les yeux. Il tourne le dos à une femme, poitrine dénudée, allongée sur un lit, bras ballant. - Dans un contexte œdipien, la planche s'organise autour d'une situation triangulaire dramatisée mettant plus ou moins au jour une fantasmatique incestueuse et meurtrière.

- Au-delà, et comme toutes les planches qui sont susceptibles de solliciter une fantasmatique mortifère, c'est la question de la perte violente et de la destruction qui est ravivée, et cette fois, la massivité de la problématique peut entrainer un débordement et une désorganisation patents.

Planche 19 : (passation commune à tous les sujets) Image ambiguë qui peut se voir comme une maison sous la neige, ou un bateau dans une tempête. Les contrastes sont très marqués, et l'image bien délimitée fait ressortir un dedans et un dehors. La planche incite à la régression et fait ressortir la capacité de clivage du sujet (dedans ≠ dehors).
Planche 16 : (passation commune à tous les sujets) Page entièrement blanche. Renvoie à la manière dont le sujet structure ses objets internes et externes et organise ses relations avec eux.

Cotation[modifier | modifier le code]

Le principe de la cotation est de déterminer les mécanismes de défenses utilisés par le sujet. La première feuille de dépouillement, permettant de coter les réponses au test, fut élaborée en 1968 par Vica Shentoub. En 1978, Debray y adjoint les procédés factuels. Puis, Foulard, en 1981, considère certains procédés narcissiques. En 1998 et 2000 apparaissent une nouvelle catégorie : l' investissement des limites.

Enfin, en 2001, Chabert réorganisa la feuille de dépouillement en quatre catégories :

Série A (Procédés du type "Rigidité")[modifier | modifier le code]

C'est une série qui cote les mécanismes de défenses de type névrotiques incluant une sous-catégorie de procédés obsessionnels. Ces procédés tendent à contenir les affects, par la rationalisation, l'intellectualisation, les références culturelles, les précautions verbales, la dénégation, etc.

A 1 investissement de la réalité externe

A 1.1 description avec attachement aux détails, avec ou sans justificatif de l'interprétation

A 1.2 précision spatio-temporelle, chiffrée

A 1.3 références aux sens commun, normes sociales, morale

A.1.4 références littéraires, culturelles

A 2 investissement de la réalité interne

A 2.1 accent porté sur le fictif ou le rêve

A 2.2 intellectualisation

A 2.3 dénégation

A 2.4 accent porté sur les conflits intrapersonnels, aller retour entre expression pulsionnelle agressive et défense

A.3 procédés de type obsessionnelle

A.3.1 doutes, précautions verbales, hésitations entre plusieurs récits, remâchage

A.3.2 annulation (de toutes les pulsions exprimées)

A.3.3 formation réactionnelle (conversion en son contraire de la pulsion afin de la refoulée)

A.3.4 isolation entre affects et représentation (entre les personnages du récit, pour un personnage du récit) affects minimisé

Procédés B Labilité

B.1 investissement de la relation

B.1.1 accent porté sur les conflits interpersonnels, mise en dialogue

B.1.2 introduction d'un autre personnage (pas sur la planche)

B.1.3 expression d'affects (de bonnes qualités et en bonne quantité)

B.2 dramatisation

B.2.1 entrée directe dans l'expression, exclamation, commentaire personnel, théâtralisme, histoires à rebondissements

B.2.2 affects forts ou exagérés (qualité bonne, mais déborde)

B.2.3 aller/retour entre désirs contradictoires, représentation et/ou affects contrastés

B.2.4 représentation d'action en association ou non avec des états émotionnels de peur de vertige de catastrophe

B.3 procédés de type hystérique

B.3.1 mise en avant des affects au service du refoulement des représentations

B.3.2 érotisation des relations, symbolisme transparent, détails à valeur de séduction

B.3.3 labilité des identifications

Série B (Procédés labiles)[modifier | modifier le code]

C'est une série qui cote également les mécanismes de défenses névrotiques, incluant une sous-catégorie de procédés hystériques. NB: l'hystérie ne doit pas être comprise ici seulement dans le sens d'une pathologie. Il s'agit d'une thématique plus large incluant les problèmes d'identification, les mécanismes de refoulement et les réactivations du conflit œdipien.


B 0 Conflictualisation inter-personnelle

B 1.1 Fantaisie personnelle (histoire construite autour d'une fantaisie personnelle, mécanismes de défense souples contre le retour du refoulé)

B 1.2 Introduction de personnages (non figurant sur l'image)

B 1.3 Identifications (souples et diffusées)

B 1.4 Affects nuancés (expression verbale d'affects nuancés, modulés par le stimulus, facteurs de dégagement)

B 2.1 Expression (entrée directe dans l'expression, fantasme livré brutalement)

B 2.2 Fabulation (loin de l'image, rebondissements)

B 2.3 Relations interpersonnelles (accent porté sur les relations interpersonnelles, récit en dialogue; les instances sont projetées sur ou dans les sujets)

B 2.4 Affects forts ou exagérés

B 2.5 Dramatisation (éprouver du plaisir à mettre en scène des événements tragiques)

B 2.6 Représentations contrastées (passage d'affects positifs et négatifs, alternance entre des états émotionnels contrastés)

B 2.7 Aller & retour (entre désirs contradictoires, réalisation magique du désir, fixation sur le désir libidinal)

B 2.8 Exclamations (commentaires, digressions, références personnelles)

B 2.9 Erotisation (érotisation des relations, prégnance de la thématique sexuelle et/ou symbolisme transparent; souvent couplé avec B 2.6 et B 2.7)

B 2.10 Détails narcissiques (attachement aux détails narcissiques à valence relationnelle)

B 2.11 Instabilité identificatoire (instabilité dans les identifications, hésitations sur le sexe ou l'âge des personnages; pathologie de l'identité)

B 2.12 Agir corporel (accent porté sur une thématique du style aller, courir, dire, fuir)

B 2.13 Peur (thèmes de peur, de catastrophe, de vertige, etc. dans un contexte dramatisé; agir pour éviter la représentation)

Série C (Évitement du conflit)[modifier | modifier le code]

Selon la nouvelle classification mise au point par Catherine Chabert, la série C permet de coter les mécanismes d'évitements du conflit, et inclut cinq sous séries :

1 - Série CF : pauvreté du Fantasme (2 items) : Renvoie le sur-investissement de la réalité externe (pauvreté dans l'expression fantasmatique)

CF-1 : Accent porté sur le quotidien, le factuel, le faire - Référence plaquée à la réalité externe.

CF-2 : Affects de circonstance, références à des normes extérieures

2 - Série CI : Inhibition (3 items) : Cote également les mécanismes de défenses de type phobique.

CI-1 : Tendance générale à la restriction (temps de latence long et/ou silences importants intra-récits, nécessité de poser des questions, tendance au refus, refus)

CI-2 : Motifs des conflits non précisés, banalisation, anonymat des personnes.

CI-3 : Éléments anxiogènes suivis ou précédés d'arrêt dans le discours

3 - Série CN : Narcissisme (5 items) : Renvoie aux modalités narcissiques

CN-1 : Accent porté sur l'éprouvé subjectif - Référence personnelles

CN-2 : Dd narcissiques - Idéalisation de la représentation de l'objet (valence + ou -)

CN-3 : Mise en tableau - Affect titre - Posture signifiante d'affects

CN-4 : Insistance sur les limites et les contours et sur les qualités sensorielles

CN-5 : Relation spéculaires

4 - Série CL : instabilité des Limites (4 items)

CL-1 : Porosité des limités (entre narrateur / sujet de l'histoire; entre dedans / dehors ....)

CL-2 : Appui sur le percept et/ou le sensoriel

CL-3 : Hétérogénéité des modes de fonctionnement (interne / externe; perceptif / symbolique; concret / abstrait ...)

CL-4 : Clivage

5 - Série CM : mécanismes Maniaques (3 items) : Renvoie aux mécanismes de type maniaque, dans le sens de la lutte anti-dépressive de Mélanie Klein.

CM-1 : Accent porté sur la fonction d'étayage de l'objet (valence + ou -)

CM-2 : Hyper instabilité des identifications

CM-3 : Précipitation, pirouette, clin d'œil.

Ancienne classification :

C/P Registre phobique

C/P 1 Latences (temps de latence initial ou silences importants intra-récit)

C/P 2 Restriction (tendance générale à restreindre, histoires courtes, banalisées)

C/P 3 Anonymat (personnages non sexués, sans affects)

C/P 4 Sans motif (motifs des conflits non précisés, récits banalisés à outrance, impersonnels; placages)

C/P 5 Nécessité de questionner (tendance au refus, voire refus)

C/P 6 Arrêts (évocation d'éléments anxiogènes suivis ou précédés d'arrêts dans le discours)


C/N Registre narcissique (le corps est utilisé pour communiquer et produire du sens; la pulsion prégénitale est figée; recherche d'un contenant, le moi n'étant pas capable d'exprimer un désir par peur de tout perdre)

C/N 1 Éprouvé subjectif (accent porté sur l'éprouvé subjectif, non relationnel; évitement du conflit)

C/N 2 Références personnelles (et autobiographiques; pas de distance)

C/N 3 Affect-titre

C/N 4 Posture signifiante d'affects (le sujet s'attache aux postures comme si elles disaient tout)

C/N 5 Sensorialité (accent mis sur les qualités sensorielles, l'ambiance)

C/N 6 Limites & contours (accent mis sur les délimitations autour du moi, entre le dedans et le dehors)

C/N 7 Relations spéculaires (l'autre ne peut être vu que par l'équivalent)

C/N 8 Mise en tableau (mouvement figé)

C/N 9 Critique de soi (ex: « Je n'ai jamais été doué pour raconter des histoires »; cf C/C)

C/N 10 Détails narcissiques (idéalisation de soi; recentrer le sujet par des détails sur l'autre, p.ex. « Elle est jolie, la robe, avec un col blanc)


C/M Registre maniaque (question de la perte; lutte anti-dépressive; pas d'enjeu œdipien; voir comment le mouvement, par la suite, est pris par le narcissisme; les mécanismes ne sont pas forcément pathologiques, et de bon pronostic chez les psychotiques

C/M 1 Étayage de l'objet (surinvestissement de la fonction d'étayage de l'objet, le moi est démuni)

C/M 2 Idéalisation de l'objet (valence positive ou négative, personnages en tout-ou-rien)

C/M 3 Pirouettes & virevoltes (histoire terrible, puis tout rentre dans l'ordre)


C/C Registre comportemental (décharge de l'excitation, mise à distance du malaise, arrêt de la fantasmatisation)

C/C 1 Agitation motrice (mimiques, expressions corporelles)

C/C 2 Demandes (faites au clinicien)

C/C 3 Critiques (du matériel, de la situation)

C/C 4 Ironie, dérision

C/C 5 Clin d'œil au clinicien


C/F Registre factuel (pas de conflit; registre factuel, pensée « opératoire »)

C/F 1 Accrochage (au contenu manifeste, descriptions froides et plates)

C/F 2 Factuel (accent mis sur le quotidien, le factuel, le concret, l'actuel)

C/F 3 Faire (accent porté sur le faire)

C/F 4 Normes (appel à des normes extérieures; ex. « Il est huit heures, donc on se lève »; surmoi extérieur)

C/F 5 Affects de circonstance (ex: « Elle est morte, donc il est triste »)

Série E (Émergence de processus primaires)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : processus primaire.

Cote les mécanismes associés aux processus primaires, incluant quatre sous séries :


1/ Items E1 à E6

Renvoie aux défaillances dans les conduites perceptives.(sur investissement du fantasme archaïque, pas forcément pathologique; lorsque ces mécanismes sont présents en petites quantités, perméabilité entre les topiques; observer la reprise)

E 1 Scotome (d'objets manifestes; fréquent chez les psychotiques; chez le névrosé, rejet du signifiant, « Je n'en veux rien savoir »)

E 2 Détails rares (perception de détails rares ou bizarres, ajouts éventuels)

E 3 Justifications arbitraires (à partir des détails; obsessionnels)

E 4 Fausses perceptions (maniaques et psychotiques)

E 5 Perception sensorielle (déformation du réel, hallucination)

E 6 Morcellement (perception d'objets morcelés et/ou détériorés, personnages malades, malformés; attaques de l'objet; psychotiques)

2/ Items E7 à E10

Renvoie aux perturbations liées au fantasme.

E 7 Inadéquation (inadéquation du thème au stimulus, fabulation hors image, éloignement du contenu manifeste, abstractions, symbolisme hermétique; psychotiques; projection)

E 8 Expressions crues (liées à une thématique sexuelle ou agressive; obsessionnels; projection)

E 9 Expressions massives (d'affects et/ou de représentations liés à toute problématique : incapacité, dénuement, réussite mégalomaniaque, peur, mort, destruction, persécution, etc.; projection)

E 10 Persévération (projections récurrentes)

3/ Items E11 à E16

Renvoie aux troubles liées à l'identité et à la relation d'objet.

E 11 Télescopages (confusion des identités, des rôles; problèmes identitaires)

E 12 Instabilité des objets (comme si tous les objets avaient une valeur identique; problèmes identitaires)

E 13 Désorganisation (des séquences temporelles et/ou spatiales, confusions dans le déroulement de l'histoire; problèmes identitaires)

E 14 Mauvais objet (thème de persécution; mécanismes interprétatifs)

E 15 Clivage de l'objet (gentils/méchants; mécanismes interprétatifs)

E 16 Arbitraire (recherche arbitraire de l'intentionnalité des images, physionomies, attitudes, à partir d'un détail; ex. « Elle a un chapeau, donc elle a un amant. »; mécanismes interprétatifs)

4/ Items E17 à E20

Renvoie à la désorganisation de la pensée et du discours (plus de logique de communication).

E 17 Craquées verbales (troubles de la syntaxe; ex. passé/futur, le/la, lapsus; fréquent dans toutes les organisations)

E 18 Coq-à-l'âne (associations par contiguïté, par consonance; rupture de lien, fréquente chez les maniaques)

E 19 Associations courtes (pas de lien, cause à effet)

E 20 Indétermination (vague, flou du discours, fréquent dans toutes les organisations)

Le Children Apperception Test (CAT)[modifier | modifier le code]

Ce test est une variante du TAT à destination des enfants ( < 7/8 ans). Il a comme différence principale le type de figures utilisées. Celles-ci sont de type animal. La raison est que les jeunes enfants ont une grande capacité à se projeter sur ceux- ci.

Critiques et limites du TAT[modifier | modifier le code]

À la différence de la majorité des tests psychométriques, le TAT -- mais c'est aussi le cas du test de Rorschach -- n'est pas utilisé d'une manière univoque. Selon que l'on se réfère à telle ou telle école, les conditions de passation et d'interprétation diffèrent. Certains considèrent que ces fluctuations impliquent, d'un point de vue psychométrique, plusieurs faiblesses méthodologiques :

  • Il n'existe pas de méthode standardisée d'administration.
  • Peu de psychologues utilisent l'ensemble des images standards (normalement 20 sur les 30 disponibles).
  • Il existe peu de méthode objective standardisée de cotation des réponses (pas de cotations chiffrées permettant une représentation). Le clinicien dépend donc normalement de ses normes subjectives basées sur son expérience professionnelle personnelle, ce qui permet de discuter la scientificité de ce test. Cependant, il existe un manuel élaboré par le chercheur et clinicien Drew Westen ainsi que son équipe qui permet une cotation objective et quantitative des réponses aux histoires pouvant être utilisé tant en clinique qu'en recherche.

D'autres, généralement des praticiens d'orientation psychanalytique ayant des préoccupations cliniques plutôt que strictement psychométriques, considèrent au contraire que l'introduction des dimensions relationnelles et de la subjectivation raisonnée dans l'interprétation des processus dynamiques confèrent au TAT ses qualités propres.

Il est utile de rappeler qu'au-delà des différences, par exemple entre Murray et Shentoub, les orientations ont toujours été psychanalytiques et non psychométriques, entendues au sens le plus usuel.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]