The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars

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The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars
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Pressage original du 33 tours
Album de David Bowie
Sortie 16 juin 1972
Enregistré 8 novembre 1971 – 4 février 1972
studios Trident (Londres)
Durée 38:37
Genre glam rock, art rock, protopunk
Producteur David Bowie, Ken Scott
Label RCA
Classement 5e (Royaume-Uni)
21e (États-Unis)

Albums de David Bowie

Singles

  1. Starman
    Sortie : 28 avril 1972
  2. Rock 'n' Roll Suicide
    Sortie : 11 avril 1974

The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, souvent abrégé en Ziggy Stardust, est le cinquième album studio de l'auteur-compositeur-interprète britannique David Bowie. Il est généralement considéré comme son chef-d’œuvre. Enregistré de à aux studios Trident de Londres avec le guitariste Mick Ronson, le bassiste Trevor Bolder et le batteur Mick Woodmansey, il paraît le sur le label RCA Records.

Il s'agit d'un concept album à la trame assez vague. Bowie y incarne Ziggy Stardust, rock-star androgyne extraterrestre envoyée sur Terre avant une apocalypse imminente. Après un succès fulgurant au sein de son groupe les Spiders from Mars, Ziggy tombe en disgrâce, dévoré par son ego. De grandes thématiques qui domineront l’œuvre de Bowie s'y concrétisent : l'espace et les créatures extra-terrestres comme métaphores des sommets et de la solitude de la « staritude », l'androgynie, la dissociation de la personnalité, etc.

Archétype du glam rock et du protopunk, l'album reflète les influences de musiciens alors proches de l'auteur : Lou Reed et le Velvet Underground, Marc Bolan de T. Rex, Iggy Pop et ses Stooges.

Précédé par le single Starman, le 33 tours culmine au 5e rang du classement au Royaume-Uni. L'interprétation vocale de Bowie et le jeu de guitare de Mick Ronson sont unanimement salués. La célébrité du chanteur est propulsée au zénith par ce disque, considéré rétrospectivement comme l'un de ses meilleurs opus et régulièrement cité dans les listes des meilleurs albums de tous les temps.

Aiguillonné par sa femme Angie, Bowie crée autour de l'album et du personnage un ensemble artistique cohérent : costumes avant-gardistes et androgynes conçus par Freddie Burretti puis Kansai Yamamoto, coiffure orange composée par Suzi Fussey, maquillage pâle de Pierre Laroche, orné d'un disque doré sur le front, sexualité tapageuse, confusion des genres et des orientations sexuelles, spectacles mêlant musique, mime et théâtre, etc. Le chanteur emmène Ziggy et les Spiders d'apparitions télévisées en concerts dans une succession de tournées de près de dix-huit mois au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada et au Japon, qui le laisse aux portes de l'épuisement physique, de la confusion mentale et de la drogue. Le à la fin d'un ultime concert au Hammersmith Odeon il stupéfie ses fans en annonçant la disparition définitive de Ziggy.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, David Bowie n'est qu'un chanteur anglais parmi d'autres, dont le style oscille entre le folk et le psychédélique. Sa notoriété auprès du grand public repose sur un unique succès, le single Space Oddity, qui a atteint la cinquième place des charts britanniques en [1].

En il rentre en Angleterre après une tournée promotionnelle en Amérique[2]. Dans la maison victorienne qu'il habite avec sa femme Angie Barnett à Haddon Hall[1], hybride de laboratoire expérimental et de baisodrome où le couple tient porte ouverte pour leurs amis artistes[1], il compose une quarantaine de chansons[3]. C'est dans ce fond que seront puisées les pistes des albums Hunky Dory et The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars[4]. Bowie enregistre dès une première version de certaines (Moonage Daydream, Hang On to Yoursel) avec le groupe éphémère Arnold Corns[5] qu'il a créé pour contourner le contrat d'exclusivité qui le lie à Mercury Records.

Pour Hunky Dory, les sessions d'enregistrement commencent en aux studios Trident de Londres[6]. Ken Scott, ingénieur du son pour ses deux albums précédents et qui a travaillé avec les Beatles, est choisi comme producteur[3]. Bowie s'est entouré du guitariste Mick Ronson, du bassiste Trevor Bolder, du batteur Mick Woodmansey[7] et du pianiste Rick Wakeman[Note 1]. Mais le groupe prend conscience que ces titres ne se prêtent guère à une interprétation en concert, et décide de poursuivre les sessions pour enregistrer d'autres morceaux[9].

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Photo de l'entrée d'un immeuble aux murs blancs, fermée par de grandes grilles bleues.
L'entrée des anciens studios Trident, en 2018.

Les séances du cinquième album de David Bowie débutent donc le , toujours aux studios Trident[10]. Elles impliquent les mêmes musiciens, à l'exception de Rick Wakeman qui a préféré rejoindre le groupe de rock progressif Yes[Note 2]. L'équipe commence vers 14 heures, pour finir entre 22 heures et 4 heures du matin. Bowie est très impliqué dans le processus, donne des indications aux musiciens[1], allant jusqu'à fredonner à Mick Ronson les solos qu'il souhaite l'entendre jouer[11]. Le travail s'effectue de manière très rapide : le groupe enregistre un morceau, le réécoute immédiatement et effectue une autre tentative si le son ne correspond pas à ses attentes[11]. Plus de neuf fois sur dix, la piste vocale définitive est la première prise[1].

Le premier jour, les musiciens enregistrent des versions de Star et Hang On to Yourself, mais le résultat ne les satisfait pas. Ils effectuent une deuxième tentative sur ces deux chansons trois jours plus tard, le , et enregistrent également Ziggy Stardust, Looking for a Friend, Velvet Goldmine et Sweet Head[12],[11]. Le lendemain, ils effectuent deux prises de Moonage Daydream, Lady Stardust et The Supermen (un morceau déjà paru sur The Man Who Sold the World), ainsi qu'un essai de Soul Love. Le , c'est au tour de Five Years — une seule prise suffit, à la fin de laquelle Bowie fond en larmes, d'après les souvenirs de Ken Scott[1] — et de versions inachevées de It's Gonna Rain Again et Shadow Man[12]. Une liste provisoire de morceaux est ébauchée le même jour : elle comprend des reprises de Round and Round de Chuck Berry et d’Amsterdam de Jacques Brel, ainsi qu'une nouvelle version de Holy Holy et Velvet Goldmine, mais pas It Ain't Easy[12]. Le titre de travail de l'album est alors Round and Round ; il le reste au moins jusqu'au [11].

Après le , le travail est interrompu pendant les fêtes de fin d'année. Les musiciens se retrouvent le pour répéter aux studios Underhill à Blackheath en prévision des dernières séances[13]. Ils interprètent quelques-unes de leurs nouvelles chansons pour l'émission de radio Sounds of the 70s, qui marque la première apparition du nom The Spiders from Mars[13], avant de retourner aux studios Trident pour travailler sur les morceaux Suffragette City et Rock 'n' Roll Suicide[11]. Lorsqu'un cadre de RCA Records se plaint que l'album ne contient aucun single potentiel, Bowie écrit Starman, qui remplace in extremis la reprise de Round and Round[14]. Les séances prennent fin le avec l'enregistrement des versions finales de Starman, Suffragette City et Rock 'n' Roll Suicide[15].

Parution et accueil[modifier | modifier le code]

Photographe en noir et blanc de deux jeunes hommes : devant à droite Bowie, blond, cheveux longs ; derrière lui Defries, cheveux noirs frisés.
David Bowie en 1971 avec son imprésario Tony Defries.

Après avoir négocié la terminaison de l'engagement de Bowie avec Mercury Records, son manager Tony Defries présente les bandes de Hunky Dory à plusieurs labels aux États-Unis : le c'est Dennis Katz, pour RCA Records de New York, qui signe avec le chanteur un contrat pour ses trois prochains albums[16],[17]. Hunky Dory paraît le . Malgré des critiques très favorables il ne parvient pas à entrer au classement britannique des meilleures ventes[18] en partie à cause d'un mauvais marketing de RCA, déconcerté par la rumeur d'un changement d'image de l'artiste pour son disque suivant[19],[20].

Campagnes de promotion[modifier | modifier le code]

Le coming out — sincère ou non — de Bowie qui confie en janvier 1972 au magazine Melody Maker qu'il est homosexuel et qu'il l'a toujours été[Note 3], posant pour l'article en costume de Ziggy Stardust, braque les projecteurs sur l'artiste, suscitant l'attente de son prochain album[21]. Si l'enthousiasme se limite à quelques milieux gays (le magazine Gay News le décrit alors soudainement comme « probablement le meilleur musicien de rock de Grande-Bretagne » et « un puissant porte-parole du gay rock »), elle attire l'attention de la presse sur ses dates de tournée et son prochain album[22].

RCA sort le single Starman le , avec Suffragette City en face B[23]. Ses ventes ne sont pas spectaculaires, mais il reçoit de nombreuses critiques positives. The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars paraît le en Grande-Bretagne[24],[Note 4],[Note 5] avec le numéro de catalogue SF 8287. 8 000 exemplaires s'en vendent dans le royaume la première semaine et il entre au top 10 la suivante[11]. Le l'émission pour les jeunes Lift Off with Ayshea sur ITV diffuse après l'heure de l'école une version de Starman enregistrée le dans ses studios par Bowie, ses Spiders et le claviériste Nicky Graham : elle est vue par des milliers d'enfants britanniques[28]. Le Starman se hisse à la 41e place du UK Singles Chart, ce qui vaut à Bowie une invitation à se produire dans l'émission de télévision de la BBC Top of the Pops[29].

Le [11] Bowie et son groupe jouent Starman sur les plateaux de la BBC. Le chanteur a revêtu une combinaison arc-en-ciel aux couleurs vives et des bottes d'astronaute. Il arbore sa longue coupe mulet de cheveux rouges. Les Spiders et Graham portent des vêtements de velours bleu, rose, écarlate et doré. Pendant la session, Bowie, détendu et confiant, entoure de son bras l'épaule de Ronson[29]. La diffusion de Top of the Pops le lendemain[30] est une révélation et un séisme : à une heure de grande écoute, devant près de vingt millions de téléspectateurs, l'ambivalence sexuelle jouée de Bowie et Ronson scandalise la vieille Angleterre, sidère les jeunes[31] et attire l'attention du public sur l'album[32]. De nombreux fans datent de ce jour leur conversion à tout ce qui concerne Bowie[33]. Bono, le chanteur de U2, déclare ainsi en 2010 « la première fois que j'ai vu [Bowie], [il] chantait Starman à la télévision. C'était comme si une créature était tombée du ciel »[34]. Starman est propulsé à la dixième place des charts britanniques et au 65e rang aux Etats-Unis[35].

Fin 1972, 95 968 exemplaires du 33 tours se sont vendus au Royaume-Uni. Après un fléchissement dans le classement en fin d'année, les ventes recommencent à croître et il atteint la 5e place en [36].

Aux États-Unis, l'album culmine à la 75e place du palmarès Billboard Top LPs & Tape en [37].

En , RCA sort tardivement Rock 'n' Roll Suicide en single, avec Quicksand en face B[38],[39].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

À sa sortie The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars est accueilli avec tiédeur par les critiques spécialisés[40]. James Johnson de New Musical Express juge l'album « un peu plus pessimiste » que les précédents opus et concède que les chansons sont « bien »[41]. Sur Melody Maker Michael Watts observe que Ziggy Stardust n'a « pas de scénario bien défini » et mentionne « des chansons étranges et des références au métier de pop star qui, dans l'ensemble, s'ajoutent à un sens aigu de la dramaturgie biographique »[42]. Dans Rolling Stone, si Richard Cromelin convient que l'album est bon, il doute qu'il suscite un intérêt durable : « Disons tous une brève prière pour que son sort [de Bowie] ne soit pas de monter et chuter [« to rise and fall »] comme le destin du syndrome du drag-rock »[43]. Sounds, qui avait pourtant fait l'éloge de Hunky Dory, écrit « Ce serait dommage si cet album était celui qui perçait : une grande partie sonne comme le travail d'un plagiaire compétent »[44]. Dans The Times, Richard Williams juge le personnage superficiel, incarné sans conviction par Bowie[45]. Même Nick Kent dans Oz, qui pourtant apprécie l'album, juge que le personnage de Ziggy est peu cohérent, et que Bowie se surévalue[46]. Ces verdicts négatifs sont courants chez les spécialistes qui ont apprécié les précédentes compositions « denses, philosophiques » de l'auteur, qu'ils ne retrouvent pas dans la « mythologie de Ziggy »[40].

Certains critiques cependant sont convaincus par l'album. Pour le magazine Circus c'est une « œuvre de génie superbe », « du début à la fin [...] d'une intensité éblouissante et d'un design fou »[47]. Jack Lloyd dans The Philadelphia Inquirer déclare que « David Bowie est l'un des auteurs les plus créatifs et convaincants du moment »[48]. Dans l’Evening Standard Andrew Bailey partage cet avis et loue à la fois les textes, le spectacle et une musique « digne d'un opéra »[49]. Robert Hilburn dans le Los Angeles Times compare favorablement Ziggy au Tommy des Who de 1969, avec sa musique « excitante, cultivée et imaginative »[50]. C'est au disque des Rolling Stones Aftermath que Jon Tiven compare quant à lui l'album dans Phonograph Record, estimant que Bowie, « l'une des personnalités les plus distinctives du rock », mériterait de devenir une star « de l'envergure de Ziggy Stardust »[51]. Dans Creem, qui classe fin 1972 l'album en tête de sa liste de favoris, Dave Marsh pronostique : « je ne le vois pas s'arrêter ici longtemps »[52]. Le New York Sunday News lui aussi choisit Ziggy Stardust comme le meilleur album de l'année devant Exile on Main St. des Stones ; Lillian Roxon y qualifie Bowie d'« Elvis des années 70 »[53].

Tournée[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc d'une affiche annonçant un concert de David Bowie à Cleveland. À droite le chanteur en pied, vêtu d'un justaucorps et de bottes, guitare à la main.
Affiche publicitaire pour un concert à Cleveland.

La tournée Ziggy Stardust Tour commence au Royaume-Uni du au [54]. Le retentissement d'un spectacle donné au pub Toby Jug dans la banlieue de Londres le catapulte le chanteur au rang de star, créant comme le décrit Buckley, un « culte de Bowie »[55]. En , les Spiders poursuivent la tournée aux États-Unis. Totalement immergé dans son persona, Bowie commence à ne plus pouvoir distinguer hors de la scène son propre soi de Ziggy[56]. Il déclare plus tard : « Ziggy n'allait pas me laisser seul pendant des années. C'est à ce moment-là que tout a commencé à se gâter... Toute ma personnalité a été affectée. C'est devenu très dangereux. J'avais vraiment des doutes sur ma santé mentale »[57]. De fait, la tournée a un impact négatif sur le psychisme de Bowie et marque le début de sa longue dépendance à la cocaïne[58]. De peur que sa carrière ne se résume à l'extra-terrestre, il imagine un nouvel alter-ego pour son album suivant, Aladdin Sane, écrit et enregistré de à entre les étapes de la tournée[59]. Cet Aladdin Sane, qu'il décrit comme « Ziggy goes to America », est un personnage beaucoup moins optimiste, adepte d'activités sexuelles violentes et de drogues dures[60],[61].

Prolongeant la durée de la tournée à dix-huit mois, la troupe sillonne les États-Unis et le Canada et voyage jusqu'au Japon[60]. À la fin de l'ultime concert, le au Hammersmith Odeon à Londres, Bowie annonce à la surprise générale que « ce spectacle sera le dernier spectacle que nous ferons », compris plus tard comme signifiant qu'il abandonnait le personnage de Ziggy[62],[63]. La performance a été documentée par le cinéaste D. A. Pennebaker dans un film-concert, monté en 1979 et commercialisé en 1983 sous le nom de Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, avec une bande originale intitulée Ziggy Stardust: The Motion Picture[64],[65],[66]. Il existe un autre enregistrement d'un spectacle de la tournée, la captation du concert de Santa Monica en Californie, le , d'abord sorti en version pirate puis officiellement publié en 2008 sous le nom de Live Santa Monica '72[67].

Projets suivants[modifier | modifier le code]

Dans les semaines qui suivent l'enregistrement de l'album, Bowie écrit All the Young Dudes pour Mott the Hoople[Note 6],[15],[68], que ceux-ci enregistrent en [69]. Bowie produit d'ailleurs leur cinquième album, nommé d'après la chanson. Les Spiders jouent le titre lors de la tournée Ziggy Stardust et Bowie en enregistre sa propre version pendant les sessions d’Aladdin Sane.

Pendant la tournée il mène d'autres projets qui contribuent à son épuisement progressif : en il coproduit avec Ronson Transformer de Lou Reed. En il mixe à Hollywood l'album Raw Power des Stooges[70].

En , Bowie évoque dans une interview en duo avec William Burroughs l'idée d'une comédie musicale dérivée de l'album : « il y a quarante scènes et j'aimerais que les acteurs les apprennent toutes et puissent les jouer dans un ordre aléatoire tiré au sort chaque soir... des cut-up visuels ! »[1]. Le projet — que Pegg qualifie d'« étape rétrograde » — échoue, mais deux des chansons composées spécifiquement dans ce cadre (Rebel Rebel et Rock 'n' Roll with Me) paraissent en 1974 sur le disque Diamond Dogs[71].

Postérité[modifier | modifier le code]

Appréciations rétrospectives[modifier | modifier le code]

Ziggy Stardust est le couronnement de David Bowie. De toute évidence, les opposants insisteront sur le fait que d'autres albums se sont avérés avoir un poids culturel plus important ou ont mieux défini son héritage artistique, mais ré-écoutez Ziggy aujourd'hui, son côté viscéral et émotionnel : l'impact reste indéniable. Surtout lorsqu'il est joué, comme conseillé, « au volume maximum »... Ziggy a reflété et façonné son époque et son public comme aucun autre album.

— Ian Fortnam pour Classic Rock en 2016.

Des décennies plus tard Ziggy Stardust est toujours acclamé par la critique, qui le considère comme l'album le plus révolutionnaire de Bowie[72],[73],[74], son très probable chef d’œuvre[75],[76] et l'un des albums de rock les plus importants de l'histoire[77],[78],[79]. Son impact culturel est pointé unanimement. Intemporel, historique, révolutionnaire sont les qualificatifs qui reviennent le plus fréquemment :

Le Chicago Tribune estime en 1990 que ce « cycle de chansons alimenté par la guitare [...] a mis en scène la mort de Joplin, Morrison, Hendrix et des années 1960. Il présageait la terreur, la décadence et l'érotisme d'une nouvelle ère[80]. ». Erlewine écrit en 2015 pour AllMusic que « Bowie réussit non pas malgré ses prétentions mais à cause d'elles, et Ziggy Stardust — familier dans la structure, mais étranger dans la réalisation — est la première fois que sa vision et son exécution se rencontrent d'une manière aussi grandiose et radicale[81]. »

Comme Mark Paytress pour Record Collector en 1998, Barney Hoskyns pour The Independant en 2002 souligne que si Marc Bolan avait su devenir quelques mois avant Bowie la première star du glam rock, seul celui-ci a su, par son adaptabilité permanente, se maintenir tout au long de sa carrière au sommet de la célébrité où l'avait propulsé Ziggy[82],[83]. Pour Chris Jones sur BBC Music en 2002, Bowie a façonné avec cet album le modèle de la « pop star vraiment moderne » d'une façon qui n'a encore pas été égalée[84].

Pour Paul Trynka en 2011, la magie du disque fonctionne encore à merveille des décennies plus tard, et chaque auditeur devient un membre du public de Ziggy[85].

En 2012 pour son 40e anniversaire, Jordan Blum écrit dans PopMatters « il est facile d'apprécier à quel point Ziggy Stardust était un disque révolutionnaire en 1972, et il est toujours aussi dynamique, significatif et agréable aujourd'hui »[77] et Rolling Stone affirme que c'est « l'album de Bowie qui sera dans les livres d'histoire[86]. »

Nicholas Pegg estime en 2016 que « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars a fait de [Bowie] un nom familier et a laissé une marque importante sur l'autoroute de la musique populaire, révolutionnant les termes du contrat entre l'artiste et son public et inaugurant une nouvelle approche de la relation du rock avec l'artifice et le théâtre qui a définitivement modifié l'esthétique culturelle du XXe siècle[11] ». Les membres du groupe de rock gothique anglais Bauhaus par exemple, racontent en 2020 combien le Starman de Bowie diffusé sur Top of the Pops a constitué « un tournant important et profond dans [leur] vie »[87].

Avec le même recul, Joe Lynch dans Billboard estime en 2021 que Ziggy Stardust et Aladdin Sane ont transcendé le glam rock, se hissant au niveau de « classique du rock »[88].

Classements[modifier | modifier le code]

Le , l'album revient dans les charts britanniques au milieu de l'ère des Nouveaux Romantiques que Bowie a contribué à inspirer et y culmine au rang 73[101],[102]. Après la mort du chanteur en 2016, il atteint la 21e position du Billboard 200 américain, son plus haut classement.

Fin 2011 avec 7,5 millions d'exemplaires écoulés dans le monde, il est le deuxième album le plus vendu de Bowie[103].

The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars est fréquemment retenu dans les listes de « plus grands albums de tous les temps ». En 1987 la revue Rolling Stone le place ainsi au 6e rang de son « top 100 des vingt dernières années »[104]. Dix ans plus tard le sondage Music of the Millennium au Royaume-Uni le classe 20e meilleur disque de l'histoire[105]. Le critique anglais Colin Larkin le classe 11e puis 27e dans les deuxième et troisième éditions de son ouvrage All Time Top 1000 Albums. Rolling Stone lui attribue la 35e place de sa liste des 500 meilleurs albums en 2003[106] et en 2012[107], puis le reclasse 40e en 2020[107]. Il figure en 2004 dans les listes des plus grands disques des années 1970 de Pitchfork en 2004[108] et de Ultimate Classic Rock en 2015[109]. En 2006, les lecteurs du magazine Q l'élisent 41e meilleur album de l'histoire[110] et Time le retient dans sa sélection similaire[111]. En 2013 enfin New Musical Express lui attribue la 23e position des meilleurs disques de tous les temps[112].

Sur la base des apparitions de Ziggy Stardust dans les classements et les listes professionnels, le site Web agrégé Acclaimed Music le classe comme le 2e album le plus acclamé de 1972, le 6e des années 1970 et le 19e de l'histoire[113].

En , l'album est sélectionné pour être conservé dans le National Recording Registry des États-Unis en tant qu'enregistrement sonore ayant eu un impact culturel, historique ou esthétique important dans la vie américaine[114].

Hommages[modifier | modifier le code]

L'album marque des générations entières d'artistes et de fans, qui s'identifient à la personnalité troublée de l'avatar de Bowie. Les reprises de telle ou telle de ses chansons sont innombrables.

En 1978 par exemple, dans le monde francophone, Michel Berger et Luc Plamondon s'inspirent très largement de l'album en déclinant dans leur opéra-rock Starmania plusieurs thématiques (solitude de la gloire, célébrité et disgrâce, etc.), dans un hommage que le surnom d'un de leurs personnages, le chanteur homosexuel Ziggy, rend explicite[115].

En 2004, le chanteur brésilien Seu Jorge enregistre plusieurs chansons de Ziggy Stardust pour la bande originale de La Vie aquatique de Wes Anderson et les interprète à la guitare sèche dans le film[116], dans une version saluée par Bowie lui-même[117]. S'ensuivent un album studio et en 2016 une tournée mondiale[118].

En 2007 Saul Williams intitule son nouvel album The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust![119].

En 2016 dans la chanson Dandy, Ian Hunter évoque la transformation de Bowie en Ziggy[120].

En , une espèce de guêpe éteinte au Crétacé dont un fossile vient d'être découvert est nommée Archaeoteleia astropulvis en référence à Ziggy Stardust (astropulvis est le latin pour stardust)[121],[122].

Plaque noire ronde apposée sur un mur extérieur et portant l'inscription « Ziggy Stardust, 1972 ».
Plaque commémorative du lieu de la photographie de couverture, sur Heddon Street.

La couverture de l'album fait partie des dix choisies par le Royal Mail pour l'ensemble de timbres-poste Classic Album Covers émis en janvier 2010[11]. En , une plaque commémorative est dévoilée par Gary Kemp sur le mur du 23 Heddon Street, décor de la photographie de la pochette, en présence des anciens Spiders Woody Woodmansey et de Trevor Bolder[123]. C'est l'une des rares au Royaume-Uni qui soit consacrée à un personnage fictif, en l'occurrence Ziggy[124]. Le site est toujours un lieu de pèlerinage populaire auprès des fans[11].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Concept[modifier | modifier le code]

Même si certains critiques ont qualifié le disque d'« opéra rock »[125],[126],[127], il s'agit moins d'une narration continue que d'une « collection d'instantanés réunis puis montés dans une séquence qui a du sens »[128]. « Ziggy Stardust n'a jamais été considéré comme un album concept pendant sa création. Nous enregistrions un tas de chansons, il est apparu que certaines allaient bien ensemble, d'autres ne fonctionnaient pas », explique son co-producteur Ken Scott[129]. En effet, à l'origine, Bowie n'imagine pas le disque comme une histoire cohérente, si bien que plusieurs morceaux sont écrits après l'enregistrement des principaux titres pour compléter le narratif : Star (initialement intitulé Rock 'n' Roll Star)[23], Moonage Daydream[130] et Hang On to Yourself[131]. À l'inverse, It Ain't Easy — la seule reprise du disque, une chanson de Ron Davis — n'a rien à voir avec le récit global[23],[Note 7], alors que des textes comme Velvet Goldmine et Sweet Head auraient pu bien s'inscrire dans la narration mais n'ont pas été retenus en partie sans doute à cause de leurs paroles provocantes[133],[134].

Ziggy Stardust[modifier | modifier le code]

Le personnage principal de The Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars (en français : L'Ascension et la chute de Ziggy Stardust et les Araignées de Mars[135]) est une superstar du rock, extraterrestre et bisexuelle, nommée Ziggy Stardust[136],[137]. Avec lui, Bowie inaugure une série de personas dans la peau desquels il se glisse pour la suite de sa carrière et qui lui permettent de vaincre sa timidité et de se libérer du poids du regard du public[1]. Une petite amie se souvient que Bowie « griffonne des notes sur une serviette à cocktail à propos d'une rock star folle nommée Iggy ou Ziggy », et à son retour en Angleterre, il déclare son intention de créer un personnage « qui a l'air d'avoir atterri de Mars »[138]. Des échos d'une nouvelle de Robert Heinlein sont perceptibles dans le texte[132].

Deux chanteurs anglo-saxons sont présentés comme les sources d'inspiration principales de l'histoire. Vince Taylor d'une part qui, quand Bowie fait sa connaissance, se rétablit difficilement d'une période de confusion mentale où il croyait être un croisement entre un dieu et un extraterrestre[139] et un nouveau messie[140]. Iggy Pop d'autre part, le chanteur du groupe proto-punk The Stooges, dont Bowie s'est récemment entiché[141], qui l'influence à la fois pour la musique et les paroles[142]. Ziggy emprunte des traits à d'autres idoles de Bowie : comme Jimi Hendrix, le guitariste est gaucher[1], comme Marc Bolan son allure est androgyne, etc[140].

Selon une déclaration de Bowie en 1990, le héros éponyme tire son prénom de l'enseigne d'une boutique de tailleur qui capte son attention de la fenêtre d'un train, Ziggy's. Le mot lui plaît, à cause de l'assonance avec le prénom de son ami bien sûr[Note 8] mais aussi parce que, désireux de s'éloigner du denim et des hippies des années 1960[143], il envisage un tourbillon de vêtements de scène, en ligne donc avec l'idée de tailleur[144],[145]. Quant à son patronyme Stardust (« poussière d'étoile »), il fait référence au pseudonyme d'un musicien américain alors sous contrat avec la même maison de disque que lui, The Legendary Stardust Cowboy[146], chanteur psychobilly sans grand succès mais dont les textes parlent d’astronautes[1]. La chanson Stardust de Hoagy Carmichael et la fascination de Bowie pour les paillettes sont aussi mentionnées[128].

En 2015, Tanja Stark émet l'hypothèse, cohérente avec la fascination de Bowie pour l'ésotérisme et la pensée de Carl Jung, que Ziggy pourrait être un néologisme formé sur le concept grec et gnostique de syzygie, avec ses connotations de conjonction de l'homme et de la femme et d'union de corps célestes : « Syzygy Stardust » serait une construction hermaphrodite qui préfigure par exemple le mannequin à deux têtes du vidéoclip de la chanson de Bowie Where Are We Now? (2013)[147].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le morceau d'ouverture, Five Years, révèle qu'il ne reste que cinq ans avant que la Terre ne soit détruite par une catastrophe apocalyptique[148],[149]. Lui succède le plus apaisé Soul Love, où différents personnages évoquent l'amour avant la catastrophe imminente[150], dans une ambiance plus « optimiste » que Five Years et emplie d'une « fécondité douce »[151].

Ziggy profite que Moonage Daydream lui donne enfin la parole pour se décrire : il est tout à la fois « un alligator », un ou une « maman-papa », « un envahisseur de l'espace », « une chienne rock 'n' roll »[152],[153].

Dans Starman, Ziggy apporte à la radio un message d'espoir pour les jeunes Terriens — le narrateur est l'un d'entre eux — : le salut par un extraterrestre, Starman[23].

Lady Stardust, qui ouvre la seconde face du disque, est un conte inachevé, « sans allusion à un dénouement au-delà d'un vague air de mélancolie », où l'androgynie de Ziggy est soulignée[154],[23]. Se regardant dans un miroir, Ziggy s'interroge dans Star sur les vertus de vivre « comme une star du rock 'n' roll »[23],[155]. Hang On to Yourself met Ziggy face à une foule, dans une métaphore qui fait aller le rock du sexe à l'épanouissement, puis revenir au sexe : Ziggy envisage de renoncer au plaisir sexuel pour atteindre la célébrité, ce qui conduit finalement à sa chute[23],[131].

Ziggy Stardust est la pièce centrale du récit. La chanson offre une « chronologie complète de Ziggy, de la naissance à la mort »[154]. Ce « guitariste gaucher, bien membré, bronzé comme la neige » devient célèbre avec son groupe The Spiders from Mars. Mais son ego prend progressivement le contrôle, lui aliénant ses fans et éloignant ses musiciens[156]. Contrairement à Lady Stardust, Ziggy Stardust dépeint l'ascension et la chute d'un personnage très humain[157]. Le narrateur n'en est pas déterminé : il peut s'agir d'un spectateur évoquant rétrospectivement Ziggy, d'un des membres du groupe (« And we were Ziggy's band ») ou de « souvenirs dissociés » de Ziggy lui-même[23].

Rock 'n' Roll Suicide, qui clôt l'album, montre Ziggy après sa disgrâce, « silhouette creuse prise dans les phares des voitures qui freinent alors qu'il trébuche sur la route »[158], criant aux auditeurs qu'ils « sont merveilleux », les implorant de « lui donner leurs mains » avant de périr sur scène[156],[158].

Musique[modifier | modifier le code]

« To be played at maximum volume »[159].

Description[modifier | modifier le code]

Sur le plan musical, l'album est en général classé dans les genres glam rock et protopunk[160],[161],[77]. Certains des morceaux comportent des éléments de rock et de pop des années 1950 (Rock 'n' Roll Suicide et Sweet Head)[23],[162], de pop et de jazz (Soul Love)[163], de heavy metal (Moonage Daydream) et d'un punk rock précurseur de la fin des années 1970 (Hang On to Yourself)[160]. Des teintes de blues, de garage rock et de stadium rock sont aussi mentionnées[114],[160]. Bowie lui-même a comparé les sonorités de l'album à la musique d'Iggy Pop[12].

Par rapport aux œuvres précédentes du compositeur, la musique est « plus homogène », riche en accroches mélodiques et harmoniques[160]. Même si la chanson Velvet Goldmine et l'arrangement des cordes pour Starman présentent des similitudes stylistiques avec le 33 tours précédent Hunky Dory, le départ du groupe du claviériste Rick Wakeman et l'arrivée du guitariste Mick Ronson conduisent à des orchestrations où la guitare éclipse désormais le piano[23],[164]. Le jeu de guitare électrique de Ronson domine ainsi largement les titres Moonage Daydream[23],[152], It Ain't Easy[165], Ziggy Stardust[163] et Suffragette City[77]. Sa sonorité est obtenue en intercalant une pédale wah-wah Cry Baby calée sur une tonalité grave entre sa guitare Les Paul et un ampli Marshall 100 watts[1]. Quand il s'installe au piano (Five Years, Lady Stardust), son jeu préfigure les compétences qu'il met en valeur quelques mois plus tard sur l'album Transformer de Lou Reed[11]. Ces talents de musicien hors pair ne font cependant pas d'ombre au jeu de guitare acoustique et rythmique de Bowie, bien mis en valeur dans ce disque et notamment sur Rock 'n' Roll Suicide[160]. La batterie de Woodmansey quant à elle n'est à sa demande davantage mise en avant que sur Hunky Dory[166].

Des morceaux au rythme rapide, comme Star[155], côtoient des arrangements minimalistes (Five Years et Rock 'n' Roll Suicide) dominés par la voix de Bowie[167] dont l'intensité se renforce au fil de leur exécution[168],[169]. Five Years se caractérise par un rythme de batterie évoquant le battement d'un cœur[170] ; Rock 'n' Roll Suicide, tout d'abord acoustique, bascule dans une orchestration luxuriante soutenue par un orchestre[169], si bien que Pegg l'a comparé au A Day in the Life des Beatles[158]. L'album comporte également quelques expérimentations : des bongos, un rythme marqué par des battements de mains et un solo de saxophone de Bowie peuvent être entendus sur Soul Love[160],[171]. Rick Wakeman et Dana Gillespie, tous deux non crédités, interviennent respectivement au clavecin et aux chœurs dans It Ain't Easy[133],[Note 9]. Suffragette City enfin contient une des toutes premières expérience de Bowie au synthétiseur ARP, qui devient plus tard une pierre angulaire de sa trilogie berlinoise[68],[173].

Sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

Beaucoup des titres composés à Haddon Hall s'inspirent des genres musicaux en vogue outre-Atlantique[174]. Lou Reed, chanteur et guitariste du Velvet Underground, est considéré comme une des principales sources, au point que des critiques ont vu dans l'album une fusion du personnage d'Iggy Pop et de la musique de Lou Reed qui aurait produit « l'idole pop ultime »[141]. L'est également Marc Bolan, très proche de Bowie à l'époque et autre apôtre du glam rock avec son groupe T. Rex[11],[175].

Des influences spécifiques sont mentionnées pour certaines chansons : celles d'Elton John, de Marc Bolan et du poète Lord Alfred Douglas pour Lady Stardust)[23],[154],[176], de Little Richard pour Suffragette City)[165],[68],[173], du titre Over the Rainbow du film de 1939 Le Magicien d'Oz pour Starman[177] du Velvet Underground pour Suffragette City et Velvet Goldmine[165],[178], d'Eddie Cochran et Chuck Berry pour les rocks plus classiques Hang On to Yourself et Suffragette City[167],[160], de Jimi Hendrix pour Ziggy Stardust[1], ou encore du groupe de rock progressif King Crimson[9].

Aspects artistiques complémentaires[modifier | modifier le code]

L'idée était d'obtenir un style quelque part entre des insectes et le style Malcolm McDowell, avec les cils passés au mascara. C'était l'époque du roman The Wild Boys, de William S. Burroughs... [C'était] un croisement entre ça et Orange mécanique qui a vraiment commencé à prendre la forme de ce que Ziggy et les Spiders allaient devenir... Tout devait être infiniment symbolique[179].

— Bowie discutant du packaging de l'album, 1993.

Un homme aux cheveux rouges en combinaison blanche et noire tenant une guitare.
David Bowie en Ziggy Stardust.

S'éloignant résolument du style des concerts de rock de l'époque, Bowie entend entremêler sur scène la musique avec la danse, la pantomime, le kabuki et le cabaret[180], fort de sa formation de mime auprès de Lindsay Kemp[181] et de ses expériences dans son éphémère groupe « multimédia » The Feathers avec Hermione Farthingale. Ses concerts incorporent des éléments théâtraux, avec un scénario approximatif et plusieurs changements de maquillages et de costumes[182]. Il les veut divertissants et scandaleux.

Sous l'impulsion d'Angie, sa femme depuis deux ans[Note 10], Bowie met au point l'apparence de Ziggy. Il veut que son persona et les Spiders aient une allure androgyne, déjà testée par Bowie depuis quelques mois[138] : « bottes à talons hauts, robes multicolores, maquillage extravagant et sexualité scandaleuse » deviennent leur credo[180]. Freddie Burreti, jeune tailleur homosexuel ami du couple, conçoit dans leur maison de Haddon Hall les tenues de scène[183]. Il est notamment le créateur du justaucorps porté par Bowie sur la photographie de pochette du disque et de l’ensemble matelassé doré à motifs bleu et orange arboré sur scène par Ziggy[184]. Certains membres du groupe hésitent à se montrer dans ces accoutrements[Note 11], mais changent rapidement d'avis quand ils prennent conscience du succès qu'ils leur valent auprès des fans féminines[186]. Plus tard dans la tournée, Bowie revêt sur scène des kimonos créés spécialement par Kansai Yamamoto[187].

À sa coiffeuse Suzi Fussey, il fait créer sa nouvelle coupe de cheveux rouge flamboyant, inspirée de celle d'un modèle, Marie Helvin, vu par Bowie dans un magazine[188]. C'est selon Angie « le bouleversement le plus significatif du monde de la mode des années 1970 »[189] : « cette houppe rouge aérodynamique (...) lui donnait l'air plus fort et plus sauvage : il était tout aussi désirable, mais aussi beaucoup plus fort et, bon, plus pétasse »[189]. Il confie le maquillage de Ziggy au Français Pierre Laroche : visage pâle, paupières fardées de doré, disque d'or pailleté sur le front et lèvres cerise, inspiré par le film Orange mécanique[190],[191].

Photographie de couverture[modifier | modifier le code]

La couverture de l'album est une photographie monochrome de Brian Ward[192], recolorée par l'illustrateur Terry Pastor. Celui-ci travaille au studio de design Main Artery à Covent Garden avec l'ami d'enfance de Bowie, George Underwood ; Ward et Pastor ont déjà collaboré pour la pochette de Hunky Dory[193],[11].

Contrairement à la plupart des couvertures de disques de Bowie, celle-ci ne représente pas un gros plan du chanteur en studio : « Bowie (ou Ziggy) [est] une petite figurine éclipsée par un paysage urbain minable, à la lumière d'un réverbère, encadrée par des cartons et des voitures garées »[11]. La séance de pose est organisée le au studio Ward's à Londres, dans une ruelle proche de Regent Street. Quelqu'un suggère qu'on fasse quelques photos à l'extérieur avant que la lumière naturelle ne disparaisse. Le temps est maussade, et il se met à pleuvoir quand Bowie sort, alors que les Spiders préfèrent rester à l'abri[194]. Grippé, ne voulant pas aller trop loin, il prend la pose devant l'immeuble des fourreurs « K. West »[Note 12] au 23 Heddon Street[195],[196],[Note 13].

Le chanteur tient à la main une guitare Gibson Les Paul[Note 14]. Sa combinaison et sa chevelure — naturellement brune — sont repeints[193], ce qui renforce l'illusion que le personnage vient d'un autre monde[11].

Pastor presse le lettrage par Letraset, puis le peint à l'aérographe en rouge et jaune et l'incruste d'étoiles blanches[193]. Au verso en bas, il inscrit en lettres majuscules « To be played at maximum volume ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Album original[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie, sauf It Ain't Easy (Ron Davies).

Face 1
No Titre Durée
1. Five Years 4:42
2. Soul Love 3:34
3. Moonage Daydream 4:39
4. Starman 4:13
5. It Ain't Easy 2:57
Face 2
No Titre Durée
6. Lady Stardust 3:19
7. Star 2:38
8. Hang On to Yourself 2:38
9. Ziggy Stardust 3:13
10. Suffragette City 3:24
11. Rock 'n' Roll Suicide 2:58

Musiciens[modifier | modifier le code]

Équipe de production[modifier | modifier le code]

  • Ken Scott : producteur ;
  • David Bowie : producteur, arrangements ;
  • Mick Ronson : arrangements ;
  • Brian Ward : photographie ;
  • Terry Pastor : colorisation et lettrage de la pochette[197].

Rééditions[modifier | modifier le code]

RCA publie la première édition de Ziggy Stardust sur CD en [198].

Une réédition paraît le , avec cinq titres bonus, remastérisée pour Rykodisc / EMI par Toby Mountain à Southborough dans le Massachusetts à partir des bandes maîtresses originales[199],[200]. Elle reste quatre semaines au UK Albums Chart, où elle atteint la 25e place[201].

Titres bonus de la réédition CD de 1990
No Titre Durée
12. John, I'm Only Dancing (enregistrée en 1971, parue en single en 1972) 2:43
13. Velvet Goldmine (enregistrée en 1971, parue en 1975 en face B de la réédition du single Space Oddity) 3:09
14. Sweet Head (enregistrée en 1971, inédite) 4:14
15. Ziggy Stardust (démo) 3:35
16. Lady Stardust (démo) 3:35

Virgin publie le une autre remastérisation, fruit du travail de Peter Mew[199].

EMI / Virgin sort le pour le trentième anniversaire de l'album une version en deux CD complétée par un livret rédigé par David Buckley. Le second disque contient douze pistes, dont la plupart avaient déjà été publiées sur CD en tant que bonus dans les rééditions précédentes :

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie, sauf mention contraire.

CD 2 de la réédition de 2002
No TitreAuteur Durée
1. Moonage Daydream (version d'Arnold Corns) 3:53
2. Hang On to Yourself (version d'Arnold Corns) 2:54
3. Lady Stardust (démo) 3:33
4. Ziggy Stardust (démo) 3:38
5. John, I'm Only Dancing 2:49
6. Velvet Goldmine 3:13
7. Holy Holy (version réenregistrée en 1971) 2:25
8. AmsterdamJacques Brel, Mort Shuman 3:34
9. The Supermen (version réenregistrée en 1971) 2:43
10. Round and RoundChuck Berry 2:43
11. Sweet Head (prise 4) 4:52
12. Moonage Daydream (nouveau mixage) 4:47

Pour les quarante ans, le , paraît chez EMI / Virgin une nouvelle édition remastérisée par Ray Staff, l'ingénieur du son d'origine des studios Trident[202], en versions CD, vinyle et de DVD. Le DVD inclut des remix effectués par Ken Scott en 2003 (Moonage Daydream (instrumental), The Supermen, Velvet Goldmine et Sweet Head)[198],[203]. Dans cette remastérisation l'album est réédité séparément en 2015-2016, en formats CD, vinyle et numérique[204] puis par Parlophone le sur vinyle 180g[205] et le en LP en édition limitée pressé sur vinyle doré[206].

La remastérisation de 2012 et le remix de 2003 sont inclus dans le coffret de Parlophone Five Years (1969–1973), sorti le [207],[208].

Classements et certifications[modifier | modifier le code]

Classements hebdomadaires
Classement Meilleure
position
Année
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA Charts)[209] 21 2016
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[210] 34 2016
Drapeau du Danemark Danemark (Hitlisten)[211] 40 2016
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[212] 21 2016
Drapeau de la Finlande Finlande (Suomen virallinen lista)[213] 46 2016
Drapeau de la France France (SNEP)[214] 45 2002
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[215] 32 2016
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[216] 17 2016
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[217] 20 2016
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[218] 61 1990
Drapeau du Portugal Portugal (AFP)[219] 23 2016
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[220] 5 1972
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[221] 19 2016
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[222] 21 2016

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars » (voir la liste des auteurs).
  1. Bowie a déjà travaillé avec Ronson et Woodmansey dans le cadre de la formation éphémère The Hype, véritable galop d'essai pour les Spiders. Ami de Ronson, Bolder a remplacé Tony Visconti à la basse[8].
  2. Rick Wakeman est tout de même présent sur l'album final, sur le titre It Ain't Easy, une chanson issue des séances de Hunky Dory, enregistrée le .
  3. L'origine et la motivation de la déclaration restent incertaines : Ken Scott y voit un coup publicitaire de Tony Defries, mais celui-ci s'est immédiatement déclaré « choqué »[11].
  4. Plusieurs sources mentionnent une parution le [25]. En 2015 cependant, le site officiel de Bowie dévoile un courrier contemporain d'un dirigeant de RCA qui confirme la date du 16.
  5. La date de sortie aux États-Unis est incertaine. Record World mentionne le que l'album « est disponible », et il apparaît dans Billboard au 207e rang la semaine qui prend fin le , ce qui laisse penser qu'il est publié fin [26],[27].
  6. Mott the Hoople n'a pas voulu de Suffragette City.
  7. Soligny exprime l'idée qu'elle pourrait, par son titre, être une forme d'incise où David Bowie lui-même prend la parole pour exprimer la difficulté du processus de création de Ziggy Stardust[132].
  8. Mais aussi avec le pseudonyme du mannequin vedette des années 1960, Twiggy, qui pose avec Bowie l'année suivante pour la photographie de couverture de l'album Pin Ups. Le mot twiggy (« la brindille ») caractérise d'ailleurs bien le physique du chanteur alors[1].
  9. La participation de Dana Gillespie à It Ain't Easy n'a été créditée que lors de la réédition de l'album en 1990[172].
  10. Il a épousé Angie Barnett le .
  11. Woodmansey évoque a posteriori leur « féminité et [leur] pure démesure » et estime que l'apparence des musiciens « faisait définitivement appel à [leurs] instincts artistiques rebelles »[185]/
  12. Quand Ziggy Stardust devient un énorme succès, les dirigeants de K. West manifestent leur mécontentement de voir le nom de leur entreprise associé à un album pop. Leur avocat écrit à RCA : « Nos clients sont des fourreurs de grande réputation, qui traitent avec une clientèle généralement éloignée du monde de la musique pop. Nos clients n'ont certainement aucun désir d'être associés à M. Bowie ou à ce disque, car on pourrait supposer qu'il y aurait un lien entre la société de nos clients et M. Bowie, ce qui n'est certainement pas le cas. » Les tensions s'apaisent et l'entreprise s'habitue vite à ce que les touristes se photographient sur le pas de leur porte[193]. K. West a déménagé en 1991 et le panneau est retiré, au grand regret de Bowie[179].
  13. Même si des exégètes ont cru lire dans l'enseigne un message crypté envoyant vers l'homophone quest (« la quête »)[179], « K » n'est que l'initiale de Henry Korn, fondateur de la firme, et le « West » signale que la maison se situe dans le West End londonien[193].
  14. Cette guitare est celle du guitariste du groupe Arnold Corns, Mark Pritchett, qui l'a utilisée pour les premiers enregistrements de Moonage Daydream et Hang On to Yourself.

Références[modifier | modifier le code]

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