The Conet Project

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Station de nombres surnommée Lincolnshire Poacher (en), car elle utilise un extrait de The Lincolnshire Poacher (en) comme signal d'intervalle. Elle figure dans The Conet Project au CD1, piste 6.
Station de nombres surnommée Cherry Ripe (en), car elle utilise un extrait de Cherry Ripe (en) comme signal d'intervalle. Elle figure dans The Conet Project au CD2, piste 30.
Station de nombres surnommée The Pip (en). Elle figure dans The Conet Project au CD4, piste 31.
Station de nombre surnommée The Buzzer. Elle figure dans The Conet Project au CD4, piste 32.

The Conet Project: Recordings of Shortwave Numbers Stations est un album sorti en 1997, consistant uniquement en des émissions de stations de nombres, qui ont été enregistrées par un passionné, Akin Fernandez.

Les stations de nombres sont de mystérieuses stations de radio à ondes courtes diffusant des séries de nombres ou de lettres, dont la destination est incertaine, mais dont on pense qu'elles sont contrôlées par des agences de renseignement pour communiquer secrètement avec leurs espions en mission sur le terrain — c'est en tous cas la thèse défendue dans le livret accompagnant l'album[1]. Certaines d'entre elles reçoivent des surnoms par la communauté des passionnés, souvent sur la base du signal d'intervalle qu'elles utilisent.

Description[modifier | modifier le code]

L'album est composé de quatre disques compacts sur lesquels sont enregistrés 150 extraits, pour une durée de 4 heures et 40 minutes ; ils sont accompagnés d'un livret de 74 pages[2] contenant des informations sur chaque enregistrement et sur les stations de nombres[3].

Le nom du projet, conet, tire son origine du mot tchèque qui marque la fin de transmission sur les stations de nombres émettant dans cette langue[2] : konec Prononciation du titre dans sa version originale Écouter.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'album, fruit du travail d'Akin Fernandez, un passionné des stations de nombres, a été publié en 1997 par son label londonien indépendant Irdial-Discs[2]. Fernandez est généralement considéré comme un expert sur le sujet[4].

Vendu aux États-Unis au prix de 62 dollars, il a été pressé jusqu'en 2001 et il s'en est écoulé environ 2 000 copies[2]. Puis un culte s'est développé autour de cet album, en particulier autour d'un magasin de disques de San Francisco, Aquarius Records, qui demandait à chacun de ses clients qui en achetait un exemplaire de poser pour une photo ; 386 clichés ont ainsi été rassemblés[2].

Réutilisations[modifier | modifier le code]

Des extraits de l'album ont été utilisés dans plusieurs films et albums, notamment Vanilla Sky de Cameron Crowe[5],[6] et Yankee Hotel Foxtrot de Wilco en 2001. Ce dernier a été l'objet d'une affaire juridique : en effet, Jeff Tweedy, leader du groupe, n'avait pas demandé d'autorisation pour sampler Conet, et Irdial l'a poursuivi en 2002 pour infraction au droit d'auteur. L'incident a provoqué un débat à propos de qui exactement détient les droits d'auteur sur les enregistrements des émissions de stations de nombres, mais la question n'a finalement pas été tranchée par une cour, car Tweedy a décidé d'éviter le procès et accepté en 2004 de payer une redevance à Irdial et de rembourser ses frais de justice[7], ce qui a permis au label indépendant de presser à nouveau l'album[8],[9].

Critique[modifier | modifier le code]

Bien que ne constituant pas de la musique à proprement parler, l'album est parfois classé dans l'ambient[10],[11],[12], dans la musique expérimentale[13], ou dans la found-sound music[14]. On note également des liens avec le ready-made[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) René van Peer, « Electric Enigma: The VLF Recordings of Stephen P. McGreevy by Stephen P. McGreevy; R&D (1996), R&D2 (1998), Antiphony (1998), Al-Jabr (1999) by Disinformation; The CONET Project: Recordings of Shortwave Numbers Stations », Leonardo, MIT Press, vol. 33, no 1,‎ , p. 67–69 (JSTOR 1576769, lire en ligne).
  2. a, b, c, d et e (en) David Segal (en), « The Shortwave And the Calling: For Akin Fernandez, Cryptic Messages Became Music To His Ears », The Washington Post,‎ , C01 (lire en ligne).
  3. (en) Louis Kruh, « Reviews and Things Cryptologic: Shortwave Numbers Stations - Recordings », Cryptologia, vol. 23, no 2,‎ , p. 182–183 (DOI 10.1080/0161-119991887829).
  4. (en) Phillip Stephen Maguire, Practice led research into streamform composition methods, freeassociation, and synaesthesia in audio/visual compostion, Université de Huddersfield, (lire en ligne), p. 24.
  5. (en) « Vanilla Sky (2001): Trivia », sur Internet Movie Database.
  6. (en) « Music by the 'Numbers Stations' », All Things Considered, NPR, .
  7. (en) Noah Shachtman, « Wilco Pays Up for Spycasts », sur Wired, .
  8. (en) Liste des versions de l'album, sur MusicBrainz.
  9. (en) Liste des versions de l'album, sur Discogs.
  10. (en) Chuck Eddy, « Spurning melody, rhythm, and lyrics, Ambient is music's quiet revolution », Spin,‎ , p. 78 (lire en ligne).
  11. (en) « The Conet Project by Various Artists », Ambience for the Masses, sur Sleepbot Constructs.
  12. (en) Aquarius Records, « Conet Project: Recordings of Shortwave Numbers Stations », sur le site de Simon Mason.
  13. (en) Ethan Covey, « CD Reviews: The Conet Project: Recordings of Shortwave Numbers Stations », Signal to Noise, no 37,‎ , p. 46.
  14. (en) Adam Kivel, « Audio Archaeology: The Conet Project (1997) », sur Consequence of Sound, .
  15. Benoît Deuxant, « Anthologie : The Conet Project: Recordings of Shortwave Numbers Stations », sur archipels.be, Médiathèque de la Communauté française de Belgique.

Liens externes[modifier | modifier le code]