The Bends

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The Bends
Album de Radiohead
Sortie
Enregistré 1994-1995
Durée 48:38
Genre Rock alternatif
Producteur John Leckie, Radiohead & Nigel Godrich
Label Parlophone
Critique

Albums de Radiohead

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'album de Radiohead. Pour la maladie des caissons ("the bends" en anglais), voir Accident de décompression.

The Bends est le deuxième album du groupe Radiohead, produit par John Leckie, épaulé par Nigel Godrich, qui deviendra par la suite le principal producteur du groupe. À sa sortie, en 1995, il a surpris la critique par la différence de style qu'il marque avec l'opus précédent, Pablo Honey. L'usage de claviers est mis en avant, les guitares s'orientent vers un son plus agressif et les paroles deviennent plus inspirées, Thom Yorke prenant dès lors son rôle de parolier très au sérieux, dénonçant par exemple la fatigue des tournées incessantes.

Accueilli par une critique largement satisfaite, cet album, bien que marqué par plus de reconnaissance que Pablo Honey, ne parvint cependant pas à rebondir sur le succès commercial du hit Creep. Le dernier extrait de l'album, Street Spirit (Fade Out), fut tout de même leur premier single classé dans le "top 5" anglais, l'album atteignant au plus haut la 88e place des charts américains[3].

Ainsi, bien qu'il ne fut pas marqué par le succès fulgurant qui caractérisera par la suite chaque parution du groupe, The Bends a été certifié trois fois "platine" en Grande-Bretagne et au Canada, et "platine" aux États-Unis et en Europe. Du fait du grand retentissement qui encensa la sortie des premiers albums de Radiohead, il est encore aujourd'hui considéré comme un des produits artistiques majeurs des années '90, (à ce titre, Matthew Bellamy, leader du groupe alternatif Muse, le citera par exemple comme l'un des plus grands albums de cette décennie avec le Nevermind de Nirvana)[4]. Plusieurs titres de ce disque, tels Planet Telex, Just, Fake Plastic Trees, My Iron Lung et bien sûr Street Spirit ont continué à être joués sur scène par le groupe dans toutes ses tournées jusqu'à la plus récente en 2016.

Cet album est dédicacé au comédien américain Bill Hicks.

Origine de l'album[modifier | modifier le code]

Alors qu'il débutait leur première tournée aux États-Unis, le groupe se retrouva écrasé par le succès du single Creep, et il en résulta une très mauvaise impression pour chacun des membres, qui mirent fin à cette tournée alors qu'elle amorçait une seconde année. « Vers la fin, nous jouions toujours les mêmes chansons que nous avions enregistrées 2 ans auparavant. C'était comme si le temps s'était figé à cette époque-là[5] ». Parallèlement, cette pression qui accablait le groupe donna naissance à de multiples tensions, alors que le public réclamait avec impatience un opus suivant[6].

La tournée se poursuivit en Australasie et en Extrême-Orient, le changement de décor permettant de réduire la pression un temps, mais leur notoriété les rattrapa vite et Yorke, lassé d'être « en première ligne d'un mode de vie sexy, impudent et tape-à-l'œil "à la MTV" », a l'impression d'être pris dans une spirale de consommation à l'échelle mondiale[7].

Parallèlement, le groupe sort en 1994 l'EP My Iron Lung , ironisant avec le titre éponyme (single qui deviendra un de leurs titres-phares) sur le succès de Creep, moteur d'une notoriété immédiate pour le groupe qui se retrouvera cependant vite "étouffante" sur le retour.

Enregistrements et production[modifier | modifier le code]

Début 1994, la bande s'attela aux premiers arrangements de l'album, sous la tutelle du tout nouveau producteur John Leckie. Alors que les sessions étaient censées débuter aux "RAK Studio" de Londres en janvier, le groupe oxfordien Ride, également produit par Leckie, devança Radiohead et réserva l'endroit jusque fin février pour peaufiner leur dernier travail en date, Carnival of Light[8]. Pendant ce temps, les chansons purent être répétées à souhait avant l'entrée en studio, ce qui causa finalement un sentiment de lassitude qui frustrait le groupe : « Toutes ces chansons étaient prêtes, on les aimait vraiment, mais c'était comme si on les connaissait "trop" bien, explique Thom Yorke dans "Exit Music: A Radiohead Story", une biographie de Mac Randall ... d'une manière assez étrange, on a donc du réapprendre à les apprécier comme au début avant de les enregistrer[8] ».

Les premiers mois de studio s'avérèrent difficile à gérer sous la pression que représentait l'élaboration d'un album qui devait faire suite au succès de Pablo Honey, pendant qu'EMI réclamait l'achèvement des travaux pour octobre 1994[8]. De même, l'on conseilla vivement à Radiohead de sortir le "lead-single" de l'album expressément, alors que la production hésitait entre quatre titres "candidats" sur lesquels le groupe s'attela corps et âme : Sulk, The Bends, Just et (Nice Dream). Et c'est dans une ambiance des moins productives que l'album commença à s'échafauder. « Tout le monde s'arrachait les cheveux en gémissant "C'est toujours pas ça!", raconte Leckie [...] On se tuait à la tâche ».

Parallèlement, le processus fut ralenti par les expérimentations de Jonny Greenwood qui cherchait à trouver un « son vraiment particulier » pour sa guitare, alors que Leckie était persuadé que c'était déjà le cas. Ainsi, tout ce que le groupe était en mesure de dévoiler lorsqu'une compagnie du label venait jeter un œil à l'avancement de l'album, se résumait à « un son de batterie ou un truc du genre[8] ».

Alors que les tensions entre les membres du groupe (plus particulièrement entre Yorke et le reste de la bande), étaient au plus haut, et que l'on envisageait un "break", Leckie suggéra au chanteur d'enregistrer quelques chansons à l'écart.

En mai, le groupe partit en tournée jusque mi-juin, tour qui prit rapidement la forme du "break" proposé auparavant. L'album fut poursuivi dans le complexe rural du milliardaire Richard Branson, le "Manoir", où le groupe se décida à prendre les choses en mains, le travail avançant beaucoup plus vite que lors des mois précédents, Leckie affirmant que la tournée avait été un moyen pour tout le monde de retrouver de l'assurance. La touche finale fut apportée aux studios londoniens d'Abbey Road, avec quelques mixages réalisés par Leckie[8].

Aspect musical[modifier | modifier le code]

Selon le groupe, The Bends vit Yorke changer les thèmes de son écriture, initialement liés à ses angoisses personnelles, pour s'atteler à sa vision nébuleuse de notre époque, à grand renfort de paroles au sens incertain ; une des caractéristiques des travaux futurs du groupe.

À ce titre, Fake Plastic Trees est une critique à l'égard du Canary Wharf, quartier d'affaires en bordure de la Tamise, alors en pleine expansion commerciale à l'époque, et devenant l'un des symboles de la mondialisation actuelle ; Sulk renvoie au massacre de Hungerford de 1987, perpétré par un fou armé qui finit par retourner l'arme contre lui-même (la dernière ligne était d'ailleurs à l'origine "just shoot your gun", ce qui aurait pu être vu comme une référence au suicide alors récent de Kurt Cobain. Elle fut finalement changée)[9].

"Artwork"[modifier | modifier le code]

The Bends marqua le début de la collaboration du groupe avec le graphiste Stanley Donwood, qui signera toute leur discographie future, ainsi que quelques projets personnels des membres (dont ceux de Jonny Greenwood).
Donwood et Yorke travaillèrent en commun pour cet album, le chanteur se créditant du pseudonyme de The White Chocolate Farm, qu'il raccourcira plus tard en Tchock. Alors que ce dernier avait dans l'idée de représenter un poumon d'acier (en référence à leur titre-phare My Iron Lung) sur la pochette, le résultat final fut obtenu à partir d'un mannequin médical dont le visage fut remplacé par celui de Yorke.
Ce sera le dernier album présentant des photos du groupe.

Liste des titres[modifier | modifier le code]

No Titre Durée
1. Planet Telex 4:19
2. The Bends 4:06
3. High and Dry 4:17
4. Fake Plastic Trees 4:50
5. Bones 3:09
6. (Nice Dream) 3:53
7. Just 3:54
8. My Iron Lung 4:36
9. Bullet Proof..I Wish I Was 3:28
10. Black Star 4:07
11. Sulk 3:42
12. Street Spirit (Fade Out) 4:12
Edition japonaise Drapeau du Japon
No Titre Durée
13. How Can You Be Sure? 4:20
14. Killer Cars 3:02

Disque bonus de l'édition collector de 2009[modifier | modifier le code]

  1. The Trickster
  2. Punchdrunk Lovesick Singalong
  3. Lozenge Of Love
  4. Lewis (Mistreated)
  5. Permanent Daylight
  6. You Never Wash Up After Yourself (Live)
  7. Maquiladora
  8. Killer Cars
  9. India Rubber
  10. How Can You Be Sure
  11. Fake Plastic Trees (Acoustic Version)
  12. Bullet Proof ... I Wish I Was (Acoustic)
  13. Street Spirit (Fade Out) (Acoustic)
  14. Talk Show Host
  15. Bishop's Robes
  16. Banana Co
  17. Molasses
  18. Just (BBC Radio 1 Evening Session (04/14/94))
  19. Maquiladora (BBC Radio 1 Evening Session (04/14/94))
  20. Street Spirit (Fade Out) (BBC Radio 1 Evening Session (04/14/94))
  21. Bones (BBC Radio 1 Evening Session (04/14/94))

DVD de l'édition collector de 2009[modifier | modifier le code]

  1. High & Dry video clip
  2. High & Dry (US Version) video clip
  3. Fake Plastic Trees video clip
  4. Just video clip
  5. Street Spirit (Fade Out) video clip
  6. Bones (Live at the Astoria London May 1994)
  7. Black Star (Live at the Astoria London May 1994)
  8. The Bends (Live at the Astoria London May 1994)
  9. My Iron Lung (Live at the Astoria London May 1994)
  10. Maquiladora (Live at the Astoria London May 1994)
  11. Fake Plastic Trees (Live at the Astoria London May 1994)
  12. Just (Live at the Astoria London May 1994)
  13. Street Spirit (Fade Out) (Live at the Astoria London May 1994)
  14. My Iron Lung (2 Meter Session)
  15. High And Dry (2 Meter Session)
  16. Fake Plastic Trees (2 Meter Session)
  17. Street Spirit (Fade Out) (2 Meter Session)
  18. The Bends (Live On Later With Jools Holland)
  19. High And Dry (Live On Later With Jools Holland)
  20. High And Dry (Live On Top Of The Pops)
  21. Fake Plastic Trees (Live On Top Of The Pops)
  22. Street Spirit (Fade Out) (Live On Top Of The Pops)

Singles[modifier | modifier le code]

  • My Iron Lung
  • High and Dry
  • Fake Plastic Trees
  • Just
  • Street Spirit (Fade Out)

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • En 2001 le Q (magazine) a classé l'album numéro 4 dans une liste des 50 meilleurs albums des quinze dernières années[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La revue de l'album sur Allmusic.com
  2. La revue de l'album sur Blender.com
  3. Un historique des charts de Radiohead sur Allmusic.com
  4. (en) Une brève biographie de Muse sur Rocketbabydolls.com
  5. Une interview réalisée par Nigel Harding pour Consumable Online; "Radiohead's Phil Selway" (08/05/1995)
  6. (en) Un article de Johnny Black sur le site du magazine Blender : "The Greatest Songs Ever! Fake Plastic Trees" (publié le 01/06/2003, mis en ligne le 15/04/2007)
  7. Un article de Simon Reynolds pour le magazine The Wire : "Walking on Thin Ice" (juin 2001)
  8. a, b, c, d et e Mac Randal, Exit Music: The Radiohead Story, Delta, (ISBN 0-385-33393-5)
  9. Un détail des titres du groupe sur Greenplastic.com
  10. (en) Radiohead romp home in Q poll - BBC News, 13 septembre 2001