Thérèse Pierre

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Thérèse Pierre
Theresepierre6.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 34 ans)
RennesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjointe
Emma Pitoizet (d) (de années 00 à années 1930)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Lieu de détention
Distinctions

Thérèse Pierre, née le [1] à Épernay (Marne) et morte à Rennes le [2] après avoir été torturée[3], est une résistante française[4],[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Thérèse Pierre est fille d’instituteurs. Elle obtient la première partie du professorat en 1929, mais jamais la deuxième partie. Nommée à Évreux, puis à Felletin, chargée d’enseignement à Bar-le-Duc, Vitré, Redon[6] et Fougères[7], elle semble moins faite pour la vie de professeur que pour l’action et l’engagement politique. Le film de Robin Hunzinger, Où sont nos amoureuses, retrace son histoire et notamment sa relation amoureuse avec Emma Pitoizet[8] dans les années 30 avec qui elle envisageait d'avoir un enfant. Les deux femmes se sont séparées suite au mariage d'Emma Pitoizet avec un homme.

À Carhaix, au début de l’année 1942, elle fait la connaissance d’un responsable finistérien de la Résistance, le futur lieutenant-colonel Pascal. Thérèse Pierre a 34 ans et un long passé de militante communiste. Mutée à Fougères, elle deviendra la responsable de l’arrondissement, dès , sous le nom de Madeleine et participera activement à l’organisation de groupes FTP et à leur armement. Elle aura plus de cent hommes sous sa responsabilité. Elle est en relation avec les chefs régionaux mais aussi avec les résistants de la base. Elle est arrêtée le à Fougères par le Sicherheitsdienst (SD, Service de renseignement de la SS).

Torturée par les policiers du Service de Police Anti Communiste (SPAC) au point de ne plus pouvoir se déplacer, elle est retrouvée pendue le matin du troisième jour de son incarcération à la prison Jacques Cartier[9].

Le , une plaque est dévoilée sur la façade de la maison qu'elle habita, au 32, rue des Prés à Fougères.

À l'occasion de l'inauguration d'une plaque commémorative au collège Thérèse Pierre de Fougères, le , Madame Germaine Guénée, résistante et proche de Thérèse Pierre, lui a rendu cet hommage :

« Elle était d'une prudence et en même temps d'une audace qui lui faisait réussir tout ce qu'elle entreprenait. Il est absolument remarquable qu'aucun résistant, sous ses ordres, n'ait été pris au cours d'actions menées par elle ou avec elle... Elle passait d'une franche cordialité à de brèves et fulgurantes colères quand la sécurité des Résistants était en péril à cause de négligences ou bavardages ou imprudences. Elle subjuguait tout le monde depuis les F.T.P. de 17 ans qui auraient pu être ses fils jusqu'aux vieux militants qui auraient pu être ses parents. [10] »

Thérèse Pierre est citée à l’ordre de la Division, comportant Croix de guerre avec étoile d’argent. Deux établissements scolaires portent son nom dont le collège Thérèse-Pierre de Fougères. La médaille de la Résistance française lui est décernée en 1946[11].

Hommages[modifier | modifier le code]

La Ville de Paris et le 17e arrondissement ont nommé un jardin en sa mémoire, la promenade Thérèse-Pierre[12],[13].

Documentaire[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elles vivaient d'espoir de Claudie Hunzinger, 2010.
  • Catherine Dufour, Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, chap. 41 : Résistante, éd. Fayard, 2014, (ISBN 9782213683676)
  • Germaine Dulong-Guénée, " Hommage à la Résistance dans le Pays de Fougères ", Le Pays de Fougères, n°22, 1979

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance, mairie d'Epernay. Scénario du documentaire Où sont nos amoureuses, sur le site La Revue des ressources.
  2. Son corps est retrouvé au niveau du 56 boulevard Jacques-Cartier et l'acte dressé à 10h30, "le décès paraissant remonter à quelques heures". Acte de décès, mairie de Rennes.
  3. Marie Toumit, « C. Hunzinger : « Thérèse Pierre était une héroïne » », Ouest-France, no 20238,‎ , p. 10 (lire en ligne)
  4. Élisabeth Terrenoire, Combattantes sans uniforme: les femmes dans la résistance, p.27; éd. Bloud et Gay, 1946
  5. Des victoires de Hitler au triomphe de la démocratie et du socialisme: Origines et bilan de la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), actes du colloque scientifique organisé par l'Institut Maurice Thorez octobre 1969, p. 170, éd.Éditions sociales, 1970
  6. René Chesnais, La Guerre et la Résistance dans le sud de l'Ille-et-Vilaine: témoignages, p. 143, éd. R. Chesnais, (ISBN 9782951386402)
  7. Jacqueline Sainclivier, La Résistance en Ille-et-Vilaine: 1940-1944, p.51, éd. Presses universitaires Rennes, 1993, (ISBN 9782868470683)
  8. Où sont nos amoureuses, Robin Hunzinger, 2007
  9. « V - LA S.P.A.C. (Service de Police anti-communiste) ET L'ENFER JACQUES-CARTIER - témoignage du commandant Pétri », sur Mémoiredeguerre (consulté le 1er octobre 2018).
  10. « Société d'Histoire et d'Archéologie du Pays de Fougères: HEROINES DE LA RESISTANCE FOUGERAISE:Odile Gautry, Thérèse Pierre, Mme Bouffort. », sur shapfougeres.blogspot.fr (consulté le 14 décembre 2015)
  11. Annexe du Journal officiel de la République Française, p. 45, Paris, 1946
  12. « Conseil de Paris » (consulté le 11 octobre 2019)
  13. Attribution des noms de Gilberte Brossolette, Rosemonde Pujol et Thérèse Pierre à trois sections de la promenade Pereire, entre la place du Maréchal Juin et la rue Bayen (17e)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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