Thérèse Humbert

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Thérèse Humbert
Thérèse Humbert et Maître Henri-Robert-1903.jpg

Thérèse Humbert et son défenseur au civil, Henri-Robert (croquis de Renouard, février 1903).

Biographie
Naissance
Décès
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Chicago ou ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Condamnée pour

Thérèse Humbert, née Marie-Thérèse D’Aurignac le [1],[2],[4] et morte possiblement en 1918 à Chicago, ou bien après 1930 en France, est une escroc française.

Son nom est associé à l'affaire Humbert, ou affaire de l’« héritage Crawford », qui secoue le monde politique et financier à la fin du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thérèse Daurignac naît d'une famille paysanne à Aussonne[2]. Adolescente, elle montre un goût pour le subterfuge, persuadant notamment ses amies de mettre en commun leurs bijoux afin de faire croire à leurs prétendants qu'elles étaient riches. Thérèse parvient à épouser en 1878 à Beauzelle Frédéric Humbert, fils de Gustave Humbert, maire de Toulouse qui deviendra ministre de la Justice dans le deuxième Gouvernement de Charles de Freycinet en 1882.

En 1879, elle prétend avoir reçu de Robert Henry Crawford, millionnaire américain, une partie de son héritage. Dès lors, les Humbert obtiennent d'énormes prêts en utilisant le supposé héritage comme garantie. Ils emménagent à Paris, avenue de la Grande-Armée. Ils achètent le château des Vives-Eaux à Vosves (Dammarie-lès-Lys). Cette escroquerie dure une vingtaine d'années jusqu'à ce qu'un juge se décide à faire ouvrir le fameux coffre-fort où sont censés se trouver les documents prouvant l'héritage. Le coffre ne contient qu'une brique et une pièce d'un penny.

Les Humbert ont déjà fui le pays, mais ils sont arrêtés à Madrid en décembre 1902. Thérèse Humbert, qui a notamment comme défenseur Fernand Labori, est jugée et condamnée à cinq ans de travaux forcés, tout comme son mari Frédéric. Ses deux frères, qui s'étaient déguisés en tant que neveux Crawford, sont condamnés à deux et trois ans chacun. Ces peines sont jugées alors clémentes comparativement aux sommes en jeu[5].

À sa libération de prison, il est dit qu'elle émigre aux États-Unis et meurt à Chicago en 1918. Il semble qu'elle ait été enterrée à Viroflay[6].

Le journal satirique L'Assiette au Beurre a consacré un numéro entier au procès des Humbert[7].

Incertitudes sur la fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Il semble que certaines sources remettent en cause la réalité de son départ et sa mort aux États-Unis. Dans le journal hebdomadaire Détective du 1er mai 1930, un article décrit l'histoire de l'escroquerie à la suite du décès de Romain Daurignac. Le titre de l'article est Vingt ans d'illusionnisme. L'article est signé par J. France, qui dit avoir eu à s'occuper de l'affaire Thérèse Humbert pour le compte de la Sûreté générale, était parti à Madrid chercher les Humbert et les ramener à Paris pour leur procès.

L'article indique que « Thérèse Humbert vit toujours, petitement, à Paris. Elle a perdu sa miraculeuse vitalité. Quels revers lui a laissés le passé d'or ? C'est une vieille femme assez humble, qui ne parle jamais ». Cet article est accompagné de deux photos. La première montre les portes d'entrée d'une maison à Paris et en dessous on lit : « Ici, boulevard des Batignolles, demeure aujourd'hui celle qui fut 'la Grande Thérèse' ». En dessous de la deuxième photo, on lit : « Derrière ces fenêtres aux rideaux blancs, Thérèse Humbert médite sur son passé... »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Thérèse HUMBERT », sur www.janinetissot.fdaf.org (consulté le 27 janvier 2017)
  2. a et b AD Haute-Garonne, 1E9, vue 46 de ce registre d'état-civil numérisé.
  3. Humbert, Thérèse (1856-1918), « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 27 janvier 2017)
  4. D'autres sources indiquent une naissance en 1956[3]
  5. Pierre Bellemare, « Histoires vraies : Le coffre de Thérèse Humbert 7e partie et fin », sur infosoir.com (consulté le 27 janvier 2017)
  6. « VIROFLAY (78) : cimetière », sur Cimetières de France et d'ailleurs (consulté le 27 janvier 2017)
  7. L'Assiette au Beurre, 8 août 1903, no 123

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Leblanc, « Le coffre-fort de madame Imbert », nouvelle de 1906 reproduite dans Arsène Lupin gentleman cambrioleur (1907). Thérèse Humbert y apparaît sous les traîts de "Gervaise Imbert"; elle réussit à rouler le jeune Arsène Lupin, qu'elle fait en outre passer (à son insu) pour un Crawford (rebaptisé Brawford).
  • Paul Guimard, Le Roman vrai de la Troisième République : Prélude à la Belle Époque, sous la direction de Gilbert Guilleminaut, 1956, p. 293-328.
  • Hilary Spurling, La grande Thérèse : la plus grande escroquerie du siècle (trad. de l'anglais par Pierre-Julien Brunet), Allia, Paris, 2003
  • Jean-François Miniac, Affaires d'État, affaires privées, les très riches heures de la République (ISBN 978-2-3710-9006-4), chapitre III, Métive, avril 2015.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]