Thérèse Humbert

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Thérèse Humbert et son défenseur au civil, Henri-Robert (croquis de Renouard, février 1903).

Le nom de Thérèse Humbert (1855[réf. nécessaire]-1918) est associé à l'affaire de l’héritage Crawford, une escroquerie qui secoua le monde politique et financier à la fin du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thérèse Daurignac naît d'une famille paysanne à Aussonne le 10 septembre 1855[1]. Adolescente, elle montrait déjà un goût pour le subterfuge, persuadant notamment ses amies de mettre en commun leurs bijoux afin de faire croire à leurs prétendants qu'elles étaient riches. En partie grâce à ce stratagème, Thérèse parvint à épouser en 1878 à Beauzelle Frédéric Humbert, fils de Gustave Humbert, maire de Toulouse qui deviendra ministre de la Justice dans le deuxième Gouvernement de Charles de Freycinet en 1882.

En 1879, elle prétend avoir reçu de Robert Henry Crawford, millionnaire américain, une partie de son héritage. Dès lors, les Humbert obtiennent d'énormes prêts en utilisant le supposé héritage comme garantie. Ils emménagent à Paris, avenue de la Grande-Armée. Ils achètent le château des Vives-Eaux à Vosves (Dammarie-lès-Lys). Cette escroquerie dure une vingtaine d'années jusqu'à ce qu'un juge ne se décide à faire ouvrir le fameux coffre-fort où sont censés se trouver les documents prouvant l'héritage. Le coffre ne contient qu'une brique et une pièce d'un penny.

Les Humbert ont déjà fui le pays, mais ils sont arrêtés à Madrid en décembre 1902. Thérèse Humbert, qui a notamment comme défenseur Fernand Labori, est jugée et condamnée à cinq ans de travaux forcés, tout comme son mari Frédéric. Ses deux frères, qui s'étaient déguisés en tant que neveux Crawford, sont condamnés à deux et trois ans chacun.

À sa libération de prison, elle émigre vers les États-Unis. Elle meurt à Chicago en 1918.

Cette idée, qu'elle est partie aux États Unis est répétée partout et il se peut que ce soit la vérité, mais dans le journal hebdomadaire Détective du 1er mai 1930, il y a un article qui répète l'histoire de l'escroquerie suite au décès de Romain Daurignac. Le nom de l'article est Vingt ans D'illusionnisme. L'article est écrit par monsieur J. France, qui eut à s'occuper de l'affaire Thérèse Humbert pour le compte de la Sûreté Générale et d'ailleurs ce fut Monsieur France qui est parti pour Madrid pour chercher les Humbert les ramener à Paris pour leur procès. L'article porte alors une véracité assez sûre. Dans l'article on lit que: Thérèse Humbert vit toujours, petitement, à Paris. elle a perdu sa miraculeuse vitalité. Quels revers lui a laissés le passé d'or? C'est une vieille femme assez humble, qui ne parle jamais'. D'ailleurs on trouve sur les pages de cet article, deux photos. La première montre les portes d'entrée d'une maison à Paris et en dessous on lit: 'Ici, boulevard des Batignolles, demeure aujourd'hui celle qui fut 'la Grande Thérèse'. En dessous de la deuxième photo, on lit: 'Derrière ces fenêtres aux rideaux blancs, Thérèse Humbert médite sur son passé...'

Alors on peut supposer qu'elle n'est pas morte à Chicago en 1918 mais qu'elle vit toujours en 1930, mais qu'est-ce qui s'est passé après...?

Le journal satirique L'Assiette au Beurre a consacré un numéro entier au procès des Humbert[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. AD Haute-Garonne, 1E9, vue 46 de ce registre d'état-civil numérisé.
  2. L'Assiette au Beurre, 8 août 1903, no 123

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Leblanc, « Le coffre-fort de madame Imbert », nouvelle de 1906 reproduite dans Arsène Lupin gentleman cambrioleur (1907). Thérèse Humbert y apparaît sous les traîts de "Gervaise Imbert"; elle réussit à rouler le jeune Arsène Lupin, qu'elle fait en outre passer (à son insu) pour un Crawford (rebaptisé Brawford).
  • Paul Guimard, Le Roman vrai de la Troisième République : Prélude à la Belle Époque, sous la direction de Gilbert Guilleminaut, 1956, p. 293-328.
  • Hilary Spurling, La grande Thérèse : la plus grande escroquerie du siècle (trad. de l'anglais par Pierre-Julien Brunet), Allia, Paris, 2003
  • Jean-François Miniac, Affaires d'État, affaires privées, les très riches heures de la République (ISBN 978-2-3710-9006-4), chapitre III, Métive, avril 2015.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]