Thérèse Gouin Décarie

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Thérèse Gouin Décarie
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Thérèse Gouin Décarie, née le à Montréal, est une psychologue et professeure universitaire canadienne reconnue pour ses travaux articulant intelligence et affectivité chez les jeunes enfants.


Biographie[modifier | modifier le code]

Thérèse Gouin Décarie nait le à Montréal[1]. Son milieu est celui de la grande bourgeoisie canadienne-française. Sa mère est Yvette Ollivier, une artiste et dramaturge qui a connu un succès public et critique, et dont les deux œuvres majeures sont les pièces Cocktail (1935) et Le jeune dieu (1937)[2]. Son père est le sénateur Léon-Mercier Gouin, et de ce fait, elle est la petite-fille de Lomer Gouin[3],[4], 13e premier ministre du Québec (1905-1920) et l'arrière petite-fille d'Honoré Mercier[5], 9e premier ministre du Québec (1887-1891). Après avoir été brièvement fiancée à Pierre Elliott Trudeau, elle épousera Vianney Décarie, professeur de philosophie à l'Université de Montréal. La cérémonie eut lieux à la Basilique Notre-Dame de Paris le 24 décembre 1948. Le couple aura ensemble 4 enfants.


Elle fait des études au Couvent du Sacré-Cœur à Montréal[6]. Puis, elle s'inscrit à l'Institut (qui deviendra un département) de psychologie de l'Université de Montréal et obtiendra son baccalauréat en 1945[6],[7]. Son mémoire de maîtrise (1947) porte sur les dessins d'enfants et leurs significations[6]. Entre 1946 et 1949, elle effectue quelques stages de formation. D'abord au Centre d’orientation de Montréal (1946 à 1948), puis au James Jackson Putman Children’s Center de Boston, un institut pour enfants autistiques (printemps 1948)[8]. Ce stage américain la mène à la publication de son premier article scientifique Quelques symptômes d’enfants autistiques en regard des théories de Piaget. Puis, en 1948 et 1949, on la retrouve à l’Institut médico-pédagogique de l’Université de Paris auprès du médecin et psychanalyste André  Berge [8]. Elle en profite pour suivre des cours de la Sorbonne, où elle s'initie aux théories de Jean Piaget[8]. Sa thèse de doctorat, déposée en 1960, articule la théorie du développement intellectuel de l'enfant de Jean Piaget et celle du développement de l'affectivité de Sigmund Freud[6]. Sa thèse sera publiée en 1962 aux éditions Delachaux et Niestlé, sous l'intitulé Intelligence et affectivité chez le jeune enfant[3],[7].

Thérèse Gouin Décarie est « une pionnière au Québec dans la recherche sur le développement de l’enfant »[9]; une pionnière par son approche expérimentale du développement du nourrisson. Elle a ainsi contribué à introduire l'approche, idées et méthodes, de Jean Piaget en Amérique[6]. Sa contribution, « c’est d’avoir démontré comme le nourrisson appréhende le monde social et le monde physique »[9]. Elle réalisera une carrière universitaire comme professeure au département de psychologie de l'Université de Montréal[10]. Elle a été la première femme francophone dans le domaine des sciences humaines et sociales à être nommé au Conseil national de recherches du Canada[6].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le développement psychologique de l'enfant : causeries de Radio-Collège (1952-1953) (Fides, 1953)
  • De l'adolescence à la maturité : causeries de Radio-Collège (1953-1954) (Fides, 1955)
  • « Les manuels d'éducation familiale... une fumisterie? », dans Cité libre, aout-
  • Intelligence et affectivité chez le jeune enfant : étude expérimentale de la notion d'objet chez Jean Piaget et de la relation objectale (Éditions Delachaux et Niestlé, 1962)
  • La réaction du jeune enfant à la personne étrangère, en collaboration avec Jacques Goulet et autres (Presses de l'Université de Montréal, 1972)
  • Entretiens avec Thérèse Gouin Décarie : la psychologie de l'enfant, côté science et côté coeur, en collaboration avec Marguerite-Michelle Côté (Liber, 1996)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Université de Montréal - Division de la gestion de documents et des archives - Fonds Thérèse Gouin-Décarie - P330 », sur www.archiv.umontreal.ca (consulté le )
  2. Dominique Lemay, L'œuvre dramaturgique d'Yvette Ollivier Mercier-Gouin : un parcours aux frontières de l'institution littéraire québécoise, Mémoire de maîtrise, janvier 2009, page v. https://archipel.uqam.ca/1907/1/M10749.pdf
  3. a et b Thérèse Gouin Décarie et Marguerite Michelle Côté, Entretiens avec Thérèse Gouin Décarie : la psychologie de l'enfant, côté science et côté coeur, Montréal, Liber, , 195 p. (ISBN 2-921569-37-X), p. 13
  4. « Lomer Gouin - Assemblée nationale du Québec », sur www.assnat.qc.ca (consulté le )
  5. « Honoré Mercier (père) - Assemblée nationale du Québec », sur www.assnat.qc.ca (consulté le )
  6. a b c d e et f Luc Granger et Marcelle Ricard, « Thérèse Gouin-Décarie : intelligence et affectivité chez le jeune enfant », dans Monuments intellectuels québécois du XIXe siècle, grands livres d'érudition et de sagesse, Québec, Éditions du Septentrion, , 290 p. (ISBN 2-89448-450-X), p. 171-172
  7. a et b « Gouin-Décarie, Thérèse - Archives UdeM », sur acdps.umontreal.accesstomemory.org (consulté le )
  8. a b et c Yvon Lemay, « Les archives d’une pionnière de la psychologie de l’enfant - Le Fonds Thérèse Gouin - Décarie, 1923. », École de bibliothéconomie et des sciences de l’information,‎ (lire en ligne)
  9. a et b Simon Paradis, « Intelligence et affectivité chez les jeunes enfants : Dactylo : Épisode 2 » (consulté le )
  10. a b c et d « Thérèse Gouin Décarie : officière (1994) », sur Ordre national du Québec, (consulté le )
  11. (en) Catherine Millar et Marianne Gosztonyi Ainley, « A Select Few: Women and the National Research Council of Canada, 1916-1991 », Scientia Canadensis : Canadian Journal of the History of Science, Technology and Medicine / Scientia Canadensis : Revue canadienne d'histoire des sciences, des techniques et de la médecine, vol. 15, no 2,‎ , p. 105–116 (ISSN 0829-2507 et 1918-7750, DOI https://doi.org/10.7202/800331ar, lire en ligne, consulté le )
  12. Office of the Secretary to the Governor General, « Mme. Thérèse Gouin-Décarie », sur La gouverneure générale du Canada (consulté le )
  13. « Les Prix du Québec - la lauréate Thérèse Gouin Décarie », sur prixduquebec.gouv.qc.ca (consulté le )
  14. « Doctorat honorifique - Éloge de Thérèse Gouin-Décarie | Concordia University Archives », sur archives.concordia.ca (consulté le )
  15. Office of the Secretary to the Governor General, « Mme Thérèse Gouin-Décarie », sur La gouverneure générale du Canada (consulté le )
  16. « APRUM Honneur », sur www.aprum.umontreal.ca (consulté le )
  17. Office of the Secretary to the Governor General, « Thérèse Gouin-Décarie », sur La gouverneure générale du Canada (consulté le )
  18. « APRUM Honneur », sur www.aprum.umontreal.ca (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Gagnon, « Psychologie et enfance : Entretien avec Thérèse Gouin Décarie », sur Interface, le magazine de l'Acfas, Acfas, (consulté le ).
  • Luc Granger et Marcelle Ricard, « Thérèse Gouin-Décarie : intelligence et affectivité chez le jeune enfant », dans Monuments intellectuels québécois du XIXe siècle, grands livres d'érudition et de sagesse, publié sur la direction de Claude Corbo. Éditions du Septentrion, Québec, 2006, pp. 171-179.
  • Thérèse Gouin Décarie et Marguerite Michelle Côté, Entretiens avec Thérèse Gouin Décarie : la psychologie de l'enfant, côté science et côté cœur, Montréal, Liber, 1996, 195 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]