Théorie monétaire moderne

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La théorie monétaire moderne (en anglais Modern monetary theory ou Modern money theory) ou néochartalisme est une théorie issue du chartalisme qui considère que le gouvernement peut financer ses dépenses par la création monétaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Si les fondements du chartalisme remontent au début du XXe siècle avec les travaux de Georg Friedrich Knapp, son renouveau sous le nom de néochartalisme ou de théorie monétaire moderne remonte aux années 1990 et les débats se sont développés dans les années 2010.

La théorie est mise en avant à partir de 2017 dans les milieux démocrates aux États-Unis, notamment par Stephanie Kelton, conseillère économique de Bernie Sanders[1].

Contenu de la théorie[modifier | modifier le code]

La théorie monétaire moderne considère que le gouvernement peut financer ses dépenses par la création monétaire[2].

La création monétaire doit ainsi financer un déficit qui permette d'assurer le plein-emploi. Elle s'oppose à la théorie conventionnelle de la politique économique qui considère que la politique monétaire doit maintenir l'inflation autour d'un objectif et que la politique budgétaire doit préserver la solvabilité budgétaire de l'État, même au prix du plein-emploi. Les partisans de la théorie partent du constat que l'inflation demeure actuellement faible, même en situation de plein-emploi. La politique monétaire pourrait donc assurer une croissance non porteuse d'inflation et de taux d'intérêt élevés[1].

Certains économistes, bien que classés à gauche comme Paul Krugman et Larry Summers, considèrent au contraire que le financement du déficit par une création monétaire sans limite risque de conduire à une allocation inefficace de l'épargne et de conduire à l'hyperinflation. Ils considèrent plutôt qu'il faut soutenir la demande et que l'État devrait réaliser des investissements productifs importants, par exemple dans la transition énergétique ou les industries stratégiques nouvelles[1]. La théorie a également été critiquée par le néo-keynésien Thomas Palley (en) : une politique faisant de l'État un « employeur en dernier ressort » risquerait de nuire aux autres programmes sociaux ainsi qu'au secteur privé et finirait par conduire à une hausse des impôts ou de l'inflation[2],[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Patrick Artus, « Le débat autour de la théorie monétaire moderne est passionnant », sur lemonde.fr, . Voir un article de Stephanie Kelton dans le New York Times : (en) Stephanie Kelton, « How We Think About the Deficit Is Mostly Wrong », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Martin Anota, « La théorie monétaire moderne sous le scalpel d’un postkeynésien sceptique », sur Blogs Alternatives économiques, .
  3. (en) Thomas Palley, What's wrong with modern money theory (MMT): a critical primer, Hans-Böckler-Stiftung, Forum for Macroeconomics and Macroeconomic Policies (Working Paper), (lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]