Théorie du Heartland

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Heartland.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (février 2012).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

La théorie du Heartland est le nom donné à une analyse géopolitique globale de l'histoire du monde proposée par le géographe britannique Halford John Mackinder qu'il a publiée en 1904 sous la forme d'un article, présenté à la Royal Geographical Society, titré The Geographical Pivot of History (le pivot géographique de l'histoire)[1].

L'importance de facteurs non-géographiques[modifier | modifier le code]

À l'image du déterminisme scientifique de la géopolitique allemande, Mackinder est fortement empreint d'un darwinisme géographique. Il constate à cet égard que l'équilibre des pouvoirs dans l'analyse géopolitique résulte à la fois d'un déterminisme géographique et d'une dimension humaine.

L'île monde et le Heartland[modifier | modifier le code]

Mackinder propose une division de l'espace terrestre comme suit:

  • La World-Island ou Île Monde, faite des continents européens asiatiques et africains liés les uns aux autres, considérés comme un ensemble vu comme le plus large, le plus riche et le plus peuplé parmi les combinaisons terrestres.
  • Les offshore islands, désignant les archipels britanniques et nippons.
  • Les outlying islands ou îles périphériques, incluant l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud et l'Australie.

Le Heartland se trouve quant à lui au centre de l'Île monde, il s'étend de la Volga au Yangtze et de l'Himalayas à l'Arctique. À l'époque de la publication de la thèse de Mackinder, le Heartland était l'espace principalement occupé par l'Empire russe auquel succédera l'URSS.

L'importance stratégique de l'Europe de l'Est[modifier | modifier le code]

Parmi les objectifs de Mackinder, on trouve la volonté de mettre en garde l'Empire Britannique contre une excessive confiance en son Sea Power (domination maritime), confiance qui pourrait s'avérer trompeuse à une époque d'amélioration des transports terrestres pouvant servir tant aux échanges économiques qu'à une invasion militaire.

En 1919, Mackinder résuma sa théorie :

« Who rules East Europe commands the Heartland;
who rules the Heartland commands the World-Island;
who rules the World-Island controls the world. »
« Qui contrôle l'Europe de l'Est contrôle l'Heartland ;
Qui contrôle l'Heartland contrôle l'Île Monde ;
Qui contrôle l'Île Monde contrôle le monde. »

Le pouvoir qui contrôlerait l'Île Monde contrôlerait environ 50 % des ressources mondiales. La taille du Heartland et sa position centrale sont considérés comme un élément clef dans le contrôle de l'Île Monde. La question centrale était donc de s'interroger sur la manière de sécuriser le contrôle du Heartland. La question a pu sembler sans intérêts dans la mesure où l'Empire Russe contrôlait la plupart de l'espace situé entre la Volga et la Sibérie de l'Est depuis des siècles, mais à travers le XIXe siècle, les puissances d'Europe occidentale réussirent à prévenir les visées expansionnistes de l'Empire Russe, notamment durant le Grand Jeu opposant l'Empire britannique et russe en Asie ; d'autre part, malgré son immensité, l'Empire russe demeurait socialement, politiquement, et technologiquement en retard, or Mackinder attachait une grande importance à la dimension sociale d'un espace.

Ce dernier considère que l'exercice d'une domination effective sur le Heartland par un seul pouvoir est difficilement réalisable dans la mesure où ce territoire est protégé par de puissantes défenses naturelles ; au nord d'une part, contre une domination maritime grâce à la glace ; au sud d'autre part grâce aux montagnes et aux déserts. En outre, Mackinder a considéré la domination du Heartland par un seul pouvoir irréalisable du fait de l'inexistence de moyens de transports efficaces permettant d'assurer un flot constant de troupes.

Portée des théories de MacKinder dans les politiques militaires et internationales[modifier | modifier le code]

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Certains théoriciens allemands (comme Karl Haushofer) ont considéré cette théorie compatible avec la vision allemande en faveur du contrôle de la Mitteleuropa manifesté par le slogan Drang nach Osten (« Marche vers l'Est »).

Durant la guerre froide[modifier | modifier le code]

Mackinder identifia le phénomène que certaines puissances occidentales au XXe siècle ont pu appeler le « cauchemar géopolitique », c'est-à-dire l'accession d'un contrôle total de l'Europe de l'Est par l'Allemagne (puis Troisième Reich) ou l'Empire Russe (puis URSS) leur permettant d'exercer leur puissance sur l'Eurasie et leur prodiguant un énorme avantage stratégique. Cette théorie a ainsi fortement contribué au façonnement des stratégies occidentales durant la guerre froide.

Influences universitaires[modifier | modifier le code]

On peut déceler l'influence de la théorie de Mackinder dans les travaux du géopoliticien Dimitri Kitsikis, notamment dans sa théorie de la Région intermédiaire.

Exemples historiques à l'épreuve de la théorie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. H.J. Mackinder, Democratic Ideals and Reality, , Washington : National Defence University Press, 1996, p. 175-194

Sources[modifier | modifier le code]