Théorie des vagues

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Schéma basé sur le modèle de vagues présenté à l'origine par Johannes Schmidt.
Dans ce diagramme d'Euler, les cercles sont à considérer comme diachroniques, c'est-à-dire qu'ils augmentent de diamètre au fil du temps, comme les ondes sur la surface de l'eau frappée par une pierre. Le fond représente un continuum linguistique infini. Les cercles sont des dialectes stables, des caractéristiques ou des groupes de caractéristiques nouveaux, de plus en plus fréquents dans des zones, originellement petites, du continuum. Ces cercles s'étendent à partir de leurs centres, où les caractéristiques considérées sont les plus fréquentes, puis se dissipent en fonction du temps et de la distance. Les langues sont à considérer comme des ensembles de parole, d'habitudes de langage, qui résultent des intersections des cercles. La langue la plus conservatrice est représentée par la zone qui n'est pas couverte pas les cercles.

En linguistique comparée et historique, la théorie des vagues, (en allemand Wellentheorie, en anglais Wave Model) est une théorie de l'évolution du langage née à la fin du XIXe siècle des travaux de Johannes Schmidt (1872) et de Hugo Schuchardt (1868/70). Selon cette théorie, chaque innovation, ou nouvelle caractéristique, se propage d'une région centrale d'origine, sous forme de cercles concentriques continus, s'affaiblissant au fil du temps comme le font les vagues dans l'eau lorsque l'on y jette une pierre. À l'origine, cette théorie avait pour but d'expliquer des phénomènes que le modèle utilisant les arbres linguistiques n'était pas capable d'expliquer, notamment pour les langues germaniques. En effet, sous forme d'arbre, les langues germaniques descendraient d'une unique proto-langue[1], bien que leur évolution semble plus complexe. À l'origine, cette théorie devait remplacer le modèle d'arbre de langues. Au cours du XXe siècle, la théorie des vagues a été peu utilisée comme modèle de l'évolution des langues, sauf dans certains cas, comme dans l'étude des continuum linguistiques ou des caractéristiques régionales ; cette théorie a, au début du XXIe siècle, gagné plus de popularité parmi les linguistes historiques, en raison des lacunes du modèle sous forme d'arbre[1],[2].

Principes[modifier | modifier le code]

Héritage[modifier | modifier le code]

La théorie des vagues compétitives[modifier | modifier le code]

La théorie des vagues compétitives est un modèle dérivé de la théorie des vagues[3],[1], influencé, avant tout en négatif, par les publications de Ferdinand de Saussure sur la dimension diachronique de la langue[4]. Elle ne doit pas être confondue avec la théorie géolinguisitique du linguiste suisse Jules Gilliéron (1854-1926), bien qu'elle la reprenne partiellement. Elle s'inscrit dans le sillage du concept d'aire linguistique de Nikolai Sergejewitsch Trubetzkoy, sans reprendre les notions d'héritage et de parentalité linguistiques, reprenant l'idée d’une convergence progressive entre langues originellement différentes.

Il s'agit[5] d'une théorie de l'évolution du langage selon laquelle chaque nouvelle caractéristique se propage d'une région centrale d'origine vers une ou des régions adjacentes, selon un rapport de force d'expansion. Les vagues sont dites « compétitives » puisqu'elles résultent d'une compétition entre régions centrales. On définit une force d'expansion (à une date donnée) comme la mesure de la domination, de l'influence dominante ou de la prééminence d'une région centrale d'un point de vue économique[6], social, administratif, militaire ou culturel. L'évolution temporelle de ces forces d'expansion explique, à elle seule, les mouvements et l'intensité des vagues compétitives. Contrairement à la théorie des vagues de Johannes Schmidt, toute innovation s'explique par une vague.

La théorie des vagues compétitives se fonde sur plusieurs lois :

1. La loi d'annexion[modifier | modifier le code]

La région linguistique A est en phase temporelle d'annexion de la région B tant que la force d'expansion de A est supérieure à celle de B. Cette phase temporelle d'annexion tend vers une uniformité linguisitique et à la disparition de la région B (A recouvre B). Cette phase temporelle d'annexion peut s'interrompre mais elle est irréversible ; le terme « annexion » est à prendre dans ce sens dans la suite du texte. On appelle « vague compétitive » cette phase temporelle d'annexion, aboutie ou non. Les emprunts lexicaux (B emprunte à A) constituent une des bases de l'annexion. En région B, de plus en plus de locuteurs s'expriment dans la langue de A, la langue de B perd du terrain et tend à disparaître. Des similarités de plus en plus nombreuses, bien que plus ou moins évidentes en matière de forme et de sens, sont les témoins de la phase d'annexion. L'intercompréhension est une étape finale de l'annexion, lorsque qu'on aboutit à la quasi-uniformisation. L'uniformisation s'entend comme « uniformisation de la pratique des langues dans une région linguistique donnée ». La région A annexe progressivement la région B et l'intercompréhension se généralise en région B.

2. La loi d'unicité[modifier | modifier le code]

Une région donnée est en phase d'annexion par une seule autre région à la fois. Une région quasi-uniforme C peut se diviser en deux sous-régions CA et CB sous l'influence de A et B, chacune de ces dernières opérant sur un terrritoire différent.

3. Le loi d'interruption[modifier | modifier le code]

L'interruption correspond à deux cas de figure. Une phase temporelle d'annexion de la région B par la région A s'interrompt si les rapports de force d'expansion de A par rapport à B deviennent équivalents ; une phase temporelle d'annexion de la région B par la région A s'interrompt si une troisième région C intervient, C entamant une phase d'annexion.

Il ne faut pas confondre la loi d'interruption avec la naissance d'une vague au cœur d'une région. Dans ce dernier cas, une sous-région prend l'ascendant, devient centrale, et entame l'annexion d'une autre région.

4. La loi de la frontière[modifier | modifier le code]

Deux régions adjacentes, A et B, suffisamment uniformisées suite à des phases temporelles d'annexion quasi-abouties, forment une frontière linguistique stable temporellement et à forte différenciation si leurs forces d'expansion sont quasi égales et le restent. Ainsi, la théorie des vagues compétitives s'oppose au concept de continuum linguistique et tend à distinguer des régions tranchées plutôt que des gradations progressives. Elle réfute la différenciation entre langue et dialecte. La théorie des vagues compétitives considère comme frontière toute démarcation entre régions linguistiques, qu'il s'agisse d'une forte différenciation (pas d'intercompréhension, comme entre la région de langue lorraine romane et les régions franciques) ou d'une différenciation moins forte (comme la région d'expression alémanique et la région d'expression bavaroise).

Le mot frontière est à prendre dans le sens de frontière linguistique, par exemple la frontière linguistique mosellane. De part et d'autre d'une frontière, on distingue des régions linguistiques. La frontière linguistique du nord de la Moselle s'explique par les zones (géographiques) de dominations respectives des évêchés de Metz et de Trêve.

5. La loi de la stabilité[modifier | modifier le code]

La langue d'une région uniforme et qui n'est exposée à aucune vague, ni interne, ni externe, reste stable indéfiniment. Aucun changement lexical, phonétique, phonologique et sémantique n'apparaît. Le principe d'économie et celui du moindre effort, relatifs à la notion de changement linguistique, sont rejetés. Si une instabilité interne apparaît, il s'agit alors de la naissance d'une vague interne. La loi de stabilité est avant tout théorique, l'uniformité n'étant jamais totalement atteinte dans la réalité.

6. La loi des migrations[modifier | modifier le code]

On n'associe en aucun cas une vague compétitive à une seule migration de population. La prééminence d'une région centrale d'un point de vue économique, social, administratif, militaire ou culturel peut s'accompagner d'un mouvement de population, mais il ne s'agit pas d'un fondement. Par exemple, la région « Rome-antique » envoie nombre de fonctionnaires, militaires ou commerçants vers la région « Trève-antique » ; au sens de la théorie, il s'agit d'un annexion, relativement aboutie, par acculturation et non par remplacement de populations ou migration massive.

Différentes interprétations possibles[modifier | modifier le code]

La théorie des vagues compétitives permet d'interprêter de façons différentes la naissance de deux régions linguistiques dont les langues se ressemblent de façon évidente et intuitive, tels le florentin du XVIe siècle et la langue française parisienne de la même époque.

La théorie interprète les ressemblances entre le florentin et le français comme résultant principalement d'une annexion, non aboutie, à partir d'une région incluant Florence ou sa région voisine. Elle permet aussi d'interprêter, de façon alternative ou bien combinée, les ressemblances entre le florentin et le français comme résultant principalement une annexion par une tierce région ayant comme langue le latin ou l'italien ancien, qui aurait annexée à la fois Paris et Florence. La théorie des vagues compétitives permet aussi d'envisager des vagues compétitives successives, c'est-à-dire des phases d'annexion non-abouties successives : de Rome vers Lutèce, à partir de la Lombardie, à partir de Ravenne, de Florence vers Paris, etc. Elle permet aussi de considérer une région relais. Dans le cas de Paris et Florence, une vague venue du sud aurait pu entamer l'annexion d'une région plus centrale qui, une fois stabilisée (loi de stabilité), aurait pu annexer les régions plus au nord ; cette région relais n'est pas nécessairement à mi-chemin.

Ainsi, en applicant les lois de la théorie des vagues compétitives à Paris et Florence au XVIe siècle, on en vient à mettre en évidence les relations de prééminence économique, sociale, administrative, militaire et culturelle entre ces deux régions et les régions voisines (via, ou non, une région relais), au cours de l'histoire, pour expliquer les ressemblances linguistiques.

Décloisonnement revendiqué[modifier | modifier le code]

La théorie des vagues compétitives prétend décloisonner la linguistique historique académique, alors que cette dernière a acquis une forte notoriété dans les milieux universitaires, notamment parisiens, comme discipline [[1]]à part entière. La théorie des vagues compétitives s'ouvre à d'autres disciplines ; elle définit une force d'expansion, à une date donnée, comme la mesure de la domination d'une région centrale d'un point de vue économique, social, administratif, militaire ou culturel. La théorie des vagues compétitives n'est cependant pas marxiste ; elle prend en compte le contexte économique et social, mais sans aborder la notion de lutte des classes.

Rupture alléguée[modifier | modifier le code]

La théorie des vagues compétitives ignore la repésentation en arbre (en)[7] et préfère l'idée de « deux vagues de même origine » aux concept de « langue ancêtre » et de « proto-langue ». Si une région A a émis deux vagues vers les régions B et C, la théorie des vagues compétitives n'explique pas les langues de B et de C comme des évolutions de la langue de A, elle ne voit pas la langue de A comme une langue-ancêtre.

De la même manière, elle est étrangère au modèle de l’arbre généalogique, lequel est couramment utilisé pour expliquer un ensemble de traits communs que l’on retrouve dans les langues étiquetées (à tort ?) comme « indo-européennes ». La théorie des vagues compétitives veut montrer que ces traits communs ne viennent pas d'une parenté, mais de vagues ; si l’anglais path et l’allemand pfad se ressemblent, ce n'est pas qu'ils remontent à une langue parente et hypothétique, dite « germanique occidentale », mais qu'ils sont issus d'une ou de plusieurs vagues compétitives. La théorie des vagues compétitives rejette la Stammbaumtheorie (de) d'August Schleicher[8].

La théorie n'exclut cependant pas explicitement les méthodes comparatives, tant qu'il ne d'agit pas de langue ancêtre ou d'innovation auto-induite (évolution d'une langue par elle-même). Si l'on suit cette théorie, d'éventuels calculs sur le partage des cognats n'excluraient pas des mots au prétexte d'un emprunt [[2]] , alors que, le plus souvent, les représentations en arbre pratiquent ces exclusions. Cependant, il s'agira de comparer des régions linguistiques à une date donnée et non pas des langues. Elle propose une interprêtation antagoniste, concurrente et incompatible avec la théorie du linkage (en), se distinguant ainsi de la théorie des vagues de Johannes Schmidt.

La théorie des vagues compétitives ignore la loi de Verner et celle de Grimm ; elle ne reconnaît notamment pas l'hypothèse d'une langue ancêtre commune dite « indo-européenne ». Le proto-germanique relève plus, selon ce modèle, d'une construction théorique que du monde réel. Elle ne fait pas l'hypothèse d'une langue ancêtre « proto-germanique », associée à une migration (loi des migrations) attribuable à un peuple ancien. Selon le modèle, les lois de la phonétique historique décrivent le résultat d'annexions successives plus ou moins abouties, et non pas l'auto-évolution d'une langue.

Rejoignant Schuchardt, les tenants de la théorie des vagues compétitives s'opposent à l'école des néogrammairiens, rejetant le principe de régularité des changements phonétiques. Elle n'admet pas ce principe, d'autant plus qu'il est accusé de négliger les phénomènes de diffusion lexicale et les conditionnements morphologiques des transformations que l'on relève en phase d'annexion. Dans l'opposition « héritage » vs « emprunt »[7], le mot « héritage » prend souvent deux sens, souvent confondus. Une langue fille serait héritée d'une langue mère, et un enfant recevrait en héritage une langue enseigné par ses parents. L'emprunt serait alors considéré comme un acquis en dehors d'un héritage. Cette différenciation crée une difficulté : dans l'héritage se glissent des emprunts, ce qui rend impossible (ou arbitraire) toute différenciation entre héritage et emprunt. Par exemple, le mot « matelot », reçu de parents francophones, est-il un héritage ou un emprunt ? La théorie des vagues compétitives dépasse cette difficulté, en rejetant les deux termes d'« héritage » et d'« emprunt », et en lui préférant les notions de stabilité d'une région A et de phase d'annexion d'une région C par une région B.

Représentation graphique et tableaux[modifier | modifier le code]

La théorie des vagues compétitives permet des représentations graphiques en s'appuyant sur une succession chronologique de cartes géographiques des régions étudiées. On fait apparaître les régions stables et les régions en phase d'annexion, à une date donnée, en utilisant une palette de couleurs. Une flèche va de la région annexante vers la région annexée. À une nouvelle date correspond une nouvelle carte. Une animation est possible, de type animation météo, de date en date.

Le modèle des tableaux de distances routières pourra alors être utilisé ; par exemple, à l'intersection de la colonne Paris et de la ligne Rome, on donnera un pourcentage arrondi, 100 % indiquant une forte ressemblance et 0 % une forte dissemblance. Dans une telle représentation, on aura 100 % pour l'intersection de la région de Munich avec celle de Vienne en l'an 1800, et 1 % pour l'intersection Mota Lava (une île du Vanuatu) - Île-de-France en 2018.

On veillera à avoir des régions suffisamment détaillées et non pas des régions ou des regroupement de régions linguistiques, comme l'Allemagne, qui comprend de multiples zones linguistiques. Par exemple, on distingue en Allemagne la région linguistique formée par la partie sud de la Bavière, centrée sur Munich et où l'on parle le Bavarrois en famille, du nord de la Bavière, centré sur Nuremberg et où on ne le parle pas.

On peut comparer des régions linguistiques à condition de ne pas exclure ce qu'on appelle « emprunt ». Par exemple le mot « camping », emprunté à l'anglais, pourrait être exclu de la comparaison anglais-français dans une autre théorie alors que la théorie des vagues compétitives n'exclut pas les emprunts : l'annexion de la région linguistique B par la région A signifie que la région B adopte progessivement la langue de A en lui empruntant de plus en plus de mots, à l'identique ou de façon phonétiquement déformée.

Cette théorie permet de comparer des régions linguistiques, à l'aide, ou non, d'une méthode comparative. Cette comparaison s'entend à une date donnée, en comparant des régions (des zones géographique du point de vue linguistique) et non des langues. Par exemple, dans le cadre de cette méthode, on peut comparer du point de vue de la langue la Bavière du nord à celle du sud (à une date donnée) et on ne comparera pas la langue française à la langue allemande. Cette théorie vise à établir une correspondance étroite entre des zone géographiques dominantes d'une part et, d'autre part la répercussion linguistique de cette domination.

Histoire[modifier | modifier le code]

Johannes Schmidt et Hugo Schuchardt ont beaucoup œuvré à la diffusion de cette théorie.

De 2002 à 2007, Malcolm Ross et ses collègues ont émis l'hypothèse que les langues océaniennes pouvaient être comprises à travers la théorie des vagues[réf. insuffisante][9],[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Alexandre François, « Trees, Waves and Linkages: Models of Language Diversification », dans Claire Bowern et Bethwyn Evans (éds.), The Routledge Handbook of Historical Linguistics, Londres, Routledge, coll. « Routledge Handbooks in Linguistics », (ISBN 978-0-41552-789-7, lire en ligne), p. 161–189.
  2. (en) Paul Heggarty, Warren Maguire et April McMahon, « Splits or waves? Trees or webs? How divergence measures and network analysis can unravel language histories », Philosophical Transactions of the Royal Society B, vol. 365,‎ , p. 3829–3843 (DOI 10.1098/rstb.2010.0099).
  3. Alexandre François, « Méthode comparative et chaînages linguistiques : Pour un modèle diffusionniste en généalogie des langues », dans Jean-Léo Léonard (éd.), Diffusion : implantation, affinités, convergence, Louvain, Peeters, coll. « Mémoires de la Société de Linguistique de Paris » (no XXIV), « Tout le monde admet que le contact entre langues constitue une cause puissante de changement linguistique. »
  4. Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Payot, (1re éd. 1916), Quatrième partie : propagation des ondes linguistiques, p. 282Lire en ligne sur wikisources
  5. (en) George S. Lane, « Stammbaumtheorie, Wellentheorie, Entfaltungstheorie by Otto Höfler; Die zweite Lautverschiebung bei Ostgermanen und Westgermanen by Otto Höfler » (recension), Language, vol. 35, no 2, part 1,‎ avril-juin 1959, p. 315-321 (DOI 10.2307/410541, lire en ligne)
  6. Louis-Jean Calvet, « Diffusion et évolution des langue », Sciences Humaines,‎ avril-mai 2002 (lire en ligne)« La transmission des langues est avant tout sociale. Leur naissance ou leur disparition est liée aux politiques linguistiques ou aux dominations économiques. »
  7. a et b (en) Guillaume Jacques et Johann-Mattis List, « Save the trees: Why we need tree models in linguistic reconstrution (and when we should apply them) », Journal of Historical Linguistics,‎ « Skepticism against the tree model has a long tradition in historical linguistics. »
  8. Andrée Tabouret-Keller, « Contacts de langues : deux modèles du XIXe siècle et leurs rejetons aujourd'hui », Langage et société, no 43 « Conférences plénières du colloque de Nice : Contacts de langues : quels modèles, sous la direction de Pierre Achard »,‎ , p. 9-22 (DOI 10.3406/lsoc.1988.2999)
  9. (en) John Lynch, Malcolm Ross et Terry Crowley, The Oceanic languages, Richmond, Curzon, (ISBN 978-0-7007-1128-4, OCLC 48929366)
  10. (en) Malcolm Ross et Åshild Næss, « An Oceanic Origin for Äiwoo, the Language of the Reef Islands? », Oceanic Linguistics, vol. 46, no 2,‎ , p. 456–498 (DOI 10.1353/ol.2008.0003).