Théorie de la bipédie initiale

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La théorie de la bipédie initiale propose que les ancêtres communs de la lignée humaine et des chimpanzés aient déjà été bipèdes et que ce caractère se serait maintenu dans la lignée humaine, tandis qu'il se perdait chez les chimpanzés, devenus quadrupèdes. Cette théorie a été notamment développée par Yvette Deloison, chercheuse au CNRS[1], et reprise sous une forme atténuée par Pascal Picq, qui évoque plutôt des formes multiples de bipédie partielle chez certains hominidés dès le Miocène.

Exposition de la théorie[modifier | modifier le code]

Chez les embryons de vertébrés, plus les stades de développement sont précoces, plus ceux-ci se ressemblent. Un caractère type, comme celui de la grosse tête ronde, est considéré comme originel, tout comme la position verticale du corps. Dans l'évolution des formes terrestres, le mode de locomotion choisi fut la marche bipède, c'est pourquoi l'on parle de "bipédie initiale". Les tout premiers mammifères étaient des bipèdes, plus proches de l'homme actuel par leur anatomie, que des animaux contemporains. La quadrupédie est, quant à elle, considérée comme un trait dérivé, chez les mammifères et les autres vertébrés terrestres.

Conséquences de la théorie[modifier | modifier le code]

Une conséquence logique de la théorie de la bipédie initiale est que la série de nos ancêtres : Homo habilis, Homo ergaster, Homo erectus, etc, représente en réalité des hommes spécialisés issus de notre ascendance, tandis que Homo sapiens est resté lui-même non spécialisé.

Origine de la théorie[modifier | modifier le code]

La théorie de la bipédie initiale a été formulée dès les années 1920 par le professeur d'anatomie allemand Dr. Max Westenhöfer ainsi que, indépendamment, par le zoologue belge d'origine russe Dr. Serge Frechkop. La théorie fut reprise dans les années 1950 par le zoologue franco-belge Dr. Bernard Heuvelmans comme base de sa théorie de la déshominisation. Ces recherches furent poursuivies dans les années 1980 par l'ichtyologiste franco-allemand François de Sarre, qui y ajouta son hypothèse de l'Homoncule marin, « ancêtre commun » à tous les vertébrés, qui vivait originellement dans les océans. Tout comme une méduse, cet organisme nageait en position verticale. Le cerveau actuel de l'homme était à l'origine un organe de flottaison qui se remplissait de gaz, ce qui lui conférait sa forme ronde, et permettait la verticalité du corps. Ainsi les palettes natatoires antérieures - nos futures mains - restaient libres pour saisir ; la main humaine est primitive - non spécialisée -, comme elle l'était à l'époque des Vertébrés archaïques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yvette Deloison, Préhistoire du piéton. Essai sur les nouvelles origines de l'homme, éd. Plon, 2004

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Max Westenhöfer: „Das Problem der Menschwerdung” – Berlin : Nornen-Verl., 1935
  • Max Westenhöfer: „Die Grundlagen meiner Theorie vom Eigenweg des Menschen“ – Heidelberg : Winter-Verl., 1948
  • Max Westenhöfer: „Le problème de la genèse de l’homme“ – Condensé et annoté par * Serge Frechkop – Bruxelles : Sobeli, 1953
  • Wolfgang F. Gutmann: „Organismus und Konstruktion“ – Natur und Museum, 117 : Frankfurt/Main, 1987
  • Serge Frechkop: « Le pied de l’homme (Essai anthropomorphique)  » – Mém. Mus. Hist. Nat. Belg. , 3 : Bruxelles, 1936
  • Bernard Heuvelmans: « L’homme doit-il être considéré comme le moins spécialisé des Mammifères? » – Sciences et Avenir, 85 : Paris, 1954
  • François de Sarre: “The Theory of Initial Bipedalism on the question of human origins” – Biology Forum Rivista di Biologia, 87 : Perugia, 1994

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]