Théorème de factorisation de Weierstrass

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En mathématiques, et plus précisément en analyse, le théorème de factorisation de Weierstrass, nommé en l'honneur de Karl Weierstrass, affirme que les fonctions entières peuvent être représentées par un produit infini, appelé produit de Weierstrass, mettant en jeu leurs zéros.

Le théorème de factorisation de Weierstrass[modifier | modifier le code]

Du développement en série entière suivant pour  :

on déduit que la fonction tronquée aux m premiers termes

est sensiblement égale à 1 sur [-1,1], sauf dans un voisinage de u=1 où elle admet un zéro d'ordre 1. Ces facteurs sont appelés facteurs primaires de Weierstrass. Avec eux, Weierstrass a montré que pour toute fonction entière f d'ordre fini et s'annulant sur les nombres complexes , il existe un polynôme de degré inférieur ou égal à , et un entier tels que l'on ait

Le facteur correspond aux fonctions ayant un zéro d'ordre p en 0.

Par la suite, Borel a précisé m et le degré du polynôme P. Le degré de P est égal à la partie entière de l'ordre si n'est pas entier. Il peut prendre la valeur ou la valeur si l'ordre est entier. L'entier est majoré par . L'un des deux entiers au moins est égal à si l'ordre est entier.

Ce théorème a été généralisé par Hadamard aux fonctions méromorphes.

Le théorème de Hadamard[modifier | modifier le code]

Le théorème de factorisation de Hadamard relatif aux fonctions méromorphes d'ordre fini s'énonce ainsi

Pour toute fonction méromorphe d'ordre fini il existe deux entiers et plus petits que , et un polynôme de degré inférieur à tels que et sont des produits de fonctions canoniques d'ordres et batis sur les zéros et les pôles de .

avec

Il est une simple conséquence du théorème de factorisation de Weierstrass et du théorème suivant :

Toute fonction méromorphe est le quotient de deux fonctions entières.

Exemples de factorisations et applications[modifier | modifier le code]

La forme donnée par le théorème de factorisation peut souvent se réécrire (voir la section correspondante de l'article produit infini) :

, où les sont les zéros de f ; en pratique, la difficulté est le plus souvent de déterminer la fonction .

On a en particulier

  • Pour l'inverse de la fonction gamma, on a la formule analogue (formule due à Schlömilch)

Le produit infini correspondant à la fonction sinus a été découvert par Leonhard Euler, qui s'en est servi pour résoudre le problème de Bâle, et obtenir plus généralement, en identifiant le développement du produit avec celui de la fonction sinus en série de Taylor, les valeurs de la fonction zêta de Riemann aux entiers pairs :

, où les sont les nombres de Bernoulli.

Notant la solution de l'équation comprise entre et (pour n entier > 0), on peut de même obtenir le développement en produit infini[1] :

, d'où l'on tire (par identification avec le développement en série de Taylor) le résultat .

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Revue Tangente Sup, n°62, p. 16

Notes[modifier | modifier le code]