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Théophile Jeusset

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Théophile Jeusset
Photo de Theophile Jeusset paru dans l'édition du 12 aout 1932 l'Ouest-Eclair.
Biographie
Naissance
Décès
(à 58 ans)
NantesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Autres informations
Parti politique

Théophile Jeusset (Rennes, - Nantes, [1]) est un écrivain et militant d'extrême-droite français. Il est investi dans le nationalisme breton.

Enfance et formation

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Né à Rennes le , Théophile Jeusset entame des études à l'Ecole des Beaux Arts de Rennes[2].

Adoptant dès sa jeunesse le nationalisme breton, Jeusset intégra d'abord le Parti autonomiste breton, avant de rompre avec celui-ci pour fonder en 1930, avec Morvan Lebesque, le journal fasciste Breiz da Zont[3],[4], organe du Parti nationaliste intégral de Bretagne[5] regroupant à peine une dizaine de membres se réclamant du nazisme avant de promouvoir le monarchisme. et son aile politique : le minuscule Parti nationaliste intégral de Bretagne. Dans un numéro de 1931 y est déclaré ː « Nous, nationalistes, bretons intégraux, nous pourrions aussi nous qualifier de nationalistes socialistes comme les partisans d'Adolf Hitler »[6].

Il est arrêté comme un des participants de l'attentat du 7 août 1932 à Rennes[7]. L'enquête révèle qu'il était en contact avec des émissaires allemands[3].

Jeusset se joignit ensuite à ses amis nationalistes Gwilherm Berthou et Célestin Lainé pour fonder Kentoc'h Mervel (Plutôt la mort), un groupuscule consacré à l'action directe. Lainé cependant insistait sur la nécessité de créer un groupe plus étroitement organisé, ce qui conduisit à la création de la cellule activiste Gwenn ha du. À la suite du premier attentat perpétré par Gwenn ha Du contre le "monument de la honte" à Rennes, Jeusset fut l'un des six militants du Parti nationaliste intégral de Bretagne arrêtés et détenus pendant cinquante-quatre jours de détention préventive, pour une action à laquelle il était étranger[8]. La presse locale présenta alors Jeusset et ses acolytes comme « de pauvres détraqués » au service de l'Allemagne nazie[6].

Jeusset liait étroitement nationalisme breton et antisémitisme. Il écrit en 1931 :

« C'est en fonction de leur résistance particulière à la conquête du territoire français par les idées dissolvantes qui émanent plus ou moins des Juifs : maçonnisme, laïcisme, etc., que les Bretons ont été décimés au cours de la dernière guerre mondiale, plus de 200 000. Il est facile d'invoquer pour cette hécatombe des raisons militaires, mais rien ne fera contre ce fait que le répartiteur réel des troupes pendant toute la guerre fut le Juif Abrahami, né … dans le ghetto de Constantinople[9]. »

A la suite de son de son arrestation, Jeusset prononça la dissolution de son parti, déclarant placer ses espoirs dans une nouvelle restauration monarchique[6].

Jeusset fut l'un des premiers à travailler et militer pour rapprocher ces variantes afin de créer une langue gallèse unifiée, ce qu'il expose notamment en 1937 dans son ouvrage Le parler gallot[10].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jeusset fonde le parti national socialiste breton Breiz da Zontson[11].

À la Libération, alors qu’il a fui vers l’Allemagne puis la Suisse, Théophile Jeusset est jugé et condamné aux travaux forcés à vie. Libéré dès 1951, il décède à Nantes en 1968[12].

Publication

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  • Sous le pseudonyme de Jean-Yves Keraudren : À contre-courant, éd. du scorpion, 1965, 189 p.

Notes et références

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  1. « Filae », sur Filae (consulté le )
  2. « L'Ouest-Éclair », sur Gallica, (consulté le )
  3. a et b « Le Matin : derniers télégrammes de la nuit », sur Gallica, (consulté le )
  4. « La lumière est faite sur l'attentat de Rennes  », L'Ouest-Éclair,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Sébastien Carney, « Breiz Atao ! Mordrel, Delaporte, Lainé, Fouéré une mystique nationale, 1901-1948 », BnF ISBN, Presses universitaires de Rennes,‎ , p. 164-165, 167 (ISBN 9782753542891)
  6. a b et c Alain Deniel, Le mouvement breton de 1919 à 1945, La Découverte, (ISBN 978-2348029608), p. 103-146-150-154-169-429
  7. « Journal de Granville : pilote de la Manche : écho du département : commercial, maritime, littéraire, d'annonces et avis divers », sur Gallica, (consulté le )
  8. Anna Youenou : Fransez Debauvais de Breiz Atao, tome II, p.21.
  9. Théophile Jeusset, Breiz da Zont, Juillet 1931,
  10. Théophile Jeusset, Le parler gallot, Imprimerie bretonne, 1937
  11. Le DDV, « Indépendantisme breton, réécriture de l’histoire et antisémitisme », sur LEDDV.FR - Revue universaliste, (consulté le )
  12. « Bretagne : ces noms de lieux en breton qui n'ont rien à faire là... », sur actu.fr, (consulté le )

Bibliographie

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  • Georges Cadiou, « Jeusset, Théophile (1910-1968) », dans EMSAV : Dictionnaire critique, historique et biographique : Le mouvement breton de A à Z du XIXe siècle à nos jours, Spézet, Coop Breizh, , 439 p. (ISBN 978-2-84346-587-1), p. 221

Liens externes

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