Théâtre de Cluny

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Théâtre de Cluny
Description de cette image, également commentée ci-après
Un lycée de jeunes filles (1882)
Lieu Paris
Inauguration 1864
Fermeture 1989
Anciens noms Athénée-Musical
Théâtre Saint-Germain
Les Folies Saint-Germain

Le théâtre de Cluny ou théâtre Cluny est une ancienne salle de spectacle parisienne située au 71, boulevard Saint-Germain (5e arr.), au coin de la rue Saint-Jacques,inaugurée en 1864 et fermée en 1989.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l’aménagement du quartier Saint-Germain autour des Thermes de Cluny restaurés, une salle de concert de 1500 places est édifiée, au 36 de la rue Saint-Jacques, sur les plans de l’architecte Félix Pigeory, par une entreprise fondée sous la direction du comte de Raousset-Boulbon. Elle est inaugurée sous le nom d’Athénée-Musical en janvier 1864 par un concert auquel prend part des artistes tels que le ténor Alessandro Bettini et Zélie Trebelli-Bettini mais ferme quelques mois plus tard[1].

La salle est modifiée l’année suivante par Gérault, l'entrepreneur qui avait été chargé de la construction, qui la transforme en théâtre et lui donne le nom de Théâtre Saint-Germain. Il fait son inauguration avec deux opéras-comiques : La Bouquetière de Trianon, de Frédéric Barbier et Le lion de Saint-Marc de Charles Nuitter et Alexandre Beaumont, musique d’Isidore Legouix, le 24 novembre 1864[2],[3]. Quelques jours après, en décembre, on donne une nouvelle opérette, Les Petits du premier de William Busnach, musique d'Émile Albert, mais le nouvel administrateur est forcé d'abandonner son entreprise, et les artistes se constituent en société pour en continuer provisoirement l'exploitation. Cette situation ne peut durer, et au mois de décembre, moins d'un mois après son ouverture, le théâtre Saint-Germain ferme ses portes. Un nouvel entrepreneur Eugène Moniot[4], auteur de vaudevilles et compositeur de romances, qui a dirigé pendant quelque temps le Thêàtre-Deburau (Folies-Marigny) reprend son administration pendant quelques mois, le genre musical est complètement abandonné. Une troupe lyrique de rencontre vient jouer, le 21 juillet 1865, Richard Cœur-de-Lion d'André Grétry, et le 6 août Les Rendez-vous bourgeois, de Nicolò Isouard. Un ancien directeur du Théâtre Beaumarchais, nommé Bartholy, obtient d'exploiter provisoirement celui-ci jusqu'à parfait règlement de la faillite de son fondateur, Gérault. Bartholy donne une opérette en un acte, Glaces et Coco, puis s'éclipse[1].

En 1866, Une compagnie d'opéra italien se forme, dans le but de créer dans Paris un second Théâtre italien populaire. Cette troupe, composée de Mme Barbieri , Mme Tedesco, MM. Julian , Florenza et Leopoldini s'essaye au Théâtre Saint-Germain[5]. Elle vient jouer au Théâtre Saint-Germain, Lucrezia Borgia de Donizetti, le 22 mars 1866, avec M. Franck comme chef d'orchestre. Deux représentations seulement sont données. Un homme du nom de Godard se charge, à partir du 5 avril 1866, des destinées de ce théâtre et recours encore à l'opérette : Les Exploits de Sylvestre (14 avril), paroles de A. de Sorant, musique de Julien Nargeot, et Los Contrabandistas (19 mai), paroles et musique d'Emile Thierry. Le Théâtre Saint-Germain, qui ne fit jamais qu'ouvrir et fermer ses portes, les ferme une fois de plus, et pour la dernière[1].

En 1865, Henri Larochelle, directeur du Théâtre Montparnasse et du Théâtre de Grenelle, rachete l'immeuble au prix de 250.000 francs[6], achète l’immeuble voisin. Il fait réparer la salle et la rouvre sous le titre modifié de Folies-Saint-Germain. La nouvelle salle est inaugurée avec la pièce Entrez ! Vous êtes chez vous ! de Saint-Agnan Choler le 27 octobre 1866. Il fait jouer tour à tour la comédie, le vaudeville et les pièces lyriques. C'est ainsi qu'il donne, le 18 avril 1867, l'Écaillère africaine, bouffonnerie musicale, paroles de Marquet et Armand Delbès, musique de George Douay, et le 11 mai suivant Le Danseur de corde, opéra-comique, paroles de Brisebarre et de Léris, musique posthume de Louis Abadie. Mais après avoir un peu tâtonné sur la direction à suivre, Larochelle se décide tout à fait pour le drame et la comédie. Il appelle définitivement son théâtre : Théâtre de Cluny (août 1867), et met en scène Les Sceptiques de Félicien Mailefille, Les Inutiles d'Edmond Gondinet, Le Juif polonais d'Erckmann-Chatrian, tandis qu'il remonte Claudie de George Sand, La Closerie des genêts de Frédéric Soulié, et autres drames célèbres. Il conserve la direction jusqu'à la guerre franco-allemande de 1870[1]

En 1886, Léon Marx[7] en devient le directeur et monte : La Cage aux Lions, La Marraine de Charley, Les Petites Brebis, Le Surnuméraire, Le Voyage de Corbillon (30-01-1896), Paris quand même, Le Premier Mari de France, Les Femmes qui font des scènes (17-06-1896), L'Impôt sur la Revue (17-06-1896), Le Truc d'Arthur (02-09-1896), Le Papa de Francine. La création de Pigeon ouvre la saison 1897-1898, puis viennent Monsieur le Major, Les Demoiselles des Saint-Cyriens(22-01-1898), une reprise de Durand et Durand, Magistrat, Ma Belle-Mère, Les Trente Millions de Gladiator, Un Prix Montyon et Sacré Théodore ! C'est La Coqueluche qui commence la saison 1898-1899, puis viennent Charmant Séjour, La Poule Blanche, Le Parfum, A qui le Caleçon?, Le Monsieur de chez Maxim, Le Champion du Monde et une reprise de La Marraine de Charley, la Flamboyante, le Petit Puceron rouge, Plaisir d'amour (10 octobre 1899)[3].

En 1907, MM Poncet frères sont directeurs.

Il est devenu ensuite de 1933 à 1989, le cinéma Cluny-Palace.

Programmation[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Le Théâtre de Cluny », Le Ménestrel,‎ , p. 299 (lire en ligne).
  2. « Semaine théatrale », Le Ménestrel,‎ , p. 411 (lire en ligne).
  3. a et b « Théâtre de Cluny : historique », Le Photo-programme,‎ (lire en ligne).
  4. Eugène Moniot (1820?-1878) sur data.bnf.fr
  5. « Semaine théatrale », Le Ménestrel,‎ , p. 131 (lire en ligne).
  6. « Nouvelles diverses », Le Ménestrel,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  7. Léon Marx (1818-1910) sur data.bnf.fr

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Île-de-France, « Le théâtre de Cluny, acte I et II » dans Paris et Île-de-France, vol. 52, Librairie C. Klincksieck, 2001, p. 251-281

Liens externes[modifier | modifier le code]