Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

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Centre du Théâtre d'Aujourd'hui
Description de cette image, également commentée ci-après
Façade en 2011 (photo : Laurence Dauphinais)
Surnom CTD'A
Type Théâtre
Lieu Montréal Drapeau du Canada Canada
Coordonnées 45° 31′ 12″ nord, 73° 34′ 27″ ouest
Inauguration
Nb. de salles 2
Capacité 250 (salle principale)
75 (salle Jean-Claude-Germain)
Anciens noms Théâtre d'Aujourd'hui
Direction Sylvain Bélanger
Étienne Langlois
Direction artistique Sylvain Bélanger
Site web theatredaujourdhui.qc.ca

Géolocalisation sur la carte : Région métropolitaine de Montréal

(Voir situation sur carte : Région métropolitaine de Montréal)
Centre du Théâtre d'Aujourd'hui

Le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui est une institution théâtrale et un centre dramatique fondé en 1968 et situé à Montréal (Québec). Il se dédie exclusivement à la dramaturgie québécoise et canadienne d’expression française.

Ce sont plus de 300 productions qui y ont vu le jour et le théâtre accueille plus de 30 000 spectateurs par saison. Il est aujourd’hui conjointement dirigé par Sylvain Bélanger et Étienne Langlois[1].

Mission artistique[modifier | modifier le code]

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui est une institution théâtrale et un centre dramatique qui se consacre exclusivement à la création, à la production et à la diffusion de la dramaturgie québécoise et canadienne d’expression française. Il place le texte dramatique au cœur de sa démarche artistique, participe au développement et au rayonnement des auteurs et promeut la dramaturgie dans le monde francophone[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le Théâtre d'Aujourd'hui est né le 26 août 1968 du regroupement de trois troupes de théâtre semi-professionnelles le Mouvement contemporain dirigé par André Brassard, les Saltimbanques dirigés par Rodrigue Mathieu[2] et les Apprentis-Sorciers dirigés par Jean-Pierre Saulnier et Pierre Collin) ainsi que le mime Michel Poletti. Ils s'installent dans un hangar rafistolé, caché derrière une porte cochère, au 1297 rue Papineau, juste au sud de Sainte-Catherine, dans ce qui n'était pas encore le quartier gai. La salle est petite, pouvant accueillir une centaine de spectateurs, mais elle a un avantage net pour qui souhaite faire de la création : elle est modulable.

À la fin des années 1960, la dramaturgie québécoise en est encore à ses premiers balbutiements. Il y avait Marcel Dubé et Gratien Gélinas. Michel Tremblay en était à ses débuts, mais on avait jusque-là tenté d'abord d'imiter ce qui se faisait de mieux ailleurs, surtout à Paris et parfois un peu à Londres ou New York. La première saison du Théâtre d'Aujourd'hui est donc en continuité avec le passé des compagnies et artistes qui l'ont créé et qui œuvrent depuis des années à faire connaître au public montréalais la dramaturgie européenne d’après-guerre : Fernando Arrabal, Michel de Ghelderode, Philippe Adrien[1].

Après une première saison, tout s'effondre ou presque. Poletti retourne en Suisse, les Saltimbanques se sabordent et le Mouvement contemporain met fin à ses activités. Demeure alors un trio de créateurs : Jean-Pierre Saulnier s'occupe de la direction générale, Pierre Collin de la direction artistique et Robert Spikler de l'administration.

C'est avec l'arrivée de Jean-Claude Germain et de sa troupe Les Enfants de Chénier, en 1969, que le Théâtre d'Aujourd'hui a véritablement trouvé sa voie: la dramaturgie québécoise.

Le théâtre québécois, celui auquel peu de gens croyaient jusque-là, vit soudain sa première explosion. Les Enfants de Chénier connaissent un succès considérable: les salles sont archipleines, les critiques, dithyrambiques. Tout comme pour L'Osstidcho au Quat'Sous et pour le Grand Cirque ordinaire, dont le T'es pas tannée Jeanne d'Arc, après un premier triomphe, se met à parcourir le Québec sous l'aile du TPQ (le Théâtre populaire du Québec, alors dirigé par Albert Millaire), bientôt suivi par La famille transparente et tous les autres. Sans compter la troupe des Jeunes Comédiens du TNM, où Jean-Pierre Ronfard dirigeait Robert Gravel, Pierre Curzi et Paul Savoie, entre autres... Et rapidement, chaque année, parfois plus même, arrive un nouveau Michel Tremblay mis en scène par André Brassard. D'un seul coup, c'est presque l'abondance![3]

« L'aventure de ce théâtre, dont les anciens se souviennent avec plaisir du temps de cette petite salle de 80 places, avec colonnes apparentes dans l'espace, a débuté rue Papineau, au sud de Sainte-Catherine, avec concerts urbains fournis lors des soirées de temps chaud [...]. C'était au lendemain d'une exposition universelle, quand le Québec s'éveillait et que ses créateurs s'imposaient sur la place publique. Au temps, donc, où naissait ce rêve d'un possible État du Québec, qui allait justifier que, plus tard, certains affirmeraient que ce coin de terre constitue une société distincte. »[4]

Logo

Jean-Claude Germain joue au Théâtre d'Aujourd'hui ici un rôle majeur. Alors que ses Enfants de Chénier se transformaient en P'tits enfants Laliberté en 1972, c'est aussi sous son impulsion et son dynamisme inaliénable que l'idée même d'une dramaturgie québécoise a pu continuer à germer. Il occupe une bonne partie de la saison 1969-1970 du Théâtre d'Aujourd'hui avec sa compagnie, mais il assume bientôt, avec Robert Spickler, la direction, la programmation et l'orientation résolument québécoises du Théâtre d'Aujourd'hui, de 1972 jusqu'en 1982. C'est là que l'on peut voir monter Yves Sauvageau, Victor Lévy-Beaulieu, Michel Garneau, Michèle Lalonde, Roland Lepage, Reynald Robinson, puis tous ceux et celles qui ont fait du Théâtre d'Aujourd'hui ce qu'il est devenu et de la dramaturgie québécoise ce qu'elle est. Si le théâtre d'ici a depuis essaimé jusque sur les scènes des grandes compagnies, souvent même dans les grandes capitales, il faut se souvenir à quel point cela semblait illusoire et risqué à l'époque[3].

«Oui, c'était une lutte de tous les instants. Surtout qu'il fallait naviguer avec des budgets ridicules, sans réserves, sans subvention, barré des deux côtés, si l'on peut dire, puisqu'on travaillait en langue vernaculaire... Mais on oublie trop souvent de souligner que c'est aussi une histoire de filles. On ne parlera jamais assez du travail colossal accompli par Michelle Rossignol. C'est elle qui a réussi à sortir le Théâtre d'Aujourd'hui du hangar de la rue Papineau, qui l'a fait accéder à la modernité, si on peut dire, et qui l'a ouvert à un auditoire considérablement plus large en l'installant où il est maintenant, rue Saint-Denis.» - Jean-Claude Germain [3]

Si la mission exclusivement québécoise du Théâtre d'Aujourd'hui semblait périlleuse au départ, elle est rapidement devenue nécessaire avec la multiplication des auteurs québécois de grand talent au fil des ans. Et on a commencé à se sentir à l'étroit dans la petite salle de la rue Papineau. C'est Michelle Rossignol, directrice artistique de 1989 à 1998, qui a réussi à convaincre les gouvernements de déménager le Théâtre d'Aujourd'hui dans des locaux plus grands[5].

Extérieur du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui lors de la construction de ses locaux actuels en 1991.

Le Théâtre d'Aujourd'hui s'installe donc à son emplacement actuel au 3900 rue Saint-DenisMontréal) en septembre 1991. Ce nouveau lieu comprend une salle principale pouvant accueillir jusqu’à 275 spectateurs ainsi qu’une deuxième salle plus intime, nommée en l'honneur de Jean-Claude Germain.

Au « nous » collectif des années Germain et de la révolution tranquille, s'étaient joints au cours des années 1980 le nous des femmes, le nous des jeunes, le nous des gais, le nous des exclus de la prospérité… On y présenterait alors les premières pièces de Michel Marc Bouchard, Normand Chaurette, René Gingras, Jovette Marchessault, René-Daniel Dubois, Pol Pelletier... De nouvelles voix se font entendre dans les années 1990 : celles de Normand Canac-Marquis, Larry Tremblay, Carole Fréchette, Michèle Magny mais aussi, reflet de l’évolution de la société québécoise, celles de Pan Bouyoucas, d’Abla Farhoud et de Wajdi Mouawad[1].

Michelle Rossignol introduit également la notion de répertoire dans sa direction artistique, marquée par le désir d'affirmer haut et fort l'idée selon laquelle il ne saurait y avoir de création vivante qui vaille sans un retour vers ce qui nous a été légué[6]. Elle a ainsi présenté des textes de Réjean Ducharme (La fille de Christophe Colomb) et de Claude Gauvreau (La reprise) jamais joués jusqu'alors et a donné une seconde vie à La trilogie des Brassard de Michel Tremblay, aux Muses orphelines de Michel Marc Bouchard et aux Fragments d'une lettre d'adieu lus par des géologues de Normand Chaurette

L'arrivée du tandem René Richard Cyr à la direction artistique et Jacques Vézina à la direction administrative marque les trente ans de création du Théâtre d’Aujourd’hui. Des productions comme 24 poses (portraits) de Serge Boucher ou Des fraises en janvier d’Évelyne de la Chenelière, jouissent de succès tel qu'elles sont présentées en dehors des murs du Théâtre d'Aujourd'hui. Inversement, l'institution montréalaise ouvrent ses portes aux autres compagnies québécoises de façon beaucoup plus marquée.

En 2004, Marie-Thérèse Fortin prend la barre de l'institution en tant que directrice artistique. Le Théâtre d’Aujourd’hui fait place à la diversité et l’éclectisme des écritures qui composent notre dramaturgie. Avec des textes de Olivier KemeidAlexis Martin, Daniel DanisChristian BéginJennifer Tremblay, Frédéric BlanchetteÉtienne LepageOlivier ChoinièreLouise BombardierMichel Marc BouchardMarie-Josée BastienEvelyne de la Chenelière, Marie-Christine Lê-HuuWajdi Mouawad, Anne-Marie Olivier ou Lise Vaillancourt, les voix d’artistes confirmés se mêlent à celles de la relève.

Marie-Thérèse Fortin met en place des résidences de 2 ans pour des compagnies de la relève, qui peuvent profiter de la visibilité croissante dont jouit la salle Jean-Claude-Germain. Ainsi les Christian Lapointe, Fanny Britt, Simon Boudreault, Catherine-Anne Toupin, Frédéric Blanchette, Francis Monty, Dominick Parenteau-Lebeuf, Sébastien Dodge, Dany Boudreault, Guillaume Tremblay, Olivier Morin, Félix-Antoine Boutin, David Paquet, ont pu y présenter leur travail et bénéficier d’un soutien artistique et financier ainsi que d’un encadrement professionnel et d’un allègement des coûts de production. La salle Jean-Claude-Germain a également servi de vitrine pour les œuvres de Simon BoulericeSébastien David, Steve LaplanteJean-Paul Daoust, Emmanuel Schwartz, Sarah Berthiaume...

En 2010, le Théâtre d'Aujourd'hui s'allie au metteur en scène René Richard Cyr et au musicien Daniel Bélanger pour une relecture en musique de l'œuvre phare de Michel Tremblay, Les belles-sœurs. Le succès est retentissant, tant auprès de la critique que du public. La production sera présentée plus de 200 fois sur les scènes québécoise ainsi qu'au Théâtre du Rond-Point à Paris.

Au cours de l’été 2010, le Théâtre d’Aujourd’hui fait l’objet d’importantes rénovations de sa salle principale et se dote également d’une nouvelle salle de répétition offrant ainsi de meilleures conditions de création à ses artistes et concepteurs. Ces nouvelles installations permettent ainsi de dédier entièrement la salle Jean-Claude-Germain à la préparation et à la diffusion des productions des compagnies de la relève et des auteurs émergents.

Salle principale du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui (photo : Danielle Demers)

En septembre 2012, Sylvain Bélanger succède à Marie-Thérèse Fortin au poste de directeur artistique et codirecteur général du Théâtre d’Aujourd’hui. Il entend inscrire le Théâtre d’Aujourd’hui dans une actualité sociale et théâtrale du Québec. Depuis son arrivée, cette orientation s’est autant manifestée dans le choix de nouveaux metteurs en scène aux langages scéniques audacieux que dans une affirmation d’auteurs-créateurs qui déploieront également ces écritures dites « de spectacle » qui font évoluer la dramaturgie. Les axes de développement de son projet artistique visent à affirmer le Théâtre d’Aujourd’hui à la fois comme une référence culturelle et comme un centre de création rassembleur. Il a choisi de redonner et mettre de l’avant le nom d’origine du lieu, Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, en l’accompagnant d’une refonte complète de l’image de marque et d’un nouvel acronyme : le CTD’A. Un développement de collaborations et de partenariats dans la Francophonie et à l’international, entre autres avec le retour de l’évènement phare du CEAD Dramaturgies en dialogue à chaque ouverture de saison, vise à faire du CTD’A un acteur privilégié de la diffusion des œuvres des auteurs québécois sur le globe. Autre innovation : la publication d’un tout nouveau magazine, le 3900, qui accompagne les spectacles et évènements de la saison d’articles qui mettent en dialogue un esprit de réflexion « art et société » avec les spectacles de la saison[1].

Directions[modifier | modifier le code]

Directions artistiques[modifier | modifier le code]

Directions administratives[modifier | modifier le code]

  • 1970 à 1979 : Robert Spickler
  • 1983 à 1989 : Louise Fugère
  • 1989 à 1999 : Louis Lehoux
  • 1999 à 2013 : Jacques Vézina
  • 2013 à 2014 : Suzanne St-Denis
  • 2014 à aujourd’hui : Étienne Langlois

Œuvres marquantes[modifier | modifier le code]

Salle Jean-Claude-Germain[modifier | modifier le code]

En plus de sa salle principale de 250 places, l’organisme détient et opère un lieu de diffusion secondaire, la salle Jean-Claude- Germain, qui sert autant de banc d’essai que de développement pour les auteurs, metteurs en scène ou concepteurs. Depuis 2005, le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui offre un programme de résidence de 2 ans à des artistes ou compagnies qui peuvent profiter de la visibilité de l'institution en plus de bénéficier d’un soutien artistique et financier ainsi que d’un encadrement professionnel et d’un allègement des coûts de production.

Compagnies et artistes en résidence à la salle Jean-Claude-Germain[modifier | modifier le code]

Le magazine 3900[modifier | modifier le code]

Le 3900 est un magazine publié par le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui depuis mai 2013. Il a comme mission d'offrir au public du théâtre un regard plus approfondi sur le travail des créateurs et les thématiques présentées au cours des saisons. Cet outil, qui permet de créer un rapport différent au théâtre, fait appel tant aux artistes et artisans de la saison qu’à des collaborateurs de renom. Le 3900 se veut un outil au contenu diversifié qui rejoint l’actualité tout en ouvrant le discours sur l’art théâtral.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Qui sommes-nous? - Centre du Théâtre d'Aujourd'hui », sur theatredaujourdhui.qc.ca (consulté le 14 novembre 2016)
  2. L'Université de Montréal possède le fonds d'archives de Les Saltimbanques - Fonds Les Saltimbanques (consulté le 3 février 2017)
  3. a, b et c Le Devoir, « Il y a 40 ans... et après - Au commencement était le Théâtre d'Aujourd'hui », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  4. Normand Thériault, « La création québécoise a un lieu », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  5. Martine Letarte, « Un lieu, deux salles - Déjà 2010 ! », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  6. Stéphane Lépine, « Un répertoire et son théâtre - Ducharme, Gauvreau, Tremblay, Chaurette... », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  7. ledevoir.com
  8. lapresse.ca

Lien externe[modifier | modifier le code]