Théâtre Varia

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Théâtre Varia
Type Théâtre
Lieu Ixelles
Architecte(s) Alberto Zaccai
Inauguration 1905
Anciens noms Théâtre Verdi (1906)
Direction Sylvie Somen
Site web www.varia.be


Le théâtre Varia est une salle de spectacle bruxelloise située 78 rue du Sceptre à Ixelles et ouverte en 1905.

Jusqu'en 1982, les tentatives d'exploitation régulière échouèrent toutes, la plus marquante étant la série d'opéras italiens représentés en 1906, la salle prenant pour l'occasion le nom de théâtre Verdi.

Entre 1956 et 1981, elle devint un garage puis un entrepôt. Louée par les metteurs en scène Marcel Delval, Michel Dezoteux et Philippe Sireuil, elle fut rachetée en 1982 par la Communauté française de Belgique qui l'affecta au théâtre et confia son réaménagement à l'architecte Alberto Zaccai.

Aujourd'hui, la direction artistique est assurée par Sylvie Somen. Centre dramatique dont la mission est de promouvoir la création et les écritures contemporaines, on peut y voir régulièrement le travail des compagnies Transquinquennal[1], Mariedl, Thor de Thierry Smits, De Facto d'Antoine Laubin, Black Flag de Stéphane Arcas[2], Clinic Orgasm Society, Virginie Thirion ou le collectif Rien de Spécial[3] entre autres.

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Histoire[modifier | modifier le code]

Au début du vingtième siècle, Bruxelles voit l’édification de nombreuses salles de spectacles. Parmi elles, le théâtre Varia qui est inauguré le au 78 rue du Sceptre alors appelée « rue de la Couronne »[4].

La salle – appelée aujourd’hui Grand Varia – possède alors deux galeries pour une capacité d’un millier de places assises. Malheureusement, située dans une rue excentrée et mal desservie par les transports en commun, elle ne remporte pas le succès escompté et le théâtre entame une histoire quelque peu chaotique.

Le premier directeur du lieu est Georges Liesse, un célèbre comédien bruxellois en poste du 23 septembre au , soit une quinzaine de jours à peine avant de passer la main à un autre directeur qui lui-même, reste aux commandes pendant 10 jours.

Le Varia devient alors une salle de quartier vouée aux troupes de passages et aux bals publics jusqu’en février 1906 où un certain Ercole Arlotti en prend la direction. Son projet est d’y produire les derniers grands succès de l’opéra italien. Il rebaptise le théâtre Varia en théâtre Verdi. La première de La bohème de Giacomo Puccini ainsi que les quatre opéras qui suivent, connaissent un certain succès, mais il s'avère qu'Arlotti n’a pas les droits pour donner ces représentations à Bruxelles. Il a beau argumenter qu’il se trouve sur le territoire d’Ixelles et non sur celui de Bruxelles, les recettes sont saisies et la faillite déclarée le . Arlotti propose un dernier concert de bel canto, entrecoupant les interventions des chanteurs de combats de jiu-jitsu. Une grande première en Belgique pour cet art martial, malheureusement conspué par les mélomanes présents.

Le théâtre Verdi redevient le théâtre Varia. Quelques tentatives d’exploitation ont lieu par la suite, mais aucune n'est durable. Le Varia devient une salle de quartier où de nombreux bals populaires ont lieu jusqu’à ce que la Seconde Guerre mondiale donne le signal de sa désaffectation. Devenue un garage avec débit d’essence à front de rue puis un atelier de réparation automobile, elle sert d'entrepôt à la société Louis De Walle qui la met en location dans les années 1980.

C’est à cette époque que des metteurs en scène en quête d’un lieu pour y développer leurs démarches artistiques respectives s'y intéressent. Des projets de mise en commun échouent jusqu’à ce que Marcel Delval et Philippe Sireuil, qui louaient alors un ancien cinéma proche de là, décident de s'y installer, rejoints par Michel Dezoteux. Le nom est tout trouvé, il est inscrit sur la façade du bâtiment : Varia.

Les premiers spectacles présentés connaissent le succès malgré des conditions d’accueil précaires : des bancs servent de gradins, des couvertures pallient l’absence de chauffage et l’imagination le manque de moyens.

Le lieu ne répond cependant pas aux normes de sécurité en vigueur et les pompiers interrompent les spectacles pour raison de sécurité. La jauge ne doit pas excéder une cinquantaine de spectateurs. Le propriétaire décide alors de mettre le bâtiment en vente. Un espoir s’offre aux trois jeunes metteurs en scène : faire acheter le bâtiment par la Communauté française. Une campagne de solidarité est lancée pour convaincre les pouvoirs de tutelle d’acquérir le bâtiment. Sous la pression du public et de la presse, et au regard des succès, la Communauté Française achète le bâtiment en 1983 et accepte le projet de rénovation.

Bien que des traces du passé soient toujours présentes dans ses murs avec sa façade de 1905, ses verrières de l’espace d’accueil, le Varia devient un véritable théâtre qui ouvre ses portes le .

Chantal Dassonville, architecte des bâtiments publics, et Alberto Zaccaï mènent à bien cette réhabilitation. Un troisième architecte, Christian Neirynck, conçoit le bar toujours visible aujourd’hui. Fondateur du restaurant l’Amadeus, il est responsable de cet espace jusqu’à ce que l’équipe du théâtre le reprenne à sa charge.

La construction d'une deuxième salle plus petite envisagée lors de la rénovation est mise de côté. Elle refait surface, dans un autre bâtiment, non loin de là, dans un ancien atelier de menuiserie-carrosserie situé 154 rue Gray. Le Petit Varia est inauguré le . Il est racheté par la Communauté Française en janvier 2009, sur décisions de la ministre de la Culture de l'époque, Fadila Laanan, à l'occasion des vingt ans du Varla.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (nl-BE) « Review: Philip Seymour Hoffman leeft… en speelt in Brussel », sur bruzz.be,
  2. « LCR : Stéphane Arcas », BX1,‎ (lire en ligne)
  3. Marie Baudet, « Obsolète nous met face à nos contradictions », La Libre.be,‎ (lire en ligne)
  4. Elle prendra son nom actuel en 1925.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]