Thècle d'Iconium

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Sainte Thècle
Image illustrative de l'article Thècle d'Iconium
Statue de Sainte Thècle à la Cathédrale de Barcelone
Martyre
Décès Ier siècle 
Séleucie, Turquie
Nationalité grecque
Vénéré à Séleucie
Fête 7 octobre
Saint patron Maaloula (Syrie), Tarragone, Rocles

Thècle d'Iconium ou sainte Thècle (en grec: Θέκλα) est une sainte des premiers temps de l'Église, célébrée par les catholiques et les orthodoxes le 24 septembre[1]. Elle appartenait à une riche famille païenne d'Iconium, l'actuelle Konya. Elle aurait vécu au Ier siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Actes de Paul et Thècle.

Sa conversion[modifier | modifier le code]

Selon les Actes de Paul et Thècle, Thècle est une jeune vierge, disciple de saint Paul ; l'apôtre, qui était de passage dans la ville, enseignait la foi chrétienne dans une maison voisine. Thècle, cachée derrière une fenêtre, écoutait ses paroles. Après trois jours, elle fut convaincue par le discours de Paul sur la virginité et désira elle aussi devenir chrétienne. Elle provoque la colère de sa mère et de son fiancé qui la dénoncent au gouverneur. Paul est chassé de la ville et Thècle condamnée au bûcher. Elle est sauvée par un orage providentiel. Elle rejoint Paul et survit tout aussi miraculeusement à d'autres aventures.

Sa mort[modifier | modifier le code]

Installée près de Séleucie Trachée, elle se serait construit un ermitage dans une grotte où elle aurait passé ses derniers jours, âgée de 80 ou même 90 ans. Elle y serait également enterrée.

La Vie et miracles de sainte Thècle, rédigée peu après 444 par un prêtre du sanctuaire de Meriamlık, contient une longue liste de ses miracles posthumes et donne aussi de précieuses indications sur la diffusion du culte de Thècle au Proche-Orient[2].

Son culte[modifier | modifier le code]

Monastère de sainte Thècle à Maaloula
Statue de sainte Thècle à Maaloula

Les Actes de Paul et Thècle qui furent largement diffusés en Orient sont à l'origine de sa vénération. Elle fut considérée comme la première femme martyre et l'Église orthodoxe la vénère comme égale aux apôtres. Son culte se répandit dès le IVe siècle en Occident.

Selon le martyrologe, sa fête est célébrée le 24 septembre par l'Église orthodoxe[3]. L'Église catholique, qui la fêtait le 7 octobre, a supprimé son culte en 1969[4]. En effet, ses actes sont très tôt rejetés par les Pères de l'Église, qui ne peuvent accepter qu'une femme donne le baptême et à plus forte raison qu'elle se donne le baptême à elle-même.

On l'invoque pour les paralysés et les enfants qui marchent tardivement.

Il existe un monastère Sainte-Thècle à Maaloula, en Syrie, où on vénère son tombeau qui serait la grotte-ermitage où elle acheva sa vie terrestre à l'âge de 80 ou 90 ans.

Sainte Thècle est représentée dans la fameuse grotte, ou cave, de saint Paul à Éphèse. Ces fresques datent environ des IVe - VIe siècles, ce qui montre bien l'ancienneté de la légende, qui pourrait donc avoir un fondement historique. (Voir : lien externe ci-dessous, page, en anglais, de la revue Archeology : Grotte, ou cave saint Paul.)

En Occident[modifier | modifier le code]

Cathédrale dédiée à sainte Thècle à Tarragone en Espagne

Une légende raconte que Thècle aurait traversé les mers pour fuir les persécutions. Arrivée en Gaule, elle aurait franchi les Cévennes pour s'installer dans ces montagnes. Elle serait morte à Saint-Bonnet-de-Chirac, en Gévaudan et enterrée près de la fontaine qui porte son nom[5].

Cette légende expliquerait pourquoi Thècle d'Iconium est si présente dans les vénérations du sud du Massif central. On retrouve en effet sa présence en Lozère (crypte Sainte-Thècle à Mende, fontaine à Saint-Bonnet-de-Chirac, patronne de Rocles, ...) et en Auvergne (elle est vénérée à Chamalières, près de Clermont-Ferrand, où ses reliques furent conduites au VIIe siècle[6]).

En Suisse, une chapelle romane lui est dédiée à Donatyre.

Sainte Thècle est également la patronne de Tarragone en Espagne. La cathédrale lui est dédiée. À Sitges, une rue porte son nom. Enfin, elle est la patronne d'une chapelle à Ploubezre, en Bretagne.

Elle est aussi la patronne d'autres localités:

Autre Thècle (VIe siècle)[modifier | modifier le code]

Une femme homonyme du VIe siècle, "Tigre (ou Tygris) dite Thècle", que la légende fait naître à Volascis (Valloire?), est vénérée en Maurienne pour avoir apporté les reliques de saint Jean Baptiste dans la ville même de Maurienne, probablement l'actuelle Saint-Jean-de-Maurienne. Elle serait allée chercher ces reliques à Alexandrie où une partie du corps de Jean le Baptiste auraient été transférée après la profanation au IVe siècle du tombeau où se trouvait son corps sans sa tête à Sébaste en Samarie. Ces reliques — un pouce selon les premières versions, trois doigts selon les versions ultérieures — justifieront de l'érection d'un siège épiscopal dans la ville de Saint-Jean-de-Maurienne, par le roi Gontran[7].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans le calendrier julien pour une majorité d'orthodoxes, c'est-à-dire le 7 octobre dans le calendrier grégorien
  2. Voir G. Dagron, Vie et miracles de sainte Thècle, Bruxelles 1978 (Subsidia Hagiographica, 62).
  3. Voir les saints pour le 24 septembre du calendrier ecclésiastique orthodoxe.
  4. Voir sainte Thècle sur Nominis.
  5. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], Tome I, p. ?
  6. Une inscription, découverte en 1684 lors d'une restauration de sa chapelle dans l'église Notre-Dame de Chamalières, indique : He sunt reliquie B. Tècle, virginis et martyris, que Hiconie oriunda fuit, dehinc vero a Paulo ap(osto)lo conversa, Seleuciam requievit (« Ici se trouvent les reliques de la bienheureuse Thècle, vierge et martyre, originaire d'Iconium, qui fut convertie par l'apôtre Saint-Paul et s'éteignit à Séleucie »). Ambroise Tardieu, Dictionnaire historique du Puy-de-Dôme, 1877 ; Jacques Baudoin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Nonette, Créer, 2006, p. 454 (en ligne).
  7. Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé, (ISBN 978-2-8420-6465-5, lire en ligne), p. 19-23.

Liens externes[modifier | modifier le code]