Tetrabiblos

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Le Tetrabiblos est un ouvrage sur l'astrologie écrit en grec par Ptolémée, qui fut traduit du grec en arabe, puis de l'arabe en latin.

Le Tetrabiblos est une encyclopédie[1] compilant le savoir antique de l'étude de l'astrologie vue par les Greco-Romains. C'est un ouvrage qui fait référence en matière d'astrologie[2].

Contenu de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Quadripartitum, 1622

Points saillants[modifier | modifier le code]

Dans la première partie, Ptolémée effectue un plaidoyer pour l'astrologie (voir ci-dessous la section Citations). Le Tetrabiblos remplace ce qui était d'ordre mystique ou recourrait à la mythologie grecque par des facteurs d'explication physiques[3]. C'est aussi sur le seul monde physique, et non sur le plan spirituel, que les astres ont une influence selon Ptolémée[4].

Sommaire[modifier | modifier le code]

Dans le Livre I du Tetrabiblos[5], Ptolémée a accordé une grande importance aux étoiles, ce qui n'est maintenant plus pratiqué abondamment que par l'astrologie sidérale[6]. Dans son Livre II, il traite d'astrologie mondiale[7]. Les Livres III et IV sont consacrés à l'astrologie natale[7].

Planètes et aspects[modifier | modifier le code]

Pour l'interprétation, Ptolémée a mis l'accent sur les planètes[8] (ne considérant pas que les seuls signes astrologiques, ce qui était l'autre méthode principale d'interprétation[8]) et il expliquait leur influence astrologique par leurs relations avec les autres planètes (aspects) et avec l'horizon local[8].

De fait, le système de Ptolémée ne tenait compte que du Soleil, de la Lune, des cinq planètes visibles à l'œil nu – n'ont été découvertes que bien plus tard Uranus (en 1781), Neptune (en 1846) ainsi que Pluton (en 1930) – et des étoiles.

Le Tétrabiblos repose, pour la qualification des planètes, essentiellement sur la doctrine des quatre qualités élémentales : Ptolémée qualifie les planètes en termes de « chaud », « froid », « sec » et « humide »[9], ce qui reste toujours une base de l'astrologie dite « savante ». Pour lui, les planètes « bénéfiques » (Jupiter, Vénus ainsi que la Lune) sont liées au principe humide[10], source de fécondité.

Maisons et signes[modifier | modifier le code]

Dans son Livre IV, quand Ptolémée (à travers ses traducteurs) parle de « maisons », il ne se réfère pas aux maisons astrologiques dans le sens admis aujourd'hui[11]. Son système de division en « maisons » n'est autre que celui de la division en signes zodiacaux[12]. Quand il parle de « maisons des planètes », il entend par là les signes[13] dont ces planètes ont la maîtrise :

Autres[modifier | modifier le code]

Comme autres facteurs techniques, Ptolémée traite de la part de fortune, des directions primaires et secondaires ainsi que des révolutions solaires[14].

Citations[modifier | modifier le code]

« Il ne faut pas croire que tout arrive aux hommes par une cause céleste (...)
Les choses inférieures changent par un destin naturel et muable,
bien qu'elles prennent du ciel même les premières causes de leurs changements,
lesquels leur arrivent après par quelque conséquence. »

— Claude Ptolémée

« Seuls les adversaires de l'astrologie sont restés ignorants du Tetrabiblos, continuant à porter sur cet art des critiques qui ne s'appliquent pas à la présentation que Ptolémée en a faite ou auxquelles il a précisément répondu. »

— Lynn Thorndike, A history of magic and experimental science, New York, Columbia University Press, 1923, vol. 1, p. 116.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://astrologiedeclaudeptolemee.wordpress.com/2011/09/25/claudeptolemee/
  2. Voir notamment Pascal Charvet, traducteur et commentateur, helléniste et professeur de chaire supérieure de langues anciennes, qui a écrit, en collaboration avec le CNRS, Le Livre unique de l'astrologie, traduction en français du Tetrabiblos, Éditions du Nil, 2000.
  3. Wilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, Vernal/Philippe Lebaud, , p.96.
  4. Bernard Baudouin, Dictionnaire de l'astrologie, Éditions de Vecchi, 2000, p. 31.
  5. (en) James Herschel Holden, A history of horoscopic astrology, p.45.
  6. William Tucker, Principes d'astrologie scientifique, Éditions Payot, 1939, p. 22.
  7. a et b Holden, p. 46.
  8. a b et c Knappich 1986, p. 72.
  9. Knappich 1986, p. 58-59.
  10. Knappich 1986, p. 75.
  11. Toutefois, dans son ouvrage astronomique, l'Almageste (Livre II, chapitre 9), Ptolémée avait indiqué une méthode de division de la sphère locale en 12 parties (Source : article Les maisons dans la tradition gréco-latine, par Jean Hiéroz, dans les Cahiers Astrologiques n° 12 (nouvelle série), Novembre-Décembre 1947).
  12. William Tucker, L'astrologie de Ptolémée, p. 66.
  13. William Tucker, L'astrologie de Ptolémée, p. 27.
  14. Suzel Fuzeau-Braesch, L'astrologie, Que sais-je? n° 2481, Éditions des Presses universitaires de France, 1995, (ISBN 978-21-30439-58-5), page 44.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [1], Le Tetrabiblos, ou les quatre livres de Claude Ptolémée, Édition Cardin Besongne, 1640
  • Claude Ptolémée, Le Tetrabiblos, traduction de Nicolas Bourdin de Vilennes, revue et présentée par André Barbault, Éditions Vernal/Philippe Lebaud, 1986
  • Claude Ptolémée, La Tétrabible, préface d'Elizabeth Teissier, Éditions des Belles Lettres, 1993
  • William Tucker, L'astrologie de Ptolémée, Commentaire du Tétrabiblos de Ptolémée, Éditions Payot, 1981
  • William Tucker, Principes d'astrologie scientifique, Éditions Payot, 1939