Testis unus, testis nullus

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Testis unus, testis nullus est une expression latine qui signifie littéralement : « Témoin unique, témoin nul. » Souvent employée dans le domaine du droit mais aussi de l'historiographie, elle affirme ce principe fondamental : un témoignage unique est sans valeur. On la traduit également par : « Un seul témoin, pas de témoin. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Cet adage provient du corpus juridique contenu dans la Bible hébraïque, en l'espèce un verset du Deutéronome (Dt 19,15) traduit en latin dans la Vulgate par : « Non stabit testis unus contra aliquem quicquid illud peccati et facinoris fuerit sed in ore duorum aut trium testium stabit omne verbum » (« Un seul témoin ne peut suffire pour convaincre un homme de quelque faute ou délit que ce soit ; quel que soit le délit, c'est au dire de deux ou trois témoins que la cause sera établie[1] »). Par exemple, la Loi exige le témoignage d’au moins deux personnes pour toute condamnation à mort (Nb 35,30 ; Dt 17,6).

Le Nouveau Testament évoque à son tour la nécessité de « au moins deux témoins », en 2Co 13,1 et Mt 18,16.

Domaine juridique[modifier | modifier le code]

Repris par le droit romain, cité dans le code de Justinien, appliqué par les tribunaux du Moyen Âge chrétien, ce principe reste en vigueur par la suite dans de nombreux pays[2].

Domaine historiographique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Méthodologie historique.

D'une manière générale, les historiens appliquent la règle du testis unus, testis nullus en estimant qu'un seul témoin ou une seule source ne peuvent être considérés comme fiables. La confrontation des données est l'une des bases du travail de recherche.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduction de la Bible de Jérusalem.
  2. Carlo 2006, p. 209.

Articles connexes[modifier | modifier le code]