Test de Marsh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marsh.
Schéma de l'équipement utilisé pour le test de Marsh.
Dispositif mis en œuvre pour mener un test de Marsh.

Le test de Marsh ou test de Marsh-Berzelius est un test de détection de l'arsenic initialement développé par James Marsh en 1836 et possiblement avant. Le test repose sur la formation d'arsine : l'échantillon à analyser est placé dans une solution acide en présence de zinc aboutissant à la formation d'hydrogène et d'arsine si le test est positif. L'arsine est ensuite décomposée thermiquement ou brûlée en même temps que l'hydrogène et les vapeurs d'arsenic formées condensées sur une surface froide. Ainsi, en cas de test positif, un miroir d'arsenic est observable sur la surface[1]. Le terme « test de Marsh-Berzélius » renvoie spécifiquement à la variante du test où l'arsine est décomposée thermiquement[1],[2].

La présence d'antimoine dans l'échantillon analysé aboutit également à un miroir qui peut être confondu avec celui d'arsenic. La distinction peut s'effectuer à l'aide d'une solution contenant un hypochlorite : l'arsenic sera dissout mais pas l'antimoine[1]. Le sélénium peut aussi être mis en évidence par le test de Marsh, résultant alors sur un miroir rouge à orange distinctif[2].

Bien que le test soit fondamentalement qualitatif[1], il est possible de réaliser des observations quantitatives en comparant la taille du miroir formé à des miroirs correspondant à des quantités d'arsenic connues[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1833, James Marsh est appelé pour tenter de détecter des traces d'arsenic dans le cadre d'une affaire de meurtre dont le suspect, John Bodle, est accusé d'avoir empoisonné le café de son grand-père. Marsh utilise alors un test développé par Samuel Hahnemann : du sulfure d'hydrogène est passé à travers une solution ammoniacale de marc de café et Marsh observe un précipité jaune caractéristique de l'arsenic. Cependant, lorsque Marsh présente ce précipité au jury, il est détérioré. Bodle, qui reconnaîtra les faits par la suite, est ainsi acquitté. Marsh cherche alors à créer un meilleur test. Il crée ainsi le test éponyme[3].

Historiquement, l'hydrogène et l'arsine formés sont brûlés et les produits de combustion sont dirigés vers une surface de verre, cette dernière se brisant souvent sous l'action de la flamme. Karl Friedrich Mohr et Justus von Liebig améliorent le test en proposant respectivement d'utiliser une surface de porcelaine plutôt que de verre pour la condensation et de décomposer l'arsine en faisant circuler les gaz produits le long d'un tube de verre préchauffé, évitant la combustion violente de l'hydrogène qui pourrait aboutir à des projections de solution sur la surface de condensation (la modification apportée par Liebig définit le test de Marsh-Berzelius[a]). À l'époque de Marsh, le test peut détecter 10 μg d'arsenic et est substantiellement plus rapide que les méthodes alors en usage[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En dépit du fait que Jöns Jacob Berzelius est travaillé sur une amélioration du test de Marsh sensiblement différente reposant sur la formation d'arséniure de cuivre cette méthode porte effectivement son nom[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f (en) Stewart H. Webster, « The development of the Marsh test for arsenic. », Journal of Chemical Education, vol. 24, no 10,‎ , p. 487 (ISSN 0021-9584 et 1938-1328, DOI 10.1021/ed024p487, lire en ligne, consulté le 19 juillet 2018).
  2. a b et c (en) C. P. Stewart et A. Stolman, Toxicology: Mechanisms and Analytical Methods, Elsevier, (ISBN 9781483259789), p. 644-646.
  3. (en) Andrea Sella, « Marsh's mirror », sur chemistryworld.com, .