Terrorisme en France en 2020

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Cette page présente une chronologie des actes de terrorisme ou projets d'attentats en France durant l'année 2020 ainsi que des principaux événements en relation avec des attentats des années précédentes.

Attentats[modifier | modifier le code]

Date Lieu Nombre de morts Nombre de blessés Description
Villejuif (Val-de-Marne) 2 (dont 1 terroriste) 2 Un homme a fait irruption dans le parc des hautes bruyères qui fait la jonction entre Villejuif et L'Haÿ-les-Roses. Armé d'une arme blanche, il blesse deux personnes et en tue une autre. Cette victime est morte des suite de ses blessures. L'individu se dirigera ensuite vers un centre commercial où il tombera face à une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) qui l’abattra alors qu'il les menaçait[1]. Le suspect est connu pour d'importants troubles mentaux, il était régulièrement hospitalisé à Saint-Anne[2]. Mais suite aux investigations, une radicalisation du suspect est prouvée, notamment grâce à la découverte d'ouvrages salafistes dans le sac à dos de l'assaillant ainsi qu'une préparation organisée de son passage à l'acte. Le parquet national antiterroriste se saisit de l’enquête le lendemain[3].
Metz (Moselle) 0 1 (le suspect) Un homme fiché S tente d'attaquer des policiers avec un couteau tout en criant plusieurs fois « Allah Akbar ». L'individu est immédiatement neutralisé par des tirs dans les jambes, puis placé en garde à vue[4].
Romans-sur-Isère (Drôme) 2 7 Un homme attaque au couteau des passants et des commerçants. Il aurait crié « Allah Akbar ». Il est interpellé peu après par la police[5].
Colombes (Hauts-de-Seine) 0 3 Vers 17 h 35, un homme percute volontairement avec sa voiture deux policiers à moto à Colombes (Hauts-de-Seine), les blessant grièvement. Il a sur lui une lettre d'allégeance à l'État islamique et, lors de son interrogatoire, exprime une volonté de représailles en réaction à la « situation en Palestine ». Il est mis en examen et écroué[6].
14 juillet Bastia (Haute-Corse) 0 0 Le 14 juillet, le groupe indépendantiste corse FLNC revendique un attentat à la bombe commis dans la nuit contre le siège du groupe départemental de gendarmerie dans la caserne de Montesoro à Bastia. Cependant, l'attentat n'a fait ni blessé ni dégâts matériels, au point que seul le fait que le bruit de l'explosion ait été entendu semble confirmer que l'attentat ait bien eu lieu[7]. 12 personnes seront arrêtées le 6 octobre 2020, dont 9 mises-en-examen pour «association de malfaiteurs terroriste correctionnelle», «destruction ou dégradation en réunion» et «transport et l'acquisition d'armes de catégorie A ou B»[8].
25 septembre Paris, 11e arrondissement 0 2 Vers 11 h 45, un individu armé d'un hachoir, agresse deux employés de la société de production audiovisuelle Premières Lignes devant leur locaux, rue Nicolas-Appert (l'ancienne adresse du journal satirique Charlie Hebdo, durant la période du procès des attentats de 2015). Les deux victimes sont évacuées dans un état grave. L'agresseur présumé, arrêté près de l'Opéra Bastille, est un demandeur d'asile pakistanais. Le parquet anti terroriste s'est saisi de l'enquête pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » [9].
16 octobre Conflans-Sainte-Honorine, Éragny (Yvelines) 2 dont 1 terroriste 0 Vers 17 h, un professeur d'histoire du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine est découvert décapité par la police. Un suspect de nationalité tchétchène âgé de 18 ans s'oppose à une patrouille à proximité sur le territoire communal d'Éragny : il est blessé par balles et meurt de ses blessures[10].

Tentatives d'attentats déjouées[modifier | modifier le code]

Date Lieu Description
Brest Dans la ville de Brest et ses environs, sept hommes (dont un mineur) sont arrêtés. Ils sont soupçonnés d'avoir préparé la commission d'un attentat et d'un départ vers la zone irako-syrienne[11].
Épinal 3 personnes sont arrêtées dans la ville d’Épinal, dans les Vosges, elles sont soupçonnées de préparer un attentat. Un appartement est perquisitionné par la police judiciaire, assistée du RAID. Ils y retrouvent des explosifs. Le principal suspect est fiché S pour radicalisation. Le Parquet national antiterroriste est saisi de l'affaire[12],[13].
12 mai Limoges Un ancien militaire proche des milieux suprémacistes et néonazis, croyant à la théorie complotiste du grand remplacement et ayant confié son admiration pour le terroriste d'extrême-droite Brenton Tarrant (celui qui a commis les Attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande) est interpellé par la Direction générale de la Sécurité intérieure, suspecté de préparer un attentat contre un lieu de culte juif[14].
23 septembre Alès Un homme de 48 ans est arrêté dans le Nord après avoir menacé de s'en prendre au commissariat de la ville d'Alès (Gard). Commissariat contre lequel il vouerait une haine le poussant à vouloir y mourir en martyr après y avoir commis une attaque terroriste. [15]

Mesures de lutte contre le terrorisme[modifier | modifier le code]

Durant l'été 2020, le Parlement adopte une proposition de loi prévoyant un large éventail de mesures de contrôle des détenus condamnés pour terrorisme à l'issue de leur peine de prison (suivi par le SPIP, contrôle judiciaire, bracelet électronique, autorisation préalable par le juge du déménagement, etc. avec un réexamen annuel) afin de prévenir une éventuelle récidive[16].

Issue du président de la commission des lois du Sénat Philippe Bas, ainsi que de la présidente de la commission des lois de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et du député Raphaël Gauvain, la quasi intégralité des dispositions de cette proposition de loi est censurée par le Conseil constitutionnel[17]. Le Conseil estime bien que « le terrorisme trouble gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur. L'objectif de lutte contre le terrorisme participe de l'objectif de valeur constitutionnelle de prévention des atteintes à l'ordre public », mais la loi « doit respecter le principe, résultant des articles 2, 4 et 9 de la Déclaration de 1789, selon lequel la liberté personnelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit nécessaire »[17],[18]. Or, le Conseil estime que les mesures auraient permis « d'imposer diverses obligations ou interdictions, le cas échéant de manière cumulative, qui portent atteinte à la liberté d'aller et de venir, au droit au respect de la vie privée et au droit de mener une vie familiale normale » pour une durée longue de 5 à 10 ans sans modulation en regard de la peine initiale[17],[18]. Enfin, le Conseil critique dans la décision le fait que les mesures de sûreté puissent intervenir même si le condamné n'a pas pu « bénéficier de mesures de nature à favoriser sa réinsertion » et que les renouvellements de la mesure de sûreté puissent être décidés « aux mêmes conditions que la décision initiale, sans qu'il soit exigé que la dangerosité de la personne soit corroborée par des éléments nouveaux ou complémentaires »[17],[18].

Enquêtes[modifier | modifier le code]

Date Lieu Description
30 juin La Courneuve, Paris Deux hommes de 32 et 42 ans, nés en Tunisie, sont interpellés et placés en garde à vue pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Ils sont soupçonnés d'être membres d'un réseau européen prenant en charge, en France et en Allemagne, des djihadistes ayant séjourné au sein de Daech, en leur fournissant faux papiers et logements[19].
10 juillet Paris Une information judiciaire est ouverte par le PNAT contre un djihadiste français, Nabil G. né en 1989 et dont la localisation est inconnue, accusé d’actes de « génocide » et de « crimes contre l’humanité » en Syrie entre 2015 et 2016 à l’encontre de Yézidis. Il est le second français mis en cause après Sabri Essid, pour des faits commis entre 2014 et 2016[20].

Procès[modifier | modifier le code]

  • 20 au  : jugé devant les assises de Paris, Mourad Farès, 35 ans, est condamné à 22 ans de réclusion criminelle pour avoir incité des aspirants au djihad à partir pour la Syrie (dont certains membres du commando ayant attaqué le Bataclan en 2015) et y avoir dirigé un groupe de combattants francophones. au sein de l’organisation État islamique en Irak et au Levant, puis un groupe affilié au Front Al-Nosra. Son complice Ali Eddine Benali, 25 ans, est condamné à 5 ans dont 3 ans de sursis avec mise à l’épreuve. Possiblement morts, Bilel Ben Mimoun et Hachmi Hattabi sont condamnés à 30 ans de réclusion criminelle[21].
  • 27 au  : Raouf El Ayeb, 33 ans est condamné à 17 ans de réclusion par les Assises de la Drôme pour tentative de meurtres sur quatre militaires de l'opération Sentinelle devant la mosquée de Valence en 2016[22].
  •  : jugeant quatre individus interpellés en 2017 à Clichy-sous-Bois avec des explosifs, la cour d'assises spéciale de Paris condamne l'un à 15 ans de prison, deux autres déjà détenus à 10 et 17 ans de réclusion, alors que le quatrième individu est acquitté[23].
  •  : Le parquet antiterroriste requiert un procès aux assises pour neuf personnes suspectées d'être impliquées à dives degrés dans l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice (86 morts) dont l'auteur principal, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, est mort durant l'attaque[24].
  •  : début du procès de Tyler Vilus devant la cour d'assises spéciale de Paris. Radicalisé en 2011, il milite d'abord en Tunisie au sein du groupe Ansar al-Charia puis rejoint la Syrie en 2013 et y fait venir sa mère, qui sera condamnée à 10 ans de prison en 2017. Suspecté d'être membre d'une brigade comprenant Abdelhamid Abaaoud, il est arrêté le à Istambul et suspecté d'avoir voulu préparer un attentat en France et mis en examen des faits « meurtre en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste »[25]. Il est condamné à 30 ans de prison, assortis d’une période de sûreté des deux tiers. Le Parquet, qui avait requis la perpétuité, fait appel[26].
  •  : ouverture du procès de Sid-Ahmed Ghlam et de deux complices présumés devant la cour d'assises spéciale de Paris, pour l'assassinat d'Aurélie Châtelain et un attentat raté contre une église de Villejuif le 19 avril 2015[28].
  •  : Ouverture du procès de Farid Ikken qui avait agressé au marteau trois policiers au nom du groupe État islamique le sur le parvis de Notre-Dame de Paris. Le 14 octobre, il est condamné à une peine de 28 ans de prison, avec une peine de sûreté des deux tiers et une interdiction définitive du territoire français[29],[30].

Aide aux victimes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Agence France-Presse, « Un mort dans une attaque au couteau à Villejuif, l’homme abattu », sur lemonde.fr, (consulté le 3 janvier 2020)
  2. « Attaque au couteau à Villejuif : un homme au lourd passé psychiatrique », sur Franceinfo, (consulté le 7 janvier 2020)
  3. « Attaque de Villejuif: le parquet antiterroriste se saisit de l'enquête », sur www.bfmtv.com, (consulté le 4 janvier 2020)
  4. « Un homme menaçant, armé d’un couteau et hurlant «Allah Akbar», neutralisé par balle par la police », sur actu17.fr, (consulté le 5 janvier 2020)
  5. Agence France-Presse, « Romans-sur-Isère : le Parquet national antiterroriste se saisit de l’enquête sur l’attaque au couteau qui a fait deux morts », sur lemonde.fr, (consulté le 5 avril 2020)
  6. « Policiers percutés à Colombes : le suspect mis en examen et écroué annonce le parquet national antiterroriste », sur francetvinfo.fr, (consulté le 2 mai 2020).
  7. « FLNC : un attentat revendiqué qui reste un mystère », sur corsematin.com, (consulté le 1er août 2020)
  8. Victoria Leonardi, « Tirs contre la gendarmerie à Bastia. Vives réactions en Corse après la vague d'interpellations et incarcérations », sur corsenetinfos.corsica, (consulté le 11 octobre 2020)
  9. Agence France-Presse et Reuters, « Attaque à l’arme blanche près des anciens locaux de « Charlie Hebdo » : le principal suspect a assumé son acte en garde à vue », sur lemonde.fr, (consulté le 26 septembre 2020)
  10. Matthieu Suc, « Un enseignant décapité dans les Yvelines, le tueur présumé abattu », sur mediapart.fr, (consulté le 17 octobre 2020)
  11. Agence France-Presse, « Un des suspects interpellé à Brest avait été condamné pour « apologie du terrorisme » », sur nouvelobs.com, (consulté le 22 janvier 2020)
  12. « Épinal : un homme fiché S et deux autres personnes interpellées, le parquet antiterroriste saisi du dossier », sur France 3 Grand Est (consulté le 24 janvier 2020)
  13. « Epinal : le Parquet national antiterroriste se saisit après la découverte d'engins explosifs dans un immeuble, trois personnes interpellées », sur Franceinfo, (consulté le 24 janvier 2020)
  14. « Un ex-militaire interpellé à Limoges dans le cadre d'une enquête pour association de malfaiteurs terroriste », sur francetvinfo.fr, (consulté le 26 mai 2020)
  15. « Gard : un homme prévoyant une attaque terroriste au commissariat d'Alès placé en garde à vue dans le Nord », sur France 3 Occitanie (consulté le 25 septembre 2020)
  16. Jean-Baptiste Jacquin, « Les mesures de sûreté pour les terroristes ayant purgé leur peine de prison bientôt en vigueur », sur lemonde.fr, (consulté le 26 juillet 2020)
  17. a b c et d Jean-Baptiste Jacquin, « Le Conseil constitutionnel censure la loi de sûreté contre les ex-détenus terroristes », sur lemonde.fr, (consulté le 8 août 2020)
  18. a b et c « Décision n° 2020-805 DC du 7 août 2020 », sur conseil-constitutionnel.fr, (consulté le 7 août 2020)
  19. Jean-Michel Décugis et Jérémie Pham-Lê, « Exfiltration de djihadistes vers l’Europe : deux suspects interpellés en région parisienne », sur leparisien.fr, (consulté le 2 juillet 2020)
  20. Agence France-Presse, « Un djihadiste français visé par une enquête pour "génocide" et "crimes contre l’humanité" », sur sudouest.fr, (consulté le 28 juillet 2020)
  21. Agence France-Presse, « L’ex-recruteur djihadiste Mourad Farès condamné à vingt-deux ans de prison », sur lemonde.fr, (consulté le 25 janvier 2020)
  22. Agence France-Presse, « Condamné à 17 ans de réclusion pour avoir foncé sur quatre militaires à Valence en 2016 », sur leparisien.fr, (consulté le 2 février 2020)
  23. Agence France-Presse, « Un homme condamné à 15 ans de prison pour un projet d'attentat, son frère acquitté », sur lexpress.fr, (consulté le 2 février 2020)
  24. Agence France-Presse, « Attentat de Nice : le parquet antiterroriste demande un procès aux assises pour neuf personnes », sur francetvinfo.fr, (consulté le 26 juillet 2020)
  25. Timothèe Boutry, « Tyler Vilus, une figure du djihad devant la cour d’assises spéciale », sur leparisien.fr, (consulté le 26 juin 2020)
  26. Agence France-Presse, « Terrorisme : Condamné à 30 ans de prison, le djihadiste français Tyler Vilus sera rejugé », sur 20minutes.fr, (consulté le 26 juillet 2020)
  27. Agence France-Presse, « Quarante-neuf jours d’audience, 14 accusés et près de 200 parties civiles : coup d’envoi du procès des attentats de janvier 2015 », sur lemonde.fr, (consulté le 2 septembre 2020)
  28. « Ouverture du procès de Sid-Ahmed Ghlam pour une tentative d'attentat et un meurtre à Villejuif en 2015 », sur lepoint.fr, (consulté le 5 octobre 2020)
  29. Yann Bouchez, « Au second jour de son procès pour l’attaque d’un policier, Farid Ikken fait l’éloge de l’organisation Etat islamique », sur lemonde.fr, (consulté le 14 octobre 2020)
  30. Agence France-Presse, « Farid Ikken, l’assaillant djihadiste au marteau devant Notre-Dame, condamné à 28 ans de prison », sur nouvelobs.com, (consulté le 14 octobre 2020)
  31. Agence France-Presse, « Macron appelle à « se souvenir des visages » des victimes du terrorisme », sur lemonde.fr, (consulté le 12 mars 2020)
  32. « Décret du 29 juillet 2020 portant nomination de la déléguée interministérielle à l'aide aux victimes - Mme CALANDRA (Frédérique) », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 13 août 2020)
  33. « MADAME PELSEZ SERA REMPLACEE PAR MADAME CALANDRA », sur fenvac.org, (consulté le 13 août 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]