Province de Terre de Feu (Argentine)

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Terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique sud
Provincia de Tierra del Fuego, Antártida e Islas del Atlántico Sur
Blason de Terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique sud
Héraldique
Drapeau de Terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique sud
Drapeau
Localisation de la terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique sud
Localisation de la terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique sud
Administration
Pays Drapeau de l'Argentine Argentine
Capitale Ushuaïa
Gouverneur Rosana Bertone
ISO 3166-2 AR-V
Démographie
Gentilé Fueguino/a
Population 127 205 hab. (2010)
Densité 6 hab./km2
Géographie
Superficie 21 263 km2
Liens
Site web tierradelfuego.gov.ar

La province de Terre de Feu (en espagnol : Provincia de Tierra del Fuego) est une région administrative de l'Argentine située sur la Grande Île de Terre de Feu, en Patagonie argentine. L'Argentine revendique le rattachement à la province des Malouines, de l'archipel de Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud et d'une partie de l'Antarctique. C'est la raison pour laquelle le nom complet de la région est « Terre de Feu, Antarctique et îles de l’Atlantique sud » (en espagnol : Provincia de Tierra del Fuego, Antártida e Islas del Atlántico Sur).

Le détroit de Magellan sépare la province du continent sud-américain.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Vue d'Ushuaïa au pied des Andes fuégiennes.

En plus de la partie argentine de la Grande Île de Terre de Feu, la province est aussi celle des revendications territoriales sur un secteur de l’Antarctique (dont l'essentiel est aussi revendiqué à la fois par le Chili et le Royaume-Uni dont les deux secteurs se recouvrent largement, le reste étant revendiqué par l’un des deux), ainsi que sur les îles Malouines, la Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud, deux territoires administrés par le Royaume-Uni. Le nom « Terre de Feu » (en espagnol : Tierra del Fuego) est davantage privilégié dans l’usage.

Histoire[modifier | modifier le code]

La province était habitée depuis près de 10 000 ans, par différents groupes d’aborigènes : les Selknams (ou Shelknams) ou Onas, les Yagans ou Yámanas, les Alakalufs ou Kaweskars et les Haushs ou Mánekenks. Parmi eux, les Selknams et les Mánekenks faisaient partie du groupe complexe des Tehuelches. La souveraineté argentine sur la moitié orientale de la grande île fut établie progressivement tout au long du XIXe siècle. À partir de 1880, l'île est le théâtre d'un des faits les plus atroces de l'histoire argentine. Des milliers d'indigènes amérindiens sont massacrés par des bandes de tueurs à la solde d'immigrants anglais et croates, propriétaires d'estancias. Cinq livres sterling étaient payés pour chaque indien mort, qu'il soit homme, femme ou enfant[1],[2].

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Un aventurier richissime d'origine roumaine, Julius Popper, qui avait établi sa propre loi sur l'île et formé ses propres bandes de tueurs, se vantait alors d'être un « chasseur d'Onas » et exhiba ses propres photos à ce propos[3]. Bien que les pères salésiens aient dénoncé ces horreurs et que leurs rapports soient arrivés au Congrès National à Buenos Aires, rien ne fut fait pour les empêcher, ni pour punir les coupables. Il est vrai qu'à l'époque le président argentin n'était autre que l'ex-général Julio Argentino Roca, celui-là même qui avait conçu et mené la campagne génocidaire anti-indienne dite « Conquête du Désert » en Patagonie. La purification ethnique se poursuivit jusque dans les années 1920.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le glacier Romanche donnant sur le canal Beagle.

Le secteur fuégien de la province est formé par la partie orientale de la Grande Île de Terre de Feu (Isla Grande de Tierra del Fuego) et l'île des États. La Terre de Feu est séparée du continent par le détroit de Magellan qui fait communiquer les deux océans et qui avant la construction du canal de Panama, était, avec le passage de Drake les seuls passages entre l'Atlantique et le Pacifique. Bien des navigateurs, à l'époque des grandes découvertes, ont essayé de les franchir, affrontant leurs eaux furieuses, mais peu réussirent sans dommage. Dans cet archipel, découvert par Magellan en 1520, se trouve la ville la plus méridionale du monde, Ushuaïa, sur la rive nord du canal de Beagle.

Ses côtes sont baignées par la mer d'Argentine, partie de l'océan Atlantique sud. Dans le nord de la grande île, il y a de douces collines morainiques qui sont un témoignage de la glaciation quaternaire. Les côtes y sont basses et sableuses, mais elles s'élèvent de plus en plus vers le sud. La partie sud de l'île est parcourue d'ouest en est par la section fuégienne de la cordillère des Andes. Le mont Cornú en est le sommet avec ses 1 490 m.

La région souveraine couvre une superficie de 21 571 km2[4]. La région, y compris les territoires contestés et revendiqués, couvre une superficie totale 1 002 352 km2, comprenant l'Antarctique argentine et les îles en Atlantique Sud.

L'Île des États[modifier | modifier le code]

L'Île des États (Isla de los Estados) est une île située à l'est de la Terre de Feu. Elle a été découverte en 1616 par l'anversois Jacob Le Maire. Elle est séparée de la Grande île par le détroit de Le Maire. L'île fait entièrement partie de la Réserve Provinciale écologique, historique et touristique appelée Réserve provinciale Isla de los Estados et l'accès y est restreint. Depuis 1998, par le décret provincial no 2603, le public n'y est plus autorisé.

Article détaillé : Île des États.
Photo prise par satellite de l'île des États, avec la Terre de Feu à gauche. Entre les deux îles : le détroit de Le Maire.

L'île des États est entourée par des petites îles au nord, les îles du Nouvel-An. La plus grande est l'île Observatorio, à 6,5 km au nord. Sa superficie est 4 km2. Elle possède un phare, le phare Año Nuevo construit en 1902.

Article détaillé : Îles du Nouvel-An (Argentine).

Voies d'accès[modifier | modifier le code]

Voie routière[modifier | modifier le code]

Par voie routière, depuis Buenos Aires, on accède à la grande île par la route nationale 3. Celle-ci est interrompue entre les km 2 674 et 2 696, à cause du détroit de Magellan. Le passage entre les provinces de Santa Cruz et de Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud se fait par le territoire chilien (au moyen des routes CH-255 et CH-257 sur 57 km au nord du détroit et de 148 kilomètres supplémentaires au sud de ce dernier). La traversée du détroit de Magellan se fait en 20 minutes par un ferry qui parcourt 4,65 km.

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Voie aérienne[modifier | modifier le code]

  • Aéroport international d'Ushuaia « Malvinas Argentinas ». situé à 5 km du centre de la ville, sur une petite péninsule se trouvant au sud de la ville (Péninsule d'Ushuaia). 815.031 passagers y sont passés en 2017. Sa longueur de piste est de 2.800 mètres, ce qui lui permet d'accueillir des Boeing 747 notamment.
  • Aéroport international de Río Grande « Gobernador Ramón Trejo Noel » (151.091 passagers en 2017). Longueur de piste : 2.000 mètres.
  • Aéroport Gustavo Marambio. Il est le plus ancien aéroport du continent antarctique. Il se trouve dans la base militaire Vicecomodoro Marambio qui est la principale station scientifique et militaire permanente de l'Argentina dans l'Antarctique. Cette base est située sur l'île Seymour ou Marambio sur la mer de Weddell.
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Le Train du bout du monde[modifier | modifier le code]

Le Train du bout du monde ou Ferrocarril Austral Fueguino (FCAF, en français : Chemin de fer austral fuégien), ou en espagnol : Tren del Fin del Mundo, est une petite ligne ferroviaire, longue de 8 km, qui relie la ville d'Ushuaïa au parc national Tierra del Fuego.

Entre 1909 et 1952 on le nommait « Train des prisonniers » (en espagnol : Tren de los presos), car il servait comme moyen de transport de marchandises et de bois depuis la prison nationale d'Ushuaïa vers les forêts andines. La ligne fut partiellement détruite en 1947 suite à un séisme et fut abandonnée. En 1994, l'entreprise privée Turismo S.A. décida de la faire revivre en créant le « Train du bout du monde ». L'écartement des voies est de 50 cm. Cette ligne est dédiée au tourisme. Elle est la voie ferrée la plus australe au monde et rencontre un franc succès auprès des nombreux touristes de la région.

Article détaillé : Train du bout du monde.
Article détaillé : Parc national Tierra del Fuego.
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Les villes[modifier | modifier le code]

  • Ushuaia (56 956 habitants en 2010), capitale de la province fut fondée en 1884.
  • Río Grande (66 475 habitants en 2010), considérée comme capitale économique de la province. Port sur l'océan atlantique, elle fut fondée en 1921.
  • Tolhuin (2 949 hab. en 2010), troisième ville en importance, est située au centre de la province.
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Les différents groupes de provinces argentines.

La Région Patagonique[modifier | modifier le code]

Depuis 1996, la province de Santa Cruz fait partie d'un des quatre groupes de province de l'Argentine : la Région de Patagonie ou Région Patagonique (Región Patagónica )

Celle-ci fut créée par le traité signé à Santa Rosa le 26 juin 1996. Ses buts sont exprimés dans l'article 2 du traité. Il y est dit que la région aura comme objectif général la promotion du développement humain et le progrès économique et social, en renforçant les autonomies provinciales dans la disponibilité de leurs ressources et l'accroissement de leur potentiel productif.

Les provinces qui ont intégré la Région de Patagonie sont :

"La Pampa, Neuquén, Río Negro, Chubut, Santa Cruz et Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud, y compris le sous-sol, la Mer Argentine adjacente et l'espace aérien correspondant".


Administration[modifier | modifier le code]

Ushuaïa est la capitale de la province. La province est divisée en quatre départements, dont deux seulement sont sous la souveraineté réelle de l'Argentine.

Départements et territoires revendiqués[modifier | modifier le code]

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Climat[modifier | modifier le code]

Climogramme d'Ushuaia.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,9 5,5 4,4 2,6 0,7 −1,1 −1,4 −0,7 0,7 2,5 3,9 5,1 2,3
Température moyenne (°C) 10,4 9,8 8,7 6,5 3,9 1,8 1,7 2,7 4,5 6,5 8,4 9,5 6,2
Température maximale moyenne (°C) 14,9 14,2 12,9 10,4 6,9 4,7 4,7 6,1 8,3 10,6 12,8 13,9 10
Record de froid (°C) −1 −3,9 −3,8 −4 −11,2 −13,9 −12,8 −11 −9 −6,2 −3 −2,8 −13,9
Record de chaleur (°C) 27 27,5 25 21,5 18 16 15 17,4 19,8 19,5 26,3 25,3 27,5
Précipitations (mm) 52,4 42,2 51,8 42,6 34,5 66,8 41,5 39,6 56,3 57,9 39,3 61,2 586,1
Source : Le climat à Ushuaia (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1957)[1]



Dans la base antarctique argentine de Marambio, sur la côte antarctique, par 64° de latitude sud, le climat est bien sûr beaucoup plus froid, mais réserve parfois quelques surprises :

Base antarctique Marambio
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température moyenne (°C) −1,9 −3 −6,9 −12,1 −13,8 −15,1 −14,9 −14,5 −11,1 −7,1 −4,3 −1,7 −8,9
Record de froid (°C) −9,5 −15,6 −24,6 −31,5 −34,5 −37,6 −36,8 −38,3 −34 −26,8 −21,3 −11,2 −38,3
Record de chaleur (°C) 15,2 12,6 17,4 12,3 15,4 8,4 10,8 8,5 9,8 11,7 13,8 16,5 17,4
Précipitations (mm) 56 48 75 59 54 47 54 72 62 56 65 59 707
Source : Le climat à la Base antarctique Marambio (en °C et mm, moyenne mensuelle)[7],[8],[9]

On constate en effet que des températures quasi printanières peuvent s'y produire.

On remarque également le niveau élevé des précipitations moyennes annuelles, et ce à l'inverse des précipitations observées dans les régions boréales (nord de la Russie et du Canada notamment). Le continent antarctique est en effet totalement ouvert sur les vastes étendues des océans chauds (Pacifique, Indien, Sud-atlantique) à évaporation intense, qui lui envoient régulièrement de larges masses d'air tiède saturé en eau.

Démographie[modifier | modifier le code]

Lors du recensement argentin de 1980, la région comptait un total de 27 358 habitants[10]. En 1991, la région compte 69 369 habitants, soit 67 303 habitants en milieu urbain et 2 066 en milieu rural[11]. En 2004, la région recense 123 838 habitants[12]. En 2012, elle compte un total de 127 205 habitants[13].

Croissance[modifier | modifier le code]

Depuis 1895, la population de la province a évolué comme suit :

1895 1914 1947 1960 1970 1980 1991 2001 2010
Province de
Terre de Feu
477 2.504 5.045 11.209 15.658 29.392 69.369 101.079 126.190
Total Argentine 4 044 911 7 903 662 15 893 811 20 013 793 23 364 431 27 949 480 32 615 528 37 156 195 40 091 359

La croissance démographique a été très élevée tout au long du XXe siècle. En 1895, quelque 477 habitants à peine peuplaient ce territoire. Les aborigènes non soumis (Indios Bravos) n'étaient cependant pas inclus dans ce chiffre, mais ceux-ci avaient été décimés par la récente conquête du Désert et les horreurs subséquentes, et n'étaient plus que quelques centaines.

On remarque que la population de la province a quadruplé depuis le début des années 1980, et affiche ainsi un rythme d'accroissement très supérieur à la moyenne du pays. Si le rythme d'accroissement observé au début du XXIe siècle se maintient - et ce avant tout grâce à l'immigration venue d'autres province -, on peut prévoir une poursuite de la forte hausse démographique dans les prochaines décennies[14].

Article détaillé : Démographie de l'Argentine.

Les amérindiens aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le recensement argentin de 2010 a révélé l'existence de 2.761 personnes qui se considéraient Onas dans l'ensemble du pays, dont 294 en province de Terre de Feu[15],[16].

Ressources hydriques[modifier | modifier le code]

Les cordons montagneux sont séparés par des vallées et des lacs glaciaires, comme le lac Fagnano (ou lac Kami), le lac Chepelmut, le lac Yehuin, le lac Escondido et le lac Roca. Ces lacs créent de superbes paysages entourés par des bois et des cordillères toujours enneigées. Il y a aussi de denses tourbières entourées de bois tout aussi denses. Les castors ont construit des digues formant un grand nombre de petites lagunes.

Zones protégées[modifier | modifier le code]

L' automne rouge dans la Terre de Feu. Le nom de l'île pourrait être dû à la couleur rouge qui prédomine dans ses bois durant ses automnes prolongés.
Goéland de Scoresby (Leucophaeus scoresbii) appelé localement Gaviote.

La flore[modifier | modifier le code]

Dans la Grande Île de Terre de Feu on trouve deux types de biomes très imbriqués: les espaces planes du nord sont fort semblables aux régions de steppe de la Patagonie orientale extraandine et aux paysages des îles Malouines. Ce sont: des steppes de graminées dures et des tussacs ou fachinals. Là, le climat froid et des vents importants ont entrainé l'absence d'arbres, le développement de petits arbustes et de larges étendues herbacées.

Par contre, la région de type andin et préandin de l'archipel fuégien (les îles de l'An Nouveau incluses et parmi elles l'île des Etats) sont extrêmement humides et on y trouve le biome de forêts denses antiboréales dans lesquelles prédominent le lenga (Nothofagus pumilio), le ñire (Nothofagus antarctica), le coihue (Nothofagus dombeyi), le canelo (Drimys winteri), et le leña dura, ou des espèces allochtones comme les sapins et les érables (pendant l'automne et une bonne partie de l'été la zone boisée de la Terre de Feu se couvre d'un feuillage dans lequel prédominent les teintes rouges et orangées). Sous les arbres, un dense sous-bois prospère, fait de calafates (Berberis buxifolia), de michay (Berberis darwini), de notro (ou Embothrium coccineum), de chaura, de bruyère arborescente (Erica arborea ou localement « brezo »), de mousses etc. Au sol il y a des setas ou des champignons comme le comestible appelé « pan de indio » (Cyttaria), des lichens comme la « barba de viejo ».

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Dans la région andine de l'archipel fuégien (ou Austrandie), le climat froid favorise en outre le développement de toundras et de glaciers qui descendent jusqu'à la côte du canal de Beagle et de courtes rivières (Grande, Moneta, Ona, Lasifashaj, Pipo, etc.) mais aux débits élevés.

Flore marine[modifier | modifier le code]

Macrocystis pyrifera et ses flotteurs caractéristiques en forme de poire.

Les eaux côtières de la Terre de Feu sont particulièrement riches en algues de l'ordre des Laminariales (connues sous le nom de kelp), spécialement le sargazo géant ou Macrocystis pyrifera, qui forme de véritables forêts sous-marines. Ces algues très nutritives s'utilisent dans l'alimentation humaine ou du bétail, ou nourrissent une série d'autres espèces marines, et s'utlisent aussi dans l'industrie (production d'agar-agar, etc).

Faune[modifier | modifier le code]

Il existe en Terre de Feu et sur ses côtes des habitats adaptés pour de multiples espèces variées d'animaux. Parmi ceux-ci : les guanacos (dans les steppes du nord de l'île), des renards culpeo, des condors, et parfois des pumas, des huillíns ou loutre de mer, diverses espèces de manchots, albatros, cormorans, lions marins (appelés en Argentine lobo marino, littéralement « loup de mer »), cétacés, goélands (ou gaviotes en langage commun local), pétrels, colombes antarctiques. Il existe aussi des animaux allochtones très adaptés : castors, rennes en Géorgie du Sud et dans l'archipel fuégien.

Faune littorale[modifier | modifier le code]

Oiseaux[modifier | modifier le code]

Dans le réserve Reserva Costa Atlántica on peut voir de très nombreux oiseaux. Parmi les oiseaux limicoles, on estime que 43 % du total sud-américain de la barge hudsonienne (Limosa haemastica), 13 % de la population totale du continent de bécasseau maubèche (Calidris canutus) et 32 % de la population de la côte atlantique du bécasseau à croupion blanc (Calidris fuscicollis) utilise la zone, principalement pour s'alimenter durant la migration. Certains s'y reproduisent comme le pluvier de d'Urville (Charadrius modestus), le pluvier des Falkland (Charadrius falklandicus) et la pluvianelle magellanique (Pluvianellus socialis). On note aussi la présence de l'ouette à tête rousse (Chloephaga rubidiceps).

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On observe aussi dans cette zone le busard bariolé (Circus cinereus), la buse aguia (Geranoaetus melanoleucus), l'attagis de Magellan (Attagis malouinus), le thinocore de Patagonie (Thinocorus rumicivorus), la géositte à bec court (Geositta antarctica), la géositte mineuse (Geositta cunicularia), l'upucerthie des buissons (Upucerthia dumetaria), la monjita chocolate (Neoxolmis rufiventris), le dormilon à ventre roux (Muscisaxicola capistratus), le dormilon bistré (Muscisaxicola maclovianus), le phrygile à tête grise (Phrygilus gayi), le sicale de Patagonie (Sicalis lebruni).

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L'Île des États est l'aire principale pour le manchot Gorfou sauteur (Eudyptes chrysocome), avec rien moins que 26% de la population mondiale de la sous-espèce australe. Il existe d'importantes colonies de Manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus) dans l'île Observatorio et l'île Goffre. On trouve également dans la zone une des deux aires de reproduction du Pétrel géant (Macronectes giganteus) en Argentine. Y nidifient aussi le cormoran impérial (Phalacrocorax atriceps) et le Cormoran de Magellan (Phalacrocorax magellanicus). C'est probablement le lieu de reproduction du puffin fuligineux (Puffinus griseus) et du Manchot royal (Aptenodytes patagonicus).

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Il y a un nombre important d'ouettes marines (Chloephaga hybrida) et de brassemers cendrés (Tachyeres pteneres). L'Île des États héberge entre 10 et 25% de la population mondiale de Caracara austral (Phalcoboenus australis). En outre cette île présente une grande variété d'autres rapaces et charognards comme le caracara huppé ou carancho (Caracara plancus), la buse aguia (Geranoaetus melanoleucus), la buse tricolore (Buteo polyosoma), la crécerelle d'Amérique (Falco sparverius), le faucon pèlerin (Falco peregrinus), le condor des Andes (Vultur gryphus) et l'urubu à tête rouge (Cathartes aura). Les eaux environnantes riches en biomasse sont aussi fort importantes pour l'alimentation des oiseaux qui ne nidifient pas dans l'île, mais qui sont protégés internationalement, comme l'albatros hurleur (Diomedea exulans), l'albatros royal (Diomedea epomophora), et l'albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophrys).

Article détaillé : Île des États.
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Mammifères marins[modifier | modifier le code]

Comme partout sur les côtes de Patagonie et notamment de la mer d'Argentine, la faune de mammifères est abondante et variée. On peut observer la loutre du Chili (Lontra provocax), la loutre marine (Lontra felina), l'otarie à crinière appelé localement lobo marino (Otaria flavescens) ainsi que l'otarie à fourrure australe (Arctocephalus australis), des (odontocètes) (y compris l'orque).

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On peut observer divers delphinidés, et parmi eux le dauphin de Commerson (Cephalorhynchus commersonii), le dauphin aptère austral (Lissodelphis peronii), le (lagénorhynque sablier, le dauphin de Peale, le lagénorhynque obscur appelé aussi dauphin obscur, le globicéphale noir (globicephala melas edwardi).

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Les cétacés sont particulièrement abondants, comme la baleine franche australe (Eubalaena australis), la baleine bleue (Balaenoptera musculus) (le plus grand des animaux vivant sur Terre), la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), l'orque (Orcinus orca), la fausse orque (Pseudorca crassidens). On observe aussi divers (phoques) dont le très massif éléphant de mer du sud (Mirounga leonina).

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Poissons[modifier | modifier le code]

Extrêmement riches en plancton et en krill, les eaux océaniques qui baignent la Terre de Feu et les îles avoisinantes hébergent quantité d'espèces de poissons.

Parmi ces espèces il faut citer le faux saumon (Pseudopercis semifasciata), la corvina negra (Pogonias cromis), le mérou (Acanthístius brasilíamis), la palometa de mar (Parona signata), le pejerrey baboso (Odontesthes argentinensis), le pejerrey de Patagonie (Odontesthes hatcheri), la grande sériole (Seriola lalandei), le róbalo (Eleginops maclovinus) que l'on rencontre aussi dans les rivières. On trouve aussi le tassergal (Pomatomus saltarix), la bonite à dos rayé (Sarda sarda), le maquereau espagnol (caballa) (Scomber japonicus). On rencontre également dans ces eaux la légine australe (Dissostichus mawsoni) et un autre poisson géant, l'abadèche rose (Genypterus blacodes).

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On trouve aussi plusieurs espèces de requins : le requin nez noir (Carcharhinus acronotus), le requin cazón (Galeorhinus galeus), le requin-taureau (Carcharias taurus), le requin gatopardo (Notorhynchus cepedianus) et le requin gatuzo (Mustelus schmitti).

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Avifaune de Géorgie du sud[modifier | modifier le code]

Ces îles possèdent les plus importantes concentrations, dans les océans austraux, d'oiseaux de mer y nidifiant. On y recense 30 espèces. On oberve avant tout l'albatros hurleur (Diomedea exulans), l'albatros à tête grise (Thalassarche chrysostoma), l'albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris) et l'albatros fuligineux (Phoebetria palpebrata). On peut observer de plus le gorfou doré (Eudyptes chrysolophus), le pétrel géant (Macronectes giganteus), le puffin à menton blanc (Procellaria aequinoctialis), le manchot papou (Pygoscelis papua) et le pétrel de Hall (Macronectes halli), le pipit antarctique (Anthus antarcticus), une sous-espèce du canard à queue pointue (Anas georgica georgica), le manchot royal (Aptenodytes patagonicus), le manchot à jugulaire (Pygoscelis antarctica), le damier du Cap (Daption capense), le pétrel des neiges (Pagodroma nivea), le prion bleu (Halobaena caerulea), le prion de la Désolation (Pachyptila desolata), el prion colombe (Pachyptila turtur), l'océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), l'océanite à ventre noir (Fregetta tropica), le puffinure de Géorgie du Sud (Pelecanoides georgicus), le puffinure plongeur (Pelecanoides urinatrix), le cormoran impérial (Phalacrocorax georgianus).

La population d'albatros disminue de façon alarmante, ceci principalement à cause des dégâts liés à certaine forme de pêche (palangre), ce qui est très inquiétant étant donnée l'importance mondiale de ce site. La population de pipit antarctique (Anthus antarcticus) est menacée d'extinction, suite à la prédation de la part de rats importés, mais subsiste dans quelques îles périphériques non encore infestées.

Plus au sud sur les rives et au large du continent antarctique, on peut observer le superbe Manchot empereur (Aptenodytes forsteri).

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Faune terrestre[modifier | modifier le code]

Mammifères terrestres[modifier | modifier le code]

Parmi les mammifères terrestres autochtones, on citera le renard de Magellan (Lycalopex culpaeus), le guanaco (Lama guanicoe) ainsi que différentes espèces de rongeurs, tels le tuco-tuco (Ctenomys magellanicus), l' Abrothrix lanosus, l' Abrothrix longipilis ainsi que l' Abrothrix olivaceus.

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Oiseaux[modifier | modifier le code]

Dans les régions quelque peu éloignées des océans, que ce soit sur terre, sur les lacs ou près des cours d'eau, on observe l'ouette de Magellan (Chloephaga picta), l'ouette à tête grise (Chloephaga poliocephala), l'ouette à tête rousse (Chloephaga rubidiceps), le synallaxe austral (Asthenes anthoides), le busard bariolé (Circus cinereus), la buse aguia (Geranoaetus melanoleucus), le caracara à gorge blanche (Phalcoboenus albogularis), le pluvier de d'Urville (Charadrius modestus), l'attagis de Magellan (Attagis malouinus), la dormilon à nuque jaune (Muscisaxicola flavinucha), le dormilon bistré (Muscisaxicola maclovianus), le phrygile à tête grise (Phrygilus gayi).

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Économie[modifier | modifier le code]

Élevage[modifier | modifier le code]

L'élevage est à la base de l'économie de la province. Le bétail constitue la principale richesse de la Terre de Feu, ce qui est notamment vrai pour les ovins. La population y élève des races productrices de laine, comme le Mérinos, et à double vocation (viande et laine) comme la Corriedale et le Romney Marsh. Les têtes de bétail existantes peuvent-être estimées à environ 800 000, avec une nette prédominance de la Corriedale. Les animaux bénéficient d'une liberté sans limite au cœur des plaines du Nord-Est de la province, ce qui explique sans doute l'excellente qualité de leur viande. Hormis l'agneau, la viande n'est cependant pas la spécialité de la province, comme elle peut l'être dans d'autres régions de l'Argentine.

Pêche[modifier | modifier le code]

Les espèces de fruit de mer et de poisson particulièrement pêchées en Terre de Feu sont respectivement la centolla ou Crabe royal de Patagonie (une variété endémique de crabe), et la sardine fuégienne. Suite à la surpêche du très apprécié crabe royal, on lui a trouvé un remplaçant de fort bon goût lui aussi et abondant de surcroît, le Paralomis granulosa.

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Exploitation forestière[modifier | modifier le code]

L'activité n'est significative que dans le secteur Sud de la province Fueguina, particulièrement boisé, notamment autour de Tolhuin.

Industrie[modifier | modifier le code]

Une loi de promotion industrielle votée en 1972 a accordé des bénéfices spéciaux aux résidents et à tous les industriels qui désirent s'établir dans la province : réduction d'impôts douaniers, exonération d'impôts nationaux et réduction sur les vols aériens. Avec ces bénéfices, près de 110 industries se sont installées et ont généré une grande quantité d'emplois ainsi qu'une augmentation remarquable de la population.

Ressources minières[modifier | modifier le code]

Le pétrole et le gaz constituent une partie non négligeable des revenus financiers de la Terre de Feu. Les travaux d'exploration effectués par les grandes compagnies pétrolières présentes telles que Repsol-YPF et Total assurent l'existence de 12,4 millions de m3 de réserves prouvées de pétrole, à la fois onshore et offshore. À travers le gazoduc General San Martin (GGSM), qui traverse le détroit de Magellan, plusieurs millions de m3 de gaz naturel sont transportés par jour vers les centres de consommation argentins. En 2000, dans le Nord de la Terre du Feu, le Consortium Cuenca Marina Austral I a officiellement inauguré une usine d'extraction de gaz de pétrole liquéfié (GPL) à Cañadón Alfa.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La présence d'agences de tourisme est importante tant à Río Grande qu'à Ushuaïa, gérant l'accueil de visiteurs venus du monde entier.

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Principaux sites à visiter ou buts d'excursions à effectuer :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es)/(en) - Casali, R et al. 2006 Aproximación epidemiológica al proceso de contacto interétnico en el Norte de Tierra del Fuego. Magallania. 34, 1 , p. 87-101.
  2. (en) A. Chapman, Economic and social structure of the selk'nam society
  3. (es)Julio Popper, le dictateur fuégien, Site du musée de la Terre de Feu
  4. (es) INDEC
  5. (es) Sitio de la Municipalidad de Ushuaia
  6. (es) Sitio de la Municipalidad de Río Grande « Copie archivée » (version du 17 septembre 2009 sur l'Internet Archive)
  7. « Servicios Climáticos – Información de Turismo – Base Marambio – Datos estadísticos (1971–1990) »
  8. « Weatherbase: Historical Weather for Vicecomodoro Marambio Base, Antarctica »
  9. « Station Marambio »
  10. (es) mindef.gov.ar
  11. (es) INDEC - Censos
  12. (es) Demografía
  13. (es) [PDF] Censo nacional 2010: Cuadros definitivos para Tierra del Fuego. « Copie archivée » (version du 12 décembre 2011 sur l'Internet Archive)
  14. (es) Población estimada por sexo para total del país y provincias. Años 2010-2040 INDEC
  15. (es) Cadre 2. Población indígena o descendiente de pueblos indígenas u originarios en viviendas particulares por sexo, según pueblo indígena. Total del país. Año 2010. Pág. 281
  16. (es) INDEC 2010. Pueblos originarios. Región Patagonia.
  17. Legislatura - Loi n.º469/91
  18. « Leopard Seals », Antarctic Connection
  19. Pogonias cromis en Smithsonian Marine Station (SMS) at Fort Pierce (inglés, consultada en 9 de febrero de 2010)
  20. Tejedor, D. (2001). El pejerrey como recurso genético. En: Grosman F. (ed.) Fundamentos biológicos, económicos y sociales para una correcta gestión del recurso pejerrey. 27-31. Editorial Astyanax, Azul, Buenos Aires, Argentina.
  21. Ficha del bacalao antártico
  22. Tiburon-cazon - Pêche et poissons d'Argentine
  23. « Crabe royal » comme nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]