Terrasses des Minimes

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Terrasses des Minimes
Image illustrative de l’article Terrasses des Minimes
Vue sur le palais des Princes-Évêques et l'ancienne église Saint-André.
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Commune Blason de Liège Liège
Quartier Pierreuse, Féronstrée et Hors-Château
Altitude entre 85 et 100 m
Superficie 1,6 ha
Histoire
Création 2002
Caractéristiques
Type Parc paysager
Lieux d'intérêts Bâtiments historiques et panoramas urbains
Gestion
Propriétaire Ville de Liège
Ouverture au public Entrée libre
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1982)
Lien Internet Office du tourisme de la ville de Liège
Accès et transport
Stationnement Parking Hors-Château
Parking Saint-Lambert
Gare Liège-Palais
Ligne 34 : IC, IR, L
Bus TEC Liège-Verviers
Gare routière Saint-Lambert
Localisation
Coordonnées 50° 38′ 50″ nord, 5° 34′ 26″ est

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Terrasses des Minimes

Géolocalisation sur la carte : Liège

(Voir situation sur carte : Liège)
Terrasses des Minimes

Les Terrasses des Minimes sont un espace vert liégeois faisant partie de l'ensemble des Coteaux de la Citadelle. Partie intégrante du centre historique de la ville, c'est un endroit riche au point de vue patrimoine historique.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom lui vient de la présence des ruines du couvent des Minimes et de leur jardin en terrasses.

Situation et description[modifier | modifier le code]

Situé derrière le palais des princes-évêques, l'ancienne Commanderie de l'ordre Teutonique de Saint-André — actuellement occupée par les bureaux d'aide juridique du tribunal de première instance — et l'ancien couvent des Mineurs — actuellement musée de la vie wallonne —, ce jardin d'agrément en terrasses, gazonné et pourvu de parterres de plantes sauvages à tendance nitrophyte-rudérale dans sa partie ouest et largement arboré — le bois des Minimes — dans sa partie est, offre de belles perspectives sur la Cité.

Entièrement libre de passage, il est indifféremment accessible par quatre accès :

Historique[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Depuis le IXe siècle, la vigne est cultivée sur la colline du Péri tandis que les terrains jouxtant les demeures de l'actuelle rue du Palais sont déjà établis en terrasse et servent de jardins potager et de vergers.

C'est en 1243 que s'installe pour la première fois un ordre religieux au pied des actuelles terrasses. Il s'agit des frères mineurs conventuels qui, quittant l'Isle, installe leur couvent en Richonfontaine.
À la fin du XIIIe siècle[note 2], l'ordre Teutonique quitte l’hôtel de Celles[note 3] et s'installe aussi derrière le palais des princes-évêques pour bâtir la Commanderie de Saint-André et façonner l'aspect actuel des terrasses.

Renaissance[modifier | modifier le code]

En 1624, l'ordre des minimes de Jupille s'installe à son tour. Leur jardin est contigu avec celui de l'ordre Teutonique ce qui amène un conflit de voisinage entre les deux ordres à propos du mur de séparation entre les deux propriétés.

En 1614 est établi, au fond d'une impasse appelée en Fer à cheval, le béguinage Saint-Esprit et, en 1627, c'est au tour de l'ordre de Sainte-Ursule d'acquérir un bâtiment, à l'angle de Hors Chesteau et du thier des Begards, qui deviendra le couvent des Ursulines. Cependant, ni les béguines ni les Ursulines n’ont acquis d'autres propriétés dans ce qui sont les actuelles terrasses des Minimes.

Première République française[modifier | modifier le code]

En 1796, la loi du 15 fructidor an IV[note 4], supprime tous les ordres religieux des deux sexes et confisque leurs biens au profit de la Première République. L'église du couvent des Minimes est même démolie en 1797, les restes du couvent vendus et les pierres utilisées comme matériau de récupération. Les vignes sont détruites par ordre du Premier Consul Napoléon Bonaparte et remplacées par des prairies ou des jardins.

XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Classées le , avec l'ensemble des Coteaux de la Citadelle, au patrimoine matériel de la Région wallonne par l'Institut du patrimoine wallon[1], les terrasses font l'objet d'une rénovation approfondie et d'une mise en valeur grâce à la Ville de Liège, à la Région wallonne et au FEDER.
Le , la première phase des travaux de rénovation est terminée et une partie des terrasses ouvertes au public. Le , l'accès par le no 38 de la rue Pierreuse est opérationnel et les rénovations de l'impasse des Ursulines terminées.
En 2010, le cadre familier du compositeur Eugène Ysaÿe est reconstitué au sein d'un studio intégré dans l'ancien béguinage Saint-Esprit[2].

Écosystème[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Jouissant de conditions microclimatiques très favorables, en raison de l'orientation plein sud, certaines plantes sensibles au gel, comme le figuier commun et la vigne sauvage, y sont historiquement cultivées. Les vieilles murailles, hautes de 2 à 10 mètres, sont couvertes d'épaisses nappes de lierre grimpant très attractives pour l'entomofaune notamment durant l'automne, au moment de la floraison massive de cette plante.

Faune[modifier | modifier le code]

Hormis l'écureuil roux et de nombreuses espèces de passeriformes, les terrasses abritent le lézard des murailles ce qui, vu le microclimat présent, représente une de ses limites d'aire de répartition vers le nord.

Particularité apicole[modifier | modifier le code]

Un des murs orienté sud-sud-est[note 5] est ce que les apiculteurs appellent un « mur à abeilles »[3]. À l'origine le mur comportait quatre grandes niches maçonnées avec des briques qui chacune recelait une plus petite niche destinée, elle, à recevoir une ruche. Il ne reste actuellement qu'une grande niche intacte. Deux ont disparu et la quatrième, dont l'emplacement est toujours visible, est bouchée. Grâce à l'étude de la dimension des briques utilisées et de leur texture, la réalisation des niches à abeilles du mur est estimée antérieure à 1626.

Équipement[modifier | modifier le code]

Les allées et les escaliers du parc sont en parfait état. Plusieurs bancs publics jalonnent les parcours mais il n'y a qu'un seul point d'eau potable. Hormis dans l'impasse des Ursulines, il n'existe pas d'éclairage public.

Accès[modifier | modifier le code]

Les accès via les rues Pierreuse et du Palais sont possibles uniquement entre 9 et 18 h (17 h l'hiver) et pendant la nocturne des coteaux.

En automobile[modifier | modifier le code]

Deux parcs de stationnement publics payants se situent à une distance maximum de 250 mètres[4] :

  • parking Saint-Lambert de 500 places couvertes,
  • parking Hors-Château de 48 places à ciel ouvert.

En train[modifier | modifier le code]

La gare de Liège-Palais est une halte permanente sur la Ligne 34 de la SNCB.

En autobus[modifier | modifier le code]

Au moyen des autobus des TEC Liège-Verviers[5] :

Évènementiel[modifier | modifier le code]

Outre des visites guidées organisées soit par l'office de tourisme de la Ville de Liège[6], soit par le guide-conférencier Fabrice Muller[7], deux évènements annuels ponctuent la vie des coteaux :

  • Jardins et coins secrets liégeois : depuis 1993, chaque dernier dimanche de juin, un circuit balisé permet de découvrir des jardins privés ou des coins méconnus disséminés sur les coteaux[8] ;
  • La nocturne des coteaux : depuis 1994, chaque premier samedi d'octobre, une fête illumine avec plus de 20 000 bougies les nombreuses impasses, cours, escaliers proposant un parcours dans les Coteaux de la Citadelle agrémenté de petites étapes festives : carillon, orgues de barbarie, animations musicales et théâtrales avant de ce terminer par un feu d'artifice sur l'esplanade Saint-Léonard[9] ;
  • Découvertes artistiques des Ursulines : depuis 2003, une biennale présente, au mois de mai, des œuvres d'artistes peintre exposées dans le cadre privé des résidents de l'impasse des Ursulines[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est la seule entrée qui donne aux personnes à mobilité réduite un accès partiel aux terrasses.
  2. Peu avant 1294 selon les archives de l’État à Liège
  3. L’hôtel de Celles, aujourd'hui disparu, se trouvait rue de la Wache au pied de la collégiale Saint-Denis.
  4. Le 15 fructidor an IV correspond au 1er septembre 1796.
  5. À droite de la tour des Vieux-Joncs en regardant la colline.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Région wallonne, arrêté du classement[(fr) lire en ligne]
  2. Liège.biz, le studio Eugène Ysaÿe [(fr) lire en ligne]
  3. Fédération liégeoise d'apiculture, Histoire de l’apiculture liégeoise [(fr) lire en ligne]
  4. Liège Centre-Ville, informations sur les parcs de stationnement publics [(fr) lire en ligne]
  5. Plan du réseau TEC au centre de Liège [lire en ligne]
  6. Office de tourisme, agenda 2012 [(fr) lire en ligne]
  7. Fabrice Muller, agenda des visites guidées [(fr) lire en ligne]
  8. La DH, Les coins secrets de Liège, article du 16 juin 2009 [(fr) lire en ligne]
  9. La nocturne des coteaux de la citadelle [(fr) lire en ligne]
  10. Les foux de l'impasse, découverte artistique des Ursulines [(fr) lire en ligne]

Source[modifier | modifier le code]

  • Région wallonne, Observatoire de la faune, de la flore et des habitats (OFFH)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Botta et François-Xavier Nève, Les Coteaux de la Citadelle de Liège, 2003, Liège, Les Éditions du Perron (ISBN 2-87114-190-8)
  • Joseph Haklin, Étude historique sur la culture de la vigne en Belgique, 146 p., 2006, Bruxelles, CEPvdqa, (OCLC 179664267), (ISBN 978-2-96005-580-1)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]