Terminator (gène)

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Les technologies surnommées « terminator » sont des technologies utilisées pour restreindre la réutilisation de plantes génétiquement modifiées en rendant les graines de seconde génération stériles. Ces technologies pourraient être utilisées pour empêcher une réutilisation et une revente non autorisées dans le contrat de vente de plantes génétiquement modifiées qui ont nécessité pour leur développement des efforts de recherche importants. Il est à noter que les gènes dits "terminator" n'ont pas été intégrés dans des variétés commerciales.

But et situation[modifier | modifier le code]

Les semences qui disposeraient du transgène Terminator sont, sur le papier, le pendant aux hybrides F1. Tout comme pour ces derniers, le principe consiste à faire en sorte que la plante ne se reproduise pas fidèlement par semis, voire que les graines récoltées soient stériles, ce faisant il devient impossible de contourner, par distribution et multiplication libre des semences, le brevet déposé par un centre de recherche en biotechnologies. En effet, à lui seul, le brevet déposé sur une semence de variétés fidèles par semis ne peut pas être un moyen efficace d'arrimage de la clientèle : Ces semences étant par définition reproductibles, n'importe quel autre groupe ou individu pourra choisir de multiplier et distribuer les semences de ces variétés sans devoir des frais au fournisseur officiel. À l'inverse, tout comme les hybrides F1, les semences dotées de ce transgène particulier ne donneraient pas d'autre choix que de passer par le fournisseur officiel. Cependant la production de ces semences passe par la voie de l'altération génétique, la transgenèse, tandis que les hybrides F1 sont simplement obtenus par voie de sélection classique, l'hybridation.

Respecter les brevets permet en principe de participer à l'effort, financièrement lourd, de recherche et développement fait par les centres de recherches et les entreprises, et ainsi permettre, par innovation, la production de toujours plus de nouveaux produits toujours pareillement brevetés. Le simple maintien des systèmes de production des semences brevetés imposant ce respect et donc ce passage par le fournisseur a aussi un coût important. C'est d'ailleurs cette frontière technique et financière qui rendrait les semences utilisant un transgène de type Terminator très difficile à obtenir ou imiter par un groupe concurrent, sans parler d'un particulier, d'ailleurs ce principe s'applique déjà pour la production massive de graines d'hybrides F1. Les plantes issues du génie génétique seraient alors dotées en plus du gène stérilisant et vendues à des agriculteurs pour être utilisées une seule fois.

Les gènes Terminator, par conséquent, empêchent la réutilisation des semences lors de la saison suivante. Dans ce contexte, ils obligeraient les agriculteurs à racheter chaque année des semences aux semenciers, comme cela est souvent déjà le cas dans les pays développés (utilisation d'hybrides F1 notamment), ou à se tourner vers d'autres fournisseurs.

L'intérêt et la justification théorique de cette technologie serait d'éviter que les transgènes ne se répandent dans l'environnement. Intérêt qui reste à démontrer : Ni l'impact environnemental, ni les possibilités de dispersion des transgènes stérilisants par pollinisation croisée ou par dispersion des graines, ni, en somme, la précision de la manipulation génétique en question ne sont connus. Le degré réel de bio-confinement que cette technique fait survenir reste hypothétique.

Cette technologie a été développée par une équipe du ministère américain de l'agriculture et la firme Delta & Pine Land, qui ont déposé un brevet en mars 1998 sur un système de « contrôle de l'expression génétique chez les plantes ». Depuis, Monsanto a racheté Delta & Pine Land.

Opposition[modifier | modifier le code]

Dans les pays en développement, le « gène Terminator » devient le symbole des visées de contrôle des multinationales du Nord.[réf. nécessaire] Le directeur général du Conseil indien pour la recherche agricole affirme « nous n'autoriserons pas l'entrée de Terminator dans ce pays »[1]. Les anti-OGM dénoncent alors « racket sur le vivant » opéré par le « complexe génético-industriel » dans leurs argumentaires contre les OGM, comme le militant d'ATTAC Jean-Pierre Berlan en 1998[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Du bon usage de la piraterie, Florent Latrive, Ed. Exils. p136-137
  2. La menace du complexe génético-industriel de Jean-Pierre Berlan, dans le Monde diplomatique, décembre 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]