Teresa Cremisi

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Teresa Cremisi, née le (68 ans) à Alexandrie (Égypte), est une éditrice et dirigeante d'entreprise italienne. Elle est Président-Directeur général de l'ensemble Flammarion regroupant les éditions Flammarion, J'ai lu, Casterman, Autrement et Fluide Glacial. Depuis l’acquisition de Flammarion par Madrigall en 2013, elle est l’une des dirigeantes de la holding Madrigall dirigée par Antoine Gallimard dont elle avait été le bras droit de 1989 à 2005.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un chef d'entreprise italien et d'une sculpteur espagnole et anglo-indienne, Teresa Cremisi est élevée dans la langue française. Elle suit ses études en Égypte, au pensionnat catholique français de Notre-Dame de Sion d'Alexandrie[1]. Elle quitte l'Égypte avec sa famille après la crise du canal de Suez en 1956 pour s'installer à Milan. Elle entre au lycée Marcelline et obtient un diplôme de langue et littérature étrangères à l'Université Bocconi[2].

Débutant comme lexicographe pour les dictionnaires des éditions Garzanti à Milan, entre 1963 et 1966, elle devient tour à tour responsable du département scolaire (1966-1972), directrice de fabrication (1972-1979), directrice littéraire (1979-1985), puis codirectrice générale (1985-1989) de cette maison d'édition. En parallèle, elle travaille pour la Rai (1972-1980) et les journaux l'Espresso et la Stampa (1979-1989)[1].

Antoine Gallimard, rencontré lors de la Foire du livre de Francfort[2], l'appelle à ses côtés comme directrice éditoriale de Gallimard en avril 1989. Gestionnaire du catalogue de Gallimard, elle s'intègre au Paris littéraire, se lie aux auteurs et aux critiques[3]. Surnommée « le Premier Ministre » par Philippe Sollers, elle obtient le prix Goncourt en 2000 et 2001 avec Ingrid Caven et Rouge Brésil, et le prix Médicis en 2001 et 2004 avec Le Voyage en France de Benoît Duteurtre et La Reine du silence de Marie Nimier. Elle s'occupe des collections principales et des grands auteurs, contribue à faire signer de nouvelles plumes, et négocie les contrats étrangers. Dans le même temps, les éditions Gallimard développent leur offre, et lancent Harry Potter en France[4].

En 2005, elle crée la surprise au sein du milieu de l'édition par sa nomination à la tête de Flammarion, sur fond de rumeurs de conflits de pouvoir grandissants avec Antoine Gallimard[5], que les deux récusent[4].

Souhaitant développer le secteur littérature, ainsi que le format poche[6], elle négocie l'arrivée d'auteurs à succès comme Christine Angot, Jean-Christophe Rufin, Yasmina Reza et Catherine Millet[7], et crée une nouvelle collection destinée aux débats d'actualité, Café Voltaire[8], du nom de l'ancien établissement de la place de l'Odéon dont le département littérature de Flammarion occupe les locaux[3].

Flammarion crée des coups médiatiques tel que la sortie de La Tragédie du président de Franz-Olivier Giesbert en 2006, la publication de L'Aube le Soir ou la Nuit de Yasmina Reza durant la campagne présidentielle de 2007 et celle d’Ennemis publics de Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy à la rentrée 2008[9],[10], sans que le succès soit toujours au rendez-vous[11]. En 2010, la maison obtient son premier Goncourt en 30 ans, avec La carte et le territoire de Michel Houellebecq qui dope le chiffre d'affaires de la société[7]. Sous son égide, Flammarion crée en partenariat avec Gallimard et Le Seuil, la plateforme de distribution de livres numériques Eden[7].

En 2012, elle doit gérer la vente du groupe Flammarion par RCS MediaGroup. Antoine Gallimard, son ancien patron, s'en porte acquéreur, et la nomme, en octobre 2013, directrice générale chargée du développement éditorial du nouveau groupe Madrigall, né du rapprochement des deux maisons d'édition[12].

Depuis son entrée chez Flammarion, elle siège au conseil d'administration de RCS MediaGroup, et des éditions Adelphi. Elle a également été vice-présidente d'Action contre la faim entre 2003 et 2006[1].

Depuis novembre 2011 (au moins) elle siège au Conseil d'administration du théâtre de l'Europe Odéon.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Notice, Who's Who in France, 2008.
  2. a et b « Repères biographiques », Centre national du livre, 2007
  3. a et b Paul-François Paoli, « Teresa Cremisi, la flamme », Le Figaro, 14 octobre 2007.
  4. a et b « Teresa Cremisi quitte Gallimard et devient PDG des éditions Flammarion », La République des Lettres, 25 mars 2005
  5. Sylvain Courage, « Transfert passionnel dans l'édition », Le Nouvel Observateur no2108, 31 mars 2005
  6. « [http://www.liberation.fr/livres/0101544871-teresa-cremisi-le-commerce-et-l-esprit Teresa Cremisi: «le commerce et l'esprit» », Libération, 13 octobre 2005.
  7. a, b et c « Teresa Cremisi : "Flammarion veille à éviter les faux pas dans le livre numérique" », La Tribune.fr, 31 janvier 2011.
  8. « Teresa Cremisi (Flammarion) », Lesechos.fr, 5 octobre 2006.
  9. Marie-Laure Delorme, « Une vie à brûle-pourpoint », Le Journal du dimanche, 24 mai 2009
  10. « Teresa Cremisi éditrice, se défend de faire des coups médiatiques », Elle, 2 octobre 2008
  11. Amédée Sonpipet, « Édition, gros chèques et vrais flops », Backchich, 13 novembre 2008.
  12. Alain Beuve-Méry, « Antoine Gallimard fait de Teresa Cremisi son bras droit chez Madrigall », Le Monde.fr, 21 octobre 2013.