Tentative de soulèvement de Strasbourg de Louis-Napoléon Bonaparte

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Représentation idéalisée de la tentative de soulèvement. Illustration réalisée au début du Second Empire par Philippoteaux.

Le , le prince Louis-Napoléon Bonaparte, avec une poignée de complices, effectue une tentative de soulèvement de Strasbourg. Il espère soulever la garnison et, ensuite, marcher sur Paris et renverser la monarchie de Juillet.

Après la mort du duc de Reichstadt le , et dans la mesure où son frère aîné est mort en 1831, Louis-Napoléon se considère comme l'héritier de la couronne impériale. Depuis la Suisse, où il réside avec sa mère au château d'Arenenberg, il organise ses réseaux en France, et prépare sa prise de pouvoir.

Son plan est de soulever une garnison et de marcher sur Paris, en rassemblant sur son passage les troupes et les populations, sur le modèle du retour de l'île d'Elbe en 1815. Il jette son dévolu sur Strasbourg, importante place militaire, aisément accessible depuis l'Allemagne et, surtout, ville de gauche et patriote.

Sur place, l'âme du complot est le colonel Vaudrey, qui commande le 4e régiment d'artillerie, dans lequel Napoléon Bonaparte a servi à Toulon en 1793, et qui s'estime mal traité par la monarchie de Juillet[1].

Illustration de 1911 représentant la tentative de soulèvement à la caserne Finkmatt

L'opération est engagée le au matin. Elle tourne court presque aussitôt. Le prince et ses complices sont arrêtés.

Le roi Louis et les oncles du jeune prince condamnent aussitôt l'opération. La reine Hortense écrit à Louis-Philippe pour lui suggérer de laisser son fils quitter la France. Le roi convainc son gouvernement qui, en dehors de toute procédure légale, fait conduire le prince à Lorient où, muni d'une somme d'argent, il est embarqué sur L'Andromède le à destination des États-Unis, où il sera débarqué le .

Pendant ce temps, ses complices sont jugés à Strasbourg devant la cour d'assises, et acquittés par le jury, sous les acclamations du public, le .

Si la tentative a été un échec complet, elle a fait connaître le prince Louis-Napoléon en France et l'a identifié à la cause bonapartiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il n'a pas été agréé pour devenir aide de camp du duc d'Orléans et n'a pas obtenu la bourse qu'il a demandée pour un de ses fils.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2002, p. 770-772(ISBN 2-213-59222-5)