Tentative d'attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Tentative d'attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Localisation Paris, France
Cible Cathédrale Notre-Dame de Paris
Coordonnées 48° 51′ 08″ nord, 2° 20′ 55″ est
Date
Armes Voiture piégée
Morts 0
Blessés 0
Auteurs Ornella Gilligmann et Inès Madani
Organisations Drapeau de l'État islamique État islamique
Mouvance Terrorisme islamiste

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Tentative d'attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Tentative d'attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Tentative d'attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris

La tentative d'attentat de la cathédrale Notre-Dame de Paris est un projet d'attentat terroriste non abouti en septembre 2016, ayant pour cible les abords de la cathédrale Notre-Dame de Paris, au moyen d'une voiture piégée par un commando de femmes djihadistes[1],[2],[3],[4].

Déroulement des faits[modifier | modifier le code]

Préparations[modifier | modifier le code]

Entre le 2 et le [5], Ornella Gilligmann, 29 ans, mère de trois enfants (âgés de 3 à 7 ans), originaire du Loiret[6], convertie à l'islam en 2009 et fichée S pour radicalisme islamiste (après s'être rendue plusieurs mois en Syrie à partir de septembre 2014 soutenir la cause djihadiste) échange 4 037 messages avec son amant virtuel rencontré sur Periscope, un certain Abou Omar qui n'est autre qu'Inès Madani[7] une jeune fille de 19 ans née à Tremblay-en-France, fichée S comme radicalisée et qui la séduit. Celle-ci est déscolarisée après avoir abandonné sa classe de 1re en section gestion administrative. Fin août 2016, Abou Omar ordonne à Ornella Gilligmann d'aller en région parisienne pour rencontrer une « sœur », Oum Seyfullah alias Inès Madani. Celle-ci est déjà fichée par l'organe belge de coordination de l'analyse de la menace (Ocam) pour avoir facilité les aspirations au djihad d'individus de Charleroi[8].

Ornella Gilligmann loue un 4x4[9] pour déposer les bonbonnes de gaz à 50  qu'Inès Madani a achetées avec son argent de poche dans des supérettes en Seine-Saint-Denis et à Sarcelles (Val-d'Oise). Inès Madani subtilise la voiture de son père Patrick Madani (dit « Kader », autrefois signalé pour prosélytisme islamiste[10]), une Peugeot 607 grise, intérieur cuir[11]. Bien qu'elle n'ait pas le permis de conduire, elle sait manœuvrer la voiture car c'est une boîte automatique[12]. Les deux femmes chargent les bonbonnes de gaz dans la Peugeot 607 dans le garage de leur complice Amel Sakaou, mère de famille divorcée de quatre enfants, radicalisée et âgée de 39 ans. Elle venait de démissionner de son travail à la sécurité d'un centre commercial car elle ne pouvait s'y rendre voilée en jilbab.

La nuit du 3 au , Inès Madani et Ornella Gilligmann, voilées et vêtues en long jilbab noir[13], roulent à bord de la Peugeot 607 dans Paris et font d'abord une halte près de la tour Eiffel[14]. Mais, face à l'impossibilité de s'approcher de l'édifice en voiture, elles continuent de rouler jusqu'à trouver le lieu pour commettre leur méfait.

Tentative d'attentat[modifier | modifier le code]

Le dimanche , à h 33 du matin, Ornella Gilligmann (29 ans) et Inès Madani (19 ans) abandonnent la Peugeot 607 contenant six bonbonnes de gaz et trois bouteilles de gazole, à l'angle des rues de la Bûcherie et du Petit-Pont, dans le 5e arrondissement de Paris, près de Notre-Dame de Paris et essayent de la faire exploser en déclenchant un départ de feu à l'aide d'une cigarette et d'un textile imbibé d'hydrocarbure[15],[16],[17],[18]. Cette tentative d'attentat à la voiture piégée échoue car la cigarette s'éteint après le départ des terroristes. Mais les deux djihadistes seraient revenues pour essayer de faire exploser le véhicule mais « elles ont finalement quitté les lieux avant d'avoir pu recommencer parce qu'elles ont cru apercevoir des policiers en civil s'approcher de leur voiture »[12].

Stéphane, employé d'un bar voisin, signale à 3 heures 30 à la police la présence d'une bouteille de gaz sur un siège du véhicule, warnings allumés et sans plaque d'immatriculation. Les policiers qui arrivent à 6 heures pensent tout de suite à une attaque terroriste et se lancent à la poursuite des djihadistes[19].

Dernier projet d'attentat[modifier | modifier le code]

Ornella Gilligmann et Inès Madani étaient résolues de commettre un attentat-suicide à la gare de Lyon[20], mais leur plan change et elles se rabattent pour une gare de l'Essonne, à cause de la traque policière qui avait engagé une « véritable course contre la montre »[21]. Un message d'alerte a été diffusé aux policiers sur les risques d'un attentat dans les gares parisiennes et d'Essonne.

D'après BFM TV, le RER D aurait été bouclé jeudi à cause d'une menace imminente d'attentat[22].

Enquête[modifier | modifier le code]

Arrestations[modifier | modifier le code]

L'enquête s’oriente tout de suite vers la fille du propriétaire de la Peugeot 607, Inès Madani, 19 ans, fichée S pour avoir voulu se rendre en Syrie.

Ornella Gilligmann, dont l’empreinte a été retrouvée sur la ceinture de sécurité de la Peugeot 607, et son compagnon sont arrêtés le par le GIGN[21], près d'Orange, en voulant quitter la France[17]. Ils avaient fui car des voisins les avaient prévenus de l'arrivée de policiers devant leur domicile. Son compagnon, vigile de profession, est relâché.

Le 7 septembre 2016, Sarah Hervouët, 23 ans[23] habitant Cogolin, quitte le Var pour prendre le train à Saint-Raphaël pour aller à Paris rejoindre Amel Sakaou et Inès Madani[24]. Sarah Hervouët, femme de ménage dans un hôpital psychiatrique, est issue d'une famille maternelle de culture catholique[25] et s'est récemment convertie à l'islam, en portant le voile intégral. Elle est « suivie » par la DGSI pour avoir voulu se rendre en Syrie en mars 2015 et avoir été interpellée à Istanbul.

Grâce à des interceptions téléphoniques (dont celle de la fille aînée d'Amel Sakaou, âgée de 16 ans, prévenant sa mère de la présence de policiers dans les environs de son domicile) et des géolocalisations, les enquêteurs trouvent au cours d'une opération anti-terroriste Inès Madani, Sarah Hervouët et Amel Sakaou dans la soirée du à Boussy-Saint-Antoine dans l'Essonne, dans le parking en bas de l'appartement d'Amel Sakaou (à la résidence de la Grange-aux-Belles). Les trois djihadistes, prévenues par la fille d'Amel Sakaou, tentaient de s'enfuir et couraient en bas de l'immeuble. Immédiatement Sarah Hervouët blesse un agent à l'aide d'un couteau de cuisine et est blessée par balle en retour[16]. Inès Madani tente aussi de poignarder un policier[26], mais elle est neutralisée par un tir à la jambe. Les policiers pénètrent ensuite dans l'appartement où ils découvrent des préparations de cocktail Molotov.

Toutes les quatre étaient fichées S[18] avant les faits. Leur audition révèle des projets d'attentats dirigés depuis la Syrie[16] (peut-être par Rachid Kassim), visant entre autres à venger la mort du chef djihadiste syrien Abou Mohammed al-Adnani, quelques jours plus tôt. Sarah Hervouët est de plus l'ancienne « promise » des terroristes de passeport français Larossi Aballa, l'assassin de Magnanville, et Adel Kermiche[16],[18], l'un des assassins du père Jacques Hamel.

Le commando des trois femmes aurait envisagé de s'attaquer à la gare de Lyon à Paris et à celle de Boussy Saint-Antoine avec un projet « d'attentat-suicide » ainsi qu'à des policiers[27].

Mohamed Lamine Aberouz (23 ans), fiancé de Sarah Hervouët, et par ailleurs référent religieux de Larossi Aballa, est arrêté le [21], pour non-dénonciation de crime terroriste, et incarcéré de septembre 2016 à janvier 2017, soupconné aussi d'être un complice de sa « fiancée virtuelle » Sarah Hervouët dans les tentatives d'attentat de septembre 2016, mais sans preuve établie. Sa détention provisoire étant venue à expiration au bout de quatre mois, il est remis en liberté en janvier 2017 au terme d'une procédure rocambolesque[28]. Il est de nouveau mis en examen et arrêté en décembre 2017, cette fois pour l'affaire des policiers de Magnanville.

Le , Molly B, une Belge convertie à l'islam et radicalisée de 24 ans originaire de Mons est arrêtée pour complicité[29].

Réseau[modifier | modifier le code]

Inès Madani était en contact avec Rachid Kassim via l'application Telegram[30].

Inès Madani a été vue en compagnie[31] de la filière djihadiste dite « de Jumet »[32] avec qui elle était en relation avec l'application Telegram sous le pseudonyme de Suleyman[33].

Mohamed Aberouz est le frère de Charaf-Din Aberouz, suspecté de complicité dans le double meurtre du 13 juin 2016 à Magnanville[28], et ayant purgé une peine de prison après avoir été expulsé du Pakistan pour djihadisme.

Sarah Hervouët, également en contact avec Rachid Kassim, est la « promise » de Larossi Abballa, auteur du double meurtre du 13 juin 2016 à Magnanville, puis d'Adel Kermiche, un des auteurs de l'attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray[26]. Elle est en plus placée en garde à vue le dans l’affaire de l’assassinat en juin 2016 du couple de policiers à Magnanville[34].

Inès Madani, Ornella Gilligmann et Amel Sakaou étaient en contact avec Hayat Boumeddiene, la compagne d'Amedy Coulibaly, l'auteur de la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes[22].

Mode opératoire[modifier | modifier le code]

Dans un rapport de l'office de police Europol, le groupe État islamique pourrait recourir aux attentats à la voiture piégée pour atteindre ses cibles sur le continent européen. Selon le Laboratoire central de la préfecture de police (LCCP) l'explosion d'une seule bouteille de gaz provoque « la ruine totale du véhicule et de sa carrosserie. Des débris, comme des morceaux de l'enveloppe de la bouteille, pourront être projetés à plus de 100 mètres. » Sans compter les effets thermiques de la « boule de feu » potentiellement ressentis au-delà des 50 mètres »[11].

Autres suspects[modifier | modifier le code]

  • Samia C, 23 ans, est la cinquième suspecte. Elle était en contact sur les réseaux sociaux avec un djihadiste de retour de Syrie, Abou Junayd, qui n'était en fait que Inès Madani. La SDAT évoque une jeune fille « influençable » et « attirée par les vidéos macabres de décapitations »[35]. Samia C a été de nombreuses fois en contact avec Inès Madani, entre le 4 septembre et 8 septembre[36] pour l'aider à trouver une planque[35]. Samia C est arrêtée le à Mantes-la-Jolie et le parquet de Paris a requis sa mise en examen et son placement en détention provisoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Notre Dame Cathedral bombing attempt » (voir la liste des auteurs).

  1. (en) Lori Hinnant, « Gas Containers Found Near Notre Dame », U.S. News & World Report,‎ (lire en ligne)
  2. (en) Henry Samuel, « Gas tanks and Arabic documents found in unmarked car by Paris' Notre Dame cathedral spark terror fears », Daily Telegraph,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Thomas Adamson, AP, « Prosecutor: Failed Paris car bomb plotted by IS-guided women », Washington Post,‎ (lire en ligne)
  4. « Ines Madani, la djihadiste qui se faisait passer pour un homme », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  5. http://www.lejdd.fr/Societe/Terrorisme-Ines-Madani-se-serait-fait-passer-pour-un-homme-pour-seduire-sa-complice-822745
  6. Elle réside à Châlette-sur-Loing.
  7. https://www.20minutes.fr/societe/1956359-20161107-attentat-dejoue-paris-djihadiste-ines-madani-fait-passer-homme-seduire-complice
  8. Paris-Match, Daech, les femmes passent à l'action
  9. http://www.leparisien.fr/faits-divers/une-mere-de-famille-devenue-terroriste-12-09-2016-6113033.php
  10. Paris-Match, Daech, les femmes passent à l'action
  11. a et b http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-spectre-des-attentats-a-la-voiture-piegee-en-europe-04-12-2016-6410355.php
  12. a et b http://www.leparisien.fr/faits-divers/du-baby-sitting-pour-financer-l-attentat-11-10-2016-6192305.php
  13. http://www.leparisien.fr/faits-divers/histoire-d-un-commando-femmes-de-11-10-2016-6192301.php
  14. http://www.lejdd.fr/Societe/Les-coulisses-de-la-traque-des-quatre-femmes-qui-voulaient-attaquer-Paris-808573
  15. « Terrorisme. Une voiture pleine de bonbonnes de gaz découverte à Paris » (consulté le 7 septembre 2016)
  16. a, b, c et d « Ce qu'a dit François Molins de l'attentat déjoué à Paris et des arrestations en Essonne » (consulté le 9 septembre 2016)
  17. a et b « Bonbonnes de gaz à Paris: les coulisses de la traque du commando féminin » (consulté le 9 septembre 2016)
  18. a, b et c « L'attentat "déjoué" à Paris était "téléguidé" depuis la Syrie » (consulté le 9 septembre 2016)
  19. http://www.rtl.be/info/monde/france/ornella-29-ans-mere-de-trois-enfants-premiere-inculpee-dans-l-attentat-dejoue-ppres-de-paris-849930.aspx
  20. http://www.lematin.ch/monde/gare-lyon-visee-attentat/story/29955858
  21. a, b et c http://www.leparisien.fr/faits-divers/voiture-aux-bonbonnes-la-suspecte-blessee-avait-prete-allegeance-a-daech-09-09-2016-6106763.php
  22. a et b https://www.huffingtonpost.fr/2016/09/09/boussy-saint-antoine-essonne-interpellation-femmes-radicalisees_n_11925184.html
  23. Née à Lisieux
  24. http://www.nicematin.com/faits-divers/il-ny-a-aucune-poursuite-judiciaire-pour-un-projet-dattentat-en-paca-concernant-la-djihadiste-sarah-hervouet-84673
  25. Sa mère Christelle Hervouët a eu Sarah d'une liaison avec un Marocain musulman du nom de Madjid qui na pas voulu la reconnaître. Sarah Hervouët ne l'a vu qu'une fois à l'âge de dix-neuf ans, mais installé dans la région parisienne avec sa famille il ne souhaite pas la revoir.
  26. a et b http://www.lejdd.fr/Societe/Ines-Ornella-Sarah-Amel-qui-sont-les-femmes-qui-voulaient-attaquer-Paris-808318
  27. « Le scénario macabre projeté par le commando de femmes radicalisées », sur Le Huffington Post (consulté le 11 septembre 2016)
  28. a et b Soren Seelow, « Terrorisme : les tribulations carcérales du détenu Aberouz », lemonde.fr, (consulté le 19 janvier 2017)
  29. http://www.7sur7.be/7s7/fr/32684/Menaces-terroristes-en-Belgique/article/detail/3101784/2017/03/10/Cette-jeune-Belge-tatouee-est-suspectee-de-complicite-de-terrorisme.dhtml
  30. http://www.sudouest.fr/2016/09/11/qui-est-rachid-kassim-l-homme-dans-l-ombre-des-attentats-en-france-2496212-6093.php
  31. http://www.rtl.be/info/belgique/faits-divers/les-inculpes-de-la-filiere-terroriste-de-jumet-ont-rencontre-ines-madani-qui-a-tente-de-faire-sauter-une-voiture-a-paris-922792.aspx
  32. « Molenbeek: la fille de l'échevin El Khannouss inculpée dans le dossier de la filière djihadiste de Jumet », sur RTBF Info, (consulté le 1er mai 2017)
  33. http://www.lalibre.be/actu/belgique/sept-bons-petits-soldats-de-l-etat-islamique-juges-a-charleroi-59272872cd700225430a3603
  34. https://actu.fr/normandie/lisieux_14366/assassinat-du-couple-de-policiers-a-magnanville-la-lexovienne-sarah-hervouet-en-garde-a-vue_2326626.html
  35. a et b http://www.lexpress.fr/actualite/societe/attentat-rate-aux-bonbonnes-de-gaz-samia-c-l-influencable-5e-femme-du-commando_1874972.html
  36. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/12/16/97001-20161216FILWWW00233-tentative-d-attentat-a-notre-dame-de-paris-une-nouvelle-suscpecte.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]