Temple Neuf de Metz

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Temple Neuf
Image illustrative de l'article Temple Neuf de Metz
Présentation
Culte réformé, calviniste
Type Église
Rattachement Église protestante réformée d'Alsace et de Lorraine
Début de la construction 1901
Fin des travaux 1905
Style dominant Néoroman
Protection Logo monument historique Classé MH (1930)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Ville Metz
Coordonnées 49° 07′ 14″ nord, 6° 10′ 19″ est

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Temple Neuf

Le temple Neuf ou nouveau temple protestant est un édifice de culte réformé d’Alsace et de Lorraine construit à Metz, entre 1901 et 1905, durant la période wilhelminienne dans une Alsace-Lorraine sous tutelle allemande.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

A l'époque du rattachement de Metz à l'Empire Allemand, la ville se transforme sous l’action des autorités qui décident de faire de son urbanisme une vitrine de l’empire wilhelmien. L’éclectisme architectural se traduit par l’apparition de nombreux édifices de style néoroman, tels la poste centrale, le « temple neuf », ou la nouvelle gare ferroviaire ; de style néogothique, tels le portail de la cathédrale et le temple de Garnison, ou encore de style néo-Renaissance, tel le palais du Gouverneur. Le « temple neuf » illustre cette politique de germanisation par l’architecture, déployée par Guillaume II, pour asseoir son emprise sur la ville.

Construction et aménagements[modifier | modifier le code]

En 1898, la municipalité de Metz accorde à la communauté réformée un terrain planté de saules, appelé « jardin d’Amour »[1], sur l’île du Petit-Saulcy, pour l'érection d'un temple de style néo-roman rhénan. L’architecte retenu pour le projet est Conrad Wahn, l'architecte en chef de la Ville de Metz. Ce dernier, expérimenté, avait déjà travaillé en Lorraine sur de nombreux projets architecturaux, tant religieux que civils. Loin d'être une réplique servile d’un modèle existant, le projet de Wahn relève d’une approche stylistique volontairement « archéologique ».

La construction de l’édifice commence en 1901 et se poursuit pendant trois ans[1]. La première pierre est posée par le Statthalter Hermann zu Hohenlohe-Langenburg, le 25 novembre 1901[2]. Le temple est inauguré le samedi 14 mai 1904 par l’empereur Guillaume II[2] en personne, accompagné de l’impératrice, de la princesse Victoria-Louise de Prusse et des plus hautes autorités du Reichsland Elsaß-Lothringen[2].

Le plan, en croix grecque[1], présente toutefois une nef centrale. Le temple mesure 53 mètres de longueur, pour 26 mètres de largeur[2]. La hauteur au niveau de la tour centrale atteint près de 55 mètres. Pour accueillir le public, sa capacité est à l'époque de 1204 places assises, réparties dans la nef, mais aussi le chœur et les galeries[2]. Les chapiteaux des colonnes du portail représentent les quatre évangélistes entourant l’agneau mystique. La chaire est décorée des Tables de la Loi, selon la tradition réformée ancienne. Les vitraux du fond proviennent de l’hospice Saint-Nicolas et ont été mis en place dans les années 1990[3]. Le chœur, marqué par un arc triomphal en plein-cintre, est animé par une arcature aveugle à fines colonnettes[1].

Étude stylistique[modifier | modifier le code]

Qu’il soit abordé en venant de la place d’Armes, de la cathédrale, de la préfecture, de la place de la Comédie, du grand pont et du moyen pont des Morts, ou de la place de la république et du palais de Justice, le « temple neuf » surprend par sa silhouette, à la fois massive et élancée. Son matériau de construction, un grès sombre, contraste avec la clarté de la pierre de Jaumont calcaire des bâtiments environnants.

Son style néo-roman rhénan utilise aussi le vocabulaire ottonien, notamment avec des chapiteaux à corbeilles ottoniennes[1]. Il tranche avec le classicisme français des bâtiments avoisinants. Sa tour-lanterne octogonale à la croisée du transept, ses tourelles de chevet et son chevet avec galerie à colonnettes, s'inspirent autant du chevet de la cathédrale de Spire, que de la cathédrale de Mayence. Ses deux clochers, sur la façade occidentale, évoquent encore la cathédrale de Spire. Son style lui a valu de nombreuses critiques, lors de sa construction, par des Messins francophiles, et après 1918 par certains Français, comme un affront à l’harmonie classique, donc « française », de la place de la Comédie. Le « temple neuf » est pourtant devenu un lieu emblématique de la ville de Metz.

Le « temple neuf » est, aujourd’hui encore, le lieu de rassemblement de la communauté protestante réformée du centre de Metz.

Les façades et toitures de l’édifice font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [4].

Orgues[modifier | modifier le code]

Orgue du temple Neuf en 2010

À l’intérieur, se trouve un orgue de cinquante-deux jeux sur trois claviers et pédalier en traction, entièrement mécanique, réalisé par Ernest Mühleisen. Cet orgue, l'un des meilleurs instruments néoclassiques de la ville, est régulièrement utilisé pour les concours du Conservatoire à rayonnement régional et pour de nombreux récitals, donnés par des organistes réputés[5]. Son jeu se détaille comme suit:

I Positif de poitrine C–g3
Flûte conique 8′
Bourdon à chem. 8′
Prestant 4′
Cor de chamois 4′
Nazard 22/3
Quarte de nazard 2′
Tierce 13/5
Larigot 11/3
Cymbale III
Cromorne 8′
Trémolo
II Grand-Orgue C–g3
Montre 16′
Montre 8′
Bourdon 8′
Viole de gambe 8′
Grosse quinte 51/3
Prestant 4′
Flûte creuse 4′
Grosse tierce 31/5
Doublette 2′
Sifflet 1′
Cornet V 8′
Fourniture IV
Cymbale IV
Trompette 8′
Clairon 4′
III Récit expressif C–g3
Quintaton 16′
Principal 8′
Bourdon 8′
Gambe 8′
Voix céleste 8′
Prestant 4′
Flûte 4′
Octave 2′
Sesquialtera II
Plein-jeu V
Basson 16′
Trompette 8′
Hautbois 8′
Voix humaine 8′
Clairon 4′
Trémolo
Pédale C–g1
Principal 16′
Bourdon 16′
Violon 16′
Quinte 102/3
Principal 8′
Flûte 8′
Principal 4′
Flûte 2′
Fourniture IV
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Marie Antoinette Kuhn : Les temples protestants de Metz, Ars-sur-Moselle et Courcelles-Chaussy : architecture et mobiliers, Les cahiers lorrains, 1995, (pp. 205-207).
  2. a, b, c, d et e Le Temple Neuf à Metz sur republicain-lorrain.fr
  3. Histoire du temple Neuf. Consulté le 30 juin 2012.
  4. « Notice no PA00106919 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Journées européennes du patrimoine 19 et 20 septembre 2009 — 24. Temple Neuf, dans Metz Magazine, hors série no 3, 2009, p. 7.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie Antoinette Kuhn, « Les temples protestants de Metz, Ars-sur-Moselle et Courcelles-Chaussy : architecture et mobiliers », Les cahiers lorrains,‎ , p. 203-217 (lire en ligne).