Liste des mouvements de capoeira

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Cet article présente une liste des mouvements utilisés en capoeira.

Mouvement de base[modifier | modifier le code]

Mouvements défensifs et déplacements[modifier | modifier le code]

On ne distingue pas vraiment les esquives des déplacements en capoeira, car un déplacement peut être utilisé en tant qu'esquive et vice-versa. Le travail intense des réflexes font de ces mouvements un aspect très important dans cet art martial.

  • Arrepiada (dans ce contexte, se traduit par « changement d'avis » en portugais) : mouvement de feinte qui consiste à feindre un déplacement ou une attaque d'un côté afin de surprendre l'adversaire avec une attaque de l'autre. Par exemple, à partir de la negativa (jambe droite en avant), on se déplace en rolê vers la droite en engageant la jambe gauche, puis cette dernière revient en arrière pour se positionner à la place de la jambe droite, qui fait une meia-lua de compasso.
  • Aú de peito (littéralement roue de poitrine) : mouvement défensif qui consiste à poser le torse sur le dos courbé de l’adversaire, la tête du côté de son bassin, et de passer par-dessus lui en balançant les jambes de l’autre côté de lui. Il ne faut pas trop lever les jambes et éviter de « sauter » pendant ce mouvement, et s’efforcer de maintenir assez de poids sur l'autre pour qu'il ne puisse pas se relever, ce qui pourrait être dangereux pour celui qui fait l'aú de peito.
    Exemple : l’adversaire entre une vingativa en avançant la jambe droite – il arrive donc sur notre gauche –, avant qu’il finalise sa technique, on lève la jambe droite en posant le torse sur son dos pour passer au-dessus de lui. La jambe droite se pose en premier sur le sol, suivie de la gauche.
Bote.
  • Bote (nom que l'on donne à l'assaut du serpent sur sa proie) : position défensive utilisée pour les déplacements au sol, pour esquiver ou pour tomber. Il consiste à enrouler sa jambe autour de sa cheville (en la coinçant dans le poplité), tout en s'appuyant sur une ou deux mains, le buste proche du sol.
    Ce mouvement était peu commun même s'il est présent depuis longtemps dans la Capoeira Angola. Il a été remis au goût du jour par Mestre Camisa dans les années 2000 et peut servir pour tout type de jeu. Il peut précéder différentes attaques (comme le martelo de chão, le chute, le pisão de chão, le gancho de chão, la calcanheira ou la vingativa), différents déplacements/esquives et peut s'utiliser de différentes manières :
    • Pour esquiver une attaque
    • Pour entamer un déplacement au sol
    • Pour attaquer
    • Pour tomber, comme sur une rasteira.
  • Bloqueio (blocage), parfois appelé palma (paume) : l'unique blocage en capoeira, si on ne compte pas la cutilada qui sert parfois à se protéger des attaques directes. Il s'effectue en plaçant les deux avant-bras parallèlement devant soi, les mains devant le visage, en s'orientant vers l'attaque.
    La quatrième séquence de Mestre Bimba incluait un bloqueio pour se protéger du godeme.
  • Cadeira (chaise), également appelée paralela (parallèle) : position défensive de base. Peu présente en Capoeira Angola, elle a principalement été instaurée par Mestre Camisa quand il était maître chez Senzala. La cadeira est une garde relativement basse, parallèle à l'adversaire, qui consiste à fléchir les genoux en les orientant vers l'extérieur (en simulant une position assise), les jambes écartées mais pas trop, sans oublier de protéger le visage. Le buste est penché en avant (plus ou moins en fonction du contexte) et en ce qui concerne les bras, ces derniers peuvent soit être joints des avant-bras jusqu'aux poignets, soit être croisés.
    La cadeira est la position intermédiaire de la ginga, et la plus efficace au corps à corps ou en cas de doute dans le jeu, ce qui n'est pas étonnant étant donné qu'elle est la garde de la quasi-totalité des luttes dans le monde.
  • Cobertura (couverture) : garde utilisée pour se protéger quand on subit une averse de coups de main. Elle consiste à poser les mains sur les oreilles en plaçant les coudes devant le menton, si possible en les faisant se chevaucher l'un au-dessus de l'autre.
  • Cocorinha
  • Descida basica (esquiva basica)
  • Desencaixa o pé
  • Esgrima (escrime) : action de chercher la faille dans la garde de l'adversaire en effectuant des mouvements de bras et/ou en testant différentes feintes (techniques de mains, prises, etc.).
  • Esquiva de frente
  • Esquiva de lado ou esquiva lateral (esquive de côté): consiste à pivoter le corps sur le côté en couchant le buste sur les jambes, tout en se protégeant le visage avec le bras de devant. L'autre bras reste derrière le corps avec la paume orientée vers le sol et les jambes doivent être pliées de la même manière qu'en cadeira. C'est également le point de départ pour faire la queixada.
  • Esquiva de tronco
  • Esquiva diagonal
  • Esquiva espontânea (esquive spontanée) : esquive faite de manière spontanée, lorsqu'on est pris par surprise. Cela peut se traduire par un saut, une inclinaison du corps (comme l'esquiva de tronco), ou tout autre mouvement spontané destiné à écarter le corps de l'attaque.
  • Esquiva invertida
  • Esquiva média
  • Esquiva na cadeira (esquiva lateral)
  • Giro da trança (roulement de la tresse) : mouvement de déplacement qui consiste à tourner sur soi-même à partir de la trança en pivotant vers l'intérieur de manière à « défaire » le nœud.
  • Meio Passagem
  • Meio rolê
  • Negaça
  • Negativa
  • Negativa da regional (negativa de Bimba)
  • Negativa de Angola
  • Negativa invertida
  • Passada (passada de pé)
  • Passagem de tesouras
  • Passagem pela frente
  • Passagem pelas costas
  • Pêndulo (« pendule, balancier ») : esquive consistant à baisser le haut du corps en accompagnant l'attaque dans un mouvement rotatif.
  • Perdida
  • Piãozinho (piãozinho de mão)
  • Ponte de chão (pont de sol), également appelé sita ou limbo : esquive de capoeira qui consiste à se coucher en arrière en fléchissant les jambes. Généralement à partir d'une position basse, on fléchit les jambes en avançant les genoux pour garder l'équilibre, tout en couchant le buste en arrière et en maintenant les bras en protection devant le visage. À la fin du mouvement, on peut poser les mains au sol à côté des épaules. Le ponte de chão est souvent utilisé en Capoeira Angola et est généralement suivie d'un floreio comme le macaquinho. C'est, avec l'esquiva de tronco, la seule esquive de capoeira où l'on ne se penche pas en avant pour éviter l'attaque.
  • Pulasela
  • Queda de quatro
  • Queda de três
  • Resistência
  • Rolê
  • Rolê de cabeça
  • Rolê de mergulho (negativa trançada)
  • Rolê do bote
  • Rolê do bote invertido
  • Subida pela frente
  • Subida pelas costas (montée par le dos), également appelée saída pelas costas (sortie par le dos) : mouvement de déplacement en capoeira qui consiste à faire un meio rolê en se tournant vers un côté (normalement ou en écartant les deux jambes en même temps), puis de revenir face à l'adversaire en tournant dans le même sens autour du même pied d'appui. Cette technique peut servir à bloquer le déplacement de l'adversaire et peut être utilisée dans tout type de jeu.
  • Trança
  • Troca de pé
  • Troca negativa

Coups utilisant les membres supérieurs[modifier | modifier le code]

Les coups de poing sont moins connus des gens parce qu'ils sont moins courants, ce qui peut être expliqué par le fait qu'il n'existe aucune protection, sans compter le facteur susceptibilité très présent en capoeira.

  • Arpão (harpon) : technique qui consiste à pivoter le corps sur lui-même en tendant les bras de manière à donner un double coup de poing au visage de l'adversaire.
  • Asfixiante (asphyxiant) : coup de poing direct. Il consiste à frapper dans la gorge ou le nez de l'adversaire.
  • Baú (malle) : technique peu utilisée qui consiste à déséquilibrer l'adversaire en donnant un coup de ventre ou de poitrine si ce dernier est trop près.
    Le baú peut aussi être utilisé pour se défendre de la guilhotina : avant que l'adversaire ne referme complètement sa prise, on tire la tête vers l'arrière en donnant un baú de la poitrine sur son ventre en redressant les jambes, ce qui le fera naturellement lâcher prise. Si la guilhotina est déjà fermée, il faut s'agripper à son poignet avec une main et à son cou avec l'autre bras (en posant la main dans son dos), puis profiter du fait que l'adversaire nous soulève pour sauter, ce qui réduira la pression sur la gorge, ensuite on s'efforce d'atterrir le plus près possible de l'adversaire en tirant la tête vers l'arrière et en donnant un baú avec tout l'élan du saut.
  • Benção de mão (litt. bénédiction de main) : consiste à pousser l'adversaire avec la paume de la main.
  • Bochecho (gargarisme) : technique généralement utilisée pour contrer une cabeçada et qui consiste à croiser les bras devant soi, les mains fermées, pour ensuite les relâcher violemment vers le visage de l'adversaire.
  • Cabeçada (coup de tête) : souvent considérée comme la technique la plus dangereuse et la plus efficace en capoeira. Il s'agit du coup de tête. On la donne sur le nez, sous le menton, dans l'abdomen ou sur le thorax et peut être exécutée dans tous les sens: du haut vers le bas, du bas vers le haut, de côté et même de dos.
    • L'arpão de cabeça est un nom que l'on donne parfois à la cabeçada plongeante (en lançant la tête en avant vers le torse de l'adversaire).
    • La cabeçada de chão (litt. coup de tête de sol) est une variante utilisée si l'adversaire est dans une position basse. Il s'agit de la même technique mais avec une main posée sur le sol (la position ressemble à l'esquiva invertida).
    • La cabeçada mergulhada (litt. coup de tête plongeant), également appelée carneiro (bélier), est une variante qui consiste à plonger vers l'avant pour frapper la tête de son adversaire en prenant appui sur les mains. Elle s'effectue généralement quand l'adversaire a la tête en bas et est souvent employée dans le jeu de iúna.
    • L'escorumelo (gros soutien) est un nom que l'on donne parfois à la cabeçada montante (d'une position basse vers le menton de l'adversaire).
    • La marrada (coup de corne) est un nom que l'on donne parfois à la cabeçada descendante (du haut vers le bas).
  • Cotovelada : coup de coude. On peut la donner de manière circulaire, en revers, du bas vers le haut, du haut vers le bas, en direct, etc. Elle est souvent utilisée pour se défendre de la cabeçada.
  • Cutilada (cutila)
  • Dedeira (« doigtier », également appelée forquilha « petite fourche ») : technique qui consiste à piquer les yeux de l'adversaire avec ses doigts.
  • Desprezo
  • Escala
  • Escorinha (chapada)
  • Galopante
  • Godeme (« coup de poing au visage », vient de l'anglais goddam) : coup de poing en revers normalement donné à la tempe ou à la mâchoire.
  • Leque
  • Pregada (« coup de clou ») : technique qui consiste à frapper avec le tranchant de la main, ouverte ou fermée. On peut frapper du haut vers le bas, vers l'intérieur ou en revers.
  • Quebra-queixo
  • Serrada
  • Soco (« coup de poing », parfois aussi appelé murro ou pancada) : coup de poing commun en crochet. Il est donné à la mâchoire ou à la tempe.
  • Tapa (« claque, gifle », également appelée palma « paume ») : technique qui consiste à donner un coup avec la main ouverte de manière circulaire ou directe.
  • Telefone (téléphone) ou abafador (sourdine) : double galopante. Technique de capoeira peu courante qui consiste à frapper les deux oreilles de l'adversaire avec le creux des mains.
  • Tranco (à-coup / secousse / pas large) : coup d'épaule ou de dos qui consiste à déséquilibrer l'adversaire pendant qu'il effectue un déplacement ou un coup de pied. Le tranco se fait généralement en croisant les jambes en avançant celle de derrière, comme pour faire une queixada.

Coups utilisant les membres inférieurs[modifier | modifier le code]

Très développés en capoeira, les coups de pied se classifient en "golpes de linha" (coups directs) et en "golpes rodados" (coups rotatifs). Les premiers sont pour la plupart utilisés comme "véritable" attaque ou comme finition d'un dialogue, tandis que les seconds sont davantage utilisés pour "ouvrir le jeu", c'est-à-dire pour créer un dialogue afin d'inciter l'autre à contre-attaquer ou commettre une erreur.

  • Pour spécifier que le "golpe de linha" est effectué avec la jambe de derrière en base de ginga, on l'appelle [golpe] de trás (ex: martelo de trás, joelhada de trás...).
  • Pour spécifier que le "golpe rodado" est effectué avec la jambe de derrière en pivotant sur place à partir de la base de ginga, on l'appelle [golpe] de trás (ex: armada de trás, rabo de arraia de trás...).
  • Pour spécifier que le "golpe de linha" est effectué avec la jambe de devant en base de ginga, on l'appelle [golpe] de frente (ex: ponteira de frente, gancho de frente...)'
  • Pour spécifier que le "golpe" est effectué à partir de la cadeira, on l'appelle [golpe] da cadeira (ex: meia-lua presa da cadeira, pisão da cadeira...).
  • Pour spécifier que le "golpe de linha" est effectué avec un pas d'élan vers l'avant, on l'appelle [golpe] cruzado/a (ex: pisão cruzado, bênção cruzada...).
  • Pour spécifier que le "golpe rodado" est effectué avec un pas d'élan vers l'avant à partir de la base de ginga, on l'appelle [golpe] avançando (ex: armada avançando, meia-lua de compasso avançando...).
  • Pour spécifier que le "golpe rodado" est effectué après un pas vers l'arrière à partir de la base de ginga, on l'appelle [golpe] recuando (ex: pisão rodado recuando, queixada recuando...)

Directs[modifier | modifier le code]

Rotatifs[modifier | modifier le code]

Coups de pied sautés[modifier | modifier le code]

La queixada com martelo (litt. "mâchoire avec marteau", en portugais) est un coup de pied consiste à feinter le mouvement d'une queixada puis à déposer la jambe sur le côté et frapper avec l'autre jambe avec un martelo rodado.

Coups de pied sautés acrobatiques[modifier | modifier le code]

Prises, projections et mouvements déséquilibrants[modifier | modifier le code]

Les mouvements déséquilibrants et le corps à corps sont l'aspect combattif de la capoeira le plus présent, après les coups de pied.

Prises (mouvements immobilisants)[modifier | modifier le code]

  • Armiloque (chave de braço)
  • Arpínio
  • Chave de perna (« clé de jambe ») : technique de soumission qui consiste à immobiliser l'adversaire au sol en tordant sa jambe. Deux exemples des applications les plus courantes :
    • On fait une tesoura de costas invertida et on tourne vers l'adversaire en gardant son pied coincé sur la cuisse.
    • On termine une arrastão en gardant une jambe de l'adversaire sous l'aisselle, et on tire.
  • Colar de força (« collier de force ») : technique d'immobilisation qui consiste étrangler son adversaire en se positionnant à côté de lui.
  • Estrangulamento
  • Guilhotina
  • Mata-leão (sossega-leão)
  • Quebra-mão
  • Quebra-perna
  • Quebra-pescoço
  • Tranca (verrou, blocage) : action de bloquer le mouvement de l'adversaire en l'immobilisant avec les mains, le genou, etc.,Par exemple, s'il exécute un rolê on fait une tranca en retenant ses jambes avec les mains, pour l'empêcher de poursuivre son déplacement.

Balões (projections)[modifier | modifier le code]

Les balões sont des techniques de capoeira intégrées ou revisitées par Mestre Bimba (certaines existaient déjà en capoeira traditionnelle) dont le but est de préparer le capoeiriste à être projeté, et ainsi lui apprendre à s'en sortir sans dommage. 4* de ces balões ont été inclus dans une séquence d'apprentissage avancée, la cintura desprezada.

Mouvements déséquilibrants[modifier | modifier le code]

Floreios[modifier | modifier le code]

Les floreios ("fioriture, ornement", en portugais) sont un ensemble de mouvements esthétiques de décoration servant à enjoliver le jeu ou varier les éléments du dialogue.

Floreios acrobatiques[modifier | modifier le code]

Chamadas et mouvements stratégiques[modifier | modifier le code]

Mouvements d'animaux pour le jeu d'amazonas[modifier | modifier le code]

Mouvements et déplacements[modifier | modifier le code]

Attaques[modifier | modifier le code]

Floreios[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (pt) Max Ciqueira, « Visão libertária sobre Capoeira & Negritude », 43, sur Jornal do Capoeira, (consulté le ).
  2. (pt) Marco Antonio Saretta Poglia, « A cosmopolítica angoleira em jogo », sur Cultures-Kairós, Lodel, Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord, (consulté le ).
  3. (pt) Jean Carlos De Andrade, A Magia Da Capoeira, Clube de Autores, , 104 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  4. (pt) « Nomenclatura Oficial de Movimentos do Grupo de Capoeira Negreiros do Brasil », sur Grupo de Capoeira Negreiros do Brasil (consulté le ).
  5. http://www.flashmavi.com/video/capoeira_escorpiao