Technophilie

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La technophilie est un fort enthousiasme pour la technique, pouvant aller jusqu'à l'exaltation (en particulier pour les techniques les plus récentes telles que les ordinateurs, Internet, les téléphones cellulaires ou encore le home cinéma).

Technophilie et technophobie[modifier | modifier le code]

Le terme est utilisé en sociologie lors de l'examen de l'interaction des individus avec leur société ; le terme technophobie en est un antonyme.

Par extension, et dans la mesure où, au XVIIIe siècle, les sociétés industrialisées (principalement la Grande-Bretagne et la France), ont misé leur expansion sur la multiplication et le perfectionnement des techniques afin de procurer plus d'efficacité aux producteurs et plus de confort aux consommateurs, on peut affirmer que ces sociétés sont par nature de tendance technophile. Ce qui accrédite cette thèse, c'est à la fois la propension croissante des individus à consommer (et désirer conserver un certain pouvoir d'achat pour pouvoir le faire) et, corollairement, le recours récurrent des acteurs économiques aux concepts de croissance et d'innovation.

Au XXe siècle, le développement exponentiel des techniques (consécutif essentiellement aux avancées de l'informatique) fait apparaître le côté ambivalent de la technique (génératrice de confort mais aussi de catastrophes), ce qui alimente, entre ces deux positions extrêmes que sont la technophilie et la technophobie, un débat portant à la fois sur les avantages et les dangers de la technique et sur la façon de maîtriser celle-ci (voir progrès technique)[1],[2].

La technique, une religion imperceptible[modifier | modifier le code]

Le penseur Jacques Ellul va plus loin. Il estime que la technique a changé de statut : elle n'est plus un moyen, elle constitue le « milieu environnant à part entière »[3],[4],[5]. Imperceptiblement, elle est « sacralisée », comme l'était la nature[6], bien que « l'homme moderne est persuadé, à tort, qu'il ne sacralise plus rien ». La pollution de la planète est une des conséquences de la désacralisation de la nature par une technique elle-même sacralisée [7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien Sfez, Technique et idéologie - Un enjeu de pouvoir, Éditions du Seuil, , p. 275
  2. Grégory Quénet, « Ecologie et technologie : de la technophobie à la technophilie », dans Regards sur la Terre 2014: Dossier : Les promesses de l'innovation durable, Armand Colin, (lire en ligne), p. 177-180
  3. Jean-Pierre Jézéquel, Jacques Ellul ou l’impasse de la technique, Revue du MAUSS permanente, 6 décembre 2010. [lire en ligne]
  4. Marc Schweyer, Jacques Ellul ou la technique asservissante, communication au colloque de Gunsbach 1999. [lire en ligne]
  5. Fabrice Flipo, La Technique chez Jacques Ellul et l’Homme chez Luc Ferry, Communication présentée au colloque international et interdisciplinaire « Jacques Ellul - Libre examen d’une pensée sans frontières », Faculté de Droit et des Sciences Sociales de Poitiers, les 21-22 octobre 2004, p. 4-5, publié dans F. Flipo, La Technique chez Jacques Ellul et l’Homme chez Luc Ferry – La liberté est-elle quête de puissance ?, in P. Chastenet (directeur), Jacques Ellul - Libre examen d’une pensée sans frontières, L'Esprit du temps/diffusion PUF, 2005. [lire en ligne] [PDF]
  6. Jacques Ellul, La technique ou l'enjeu du siècle, 1954. 3e édition, Economica, 2008, p. X
  7. Jacques Ellul, Les nouveaux possédés, 1973. 2e édition, Les Mille et une nuits, 2003

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]