Team building

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Le team building, en français renforcement d'équipe[1], est une méthode qui est apparue au début des années 1980 en Amérique et dont l'objectif est le resserrement des liens sociaux au sein d’un groupe de personnes appartenant à une entreprise ou à une institution. Ce concept a connu un réel essor depuis les années 1990, puisque très à la mode dans un contexte socioculturel où le travail d’équipe est considérable et valorisé par la culture d’entreprise. Au fil du temps, de nombreuses structures ont pu émerger et développer leurs affaires autour de ce concept, créant un véritable métier. De ce fait, découlent de nombreux spécialistes des activités et des jeux s’appropriant le team building.

Les premiers team building avaient comme concept des stages commando[2]. Avec le temps, les activités se sont diversifiées en s’orientant vers le divertissement (escape game, murder party…), notamment avec l’ère de l’industrie 4.0. Il est même possible aujourd’hui d’avoir un team building basé sur le virtuel (contenus interactifs, visioconférence…).

Origines[modifier | modifier le code]

Le concept du team building existait déjà bien avant que le terme « team building » soit employé tel qu’il est connu aujourd’hui. C’est à la fin des années 1920 et au début des années 1930, avec les études Hawthorne (une des premières études sur le comportement des salariés menée par Elton Mayo, Fritz Roesthlisberger et William Dickson) démontrant l’efficacité des salariés en groupe dans de bonnes conditions, que l’idée d’équipe émerge. Face à ces conclusions, les compagnies comprennent que les relations avec les employés ainsi qu’une culture de travail positive étaient nécessaires pour la performance.

Dans les années 1970, les théories et méthodologies pour la constitution d’équipe sont nombreuses. Cependant, la logique des comportements individuels reste dominante dans la culture du travail.

C’est donc dans le début des années 1980 que le team building fait son apparition aux États-Unis. Compte-tenu de la conjoncture économique, la manière de voir l'équipe a été repensée, menant à la création de systèmes récompensant les équipes.

Le monde sportif est un précurseur de ces concepts de cohésion, de soutien, de collaboration et d’objectif commun. C’est d’ailleurs de cet environnement que le terme « team » (de team building) provient. Les équipes sportives ont une très grande influence dans la manière dont les employeurs gèrent leurs équipes de travail, puisqu’elles disposent des valeurs souhaitées dans le monde de l’entreprise[3].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Les team building ont pour objectif d’instaurer un climat social favorable au sein de l’entreprise afin d’améliorer les conditions de travail. Par le biais d’activités variées les salariés apprennent à se connaître les uns les autres dans le but de créer ou consolider leur cohésion, développant un sentiment d’appartenance au groupe. Les activités proposées permettent aux salariés de découvrir leurs collègues dans un environnement extérieur au cadre conventionnel de travail. Les collaborateurs découvrent les qualités et défauts de chacun et créent un esprit collectif propice à une circulation plus efficace des informations, élément charnière de toute structure. Une fois les bases d’une communication saine posée, les salariés développent leur créativité en partageant, ce qui est un facteur de projets innovants.

Si une activité est organisée dans l’unique but de resserrer les liens entre les membres d’une équipe, on parlera de team bonding.

En réalisant une activité collective avec des objectifs communs, les salariés construisent des relations de confiance réciproque. Ce sentiment d’appartenance au groupe permet aux travailleurs de créer une source de motivation supplémentaire, rompant avec un esprit individualiste. La motivation ainsi créée encourage les salariés à s’investir davantage, augmentant leur performance et leur productivité.

Le team building est également un outil au service de l’amélioration du climat social de l’entreprise (lutte contre l’absentéisme, réduction du turn-over) mais aussi une solution pour la résolution des conflits sociaux. Ces activités peuvent aussi avoir des effets anticipatoires. En créant un climat social sain entre les salariés, l’entreprise anticipe les potentiels problèmes que l’équipe de travail peut rencontrer en cas de non-entente entre les collaborateurs. Le team building permet aussi de faciliter l’arrivée de nouveaux collaborateurs, en permettant à la fois de tisser des liens avec de nouveaux collègues de travail mais aussi de se sentir bien accueillis au sein d’une nouvelle structure[3].

Mise en place[modifier | modifier le code]

Les situations pouvant justifier la mise en place d’un séminaire de renforcement d'équipe sont les problèmes d’équipe, la gestion de crise, le besoin de communication interpersonnelle, l'intégration de nouveaux collaborateurs, l’amélioration de la décision collective, l’adhésion à la culture d’entreprise[4].

Le manager établit la liste des collaborateurs qu’il souhaite faire participer au séminaire en fonction de ses objectifs. Il convient de proposer aux membres de l’entreprise des activités qui leur sont parfaitement adaptées. Il est donc essentiel de se renseigner sur leurs préférences en matière d'animations ainsi que sur leurs capacités. Le manager établit aussi la date et le lieu de l’évènement. Ces séminaires peuvent avoir une durée plus ou moins longue (ceux-ci peuvent se dérouler une journée, une semaine ou encore en un week-end par exemple), cela dépend encore une fois des objectifs et du budget de l’entreprise. Il choisit ensuite le lieu d’activité en fonction du budget qu’il souhaite accorder à l’animation. Même s’il apparaît très complexe d’évaluer les coûts de ce séminaire, il s’agit d’un véritable investissement pour l’entreprise. De nombreux facteurs entrent en compte comme le nombre de personnes, la durée, les coûts de transport, l’hébergement choisi lorsque l'événement se déroule sur plus d’une journée ainsi que l’activité prévue. Mais une bonne organisation de la part du manager permet, dans certains cas, de minimiser les coûts.

À la fin du team building, l’organisateur recueille les sentiments des participants autour d’un moment d’échange dans le but d’évaluer l’utilité de ces animations. Il leur pose des questions afin de recueillir leurs sentiments sur leur apprentissage, sur leur cohésion de groupe, sur l’évolution de leur relations après l’activité[3].

Lieux[modifier | modifier le code]

Les activités de confortation d'équipes se déroulent en général hors du lieu de travail de façon à briser monotonie et routine. Elles peuvent se dérouler dans des entreprises spécialisées, des complexes de jeux ou encore dans des clubs. Les hôtels sont souvent le lieu de séminaire d'entreprise. On peut aussi évoquer les entreprises de voyage et certains parcs d’attraction comme lieux d’activités.

Le team building peut être réalisé sur le lieu de travail en ayant recours à des activités peu coûteuses telles que des parties de cartes pendant les pauses, des mini-jeux entre services.

De nouvelles formes de team building ont émergé, notamment les activités virtuelles. Par exemple, les réunions à distance sur des plateformes de communication dont la finalité est de garder un lien entre les équipes tout en restant chez soi. Plusieurs activités se sont développées sur ce modèle virtuel telles que des murder party ou des jeux-vidéos en visioconférence. Suite à la crise sanitaire de la COVID-19, le phénomène des activités à distance s’est amplifié[5].

Activités[modifier | modifier le code]

En fonction des objectifs recherchés par l’entreprise, les choix d'activité sont multiples. Il en existe sous de nombreuses formes, qu’elles impliquent un investissement physique (sports collectifs, chasses aux trésors…), encouragent la maîtrise de nouvelles compétences (ateliers culinaires, cours de musique…) ou permettent une réflexion de groupe (création d’un message publicitaire, atelier artistique…). Les entreprises peuvent aussi opter pour un format dématérialisé (escape game numérique, quiz digital…), nécessitant moins d’organisation en entraînant des coûts moins importants que celles requérant la présence de l'ensemble des collaborateurs.[6]

Animateurs[modifier | modifier le code]

Les activités mises en place pour conforter l'esprit d'équipe sont dirigées par un animateur spécialisé capable d'être aussi arbitre, médiateur, formateur, réalisateur et improvisateur. Les acteurs présents sur le marché du renforcement d'équipe sont principalement les personnes formées au coaching professionnel en organisation ou d'entreprise, ou encore des agences spécialisées en communication événementielle.

Ces animateurs rencontrent au préalable le dirigeant de l’entreprise afin de définir les objectifs recherchés, ainsi que les futurs participants dans le but de proposer des animations qui leur sont parfaitement adaptées. Mais faire appel à ces services représente un coût important pour l’entreprise qui peut parfois préférer organiser seule son évènement. Le manager est capable d’organiser le team building sans aide particulière mais cela prend du temps et nécessite une très bonne organisation de sa part[7].

Cadre juridique[modifier | modifier le code]

Le team building, comme toutes les activités professionnelles, est soumis aux règles du Code du travail, bien qu’aucun article spécifique n’y soit consacré. Les organisateurs de team building doivent garantir le respect de la santé et de la sécurité des participants, que ce soit sur le plan physique ou moral. Un animateur n’interrompant pas une épreuve ou activité proposée dans le cadre d’un team building, alors que l’intégrité physique et/ou morale de l’un des participants est menacée, encourt un licenciement pour faute grave[8].

En dehors des heures de travail, le salarié peut refuser de participer à une activité, à condition qu’elle soit dépourvue de but professionnel, dans le cadre d’activités de loisir (randonnée, tennis, soirée festive...) notamment. Dans le cas où il existe une dimension professionnelle (renforcement des liens de l’équipe…) la participation est obligatoire[9]. En cas de refus du salarié d’y participer, cela peut être caractérisé comme un acte d’insubordination. La seule règle intangible est qu’aucun salarié n’est tenu de participer à une activité qui le met en danger (droit de retrait[10]).

Dans le cadre d’activités en dehors des horaires traditionnelles de travail, l’employeur doit se conformer aux obligations légales (nombre d'heure maximum par jour, par semaine, temps de repos consécutif)[11].

Marché[modifier | modifier le code]

Le marché du team building est particulièrement atomisé. Des places de marché sont apparues sur Internet ces dernières années, mettant en relation des entreprises à la recherche d’activités de team building avec des prestataires spécialisés.

Ces prestataires proposent des activités et/ou des locaux atypiques aux organisations souhaitant mettre en place un team building. Le marché est divisé en plusieurs strates géographiques. En effet, certaines entreprises organisatrices sont spécialisées dans une offre locale (ville, département, région), là où d’autres organisateurs sont présents au niveau national voire au niveau international.

En parallèle des activités de team building se développe un marché visant à proposer des formations aux managers, afin d’organiser eux-mêmes les team building, permettant de démocratiser le modèle et de l’intégrer à la palette de compétences du manager. De nombreux acteurs, notamment des centres de formation proposent aujourd’hui des formations diverses, variables dans leur forme, leur durée ou leur contenu. Des places de marché mettant en vitrine pléthore d’offres de formations ont aussi émergées.[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de la Culture et de la Communication, « renforcement d'équipe / FranceTerme / Ressources / Accueil - Culture.fr », sur www.culture.fr (consulté le 18 avril 2016).
  2. « Le team building tendance 2019 », sur Le nouvel Economiste (consulté le 4 novembre 2020)
  3. a b et c Vincent Lenhardt, Les responsables porteurs de sens : culture et pratique du coaching et du team-building, Paris, Eyrolles, , 428 p. (ISBN 978-2-212-56344-3)
  4. Brahim Habriche, Pour plus d'efficacité, le team building doit se fixer des objectifs précis, La Vie éco, 9 février 2007.
  5. Arnaud Tonnelé, La bible du team-building : 55 fiches pour développer la performance des équipes, Paris, Eyrolles, , 362 p. (ISBN 978-2-212-56084-8, lire en ligne)
  6. Arnaud Tonnelé, La bible du team-building : 55 fiches pour développer la performance des équipes, Paris, Eyrolles, , 632 p. (ISBN 978-2-212-56084-8, lire en ligne)
  7. a et b Arnaud Tonnelé, La bible du team building : 55 fiches pour développer la performance des équipes, Paris, Eyrolles, , 362 p. (ISBN 978-2-212-56084-8, lire en ligne)
  8. « Cour de cassation, Chambre sociale, 23 octobre 2019, 18-14.260, Inédit », sur Doctrine (consulté le 4 novembre 2020)
  9. « Séminaire d’entreprise : Les règles à connaître | Droit-Travail-France », sur droit-travail-france.fr (consulté le 4 novembre 2020)
  10. « Article L4131-1 - Code du travail - Légifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 4 novembre 2020)
  11. « Durée du travail d'un salarié à temps plein » (consulté le 4 novembre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Bouzou, Julia de Funès, La comédie (in)humaine, Humensis, , 175 p. (lire en ligne)
  • Arnaud Tonnelé, La bible du team-building : 55 fiches pour développer la performance des équipes, Eyrolles, 2015, 362 p.
  • Vincent Lenhardt, Les responsables porteurs de sens : Culture et pratique du coaching et du team-building, Eyrolles, 2015.

Articles connexes[modifier | modifier le code]